Amanieu de Langoiran

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Amanieu de Langoiran ou Amanieu d'Albret, mort peu avant le , est un seigneur gascon appartenant à une branche cadette de la maison d'Albret, les Albret de Vayres.

Fils cadet d'une branche cadette

Amanieu est le fils cadet de Bérard Ier de Vayres  frère cadet de Bernard Ezi V d'Albret  et de Guiraude de Gironde, qui ont huit enfants, cinq garçons et trois filles. Son frère aîné est Bérard II de Vayres et son frère cadet est Arnaud de Cubzac[1].

Le , Amanieu, alors âgé d'environ 24 ans, épouse Mabille d'Escossan, fille unique et héritière de Bernard IV d'Escossan seigneur de Langoiran et de Miramonde Cailhau, dame de Podensac[2]. Ce mariage est prévu entre les deux pères dès le [3].

En 1346, Bérard Ier partage ses biens entre ses enfants. Par son testament, établi le , il donne à Bérard II de Vayres, son fils aîné, les seigneuries de Vayres, Puynormand, Marcamps, Cubzac et Sauveterre, tandis que le second, Amanieu, reçoit le lieu de Blasimon et le troisième, Arnaud, la seigneurie de Gironde, plus éventuellement, selon les héritages de leurs sœurs, Vertheuil pour Amanieu et Sémignan pour Arnaud. Le dernier fils, Bernard Ez, reçoit une rente et doit entrer dans l'ordre de l'Hôpital. Ensuite, le , un codicille change ces dispositions : Amanieu reçoit Cubzac et Marcamps, Arnaud doit avoir Vertheuil et Sémignan, tandis que Bernard Ez a la terre de Blasimon, mais Amanieu reçoit le droit d'inverser les lots, ce qu'il fera[4].

En partageant ses possessions entre différents fils, la branche de Vayres de la famille d'Albret a un comportement différent de la branche aînée, où les partages sont beaucoup plus inégalitaires, en faveur du fils aîné. Les deux frères cadets de Bérard II, fondent ainsi deux branches familiales, celle de Langoiran pour Amanieu et celle de Cubzac pour Arnaud[5].

Seigneur gascon

Château de Langoiran.

À la mort de son père, Amanieu choisit comme part d'héritage les seigneuries de Vertheuil et de Sémignan, comme le testament de Bérard Ier l'y autorise, laissant Cubzac et Marcamps à son frère cadet Arnaud[5]. Bernard d'Escossan, père de l'épouse d'Amanieu, Mabille d'Escossan, meurt peu de temps après le mariage[6], avant le [7]. Mabille devient ainsi dame de Langoiran et, à la mort de sa mère, dame de Saint-Magne et de Podensac. Amanieu réunit donc les seigneuries de Vertheuil, de Sémignan, Langoiran et de Podensac[2].

Plan du château de Podensac en 1865[8]

La seigneurie de Langoiran s'étend sur plusieurs paroisses. À Langoiran même, Lestiac et Haux, Amanieu est seigneur justicier. Ces seigneuries comprennent aussi des biens fonciers dans les paroisses de Le Tourne, Tabanac, de Baurech, La Sauve, Beychac et Sallebœuf, ainsi qu'à Escoussans, Cantois, Omet et Soulignac. Le château de Langoiran est au XIVe siècle le plus récent et le plus imposant des châteaux possédés par la famille d'Albret. Il est probablement construit par la famille d'Escossan dans la première moitié du XIVe siècle, sur un coteau au-dessus de la Garonne. L'ensemble est dominé par un impressionnant donjon circulaire, de seize mètres de diamètre, bâti sur le point haut, et se répartit sur quatre niveaux en terrasses[9].

Château de Vertheuil. Carte postale du début du XXe siècle.

La seigneurie de Podensac s'étend sur la paroisse du même nom, autour du château de Podensac, cité dès le milieu du XIIIe siècle. Il est abîmé lors de la guerre de Guyenne (1294-1297) mais reconstruit rapidement et joue un rôle pendant la guerre de Saint-Sardos en 1324. Les ruines actuelles dessinent un polygone irrégulier proche d'un cercle. Le grand bâtiment subsistant devait faire partie du donjon. Les deux tours qui existent toujours comportent un rez-de-chaussée et deux étages. Dans la tour sud, la mieux conservée, il n'y a pas d'escalier entre le rez-de-chaussée et le premier étage, auquel on accède par le chemin de ronde. Les tenanciers et les serfs qui en dépendent ont des biens dans plusieurs paroisses aux environs[10]. Comme le frère d'Amanieu, Bérard II de Vayres, possède la seigneurie de Rions située entre Langoiran et Podensac, l'ensemble forme un bloc territorial d'Albret[11].

Château de Sémignan, commune de Saint-Laurent-Médoc, carte postale du début du XXe siècle.

Le seigneur de Podensac a également la seigneurie de Saint-Magne[10], dont les habitants avaient été affranchis par un ancêtre de Mabille d'Escossan[12]. Les autres possessions d'Amanieu, à savoir Vertheuil, Sémignan et d'autres biens à Bordeaux et dans différentes paroisses sont nettement plus dispersées[13]. La seigneurie de Vertheuil n'est pas très étendue et ne couvre pas toute la paroisse du même nom mais donne autorité sur un certain nombre de dépendances dans le Médoc. Le château de Vertheuil est un donjon roman barlong au milieu d'une enceinte polygonale entourée de fossés. Le père d'Amanieu, Bérard Ier de Vayres, a fait réaménager ce château en faisant ajouter des échauguettes au donjon et en renforçant l'enceinte[14].

Amanieu est également seigneur de Sémignan, seigneurie acquise par son père Bérard Ier de Vayres[15]. À son époque, aucune source ne mentionne le château lui-même de Sémignan, mais il y a tout lieu de croire qu'il existe déjà, même si les parties pouvant être datées du XIVe siècle semblent être insignifiantes[16].

Amanieu possède aussi des maisons par dizaines dans la ville de Bordeaux, des vignes dans sa banlieue et probablement en Haut-Médoc[17]. Grâce à ses différentes seigneuries, Amanieu est le propriétaire de centaines de serfs, particulièrement nombreux dans le Médoc, dépendants des seigneuries de Vertheuil et de Sémignan[18].

De toutes ses seigneuries, Amanieu tire un revenu probablement égal à 3 000 livres[19]. Il est très endetté, héritant de son père une situation financière difficile. En , il est arrêté pour dettes à Londres, avec son frère Bérard II de Vayres. Ils s'en sortent grâce à l'intervention du procureur du sire d'Albret[20]. Pour régler ses dettes, il est obligé de vendre à son cousin Bernard Ezi V d'Albret les biens hérités par Mabille dans la prévôté de Born et dans la vicomté de Tartas[21] et, en 1357, à son frère Arnaud les dépendances de la seigneurie de Vertheuil de l'autre côté de la Gironde, en Bourgeais[20].

Vassal fidèle

Bataille de Poitiers

Amanieu, comme son père et ses frères Bérard II et Arnaud, est résolument engagé dans la guerre de Cent Ans, au service de leur suzerain le roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine Édouard III, contre les rois de France. Il participe au siège de Calais de 1346-1347, commandant une trentaine d'hommes d'armes, chevaliers, écuyers et sergents[22]. En 1352, il participe , avec ses cousins d'Albret et son frère Bérard II à une expédition armée en Périgord. L'année suivante et en 1354, il guerroie en Agenais[23]. Il est alors capitaine de Sainte-Livrade[24]. En 1354, le roi le récompense pour ses services en lui allouant des sommes dues autrefois à son beau-père et en lui confirmant de la jouissance des privilèges de bourgeoisie à Bordeaux[25].

En 1356, il accompagne le Prince noir dans sa nouvelle chevauchée, pillant notamment Saint-Benoît-du-Sault avec son frère Arnaud de Cubzac[26] et combat avec lui à la bataille de Poitiers[27].

Amanieu meurt peu avant le , âgé d'environ 40 ans[1]. Dans son testament, il avait demandé à être enterré dans l'abbaye de La Sauve-Majeure, devant l'autel de Notre-Dame, comme son beau-père et son épouse[28].

Descendance

Amanieu et sa femme Mabille d'Escossan ont cinq enfants, fondant ainsi la branche de Langoiran de la famille d'Albret[29] :

  • Bérard III, qui succède à son père et à ses deux oncles, Bérard II de Vayres et Arnaud de Cubzac et meurt en 1379 sans descendance[29],[30] ;
  • Guiraude, fille aînée citée en 1363[29], héritière de Langoiran et de Podensac à la mort de son frère[31], épouse Bertrand de La Mote, seigneur de Bruch[2],[31] ;
  • Mabille, citée en 1363[29], épouse d'Arnaud Guilhem IV de Montlezun, comte de Pardiac[32]  ;
  • Jeanne, que son père destine en 1363 à être clarisse[29], héritière de Vertheuil à la mort de son frère[31], épouse Guillaume Raimond de Caumont puis Jean de Labarthe, seigneur de Labarthe, d'Aure, de Barousse et de Magnoac[2], c'est-à-dire les Quatre-Vallées[33] ;
  • Rose, citée en 1363[29], héritière de Sémignan et d'Agassac à la mort de son frère[34], épouse Bertrand de Montferrand[2],[34].

Ascendance

Références

Voir aussi

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