Amir DZ

militant algérien From Wikipedia, the free encyclopedia

Amir DZ, surnom d'Amir Boukhors, est un blogueur et opposant algérien. Ses critiques du régime algérien et sa participation au mouvement de contestation du Hirak lui valent d'être condamné par la justice algérienne à 20 ans de prison par contumace.

Naissance
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France (à partir de ), AlgérieVoir et modifier les données sur Wikidata
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Amir DZ
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Réfugié en France, son enlèvement en et ses suites sont largement médiatisées un an plus tard après l'arrestation d'un agent consulaire algérien accusé de l'avoir commandité. Les relations entre l'Algérie et la France s'en trouvent de nouveau affectées.

Biographie

Amir Boukhors, dit « Amir DZ » originaire de la wilaya de Tiaret[1], est blogueur, principalement connu pour être l’auteur de très nombreuses vidéos opposées au pouvoir en place en Algérie. À partir de 2015, il révèle régulièrement des scandales touchant des proches du régime du président algérien Abdelaziz Bouteflika[2]. Il participe au mouvement de contestation populaire du « Hirak », débuté en et qui a eu pour conséquence la démission du président. Il est suivi par plus d’un million de personnes sur YouTube[3]. Par la suite, il continue de critiquer « sans ménagement l’État algérien et la corruption de ses dirigeants »[4]. Il est également à l’origine de révélations sur des faits de corruption concernant l’armée algérienne[5]. Le journaliste Nicolas Beau indique qu'Amir DZ, proche du mouvement islamiste Rachad, reçoit ses informations d'opposants militaires et des factions rivales au sein du pouvoir[1],[6]. Ainsi, selon la journaliste Salima Tlemçani du média algérien El Watan, l'ancien directeur de la police algérienne, Farid Zinedine Bencheikh, a été auditionné en 2024 concernant des informations données à des cyberactivistes comme Amir DZ ou Hichem Aboud qui critiquent le régime algérien[7].

Il est actif sur les réseaux sociaux, notamment TikTok mais aussi X et Instagram, où il réunit respectivement 241 000 et 154 000 abonnés. Des dizaines de milliers d'internautes suivent chaque jour ses publications en arabe[8],[2].

Installation en France

Après un passage en Allemagne, il s'installe en France en 2016[1],[9]. L’Algérie a émis neuf mandats d’arrêt internationaux à son encontre. Sept de ces mandats d’arrêt ont été émis dans le cadre de condamnations en Algérie pour des faits d’escroquerie. D’autre part, la justice algérienne l’accuse d’« adhésion à un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’État et l’unité nationale », de « financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’État » et de « blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle »[10],[3]. En , la justice française émet des avis défavorables aux demandes d’extradition vers l’Algérie du blogueur. Dans ses deux arrêts, la cour d’appel de Paris estime « important » le risque qu’Amir Boukhors ne bénéficie pas « des droits attachés aux nécessités de sa défense et au respect de sa personne » en Algérie, prenant en compte dans sa décision « les dernières publications relatives au traitement judiciaire des dossiers relatifs à des opposants politiques »[3].

En , il est condamné par la justice algérienne à 20 ans de prison par contumace[11]. Amir Boukhors obtient l'asile politique en France en 2023[12].

Enlèvement d'avril 2024

Fin , il est enlevé par des hommes cagoulés devant chez lui puis relâché[13],[8]. Selon son avocat, la séquestration aurait duré près de 27 heures[2]. L'enquête révèle que ce sont des hommes de main gitans de Pontault-Combault qui ont enlèvé l'opposant algérien[9].

En , des interpellations font suite à cet enlèvement d'[13]. Selon les enquêteurs de la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle de Paris et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ce projet d’assassinat a été potentiellement commandité par les services secrets algériens. Quatre suspects sont placés en garde à vue[13]. Trois d'entre eux sont poursuivis, selon le parquet national antiterroriste (Pnat), pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de libération avant le 7e jour, en relation avec une entreprise terroriste. Parmi les trois personnes mises en examen et soupçonnées d'implication dans l'enlèvement de l'influenceur algérien, l’une d’elles travaille au sein du consulat d’Algérie à Créteil. Peu après, le gouvernement algérien exprime « sa vive protestation » après le placement en détention en France de son agent consulaire. Outre l'enlèvement, cet agent consulaire est accusé du recrutement d'un fonctionnaire franco-algérien au sein du ministère français de l’Économie et des Finances et ce pour avoir connaissance d'informations confidentielles sur des personnalités algériennes réfugiées en France. Ce fonctionnaire, arrêté en , était proche d'une employée de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, elle est aussi mise en examen. C'est grâce à ce fonctionnaire que l'agent consulaire a pu localiser Amir DZ. Le , la demande de remise en liberté provisoire de cet agent consulaire est refusée par la cour d’appel de Paris au regard du risque de fuite de celui-ci à l'étranger. C'est aussi le cas de deux autres inculpés[12],[14],[15]. En mars 2026, l'emprisonnement de l'agent consulaire est prolongé[16].

En , un militaire algérien membre de la Direction générale de la Documentation et de la Sécurité extérieure algérienne (DGDSE) est mis en cause lors de l'enquête. Présent à Paris « sous la couverture diplomatique de Premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie », il n'a pas été arrêté[17],[15]. Le , quatre hommes considérés comme les exécutants de l'enlèvement sont inculpés et placés en détention provisoire[18],[19]. Le , un juge français émet un mandat d’arrêt international à l'encontre de Salaheddine Selloum (ou Salah Eddine Selloum), ancien premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie à Paris, qui serait impliqué dans l'enlèvement[20],[21].

D'après les révélations d'un article de L'Express, un agent de l'administration fiscale française, travaillant au sein de la Direction spécialisée des finances publiques pour les missions de vérification, est également mis en examen pour « corruption passive » en lien avec cette affaire[9].

Répercussions diplomatiques

En représailles, douze agents de l’ambassade de France à Alger sont expulsés[9]. L’affaire a en outre des conséquences sur une éventuelle libération du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » en Algérie[9].

En , la participation d’Amir DZ au programme de France 2, consacré à « la guerre secrète France-Algérie », ainsi que celle de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, irrite le gouvernement algérien qui dénonce une « agression contre l’Etat algérien ». L’agence de presse publique algérienne Algérie Presse Service présente alors Amir DZ comme « un dealer de drogue, maître chanteur, analphabète, voyou sans formation ni légitimité intellectuelle » ce qui, selon Le Monde a pour effet de servir de promotion involontaire à l’émission, incitant de nombreux Algériens à la regarder[22],[23].

En mars 2026, la prolongation de l'emprisonnement de l'agent consulaire algérien impliqué dans l’enlèvement d’Amir DZ provoque une nouvelle tension dans la relation franco-algérienne[16]

Notes et références

Voir aussi

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