Amphithéâtre d'Agen
From Wikipedia, the free encyclopedia
(Aquitaine seconde)
115 × 100 m (second état)
| Amphithéâtre d'Agen | |||
Plan de l'amphithéâtre[B 1].
| |||
| Lieu de construction | Aginnum (Aquitaine seconde) |
||
|---|---|---|---|
| Date de construction | Ier siècle apr. J.-C. | ||
| Dimensions externes | 107 × 90 m (premier état) 115 × 100 m (second état) |
||
| Dimensions de l’arène | 67 × 50 m | ||
| Capacité | 6 000 spectateurs (premier état) 12 à 15 000 spectateurs (second état) |
||
| Protection | |||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 44° 12′ 26″ nord, 0° 37′ 19″ est | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Lot-et-Garonne
| |||
| Liste d'amphithéâtres romains | |||
| modifier |
|||
L’amphithéâtre d'Agen est un édifice de spectacles antique construit à Aginnum en Aquitaine seconde, aujourd'hui dans le quartier des Tanneries d'Agen, dans le département français de Lot-et-Garonne.
Sa datation est incertaine, mais sa construction puis son agrandissement peuvent survenir pendant le Ier siècle apr. J.-C., selon des concetps architecturaux qui le rapprochent des amphithéâtre de Bordeaux ou Poitiers en France ou bien de Pula en Croatie. À son plus grand développement, il mesure environ 115 × 100 m pour une capacité estimée entre 12 et 15 000 spectateurs. Son abandon est en cours dans la seconde moitié du IVe siècle.
Son existence est pressentie dès le début du XIXe siècle et sa localisation est à peu près acquise au début des années 1980, au nord-est de la ville antique. Il n'est toutefois découvert qu'à la faveur de fouilles archéologiques réalisées en 1988 et 1989 et il est inscrit comme monument historique en 1991. Ses vestiges sont enfouis sous des aménagements récents.
La première occupation des Nitiobroges sur le site se fait sous la forme d'un oppidum situé sur le plateau de l’Ermitage. La ville gallo-romaine Aginnum se crée sous le règne d'Auguste plus au sud dans la plaine, à la croisée de routes importantes et à la confluence du ruisseau de la Masse d'Agen avec la Garonne[1]. Agen connaît alors un développement appréciable en tant que centre commercial lié à la proximité du fleuve et d'un nœud routier. La ville semble commencer à perdre de son importance dès le IIe siècle[2]. À la fin du IVe siècle, la cité est connue sous le nom de Civitas Agenensium. À cette époque, la ville n'est pas abandonnée car même si les monuments comme l'amphithéâtre sont délaissés, leurs pierres sont récupérées pour d'autres constructions, toujours mal connues. L'abandon de la ville gallo-romaine au Ve siècle avec les grandes invasions est une hypothèse couramment formulée mais qu'aucune preuve archéologique ne vient attester[3].
La ville du Haut-Empire, dépourvue d'enceinte, s’étend sur au moins 80 hectares[4] ; elle est organisée autour du decumanus maximus et du cardo maximus (axe nord-sud passant à proximité du théâtre, place Armand-Fallières, et de l'amphithéâtre, sous le quartier des Tanneries, placés aux extrémités sud et nord-est de la ville antique)[5]. Agen est une des rares villes antiques du Sud-Ouest avec Cahors, Limoges et Saint-Bertrand-de-Comminges à posséder ces deux types d'édifices de spectacle[6].
Historique du monument
Succédant à une occupation diffuse du site, dans une zone de graves anciennement marécageuse mais certainement très largement asséchée à cette époque[7], l'amphithéâtre est sans doute construit entre l'avènement d'Auguste et la seconde moitié du Ier siècle apr. J.-C., sous la dynastie des Julio-Claudiens[8] ; son orientation semble reprendre celle d'un cadastre préexistant[9]. Il est édifié en deux étapes, la seconde pouvant coïncider avec la construction du théâtre antique de la ville[B 2]. L'époque de son abandon est difficile à préciser, mais la récupération de ses pierres semble déjà en cours à la fin du IVe siècle[B 3]. Entre ces deux bornes, la période d'occupation de l'amphithéâtre est très mal documentée[B 4].
L'urbanisation active du quartier semble remonter aux XIIIe et XIVe siècles : les structures de l'amphithéâtre sont réutilisées comme fondations ou bases de murs pour de nouvelles constructions et sa cavea progressivement remblayée[B 5].
L'existence du monument est ensuite oubliée jusqu'au moment où un amphithéâtre à Agen est mentionné au XVIe siècle par Jules César Scaliger et son fils Joseph Juste ; il s'agit en réalité d'un théâtre antique, au sud de la ville, dont les vestiges encore en élévation sont mal interprétés[10]. La présence d'un « véritable » amphithéâtre, au nord cette fois, est suspectée à Agen dès le début du XIXe siècle par Jean Florimond Boudon de Saint-Amans d'après l'odonymie (rue des Arènes, impasse de la Courtine des Arènes) mais le monument n'est pas localisé avec précision ; en 1984, l'examen du parcellaire avec des limites cadastrales en arc de cercle (exception faite du quadrant sud-ouest du monument[B 6]) confirme ces soupçons[11] et, de fait, des sondages réalisés en 1988 dans des sous-sols de ces parcelles mettent au jour la présence de murs en petit appareil[12].
| Image externe | |
| L'amphithéâtre en cours de fouilles sur sudouest.fr | |
Le monument est découvert l'année suivante, à la faveur de fouilles de sauvetage dans le cadre de la reconstruction du quartier des Tanneries[13]. Ses vestiges sont enfouis à l'issue des fouilles, ce qui soulève une polémique entre la municipalité qui souhaitent réaménager le site et des associations qui militent pour que ce témoin de l'Antiquité agenaise reste visible et soit mis en valeur[14].
L'amphithéâtre est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [15].

