Anacharsis Cloots

noble prussien devenu révolutionnaire en France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le baron Jean-Baptiste de Cloots[1], dit Anacharsis Cloots ou l'Orateur du Genre humain[2],[3], né le au château de Gnadenthal (Val-de-Grâce), près de Clèves en Allemagne et guillotiné le à Paris, est un penseur et militant politique prussien francophile, fait citoyen d'honneur de la France le , très favorable à la Révolution française et tenant fervent de l'athéisme.

Décès
(à 38 ans)
Paris
Nom de naissance
Johann Baptist Hermann Maria Baron de Cloots
Pseudonymes
Anacharsis Cloots, Ali Gier-Ber, L' Orateur du genre humain, Un PrussienVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref 21 septembre 1792 - 26 décembre 1793, Naissance ...
Anacharsis Cloots
Anacharsis Cloots,
estampe d'Edme Quenedey,
Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, vers 1792-1794.
Fonction
Député français
Convention nationale
Oise
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 38 ans)
Paris
Nom de naissance
Johann Baptist Hermann Maria Baron de Cloots
Pseudonymes
Anacharsis Cloots, Ali Gier-Ber, L' Orateur du genre humain, Un PrussienVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Parti politique
Conflit
Mouvement
signature d'Anacharsis Cloots
Signature.
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Biographie

Né dans une famille noble prussienne d'origine hollandaise, il est l'héritier d’une grande fortune ; érudit, critique des religions révélées, Cloots se fait connaître, dès avant la Révolution, par ses opinions francophiles : en 1786, dans un ouvrage intitulé Vœux d’un Gallophile, il envisage le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France.

À la fin de 1789, il s’installe en France et pousse les différents gouvernements à répandre les idées révolutionnaires en Europe. Dans Motion, il écrit : « La Religion est une relation entre Dieu et ma conscience ; et non pas entre Dieu et des consciences prises collectivement. ». Ayant changé son nom en Anacharsis, il se proclame « orateur du genre humain » et publie à partir de 1792 L’Orateur universel. En , il publie son livre République universelle. Cependant, en 1791, il avait défendu contre les jacobins le maintien dans les colonies du système esclavagiste et de la ségrégation à l'encontre des hommes de couleur libres. Il estimait prématuré d'engager de telles réformes.

La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

Le 26 août, après le rapport d'Élie Guadet (député de la Gironde), Anacharsis Cloots fait partie des citoyens étrangers « distingués par leurs actions ou leurs écrits en faveur de la liberté, de l’humanité et des bonnes mœurs » admis à la citoyenneté française[4].

En septembre, Anacharsis Cloots est élu député des départements de l'Oise, le sixième sur douze, et de Saône-et-Loire, le onzième et dernier, à la Convention nationale. Il opte pour l'Oise et est remplacé en Saône-et-Loire par François-Agnès Montgilbert[5].

Il fait l'apologie de massacres (« scrutin épuratoire dans les prisons »[6]) ; il est d'abord proche des Girondins Roland puis Brissot. Mais, en , lors du procès du roi (qu'il nomme « Louis le Dernier »), il se rapproche des montagnards en votant la mort sans appel au peuple et sans sursis. En avril, il vote contre la mise en accusation de Marat. Il est président du club des Jacobins à la fin de 1793, juste avant sa chute.

Le 20 frimaire an II (le 10 décembre 1793), Camille Desmoulins (député de la Seine) dénonce Anacharsis Cloots dans son journal Le Vieux Cordelier[7] :

Cloots est Prussien ; il est cousin germain de ce Proly, tant dénoncé. [...] C’est Guadet et Vergniaud qui ont été ses parrains, et l'ont fait naturaliser citoyen français, par décret de l’Assemblée législative.

Le 6 nivôse (le 26 décembre), sur motion de Jacques-Alexis Thuriot (député de la Marne), Anacharsis Cloots est exclu de la représentation nationale au titre qu'il est d'origine étrangère[8].

Il est arrêté deux jours plus tard, et, traduit devant le Tribunal révolutionnaire dans le cadre du procès des hébertistes. Il est condamné à mort et exécuté le 4 germinal an II () avec 18 autres condamnés dont Hébert, Ronsin, Proly, Momoro, Vincent, De Kock et Jean-Baptiste Mazuel (né vers 1769 à Lyon). Il a tenu à être guillotiné le dernier. Il fut enterré au cimetière de la Madeleine[9].

Hommages

Joseph Beuys (1921-1986), qui admirait en Anacharsis Cloots l’esprit et le cosmopolitisme, lui a rendu un honneur tardif, allant jusqu’à se faire appeler Joseph-Anacharsis Clootsbeuys.

Œuvres

Écrits révolutionnaires (1790-1794).

Références

Bibliographie

Liens externes

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