Ancienne prison pour femmes de Málaga

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Ancienne prison pour femmes de Málaga
Image de l'établissement
Localisation
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Drapeau de l'Andalousie Andalousie
Province Drapeau de la province de Malaga Province de Malaga
Localité Málaga
Coordonnées 36° 43′ 29″ nord, 4° 25′ 30″ ouest
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Ancienne prison pour femmes de Málaga
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Ancienne prison pour femmes de Málaga
Installations
Type Prison pour femmes (en)
Fonctionnement
Date d'ouverture
Date de fermeture

L'ancienne prison pour femmes de Málaga, située dans le bâtiment appelé Caserón de la Goleta dans la ville de Málaga, est une ancienne prison pour femmes par laquelle sont passées plus de 4 000 détenues depuis l'occupation de la ville par les troupes franquistes en , jusqu'en 1954. Plus de 60 % d'entre elles étaient de la province et les autres venaient de la capitale ou d'autres villes[1],[2].

Population recluse

Au début du XXe siècle une prison correctionnelle a été ouverte près de la rivière Guadalmedina, au numéro 38 de la rue Pasillo de la Cárcel. Un comité créé en 1901 géra la construction de ce qu'on appelé aussi le Caserón de la Goleta. Dès ses débuts, les conditions d'habitabilité du bâtiment ont été épouvantables, ce qui a conduit à prévoir, en 1927, la construction d'un nouveau bâtiment. En 1931 la directrice générale des Prisons Victoria Kent a visité le bâtiment et a engagé les travaux de la nouvelle prison qui a été inaugurée en 1933. Les installations de l'ancienne prison consistaient en des chambres petites et insalubres, une petite école, une chapelle, une cellule de punition, le département des femmes et un toit-terrasse[1]. A ce moment-là la prison hébergeait 291 hommes et quatre femmes[3].

Pendant la guerre civile, lorsque Málaga a été prise par les forces nationalistes, a commencé la répression. Les prisons improvisées telles que les Arènes ou les sous-sols du bâtiment de Tabacalera se sont remplies, ainsi que la nouvelle prison qui était bondée. Queipo de Llano a alors ordonné d'incarcérer les femmes dans cette prison à l'abandon, sans entreprendre la moindre modification[4].

La porte principale et la cour, outre les corridors et les chambres, ont été les axes principaux de la vie carcérale[1].

Entre 1937 et la fin de la guerre, les détenues ont atteint le nombre de 1.000 et ont ensuite augmenté encore jusqu'à 3.900 en 1945, avec une proportion très élevée de détenues politiques dans la première période. Plus de 60% d'entre elles étaient de la province de Málaga et les autres venaient de la capitale ou d'autres provinces.

L'origine des détenues était diverse. Au départ, elles étaient originaires de la province de Málaga mais à partir de 1939 elles venaient de toute l'Espagne car on voulait éloigner les femmes de leurs résidences habituelles et ainsi de leurs familles. Les délits les plus communs dont elles étaient accusées étaient "Contre la sécurité de l'État" (54,8% du total), dont: "Assistance à la Rébellion", "Adhésion à la Rébellion", "Incitation à la Rébellion", "Rébellion militaire" ou "Assistance à fugitif", souvent pour servir d'exemple. D'autres types de délits étaient "Contre la propriété et l'ordre socio-économique" (6,15%) ou "Contre la morale" (3,8%). Dans les archives de la prison, 28% des fiches ne contiennent pas cette information, on y trouve la mention "Ne figure pas" ou "Inconnu". Une explication de ce défaut peut être l'ordre de Queipo de Llano selon lequel, sur tout le territoire contrôlé par l'Armée du Sud, pour chaque homme ayant déserté, devait être arrêtée sa mère ou une soeur en premier lieu ou, à défaut, une belle-soeur ou une belle-mère[5],[1].

La répression a touché des femmes de tous âges, depuis une mineure de 13 ans accusée de larcin d'oiseaux dans la campagne, et une autre de 15 ans, détenue pour incitation à la rébellion, jusqu'à deux femmes de 89 et 85 ans détenues pour rébellion militaire. Dans le cadre "profession" figure Femme au foyer sur 83,97% des fiches.

Dans la plupart des cas, la sortie de prison a eu lieu entre 1941 et 1945, l'année 1943 étant celle du plus grand nombre de remises en liberté. Les détenues qui appartenaient à des partis politiques ou syndicats, les miliciennes ou celles ayant des responsabilités dans des organisations, ont été détenues plus longtemps que celles qui étaient accusées de délits socio-économiques. Beaucoup des détenues politiques n'ont été libérées qu'après quelques mois ou années de prison (53,5%) alors que les autres obtenaient une liberté conditionnelle (24,5%). Celles qui étaient qualifiées comme les "plus dangereuses" (8,9%) ont été transférées à d'autres prisons, celles de Saturrarán, Ventas, Amorebieta ou Pampelune où elles sont restées plus longtemps incarcérées avec des peines de 30, 20 et 12 ans, infligées surtout pour des délits de rébellion et assistance à la rébellion.

Antonio Vallejo-Nájera a utilisé les détenues politiques de Málaga pour sa recherche psychiatrique. Elles lui ont fourni la base empirique pour ses études. Avec le directeur de la clinique psychiatrique de la prison il a choisi cinquante détenues[6]. Le résultat a été publié dans la Revue Espagnole de Médecine et Chirurgie. An II, Nº 9, , sous le titre Psychisme du Fanatisme Marxiste. Recherches Psychologiques sur des Marxistes Féminins Délinquantes[7].

En 1944 dix-huit détenues furent libérées le mercredi saint à la demande de la Confrérie de Jésus Le Riche, privilège signé par Franco[8].

Fermeture

La prison a été fermée en 1954, les détenues étant transférées à la Prison Provinciale de la route de Cártama. Dans le bâtiment désaffecté a été créé l'Institut Gériatrique Pénitentiaire et, des années plus tard, la Préfecture de la Police Municipale.

Dans la mémoire populaire

La prison est mentionnée dans le livre de Tomasa Cuevas, Témoignages de femmes dans les prisons franquistes, où sont recueillies les mémoires de nombreuses détenues des prisons franquistes, dont celle de Málaga, évoquée avec beaucoup de douleur pour la faim et les conditions sanitaires déplorables[9].

Dans le livre La mémoire du froid, écrit par Miguel Martínez del Arco, la prison est décrite depuis la dure expérience de Manuela del Arco, qui y a séjourné deux ans[10],[11].

La prison est aussi évoquée par Juana Doña dans son livre Depuis la nuit et le brouillard. Femmes dans les prisons franquistes. Elle s'y remémore la grève de la faim qu'ont faite les détenues pour s'opposer aux obligations religieuses[12].

Benito Zambrano a réalisé La Voix Dormida, adaptation de l'oeuvre de Dulce Chacón. Une partie de son scénario était basé sur des histoires inspirées et recueillies sur l'Ancienne prison pour femmes de Málaga. Zambrano a affirmé, alors qu'il rassemblait la documentation, que “Cette prison n'était pas seulement une condamnation pour les détenues, mais aussi pour les fonctionnaires elles-mêmes pour qui être envoyées à Málaga constituait une punition”[4].

Mémoire historique

En 2017 un hommage de reconnaissance a été rendu aux victimes de la répression pendant la guerre civile et les années de la dictature, dans l'Ancienne prison pour femmes et dans le Mausolée de la Mémoire du cimetière de San Rafael. Le bâtiment de la prison est considéré Lieu de Mémoire Historique d'Andalousie[13],[14],[15].

Voir aussi

Notes et références

Liens externes

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