André Bazin

critique et théoricien du cinéma From Wikipedia, the free encyclopedia

André Bazin, né le à Angers (Maine-et-Loire) et mort le à Nogent-sur-Marne (Seine), est un critique français de cinéma et de télévision, époux de Janine Bazin.

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André Bazin
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Il est l'un des fondateurs de la revue des Cahiers du cinéma et a exercé une grande influence sur l'ensemble de la critique française et plus particulièrement sur les réalisateurs de la Nouvelle Vague, comme François Truffaut, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol et Jacques Rivette.

Biographie

Pour accomplir sa vocation d'enseignant il entre en 1938 à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, mais en il échoue à l'oral du professorat[1], il se rapproche alors de Pierre-Aimé Touchard qui vient de fonder la Maison des lettres à Paris.

André Bazin y crée un ciné-club où il invite régulièrement Roger Leenhardt dont il lit depuis longtemps la chronique La Petite École du spectateur dans la revue Esprit.

La Libération est une période intense pendant laquelle on veut amener « le peuple à la culture et la culture au peuple ». Fort de cette conviction, il s'engage à travers Travail et Culture et Peuple et culture dans l'éducation populaire.

Dans les usines, en Allemagne, en Algérie, au Maroc, il participe à la fondation de ciné-clubs, à des stages, anime des conférences.

Il entame parallèlement un travail de réflexion en écrivant pour L'Écran français, Le Parisien libéré, Esprit, en rédigeant des monographies. Il participe à la création de Radio-Cinéma-Télévision (qui deviendra Télérama), c'est à cette époque qu'il engage, pour le seconder, un jeune passionné de cinéma, François Truffaut, dont il devient le père spirituel et le protecteur. Il est un des premiers critiques de télévision, qu'il accueille avec curiosité et bienveillance en insistant sur la nécessité de l'évaluer avec des critères différents de ceux utilisés pour le cinéma[2].

Il fait partie du groupe qui organise le Festival du film maudit, à Biarritz, en 1949. Avec Jacques Doniol-Valcroze, Joseph-Marie Lo Duca et Léonide Keigel, il fonde en , les Cahiers du cinéma dans lequel écrit toute une génération de critiques et de futurs cinéastes qui feront partie de la Nouvelle Vague.

André Bazin fait le pari qu'en présentant et en expliquant des œuvres de qualité au public populaire, celui-ci deviendra plus exigeant, moins soumis aux œuvres purement commerciales. Pour lui, la culture est un moyen d'émancipation du peuple. C'est également dans ce but qu'il rédige des ouvrages sur Orson Welles qu'il rencontre et interroge pour la sortie de son film La Soif du mal en 1958, Charlie Chaplin, Jean Renoir et Marcel Carné dont il estime que Le jour se lève s'est approché du degré de perfection que seul Citizen Kane d'Orson Welles a atteint. Homme d'esprit brillant et ouvert, il a pour principe de n'écrire que sur ce qui lui a plu. Ainsi, il cède sa plume à Truffaut : « je n'ai pas trouvé Si Paris nous était conté très enthousiasmant, Sacha Guitry nous ayant habitué à mieux. Mais apparemment François Truffaut l'a aimé, et comme il semble qu'il soit la seule personne dans Paris pour en parler en bien, je lui cède la place ».

André Bazin meurt en 1958 d'une leucémie[3], un an avant la sortie du premier long-métrage de Truffaut (Les Quatre Cents Coups), qui lui est dédié. Il n'a donc pas eu l'occasion de voir émerger la nouvelle génération de cinéastes qu'il a profondément marquée par son intelligence et son engagement. Il est inhumé au cimetière de Nogent-sur-Marne.

Importance historique

André Bazin est une figure intellectuelle très respectée dans le milieu de la critique d'art. Le critique d'art et historien de l'art Jean-François Chevrier dit qu'il considère Bazin comme « le plus grand intellectuel de l'art, tous genres confondus, dans l'après guerre[4]. »

André Bazin termine son texte en expliquant que cette règle s'applique à certains films plus qu'à d'autres : les documentaires « à peine romancés » comme Nanouk l'esquimau, les films intégrant une part de féérie comme Le Ballon rouge[5]. Il donne aussi l'exemple du Burlesque, dont il estime que le succès, datant « [d']avant Griffith et le montage » venait justement de ce que les gags venaient d'un « comique de l'espace » : « Chaplin, dans Le Cirque, est effectivement dans la cage du lion et tous les deux sont enfermés ensemble dans le cadre de l'écran[5]. »

Publications

Hommage

Les Cahiers du cinéma lancent en 2022 le Prix André-Bazin destiné à récompenser un premier film[6].

Notes et références

Voir aussi

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