Pour remplir sa mission de baliseur, le navire était doté d’un pont avec une surface de travail de 140 m2 et d'une grue permettant le relevage des bouées, des corps morts et de diverses autres charges. Elle était capable de soulever 5 tonnes à une hauteur de 12 mètres (au petit croc) ou 14 tonnes à une hauteur de 7,5 mètres (au gros croc)[1],[2]. La stabilité du navire était élevée, en raison des lourdes charges soulevées par la grue en bout de flèche, qui déplaçaient latéralement le centre de gravité du navire[1].
En 1939[4] il a été renommé André Blondel en l’honneur d’André Blondel (1863-1938), mort l’année précédente. Ce physicien français était l’inventeur de l’oscillographe bifilaire et des radiophares. L’inspecteur général des Ponts et chaussées André de Rouville, directeur des Phares et balises, a écrit à ce sujet en 1942[5]:
«Le Service français des Phares et balises, fidèle à sa tradition, devait à la mémoire de A. Blondel d'honorer et de perpétuer le nom d'un de ses plus éminents collaborateurs en l'attribuant à l'un de ses bateaux de service.»
La même année 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. L'André Blondel, comme bien d’autres navires, est pris dans la tourmente du conflit. Le , lors de l’opération Catapult, il est saisi par les Britanniques et armé par un équipage anglais du Trinity House (le service des phares et balises dépendant de la Royal Navy)[1],[2]. Son port d'attache devient Cowes[2],[3]. Le , il est attaqué par un avion allemand, mais ce dernier est repoussé par la DCA du chasseur de sous-marins CH 43 Lavandou. Le , il participe au balisage des routes maritimes du débarquement de Normandie (opération Overlord). Il est enfin restitué à la France en [1],[2].
Après-guerre, l'André Blondel revient à des tâches plus pacifiques: la maintenance, le dépannage et la remise en place des établissements de signalisation maritimes (ESM) flottants. Il effectue également de nombreuses missions en dehors du balisage[3]. Son port d'attache est Dunkerque[2],[3] de 1946 à 1973, puis Le Verdon-sur-Mer[6], à la subdivision locale des Phares et balises, en remplacement de son sister-ship le Charles Ribière[1]. Sa carrière se termine en 2002, après 69 ans d’activité[3]. Il est vendu pour démolition et démoli l’année suivante (2003) à Bilbao. Il est remplacé en 2006 par le baliseur Gascogne (ex-Aréthuse)[2].
↑Jean-Christophe Fichou, Noël Le Hénaff et Xavier Mével, Phares: Histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Le Chasse-Marée • ArMen, , 452p. (ISBN2-903708-92-4), p.329.
↑Commémoration de l'œuvre d'André-Eugène Blondel, Paris, Gauthier-Villars, , 95p., p.92-93.