Anne-Marie Martinozzi

princesse française d'origine italienne (1637-1672) From Wikipedia, the free encyclopedia

Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti, née en 1637 et morte le à Paris[1], est une jeune noble italienne devenue par mariage princesse du sang française.

Faits en bref Prédécesseur, Successeur ...
Anne-Marie Martinozzi
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Anna-Marie Martinozzi, princesse de Conti par artiste anonyme, entre 1660 et 1670 (château de Versailles).

Titre

Princesse de Conti


(12 ans)

Prédécesseur Louise-Marguerite de Lorraine
Successeur Marie-Anne de Bourbon
Biographie
Titulature Princesse de Conti
Princesse de La Roche-Sur-Yon
Comtesse d'Alais
Comtesse de Clermont
Comtesse de la Marche
Comtesse de Pézenas
Dame de Beaumont-sur-Oise
Dame de Chambly
Dame de L'Isle-Adam
Autres fonctions Surintendante de la Maison de la Reine
Nom de naissance Anna Marie Martinozzi
Naissance
Rome (États pontificaux)
Décès
Hôtel de Conti (France)
Sépulture Église Saint-André-des-Arts
Père Girolamo Martinozzi
Mère Laura Margherita Mazzarini
Conjoint Armand de Bourbon prince de Conti
Enfants Louis-Armand de Bourbon prince de Conti
François-Louis de Bourbon prince de Conti
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Anne-Marie Martinozzi
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Biographie

Famille

Anne-Marie Martinozzi est la fille d'un comte romain Girolamo Martinozzi et de Laura Margherita Mazzarini, sœur de Jules Mazarin. Elle est ainsi l'une des sept Mazarinettes, les jeunes nièces que le cardinal a fait venir en France.

Épouse du prince de Conti

Le , au palais du Louvre, la jeune fille, âgée de 17 ans, est mariée à Armand de Bourbon, prince de Conti, prince du sang, cousin de Louis XIV. Son oncle, le cardinal Mazarin, donne alors à sa nièce une dot de 600 000 livres.

Le prince, âgé de 25 ans, a été quelques années auparavant l'un des meneurs de la Fronde, avec son frère le Grand Condé, et leur beau-frère, le duc de Longueville. Huit mois avant ce mariage, il avait fait sa soumission à Louis XIV. Ce mariage est donc à la fois le signe de son retour en grâce, et un moyen d'abaisser cette lignée de princes du sang en lui donnant pour épouse une jeune femme d'un rang inférieur.

Le prince de Conti souffrait d'une maladie vénérienne, probablement contractée à Montpellier à l', en suivant dans ses frasques libertines le comte d'Aubijoux, alors gouverneur de la ville. Le prince ne tardera pas à contaminer sa jeune épouse.

Dès , le prince doit laisser sa femme à Paris pour prendre le commandement en chef de l'expédition de Catalogne. La princesse se montre éprise, écrivant à son mari de nombreuses lettres. Elle le retrouve le suivant à Remoulins, d'où ils rejoignent leur château de La Grange-des-Prés, près de Pézenas, avant que le prince aille ouvrir les États de Languedoc.

Ils se quittent à nouveau au printemps 1657, le prince de Conti devant retourner combattre en Espagne.

Ils ont pour enfants :

La princesse de Conti a été surintendante de la Maison de la Reine auprès de la reine-mère Anne d'Autriche, entre 1657 et 1666.

Veuve janséniste

La princesse est veuve dès 1666. Elle prend alors pour médecin le jeune Denis Dodart, qui s'attache aux Conti, et sera le médecin de ses descendants, de même que son fils Claude Jean-Baptiste Dodart. En , elle se porte acquéresse à Paris de l'hôtel de Guénégaud, sur la rive gauche de la Seine, dans le cadre d'une opération d'échanges de biens immobiliers.

Décès

Ayant contracté la syphilis transmise par son mari, elle meurt d'une attaque d'apoplexie le . Elle est inhumée dans l'église Saint-André-des-Arts, où ses fils lui font bâtir un tombeau par le sculpteur François Girardon, tandis que son cœur est placé au couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Denis Dodart, devenu membre pensionnaire-botaniste de l'Académie Royale des Sciences, a rédigé son épitaphe chez les carmélites :

HIC JACET Cor clarissimae & potentissimae Principis Annae-Mariae Martianozziae, viudae celsissimi & potentissimi Principis Armandi Borboni, Principis de Conti ; quod à media fui parte illuftrissimi ac charissimi comjugis obitu separatum, tantùm Christo gemuit, danec sponso & Deo redderetur, quemunum uterque amaverat. Nullum in eo mundi amor locum habuit. Hoc altare Deo sacrum nullo alio igne coluit, quàm Dei. Amor Christi, amor sponsi, amor liberorum & Ecclesiae illud sibi vindicárunt. Charitas hujus cordi natura est, postquám à Christo creatum est in operibus bonis, quibus plenum perfectè Deo vivere caepit, moriens mundo & sensibus, qui suam illi lucem abscondebant. Si cor Christianum moreretur, obiit prid. non. feb. 1672, aetatis 35[2].

Ses entrailles sont déposées dans l'église de Port-Royal des Champs. Lors de la destruction de l'abbaye janséniste, elles furent transférées dans la sépulture de Saint-André-des-Arts[3].

Dans son testament, elle ordonne que l'éducation de ses fils soit confiée à leur tante Anne Geneviève de Bourbon-Condé et nomme leur oncle, Louis II de Bourbon-Condé, en qualité de tuteur.

En 1709, le prince François-Louis de Bourbon-Conti, dit « le Grand Conti », fut inhumé dans le caveau de sa mère, avec son frère aîné Louis-Armand de Bourbon-Conti, décédé en 1685[4].

Le mausolée de la princesse fut élevé au pilier du côté gauche du chœur. Composé d'une statue de marbre blanc en bas-relief, accompagnée des attributs de La Foi, de L'Espérance et de La Charité, encadrée d'ornements en marbre surmontés d'une urne en bronze, le tout dessiné et sculpté par Girardon. L'épitaphe était gravée au-dessous en lettres noires sur une plaque de marbre blanc :

À la gloire de Dieu
et a la mémoire eternelle
d'Anne Marie Martinozzi
princesse de Conty
qui detrompée dès l'aage de
XIX ans vendit toutes ses pierreries pour
nourrir durant la famine de M DC LXII,
les pauvres de Berry, de Champagne, et de
Picardie, pratiqua toutes les austerités que
sa santé put souffrir; demeurée veuve a
l'aage de XXIX ans, consacra le reste de sa
vie a élever en princes chretiens les princes
ses enfans, et à maintenir les loix tempo
relles et ecclesiastiques dans ses terres; se
reduisit a une depense tres modeste; restitua
tous les biens dont l'acquisition luy fut sus
pecte jusqu'à la somme de DCCC mil li
vres; distribua toute son epargne aux
pauvres dans ses terres et dans toutes les
parties du monde, et passa soudainement
a l'éternité, après seize ans de perseverance
le IV février M DC LXXII, aagée de
XXXV ans
Priez pour elle.
Louis Armand de Bourbon, prince de Conty, et François
Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon, ses enfants,
ont posé ce monument[5].

Armoiries

« Parti, au 1 de France, au bâton de gueules péri en bande; au 2 coupé, a de gueules à deux fasces bretessées et contrebretessées d'argent, b d'azur à la hache consulaire d'argent, les verges d'or, liées d'argent, posée en pal; à la fasce de gueules chargée de trois étoiles d'or brochant sur le tout ».

Notes et références

Annexes

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