Armand de Bourbon-Conti
prince français, dernier des trois enfants d'Henri II de Bourbon, prince de Condé (1629-1666)
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Armand de Bourbon, prince de Conti[1], né le à Paris, dans l'Hôtel de Condé, et mort le au château de la Grange-des-Prés, près de Pézenas, est un prince du sang du XVIIe siècle. Puîné des trois enfants d'Henri II de Bourbon, prince de Condé et de Charlotte Marguerite de Montmorency, il est le cadet d'Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, et de Louis II de Bourbon, dit « le Grand Condé », qui ont respectivement dix et huit ans de plus que lui.
Prince du sang
Titre
–
(36 ans, 4 mois et 10 jours)
| Prédécesseur | François de Bourbon-Conti |
|---|---|
| Successeur | Louis Armand de Bourbon-Conti |
| Titulature |
Prince de Conti Prince du sang |
|---|---|
| Dynastie | Maison de Conti |
| Distinctions | Grand maître de France |
| Naissance |
Paris, |
| Décès |
(à 36 ans) Pézenas, Château de la Grange-des-Prés, |
| Père | Henri II de Bourbon-Condé |
| Mère | Charlotte-Marguerite de Montmorency |
| Fratrie |
Louis II de Bourbon-Condé Anne-Geneviève de Bourbon-Condé |
| Conjoint | Anne Marie Martinozzi |
| Enfants |
Louis Armand de Bourbon-Conti François Louis de Bourbon-Conti |
| Religion | Catholicisme |
Signature
Biographie
Les années d'études

Le , l'enfant est tenu sur les fonts baptismaux de l'église Saint-Sulpice par sa tante Marie-Félicie des Ursins, dernière duchesse de Montmorency, et Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu[2]. Le titre de prince de Conti a été rétabli en sa faveur l'année précédente.
De petite taille[3], comme la plupart des Bourbons, de santé très délicate, le dos légèrement voûté[4], mais beau de visage, le jeune prince passe son enfance dans le gouvernement de Berry, apanage de son père, où il reçoit les premiers enseignements du même « précepteur domestique », le jésuite Gérard Pelletier, qui a instruit son aîné[5].
Il est ensuite, pendant sept ans, l'élève des jésuites du collège de Clermont, à Paris, comme Condé l'a été au collège Sainte-Marie de Bourges. En dédiant sa « thèse de tentative » à son père, en (voir ci-dessous), le jeune théologien écrira :
« … Ce partage et cette distribution que vous avez faits de vous-même à vos deux enfants vous consacre en leurs personnes à Dieu et au Roi tout ensemble ; car ayant destiné Monsieur mon frère à la défense de l'État, et moi au maintien de la Religion, on peut dire avec vérité que vous vous donnez tout entier en la personne du premier au bien de la France, et en la mienne à la protection de l'Église[6]. »
À en croire le préfacier anonyme des Œuvres de Monsieur de Molière publiées à Paris en 1682, le jeune Jean-Baptiste Poquelin « eut l'avantage de suivre feu Monsieur le Prince de Conty dans toutes ses classes[7] », mais cela semble peu vraisemblable, le fils de tapissier étant l'aîné du prince de presque huit ans.
S'il était avéré que Molière a étudié au collège de Clermont (ce qu'aucun document n'atteste), les deux garçons, que le théâtre réunira plus tard, auraient été initiés à la pratique de la scène, ou du moins à la déclamation tragique, par les mêmes pédagogues jésuites. Ainsi, par exemple, la Gazette de Renaudot du 9 mars 1641 informe-t-elle ses lecteurs que l'avant-veille,
« fut représentée, dans le Palais Cardinal, en présence de Son Éminence [le cardinal de Richelieu], une tragédie latine, par les écoliers des pères jésuites de cette ville. La scène fut ouverte par le prince de Conti et fermée par le jeune duc de Nemours, l’un et l’autre, par les preuves de la bonté de leur esprit et grande espérance qu’ils font concevoir d’eux, répondant à l’élégance et beauté du sujet, qui fut une histoire des deux enfants des rois de Danemark et d’Holsace[8]. »
Le , Conti, qui n'a que 12 ans, reçoit la commende de l'abbaye de Saint-Denis. L'année suivante, il est nommé abbé de Cluny, et recevra encore sept autres abbayes et cinq prieurés.

En il présente ses thèses devant ses maîtres du collège de Clermont ; le suivant, il est reçu maître ès arts ; puis il part poursuivre ses études de théologie à l'université de Bourges. Le , il soutient non sans éclat une « thèse de tentative »[9] dans la grande salle de la faculté de théologie à la Sorbonne, en présence de Jean-François Paul de Gondi, coadjuteur de Paris et futur cardinal de Retz[10] ; elle porte « sur la grâce, sur la pénitence et sur l'eucharistie » et sera publiée la même année à Paris et à Rouen[11].
« Cette thèse, commente l'historien Jean Lesaulnier[12], défend ouvertement la doctrine du théologien espagnol Louis Molina et se dresse contre l'Augustinus de Jansenius et la Fréquente communion d'Antoine Arnauld. Le prince de Conti fait vœu d'entrer chez les jésuites. »
Son père, le prince de Condé, étant mort le de la même année, un conseil de tutelle décide, à son grand déplaisir, que le jeune Conti restera encore un an chez les jésuites[13]. Le , la princesse de Condé arrive à la cour, « amenant avec elle le prince de Conti son fils, qui était alors son bien-aimé »[14].
Avant de mourir, le prince avait demandé le chapeau de cardinal pour son cadet ; celui-ci ne l'obtiendra jamais, et ce ne sera pas faute de l'avoir exigé[15]. « En attendant ce chapeau, écrit Victor Cousin[16], Armand de Bourbon vivait à l'hôtel de Condé, à moitié ecclésiastique, à moitié mondain, tout occupé de bel esprit et avide de toute espèce de succès. La gloire de son frère le piquait d'émulation, et il lui prenait des caprices guerriers. »
Les années de Fronde

Au mois de , avec son beau-frère le duc de Longueville, et toujours désireux d'obtenir le chapeau de cardinal, Conti prend parti pour la Fronde parlementaire. Le 11, les deux hommes se présentent devant le parlement de Paris, le prince réitère les assurances qu'il a données la veille « d'employer sa vie jusqu'à la dernière goutte de son sang pour le service du Roi sous l'autorité du Parlement », et ce dernier le déclare « généralissime des armées »[17].
Le suivant, les troupes commandées par Conti sont mises en déroute à Charenton par celles de son frère Condé, resté fidèle à la Cour[18]. Le , la paix de Rueil, en levant le blocus de Paris, met fin à la Fronde parlementaire.

C'est au cours de l'intermède de relative accalmie entre les deux Frondes que se déroule à Paris la guerre comique des deux sonnets, ou Querelle des Jobelins et des Uranistes, qui oppose les partisans du sonnet d'Uranie, de Vincent Voiture, conduits par Mme de Longueville, et ceux du sonnet de Job, d'Isaac de Benserade, emmenés par son frère Conti[19],[20].
Dans les derniers mois de 1649, Condé, convaincu notamment par sa sœur, rallie la cause de la Fronde, dès lors codirigée par lui-même, son frère et le duc de Longueville. Le , sur ordre d'Anne d'Autriche, régente du royaume, et de Mazarin, son ministre, le trio est arrêté au Palais-Royal[21] et emprisonné au château de Vincennes. Sa séparation d'avec sa sœur rend sa captivité extrêmement difficile à Conti[22]. Au début de sa détention, il est malade d'une blessure qu'il s'est faite à la tête volontairement. Cette blessure s'avère néanmoins utile aux princes, à qui on ne peut, dès lors, refuser le secours des médecins et chirurgiens, dont certains leur servent d'intermédiaires avec l'extérieur[23].

Le , les deux princes et leur beau-frère sont transférés au château de Marcoussis, qui, après la Bastille et Vincennes, est la place la plus sûre aux environs de Paris. Ils le quittent le pour être à nouveau transférés, cette fois-ci dans la citadelle du Havre, où ils arrivent dix jours plus tard[24].
Le , Mazarin, banni de Paris et contraint à l'exil par un arrêt du Parlement, vient en personne les libérer, « et chacun, note Madame de Motteville, demeura étonné de voir que ce ministre, si considérable par le poste qu'il avait occupé jusques alors, eût voulu aller si loin, exprès seulement pour donner la liberté malgré lui à des princes qui étaient en prison par ses conseils[25] ». La captivité des princes aura duré treize mois. Le , ils font une entrée triomphale à Paris.
Par une clause du traité signé avec les frondeurs en vue de cette libération, Conti s'engageait à épouser Charlotte de Lorraine, fille de la duchesse de Chevreuse, ancienne confidente d'Anne d'Autriche et grande conspiratrice, mais dès le mois d'avril, Condé, devenu incontournable dans la direction de l'État, annule le projet de mariage[26], consacrant la rupture avec la Fronde parlementaire.
[…]
Retiré à Bordeaux, dernière ville frondeuse, en , Conti capitule le [27] et obtient l'autorisation de se retirer « dans telle de ses maisons qu'il lui plaira, avec ses domestiques, officiers de ses troupes, train et équipage ».
Le prince et ses comédiens
Le prince choisit d'installer sa cour — quelque 200 personnes — dans le château de La Grange-des-Prés[28], à proximité de Pézenas, dont la propriété lui est échue après la mort de sa mère en 1650. Parti de Bordeaux le , il parvient à la Grange dans la seconde quinzaine du mois, après une halte d'une huitaine de jours au château de Cadillac, où il a été l'hôte du duc d'Épernon[29], naguère protecteur de la troupe de comédiens dirigée par Charles Dufresne et dans laquelle se sont fondus vers 1646 les rescapés de l'Illustre théâtre.
Dans les premiers jours de septembre, pour divertir sa maîtresse, Madame de Calvimont[30], et la petite cour qui l'a suivi[31], Conti demande à Daniel de Cosnac, premier gentilhomme de sa chambre, qui gère l'argent de ses menus plaisirs, de faire venir des comédiens, et il découvre ainsi — presque malgré soi, s'il faut en croire les souvenirs de Cosnac— la troupe dans laquelle s'illustrent Molière, Madeleine Béjart et leurs camarades et qui passe dès ce temps-là pour la meilleure troupe de campagne[32].
Pendant trois ans, ces derniers sillonneront le Languedoc et la vallée du Rhône sous le titre de « Comédiens de Son Altesse Royale le Prince de Conti », appointés pour être « à son service, tant auprès de sa personne que pour les États du Languedoc »[33]. Ainsi, par exemple, pendant le carnaval de 1655, Molière et Joseph Béjart danseront, parmi des députés et des courtisans du prince, devant les États réunis à Montpellier, dans un Ballet des Incompatibles dont les vers sont parfois attribués à Molière lui-même.
Quelques mois plus tard, le même Joseph Béjart se fera généalogiste et historien des États en publiant un bel in-folio intitulé Recueil des tiltres, qualités, blazons et armes des seigneurs barons des Estats généraux de la province de Languedoc tenus par Son Altessse Sérénissime Monseigneur le prince de Conty en la ville de Montpelier l'année 1654.
C'est au cours de ces années également que la fille de Madeleine Béjart, qui avait été seulement ondoyée à la naissance, est tenue sur les fonts baptismaux, à Pézenas ou à Montpellier, et reçoit ses deux premiers prénoms d'Armand de Conti et de Grésinde de Baudan, femme de Scipion Grimoard de Beauvoir, comte du Roure, lieutenant général du Languedoc[34].
Conti leur retirera sa protection et ses subsides au printemps 1657, une fois retourné à la religion.
Quinze ans plus tard, l'aumônier du prince, Joseph de Voisin, écrira :

« Monseigneur le prince de Conti avait eu en sa jeunesse tant de passion pour la comédie qu’il entretint longtemps à sa suite une troupe de comédiens, afin de goûter avec plus de douceur le plaisir de ce divertissement ; et ne se contentant pas de voir les représentations du théâtre, il conférait souvent avec le chef de leur troupe, qui est le plus habile comédien de France, de ce que leur art a de plus excellent et de plus charmant. Et lisant souvent avec lui les plus beaux endroits et les plus délicats des comédies tant anciennes que modernes, il prenait plaisir à les lui faire exprimer naïvement, de sorte qu’il y avait peu de personnes qui pussent mieux juger d’une pièce de théâtre que ce prince[35]. »
Retour en grâce et mariage
Conti est définitivement amnistié au début d'[36]. Afin de rentrer complètement en grâce, son intendant et secrétaire des commandements, le poète Jean-François Sarasin, lui suggère de briguer la main d'une des deux nièces de Mazarin alors présentes en France, Anne-Marie Martinozzi et Olympe Mancini. En échange de cet honneur fait au cardinal, il peut espérer obtenir le gouvernement de Guyenne, dont son frère Condé vient d'être déchu, ainsi que le commandement d'une armée.

Le choix entre les deux jeunes filles s'avérant plus difficile qu'il n'avait paru d'abord, le prince aurait dit, selon Cosnac[37], « qu'il ne se souciait pas quelle nièce on lui donnât, qu'il épousait le Cardinal et point du tout une femme ». Il choisit la jeune Martinozzi, alors âgée de 17 ans, au grand soulagement de Mazarin, qui s'était engagé avec un autre prétendant[38], de moindre qualité.
Conti envoie Sarasin à Paris, pour traiter avec le Cardinal des conditions du mariage, et, en attendant le résultat des négociations, il décide de se rendre à Montpellier, à l'invitation du comte d'Aubijoux, gouverneur de la ville et lieutenant du roi en Languedoc, qui était venu plusieurs fois le voir à la Grange-des-Prés et avec lequel il était dans des relations de familiarité.
Son hôte, homme de plaisir, reçoit le prince avec magnificence. « Dès le moment de son arrivée, raconte Cosnac[39], on ne songe qu'à festins, bals, ballets, comédies. » Un soir, au terme d'un repas très arrosé, d'Aubijoux envoie chercher une prostituée, et c'est avec elle, s'il faut en croire le mémorialiste, que le futur neveu de Mazarin contracte « cette maladie dont les médecins ignorèrent si longtemps la nature et le nom (la syphilis) et qu'il communiqua sans le savoir à Mme la princesse de Conti »[40].
Dans les premiers jours de décembre, le prince et sa suite quittent Montpellier pour gagner Bagnols-sur-Cèze, autre seigneurie de l'apanage de Conti, où ils séjourneront trois semaines, avant de prendre la route de Paris, en passant par les abbayes de Cluny et de Saint-Germain-d'Auxerre, dont le prince est commendataire. Le soir du , Mazarin vient au-devant du prince « avec tout ce qu'il y avait de grands seigneurs à la cour. L'entrevue, ajoute Cosnac, se fit dans Villejuif, avec toutes les démonstrations d'une grande amitié cimentée par une nouvelle alliance. » Le cardinal fait monter son futur neveu dans son carrosse et le conduit au Louvre, où il le présente aux souverains. Conti n'a pas revu Paris depuis 28 mois.
Le 21, vers six heures du soir, a lieu la cérémonie des fiançailles du prince et d'Anne-Marie Martinozzi, suivie d'un bal à la cour. Le lendemain, le mariage est célébré dans la chapelle de la Reine, en présence du Roi, du duc d'Orléans, de Mazarin et des « principaux de la cour ». À l'issue de la cérémonie, pourra-t-on lire dans la Gazette, « la princesse de Conti donn[e] à dîner[41] au prince son époux. Le soir, il y [a] la tragédie du Cid, après laquelle Son Éminence donn[e] aux nouveaux époux un magnifique souper[42] suivi d'un bal. »
« Le prince de Conti, souligne Madame de Motteville[43], s'estimait heureux de devenir le neveu de celui qu'il avait haï et méprisé pour ami. Cette alliance ne parut pas d'abord convenir à la grandeur et à la naissance de ce prince, mais l'éclat de la fortune du cardinal Mazarin était si grand qu'il pouvait, en effaçant la bassesse de sa race, élever sa famille à la participation des plus suprêmes dignités. »
Après deux fausses couches (la première en 1655, la seconde l'année suivante[44]) et un enfant mort en bas âge[45], la princesse mettra au monde deux fils : Louis Armand Ier de Bourbon-Conti (1661-1685), 2e prince de Conti, et François Louis de Bourbon-Conti (1664-1709), 3e prince de Conti, dit « le Grand Conti ».
Première campagne de Catalogne

Le , Conti quitte Paris et sa femme pour rejoindre Perpignan et y prendre le commandement de l'armée qui doit envahir la Catalogne. Mazarin, qui lui a donné le gouvernement de Guyenne, lui a adjoint pour lieutenant général le même duc de Candale qui a reçu sa reddition à Bordeaux, en juillet de l'année précédente.
Le prince est accompagné, dans son carrosse, de Sarasin et de Roger de Bussy-Rabutin, maître de camp de la cavalerie légère. Ce dernier gardera, des trois semaines du voyage et de la campagne victorieuse qui a suivi, un souvenir enchanté (voir ci-dessous la section Jugements de la postérité).
Couronnée par le siège et la prise de Puycerda (13-), la campagne a été l'occasion, pour Conti et son maître de camp, de composer à quatre mains une œuvrette érotique, La Carte du Pays de Braquerie, pastiche féroce de la « Carte de Tendre » que Madeleine de Scudéry a introduite dans le premier tome de sa Clélie, histoire romaine[47].
Le , le prince et son épouse arrivée de Paris se retrouvent à Remoulins, d'où ils gagnent Montpellier pour l'ouverture des États de Languedoc. Quelques jours plus tard, ayant appris la mort de Sarasin et voyant Cosnac venir à lui, Conti le « [prend] à témoin des larmes qu'il [n'a] pas versées », et le soir même se fait donner la comédie par Molière et ses camarades. Le lendemain, il confie la charge de secrétaire de ses commandements à Gabriel de Guilleragues, futur auteur des Lettres portugaises, qu'il a connu à Bordeaux, quand il était premier président de la Cour des aides[48],[49], et qui restera à son service jusqu'à la mort du prince en .
La conversion
Du printemps à l', il part à nouveau conduire les armées françaises en Espagne. Cette seconde campagne s'avère moins glorieuse que la première. Le 1654, il ouvre la nouvelle session des États de Languedoc, qui se tient à Pézenas et s'achèvera le suivant.
Il passe une grande partie de l'année 1656 à Paris, souffrant des suites de la syphilis qu'il a contractée à l'.

Au cours de l'année 1656, faisant suite à des entretiens qu'il a eus l'année précédente avec Nicolas Pavillon, évêque d'Alet, proche des jansénistes, il se « convertit », c'est-à-dire retourne vers une foi ardente et intransigeante[50],[51]. Il pratique le jeûne, multiplie les aumônes, porte un cilice, se donne la discipline et renonce à tous les plaisirs ou divertissements.
Des plaisirs dont il se prive, le théâtre n'est pas le moindre ; le , alors qu'il séjourne à Lyon, il écrit à son directeur spirituel, Gabriel de Ciron[52] :
« … Nous nous assemblons tous les soirs pour prier Dieu, pour conférer de nos obligations chacun en notre poste, et nous départir entre nous les bonnes œuvres qui viennent à notre connaissance. Nous avons eu le bonheur d'assister ici plusieurs pauvres, de sortir un prisonnier et de réconcilier deux familles des plus considérables de Lyon, qui étaient au coupe-gorge. (…) Il y a des comédiens ici qui portaient mon nom autrefois. Je leur ai fait dire de le quitter et vous croyez bien que je n'ai eu garde de les aller voir… »
Le prince se rapproche bientôt de la Compagnie du Saint-Sacrement, tout en tendant au jansénisme. Il a 27 ans.
Le , il est nommé Grand maître de la maison du roi, charge laissée vacante par le retrait de Condé.
Deux mois plus tard, nommé à la tête de l'armée d'Italie, conjointement avec le duc de Modène, il assiège sans succès la ville d'Alexandrie.
Gouverneur du Languedoc
Le , Louis XIV accorde à Conti une pension annuelle de 60 000 livres et, le , lui offre le gouvernement du Languedoc, laissé vacant par la mort de Gaston d'Orléans, oncle du roi.
Le de la même année, il est admis dans la branche parisienne de la Compagnie du Saint-Sacrement. Le rédacteur des Annales de la Compagnie écrira à la fin du siècle[53] :
« Le premier jour de juillet, M. le prince de Conti fut admis dans la Compagnie comme ayant été reçu dans celle de son gouvernement de Languedoc. C’est ce qui fit que de droit on ne put lui refuser l’entrée de celle de Paris. Il est vrai que ses plus intimes amis, qui en étaient, disputèrent fort avec lui sur ce sujet et le supplièrent très instamment de n’y vouloir point entrer. La Compagnie y était très opposée ; elle craignait l’éclat et les suites de cette entrée, elle prévoyait que c’était là le vrai moyen de la faire découvrir et de la rendre suspecte, mais le zèle de ce prince et sa persévérance pendant un long temps à désirer cette consolation l’emportèrent sur la résistance de tout la Compagnie. (…) On ne put rien refuser à ce qu’il voulut absolument par sa haute qualité, mais on prévit bien que cela serait un écueil où la compagnie pourrait se briser. Et en effet, selon les apparences, l’entrée de Monsieur le Prince de Conti dans la Compagnie a été le sujet de sa destruction. »

Dès lors il participe à des actions dans le cadre de la Compagnie, multipliant les œuvres pies, fondant des collèges, œuvrant à la conversion des protestants[54]. Il s'efforce également de moraliser la population tout en s'attelant à réduire son fardeau fiscal. L'administration de sa province, accomplie avec justice et sagesse, lui vaut une grande popularité auprès des catholiques du Languedoc.
Mais l'austérité et la rudesse de cette administration ne sont pas du goût des gens de lettres et des artistes. Le , le jeune Jean Racine, qui séjourne à Uzès, écrit à son oncle :
« M. le prince de Conti est à trois lieues de cette ville et se fait furieusement craindre dans la province. Il y fait rechercher les vieux crimes, qui y sont en fort grand nombre. Il a fait emprisonner bon nombre de gentilshommes et en a écarté beaucoup d’autres. Une troupe de comédiens s’était venue établir dans une petite ville proche d’ici : il les a chassés, et ils ont passé le Rhône pour se retirer en Provence. On dit qu’il n’y a que des missionnaires et des archers à sa queue. Les gens de Languedoc ne sont pas accoutumés à telle réforme ; mais il faut pourtant plier[55]. »
L'homme de plume
Au cours de l'été 1664, alors qu'il séjourne au château de Noisy, que Louis XIV a mis à sa disposition et « où il s'était retiré pour prendre l'air, après une maladie qui l'avait tellement affaibli qu'il ne se pouvait soutenir »[56], Conti entame la rédaction d'un Traité de la comédie, qu'il achèvera en et que son aumônier Joseph de Voisin fera paraître, en , presque un an après la mort du prince, sous l'anonymat[57] et sous le titre de Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l'Église, tirée des Conciles et des Saints Pères.

[…]
Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Les Devoirs des Grands (1666). Il est alors installé au château de la Grange-des-Prés, et se consacre à l'étude et au mysticisme.
Mort et inhumation
Conti meurt à la Grange-des-Prés, le , dans sa trente-septième année. Le lendemain, quatre chirurgiens procèdent à son embaumement, et le corps est porté dans la soirée à l'église des Cordeliers de Pézenas, où il restera exposé pendant trente-cinq jours[58].
Le prince a demandé, avant de mourir, à être enterré dans la chartreuse la plus proche de Pézenas. « Celles de Villeneuve et Valbonne, écrira l'abbé Laurent Soumille au siècle suivant[59], se disputèrent cet honneur, et la première l'emporta. On peut bien dire que l'intérêt n'eut aucune part dans cette dispute, puisque ce prince ne laissa pas même de quoi faire ses funérailles. »
Par son testament, Conti défendait « que l'on fasse aucunes cérémonies ni frais funéraires, que ceux qui seront d'une absolue nécessité, les autres étant absolument éloignés de l'esprit du christianisme, et les dépenses de telle nature étant un superflu que l'on ôte aux pauvres ». Malgré cela, un imposant service mortuaire est célébré, le , dans la Collégiale de Pézenas. L'oraison funèbre est prononcée par Pierre de Bertier, évêque de Montauban, membre comme le défunt de la Compagnie du Saint-Sacrement[60].
Le , la dépouille du prince est portée en une longue procession jusqu'à son tombeau, édifié au milieu du chœur des Pères dans l'église Sainte-Marie de Villeneuve. « Ce tombeau, notera l'abbé Soumille, n'est proprement qu'une grande base attique en parallèlogramme, dont les moulures sont de marbre blanc veiné, et la table de marbre noir. On ne lui a donné qu'environ seize pouces d'élévation pour ne point couper la vue du maître-autel. » La longue épitaphe latine a été composée par le janséniste Pierre Nicole à la demande de la princesse de Conti.
À la Révolution, les ordres monastiques ayant été supprimés et les religieux expulsés, la Chartreuse est vendue par lots et les marbres du tombeau du prince brisés sur ordre de la municipalité de Villeneuve. L'épitaphe sera partiellement reconstituée, et les ossements, presque intégralement rassemblés à la fin du XIXe siècle[61], seront transférés en 1906 dans la crypte de l'oratoire de Port-Royal des Champs, abbaye symbole du jansénisme[62].
Jugements de la postérité
Dans l'oraison funèbre du prince, qu'il prononce le à Paris, l'évêque de Comminges, Gilbert de Choiseul, membre comme Conti de la Compagnie du Saint-Sacrement, dresse un bilan impressionnant de l'action réformatrice du gouverneur de Languedoc[63] :
« Nous avons vu sous son autorité la piété refleurir dans les lieux où elle n'était presque plus connue, le scandale aboli, le blasphème puni, le libertinage réprimé, les divertissements impudiques et les spectacles profanes entièrement proscrits. Nous avons vu rétablir la sanctification des dimanches et des fêtes, dans lesquelles il semblait que la cessation des œuvres serviles n'eût été commandée qu'afin que Dieu fût offensé, ou par l'oisiveté des peuples ou par l'impiété de leurs plaisirs. Et enfin nous avons eu la joie de voir le duel déshonoré par le soin que ce religieux prince prenait de faire exécuter les édits du plus grand des rois, à qui seul après Dieu la gloire est due d'avoir étouffé ce monstre. »
Le Recueil de choses diverses donne à lire ces observations du janséniste Pierre Nicole[64] :
« M. le prince de Conty aimait à disputer, avait été bachelier et en avait retenu l'humeur ; avait du sel dans ce qu'il disait, quelquefois piquant. Il poussait quelquefois la conversation plus loin que celui qui s'y était attaché ne le voulait. Son fils aîné est son même esprit. »
Daniel de Cosnac, qui avait été premier gentilhomme de la chambre du prince de Conti, avant d'être nommé évêque de Valence et premier aumônier de Philippe d'Orléans, s'arrête, dans la rédaction de ses Mémoires, à la mort du premier et à la peine qu'il en conçut[65] :
« Cette perte me fut plus sensible que je ne l'eusse cru. Je m'imaginais que mon cœur s'était habitué à ne le plus aimer, mais alors je repassai dans mon esprit tous les endroits où il m'avait marqué tant d'amitié (…) Ce prince avait de grandes qualités, un esprit agréable, un cœur intrépide, beaucoup de savoir ; et, sans son peu de fermeté, une certaine paresse d'esprit et de corps qui lui venait de sa délicate complexion, ce prince aurait été un grand homme. »
Dans ses Mémoires, rédigés dans les années 1670 et qui seront publiés au XIXe siècle, le jésuite René Rapin, historien et pourfendeur du jansénisme, trace de Conti un portrait plutôt chaleureux, dans lequel il tente de relativiser la soumission du défunt à ses directeurs spirituels[66] :
« Ce prince avait toutes les qualités d'un grand seigneur ; il était brave, libéral, magnifique, méprisant les richesses, qu'il n'amassait que pour les répandre, prenant plaisir à donner par une grandeur d'âme qui n'a point presque eu d'égale en ce siècle, ne connaissant point de plus grand plaisir que celui de faire des heureux, ce qui attirait à sa suite ce qu'il y avait dans le royaume d'honnêtes gens qui se distinguaient par la bravoure ou par la science, bienfaisant à tous ceux qui avaient du mérite, civil et honnête à tout le monde. Il se trouvera peut-être des critiques qui reprocheront à sa mémoire de ce qu'il est trop laissé gouverner à l'évêque d'Alet par l'empire trop absolu qu'il lui donna sur sa conduite, entêté comme était ce prélat de son propre fonds et de son attachement à la nouvelle opinion[67], dont ce prince l'entêta lui-même… »
Vers le même temps, le cardinal de Retz met en forme ses souvenirs de la Fronde. Parvenu aux événements de , il compose une série de portraits des principaux protagonistes, en commençant par Anne d'Autriche, les membres de la famille royale et les grands capitaines, et comme il vient d'«épingler» le maréchal de La Mothe, «capitaine de la seconde classe», il poursuit[68] :
« J'oubliais presque M. le prince de Conti, ce qui est un bon signe pour un chef de parti. Je ne crois pas vous le pouvoir mieux dépeindre qu'en vous disant que ce chef de parti était un zéro qui ne multipliait que parce qu'il était prince de sang. Voilà pour le public. Pour ce qui était du particulier, la méchanceté faisait en lui ce que la faiblesse faisait en M. le duc d'Orléans. Elle inondait toutes les autres qualités, qui n'étaient d'ailleurs que médiocres et toutes semées de faiblesses. »
Le , comme elle vient d'apprendre la disparition du Louis-Armand de Bourbon-Conti, fils aîné du premier prince, mort de la petite vérole à l'âge de 24 ans et sans avoir été confessé, Madame de Sévigné écrit à son ami Philippe Moulceau, président de la Chambre des Comptes de Montpellier[69] :
« Quelle mort que celle de M. le prince de Conti ! Après avoir essuyé tous les périls infinis de la guerre de Hongrie, il vient mourir ici d'un mal qu'il n'a quasi pas ! Il est le fils d'un saint et d'une sainte, il est sage naturellement, et par une suite de pensées emmanchées à gauche, il joue le fou et le débauché et meurt sans confession, et sans avoir eu un seul moment, non seulement pour Dieu, mais pour lui, car il n'a pas eu la moindre connaissance. »
Rédigeant ses Mémoires au cours des années 1690, Roger de Bussy-Rabutin, cousin de Mme de Sévigné, se souvient avec émotion de la campagne de Catalogne de 1654, dont il a partagé les meilleurs moments avec Conti ; un souvenir qui lui inspire un portrait du prince empreint d'une vraie sympathie[70] :
« Il avait la tête fort belle, tant pour le visage que pour les cheveux, et c'était un très grand dommage qu'il eût la taille gâtée ; car à cela près c'était un prince accompli. Il avait été destinée à l'Église, mais les traverses de sa maison l'ayant jeté dans les armes, il y avait trouvé tant de goût qu'il n'en était pas revenu. Cependant il avait étudié avec un progrès admirable. Il avait l'esprit vif, net, gai, enclin à la raillerie. Il avait un courage invincible, et s'il y avait quelqu'un au monde aussi brave que le prince de Condé, c'était le prince son frère. Jamais homme n'a eu l'âme plus belle sur l'intérêt que lui : il comptait l'argent pour rien, il avait de la bonté et de la tendresse pour ses amis, et comme il était persuadé que je l'aimais fort, il m'honorait d'une affection très particulière. »
En 1850, Jules Janin publie le premier volume d'un roman historique intitulé La Religieuse de Toulouse[71], dont l'héroïne, Madame de Mondonville, fondatrice, avec Gabriel de Ciron, de la « Congrégation des Filles de l'Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ »[72], trouve dans le prince de Conti un puissant protecteur, que l'auteur portraitise en des termes surprenants[73] :
« Le digne frère du Grand Condé, M. le prince de Conti, une de ces têtes intelligentes à qui une couronne seule a manqué, était en ce moment [1662], parmi tant d'autres dignités, gouverneur du Languedoc, et plus d'une fois, tantôt la disgrâce, tantôt les affaires de la province, l'avaient appelé à Toulouse, où il avait l'habitude de mener sa femme, une Mazarin, une des nièces du Cardinal. Dans ce siècle où tous les princes se ressemblent, c'était un être à part, ce prince de Conti, élevé entre Gassendi et Molière, gai comme le philosophe, sérieux comme le comédien. Ses grâces, son bel esprit, sa science et sa doctrine, et ce coup d'œil lumineux qui embrassait toutes choses en mille replis exacts et rapides, cette agréable facilité de se faire aimer de la cour et aimer du peuple, d'être estimé à l'armée et à la Sorbonne, avaient fait de ce prince une des plus grandes fêtes du Midi enthousiaste, et quand ils habitaient Toulouse, lui et sa femme l'Italienne, on disait que les dieux de l'Olympe étaient descendus sur la terre. »
Dans le livre V de Port-Royal, Sainte-Beuve consacre plusieurs pages au prince et à son épouse[74] :
« Depuis que les Mémoires de Daniel de Cosnac ont paru, on connaît bien et trop bien l'intérieur de ce prince vif et spirituel, mais capricieux, versatile, à la merci de sa fantaisie présente, toujours excessif, malicieux, plus puéril qu'un enfant et toujours gouverné, gouverné par sa sœur Mme de Longueville, comme par une maîtresse, puis par tel ou tel de ses domestiques (dont était Cosnac), puis par son confesseur et directeur. »
Dans la causerie qu'il consacre le lundi aux Mémoires de Daniel de Cosnac, le même Sainte-Beuve évoque, à propos de la syphilis contractée par Conti en à Montpellier[75],
« une maladie honteuse qui va bientôt infecter en secret sa future épouse, la seule vertueuse nièce de Mazarin, et toute sa race. Race si vive et si fine, si spirituelle, si gâtée de débauche à l'origine et toute pétrie de délices, elle mériterait bien une petite histoire à part : Histoire de la branche des Conti. La littérature et la morale y trouveraient leur place. »
Dans sa biographie de Molière, Georges Forestier lave Conti du soupçon d'hypocrisie[76] :
« La légende a retenu de lui un personnage falot et veule, parce qu'elle l'a opposé à son éblouissant frère, le Grand Condé, et les historiens, depuis le XIXe siècle, ont tenu à reconnaître en lui le modèle des futurs Tartuffe et Don Juan de Molière ; ils l'ont présenté d'une part comme un roué, amateur de plaisirs et de femmes, puis converti à la plus stricte dévotion quand il se vit assailli par la syphilis, d'autre part comme un passionné de théâtre, protecteur de Molière, devenu farouchement hostile au théâtre et à Molière ; dans les deux cas, un homme susceptible d'hypocrisie[77]. En fait, aucun contemporain n'a mis en doute la profonde sincérité de la conversion de Conti, ni ne l'a soupçonné d'être, si peu que ce fût, hypocrite. »
Nullement troublé par la mansuétude du biographe, le comédien Francis Huster consacre à Conti quelques pages singulièrement acerbes de son Dictionnaire amoureux de Molière[78] :
« Conti n'est-il pas le vrai Don Juan de la vie de Molière, qui, face à lui, serait “sganarellisé“ ? On l'affirmerait presque sans hésiter. D'ailleurs, la fin tragique de Conti, libertin de feu soudain frappé cruellement par l'infection de la petite (sic) vérole qui va précipiter sa mort dans des souffrance terribles, n'est-elle pas le reflet terrifiant de celle de l'athée foudroyé Don Juan au terme de sa vie de débauche, de luxure et de crimes ? […] Conti sera l'un des plus ardents adversaires de Molière, au cœur même de la querelle du Tartuffe, osant signer un vomi d'inepties injurieuses dans son pitoyable Traité de la comédie et des spectacles selon la tradition tirée des conciles et des Saints Pères, dont il n'a pas écrit un traître mot. Mais l'ignominie du procédé ne retombe pas sur lui. Ce qui paradoxalement rehausse plutôt le jugement qu'on peut porter sur lui : celui d'un homme qui se révèle ainsi, par sa haine aveugle et sa jalousie étouffante, comme un être humain capable de souffrir dans l'âme et pas seulement dans son corps mutilé. Une élévation qui l'honore par l'excès de sa trahison. Le vrai Don Juan, lui, n'avait pas de ces faiblesses-là. »
Œuvres
- Thèses théologiques de la grâce et de l'eucharistie (…) soustenues par Monseigneur le prince de Conty dans la grande salle de Sorbonne, en presence d'un tres-grand monde d'Illustres et de sçavans de tous les Estats du Royaume, le 10. , lire en ligne sur Google Livres.
- La Déclaration de Monseigneur le prince de Conty et de Messieurs les Généraux (…) pour le soulagement des peuples et de la paix générale, du samedi 20 mars 1649, Paris et Rouen, 1649, lire en ligne sur Google Livres.
- Lettre de Monsieur le prince de Conty, escrite au roy sur son voyage de Berry, 1651, lire en ligne sur Google Livres.
- Harangue de monseigneur le prince de Conty prince du sang, pair de France, gouverneur & lieutenant general pour le Roy en sa province de Languedoc. Prononcée à l'ouverture des Estats de ladite province, le 24. novembre 1662, lire en ligne sur Gallica.
- Traité de la comédie et des spectacles, selon la tradition de l'Église, tirée des Conciles et des Saints Pères, à Paris, chez Louys Billaine, 1666, lire en ligne sur Google Livres. Rééd. dans Pierre Nicole, Traité de la comédie et autres pièces d'un procès du théâtre, éd. critique par Laurent Thirouin, Paris, Honoré Champion, pp. 185-215.
- Joseph de Voisin, La Défense du traitté de Mgr le prince de Conti touchant la comédie et les spectacles, ou La Réfutation d'un livre intitulé "Dissertation sur la condamnation des théâtres", par le sieur de Voisin, précédé (pp. vij-xlvj) d'un Abbregé de la vie de Monseigneur le prince de Conti, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1671, lire en ligne sur Google Livres.
- Les Devoirs des Grands, par Monseigneur le Prince de Conty, avec son testament, à Paris, chez Denys Thierry, 1666, lire en ligne sur Gallica.
- Mémoires de Monseigneur le prince de Conty touchant les obligations des gouverneurs de province & ceux servans à la conduite et direction de sa maison, Paris, Denys Thierry, 1667, lire en ligne sur Google Livres.
- Mémoires de Monseigneur le prince de Conty touchant la conduite de sa maison, Paris, 1667, lire en ligne sur Google Livres, id. Paris, 1669, lire en ligne sur Gallica.
- (traduction) Les Deux livres de S. Augustin de la prédestination des saints et du don de la persévérance, Paris, Guillaume Desprez, 1676, lire en ligne.
- Lettres du prince de Conti, ou l'Accord du libre arbitre avec la grâce de Jésus-Christ, enseigné par son Alt. Sérénissime au P. De Champs, avec plusieurs autres pièces sur la même matière, Cologne, 1689, lire en ligne sur Google Livres.
Dans la fiction
- Dans le film Molière (1978), d'Ariane Mnouchkine, il est incarné par Yves Gourvil.
- Dans le film Louis, enfant roi (1993), de Roger Planchon, il est incarné par Régis Royer.
- Dans le film Le roi danse (2000), de Gérard Corbiau, il est incarné par Idwig Stéphane.
- Dans la comédie musicale Molière l'opéra urbain (2023), de Dove Attia, il est incarné par Abi Bernadoth.
Ascendance
| 32. François de Bourbon-Vendôme | |||||||||||||||||||
| 16. Charles IV de Bourbon | |||||||||||||||||||
| 33. Marie de Luxembourg-Saint-Pol | |||||||||||||||||||
| 8. Louis Ier de Bourbon-Condé | |||||||||||||||||||
| 34. René d'Alençon | |||||||||||||||||||
| 17. Françoise d'Alençon | |||||||||||||||||||
| 35. Marguerite de Lorraine-Vaudémont | |||||||||||||||||||
| 4. Henri Ier de Bourbon-Condé | |||||||||||||||||||
| 36. Antoine de Roye | |||||||||||||||||||
| 18. Charles Ier de Roye | |||||||||||||||||||
| 37. Catherine de Sarrebruck | |||||||||||||||||||
| 9. Éléonore de Roye | |||||||||||||||||||
| 38. Ferry de Mailly | |||||||||||||||||||
| 19. Madeleine de Mailly | |||||||||||||||||||
| 39. Louise de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 2. Henri II de Bourbon-Condé | |||||||||||||||||||
| 40. Charles de La Trémoille | |||||||||||||||||||
| 20. François de La Trémoille | |||||||||||||||||||
| 41. Louise de Coëtivy | |||||||||||||||||||
| 10. Louis III de La Trémoille | |||||||||||||||||||
| 42. Guy XVI de Laval | |||||||||||||||||||
| 21. Anne de Laval | |||||||||||||||||||
| 43. Charlotte d'Aragon-Naples | |||||||||||||||||||
| 5. Charlotte de La Trémoille | |||||||||||||||||||
| 44. Guillaume de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 22. Anne de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 45. Anne Pot | |||||||||||||||||||
| 11. Jeanne de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 46. René de Savoie | |||||||||||||||||||
| 23. Madeleine de Savoie-Villars | |||||||||||||||||||
| 47. Anne Lascaris | |||||||||||||||||||
| 1. Armand de Bourbon-Conti | |||||||||||||||||||
| 48. Jean II de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 24. Guillaume de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 49. Marguerite d'Orgemont | |||||||||||||||||||
| 12. Anne de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 50. Guy Pot | |||||||||||||||||||
| 25. Anne Pot | |||||||||||||||||||
| 51. Marie de Villiers de L'Isle Adam | |||||||||||||||||||
| 6. Henri Ier de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 52. Philippe II de Savoie | |||||||||||||||||||
| 26. René de Savoie | |||||||||||||||||||
| 53. Bonne de Romagnan | |||||||||||||||||||
| 13. Madeleine de Savoie-Villars | |||||||||||||||||||
| 54. Jean-Antoine II de Lascaris | |||||||||||||||||||
| 27. Anne Lascaris | |||||||||||||||||||
| 55. Isabeau d'Anglure | |||||||||||||||||||
| 3. Charlotte-Marguerite de Montmorency | |||||||||||||||||||
| 56. Thibaut II de Budos | |||||||||||||||||||
| 28. Jean de Budos | |||||||||||||||||||
| 57. Anne de Joyeuse | |||||||||||||||||||
| 14. Jacques de Budos | |||||||||||||||||||
| 58. Pierre des Porcelets | |||||||||||||||||||
| 29. Louise des Porcelets | |||||||||||||||||||
| 59. Marguerite de Piquet | |||||||||||||||||||
| 7. Louise de Budos | |||||||||||||||||||
| 60. Antoine de Clermont-Savoie | |||||||||||||||||||
| 30. Claude de Clermont-Savoie | |||||||||||||||||||
| 61. Catherine Adhémar de Monteil | |||||||||||||||||||
| 15. Catherine de Clermont-Montoison | |||||||||||||||||||
| 62. Jean de Rouvroy de Saint-Simon | |||||||||||||||||||
| 31. Louise de Rouvroy de Saint-Simon | |||||||||||||||||||
| 63. Louise de Montmorency | |||||||||||||||||||
Voir aussi
Bibliographie
- Louis Dussieux, Généalogie de la Maison de Bourbon, de 1256 à 1871, seconde édition, ch. VI « Les princes de Conty issus des princes de Condé », Paris, 1872, pp. 181-89, lire en ligne sur Google Livres.
- Mémoires de Daniel de Cosnac, archevêque d'Aix […] publiés par le comte Jules de Cosnac, 2 vol., Paris, Renouard, 1852, lire en ligne tome I et tome II sur Google Livres, passim.
- Journal des Guerres civiles de Dubuisson-Aubenay (1648-1652), publié par Gustave Saige, Paris, Champion, 1883, t. I, en ligne, t. II, en ligne, sur Gallica, passim.
- Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, et extraits des Mémoires d'André Lefèvre d'Ormesson, publiés par M. Adolphe Chéruel, Paris, Imprimerie impériale, 1860-1861, t. I (1643-1650), en ligne, t. II (1661-1672), en ligne, passim.
- Victor Cousin, « La Fronde à Bordeaux », dans La Revue des deux mondes, Seconde période, vol. 20, n° 1 (), pp. 178-210, et vol. 21, n° 4 (), pp. 753-788, lire en ligne sur Jstor.
- Édouard de Barthélemy, Une nièce de Mazarin, la Princesse de Conti, d'après sa correspondance inédite, Paris, Librairie Firmin-Didot, 1875, lire en ligne sur Gallica.
- Frédéric Fuzet, « Le Tombeau du prince de Conti à Villeneuve-lez-Avignon », dans Bulletin du Comité de l'art chrétien, (Diocèse de Nîmes), tome IV, n° 25, 1888, pp. 135-140, lire en ligne sur Gallica.
- Augustin Gazier, « Pavillon, Molière et Conti », dans Mélanges de littérature et d'histoire, Paris, Armand Colin, 1904, pp. 1-28, lire en ligne sur Numelyo.
- Étienne Dejean, Un prélat indépendant au XVIIe siècle, Nicolas Pavillon, évêque d'Alet (1637-1677), Paris, Plon-Nourrit, 1909, passim, lire en ligne sur Gallica.
- Madame Bellaud-Dessalles, La Grange des Prés et les gouverneurs de Languedoc, Montpellier, Roumégous et Dehan, 1917, lire en ligne sur Gallica.
- Georges Collas, « La Conversion du prince de Conti », dans Revue d'ascétique et de mystique, vol. XXIV, n° 94, avril-, pp. 156-181, lire en ligne sur Internet Archive.
- François-Charles Mougel, « La Fortune des princes de Bourbon-Conty : revenus et gestion, 1655-1791, dans Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. 18, n° 1 (janvier-mars, 1971), pp. 30-49, lire en ligne sur Gallica.
- François-Charles Mougel, « Les Princes de Conti, seigneurs de Pézenas, 1651-1783 », dans Revue d'Études sur Pézenas et sa région, II, n° 1, 1971, Pézenas, Les Amis de Pézenas, p. 5-26.
- Albert-Paul Alliès, Une ville d'États. Pézenas aux XVIe et XVIIe siècles. Molière à Pézenas, 4e édition, Édité par « Les Amis de Pézenas », 1973, pp. 223-347.
- Noël Lacombe, Villeneuve lez Avignon, notes historiques, Mairie de Villeneuve lez Avignon, 1990.
- Émile Goichot, « M. de Kériolet, Conti et le "Dom Juan" de Molière », dans Revue d'histoire littéraire de la France, 74e année, n° 1 (janvier-), pp. 29-35.
- Claude Alberge, Le Voyage de Molière en Languedoc (1647-1657), Presses du Languedoc / Max Chaleil éditeur, 1988.
- Christophe Blanquie, « Les Restitutions du prince de Conti », dans Revue historique, t. 292, fasc. 2 (592) (octobre-), pp. 269-295, lire en ligne sur Jstor.
- Christophe Blanquie, « Le Prince de Conti et la conversion de réformés (1660-1666), dans Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 141 (octobre-novembre-), pp. 569-574, lire en ligne sur Jstor.
- Armand de Bourbon, Prince de Conti, Les Devoirs des Grands, précédé de la Vie d'Armand de Bourbon, prince de Conti, 1629-1666, et présenté par Jean Dubu, « Archives des Bourbons », Communication & tradition, Paris, 1998[79].
- Élizabeth Baïsse, « Armand de Bourbon-Conti et le comté de Pézenas : relais royal ou contre-pouvoir ? », dans Identités méridionales : entre conscience de soi et visions de l’autre. Actes du 126e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, « Terres et hommes du Sud », Toulouse, 2001. Paris, Éditions du CTHS, 2003, pp. 215-223. (Actes du Congrès national des sociétés savantes, 126), lire en ligne.
- Élisabeth Baïsse-Macchi, « Un prince du sang en Languedoc, Armand de Bourbon-Conti : de la débauche aux mortifications », Annales du Midi, vol. 116, no 248, , p. 437–452 (DOI 10.3406/anami.2004.2870, lire en ligne).
- Sylvio Hermann de Franceschi, « Le molinisme congruiste face au thomisme jansénisant. La correspondance entre le prince de Conti et le P. Agard de Champs (août-) », Dix-septième siècle, 2013, n° 2, pp. 231-247, lire en ligne.
- Dictionnaire de Port-Royal, élaboré sous la direction de Jean Lesaulnier et Anthony McKenna, article « Conti, Armand de Bourbon, prince de », pp. 298-301, Paris, Honoré Champion, 2004.
- Mémoires de Mlle de Montpensier, Mme de Motteville, Pierre Lenet, René Rapin, Bussy-Rabutin, La Rochefoucauld, Montglat.
- « Le Prince de Conti ou l'Itinéraire d'un retour en grâce », sur le site Le Cabinet de curiosités (XVIIe) de Philippe Mauran.
Articles connexes
Liens externes
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