Anne Félicité Colombe
journaliste, militante et imprimeuse française
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Anne Félicité Colombe (vers 1760/1761 - 1843) est une journaliste, militante et imprimeuse française, active durant la Révolution française, entre 1790 et 1793.
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Biographie
Les origines d'Anne Catherine Félicité Colombe restent à ce jour non-documentées. Elle est née vers 1760-1761.
Elle réside de façon certaine dès à Paris, au numéro 1 de la place Dauphine, à gauche, en partant du Pont Neuf, où elle dirige un local, l'« Imprimerie Henri-IV »[1] : c'est en effet à cet endroit qu'elle est interpellée, le , par Pierre-François Cuvilliez, commissaire de police, Nicolas Bailleul et Pierre-Claude Briceau, commissaires de sections, sur dénonciation d'Antoine Estienne (1762-1826), un militant-partisan du général La Fayette[2], se disant ingénieur et homme de lettres. Les policiers découvrent qu'elle est bien l'imprimeur de L'Ami du peuple dirigé par Marat, mais aussi de L'Orateur du peuple, fondé par Fréron (Martel). L'interpellation fait suite à une série de plaintes pour calomnies, pour des articles publiés dans les dits journaux[3]. Cette saisie fait scandale : Marat s'en empare pour dénoncer une grave atteinte aux libertés de la presse. Un procès s'ensuit en correctionnel, qui voit condamner le , « Mademoiselle Colombe » à une amende de 20 000 livres de dommages et intérêt à verser au profit d'Estienne[4]. Elle cesse d'imprimer pour Marat en [5].
Elle y imprime, à partir du , les premiers numéros du Père Duchesne dit « de la place Henri IV », fondé avec l'abbé Robin, ancien censeur royal[6],[7]. Vers le , une bande de militants royalistes surgit dans les locaux de la place Dauphine et les saccage. Elle déménage ses locaux au 8 de la rue de Buci, et y poursuit l'impression du Père Duchesne de l'abbé Robin, soit 31 numéros en tout, jusqu'au 29-[8],[9].
Le , lors de la fusillade du Champ-de-Mars, elle fait partie, avec Louise-Félicité de Keralio, des quatre femmes arrêtées — ou du moins, actives et présentes. Colombe est arrêtée rue de Buci le , avec deux hommes, le typographe Redelé et un certain Adrien Deflers, journaliste-rédacteur au Journal des débats de la Société des amis de la Constitution, séante aux Jacobins (dit Journal des Jacobins ou Correspondance des Jacobins) ; ils sont emprisonnés à l’Abbaye St-Germain : Colombe n'est libérée que le suivant[10],[11]. Marat publie ses lettres d'appel au secours dans son journal[12].
Colombe imprime, sans compter des ouvrages et des libelles, plusieurs autres périodiques, dont le Journal du faubourg Saint-Antoine en janvier-[13], le Journal des débats de la Société des amis de la Constitution, séante aux Jacobins de 1791 à [14], et Le Thermomètre du jour de Jacques-Antoine Dulaure, du 9 au . Après le , le local de la rue de Buci est rebaptisé « Imprimerie de l'Égalité, ci-devant Henri IV »[6].
Militante, Colombe est l'une des signataires, le , de la pétition pour le droit des femmes à porter des armes[6] ; elle fréquenta d'abord le Club des cordeliers, puis devient membre en de la Société des républicaines révolutionnaires, mais ne semble plus avoir exercé après le courant[12],[6].
Le (3 fructidor an II), elle met au monde un fils à Versailles, dont le père, déclarant, est Adrien Claude Deflers, l'ancien journaliste qui travaillait avec elle[15], et qui avait été expulsé du Journal des Jacobins fin — on ignore ce qu'il devint entre cette expulsion et après la naissance de cet enfant[16], mais son expulsion semble clairement être la conséquence de ses prises de position favorable à Roland, et aussi qu'il fut le signataire d'une pétition contre Marat, lequel s'en indigna et rompit tout lien avec l'imprimerie de Colombe[17].
Elle meurt à Paris, en son domicile, rue Palatine, et déclarée veuve de Deflers, rentière et âgée de 82 ans[18].