Anne Morelli
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Anne Morelli (née le [1] à Ixelles, Bruxelles) est une professeure de l'Université libre de Bruxelles et historienne belge, spécialisée dans l'histoire des religions et des minorités.
Carrière
Docteur en histoire contemporaine, elle enseigne d'abord dans l'enseignement secondaire avant de devenir chargée de cours à l'Université libre de Bruxelles (ULB)[3].
Dans les années 1970, elle commence à publier sous le nom d'Anne Mettewie-Morelli puis, à partir des années 1980, sous celui d'Anne Morelli.
Elle a été directrice du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL) de l'Université libre de Bruxelles (ULB), où elle a enseigné la critique historique, les contacts de culture, l'histoire des religions et la didactique de l'histoire. Elle a été en outre membre du Centre d’histoire et de sociologie des gauches (CHSG) ainsi que du Groupe interdisciplinaire d'études sur les femmes (GIEF)[4],[5].
Depuis le début des années 2010 elle est professeur émérite.
Prises de position
Se déclarant d'extrême gauche[6] et athée, Anne Morelli est connue pour ses prises de position concernant la propagande de guerre, la religion en général, l'immigration ainsi que les sectes.
En 2001, en tant que spécialiste de la critique historique appliquée aux médias modernes, elle fait paraître Principes élémentaires de propagande de guerre[7], ouvrage qui est réédité en 2010 sous une forme revue et augmentée. Elle y décrit les mécanismes essentiels de la propagande moderne utilisée aussi bien durant la Première Guerre mondiale qu'au cours de conflits plus récents (Yougoslavie, guerre du Golfe, Kosovo et Métochie, Afghanistan, Irak)[8], partant des principes recensés en 1928 par Arthur Ponsonby, 1er baron Ponsonby de Shulbrede, pacifiste britannique. Dans son compte rendu de l'ouvrage, Serge Halimi relève quelques-uns de ces principes ou « commandements », au total au nombre de dix : « Le camp adverse est seul responsable du conflit » ; « nous défendons une cause noble, pas des intérêts égoïstes » ; « notre adversaire commet des atrocités », « nous ne sommes responsables que de bavures » ; « ceux qui nous critiquent sont des agents de l’ennemi », y voyant (en 2001) « une actualité assez fraîche »[9]. Pour Philippe Schmetz, les « commandements » mis en avant par Anne Morelli sont avant tout une grille d’analyse pédagogique et critique visant à constater la régularité de ces principes dans le champ médiatique et social[10].

Pendant douze années, avec ses étudiants de sociologie des religions, Anne Morelli, alors professeur à l'Institut d'étude des religions et de la laïcité de l'ULB, a mené à Bruxelles des enquêtes auprès de dizaines de petits groupes religieux appelés communément « sectes ». Ces investigations lui ont donné un regard autre et pondéré contrastant avec celui des médias sur ces communautés qu’elle ne peut s’empêcher de comparer avec les congrégations catholiques qu’elle a bien connues dans son enfance. Dans Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes (1997), elle plaide pour une tolérance religieuse élargie à tous les « fous de Dieu », qu’ils fassent partie d’une grande multinationale de la religion ou qu’ils soient de petits entrepreneurs indépendants[11].
En 2003, elle a fait partie du groupe de sympathisants qui accueillent Pierre Carette, le principal chef du groupe terroriste les Cellules communistes combattantes, à sa sortie de prison[12].
Lors d'un colloque international sur le mouvement antimondialisation se tenant à Gand en 2005, elle déclare qu'aucun mouvement dans l'histoire n'a jamais obtenu de changement sans utiliser la violence[13].
Le , elle s'exprime lors d'une cérémonie de dépôt de gerbe à Liège, aux côtés de l'ambassadeur de Russie en Belgique[14].
Accueil critique
De son inventaire, paru en 1981, des publications italiennes en Belgique depuis la fin de la Première Guerre mondiale jusqu'à la fin de la Seconde, Robert O. J. Van Nuffel déclare que les informations qu'il apporte sont des plus fiables et que le travail qu'elle nous présente est un outil précieux pour se documenter sur les opinions des émigrés italiens durant cette période[15].
Anne Morelli a dirigé en 1995 la rédaction d'un ouvrage, Les grands mythes de l'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, destiné à être une « (...) tentative globale de déconstruction des grands mythes nationaux et régionaux, [aucune] n'avait été entreprise jusqu'ici en Belgique, à la différence de la plupart de nos voisins européens »[16] : « Nous n'avons pas voulu démontrer, mais expliquer. On peut aimer une légende, mais il faut savoir que ce n'est qu'une légende. Bien plus, il ne faut pas être dupes des prochains mythes en construction. Les mythes identitaires se construisent le plus souvent contre quelque chose, ce sont des mythes différenciateurs. Ils gomment les tensions internes au groupe et le définissent par exclusion par rapport aux autres groupes »[16] - « Je continue à croire que ces mythes nationaux (ou régionaux ou...) ont pour principale fonction de masquer les conflits sociaux d'un espace donné. En d'autres termes de me créer une solidarité avec Albert Frère, André Leysen... parce que nous vivons proches géographiquement »[17].
Prix
Présidente de l'association féministe et pacifiste belge Femmes pour la Paix, Anne Morelli a reçu, pour son engagement, le titre de « Femme de Paix » lors d'une cérémonie qui s'est tenue au Sénat, le , en présence de la reine Paola[18].