Annona ambotay
From Wikipedia, the free encyclopedia
Annona ambotay est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Annonaceae. C'est un petit arbre connu en Guyane sous le noms de Vilataille (Créole), Ɨwi tay (Wayãpi), Envira-taia, Envira-cajú (Portugais)[2] et anciennement Ambotay (Galibi). En bolivie, on l'appelle Rononopa (Chácobo)[3].
Annona ambotay est un arbre élancé (parfois un arbrisseau grimpant) haut de 3-7 m. Les jeunes rameaux sont densément tomenteux-ferrugineux.
Le limbe des feuilles mesurant 15-24 x 5-11 cm (pour une pétiole de 7-10 mm), est de forme obovales ou elliptiques ou ovales-lancéolées, à base arrondie ou subaiguë, et longuement acuminée à l'apex, discolore, vert en dessus, glauque en dessous (surtout quand il est jeune), papuleux, couvert de poils mous ferrugineux. Les nervures sont poilues-ferrugineuses sur les 2 faces et plus ou moins saillantes en dessous, avec environ 12 paires de nervures secondaires.
Les inflorescences poilues-ferrugineuses sont peu nombreuses, situées au milieu des entrenœuds, infrapétiolaires, subsessiles, pauciflores, avec un pédicelles long de 5 mm. On note une bractée au-dessus de la base. Les fleurs sont généralement de couleur rouge foncé, avec des sépales mesurant 2 mm poilus-ferrugineux en dehors, et six pétales : ceux externes sont connés à la base et s'étalant à leur extrémité, mesurant 15-25 x 7 mm, de forme oblongue, poilus-ferrugineux au dehors, et ceux internes moitié plus petits. Les connectifs sont finement apiculés.
Les fruits sont globuleux, lisses à rugueux, non aréolés, et mesurent 3-5 cm de diamètre[4],[5].
Répartition
Écologie
Utilisations
Chez les Galibi de Guyane, l'écorce d’Annona ambotay était autrefois bouillie et employée pour soigner les ulcères[6].
Les feuilles et l'écorce d’Annona ambotay servent à fabriquer un puissant remède fébrifuges et sudorifiques chez les Wayãpi[2].
Selon les Waimiri-Atroari (en) l'écorce d’Annona ambotay est utile pour traiter les troubles mentaux[7].
À Alter-do-Chão, les Caboclos emploient la fumée du bois d’Annona ambotay sert à soulager les femmes post-partum, pour éloigner les insectes piqueurs, et la tisane d'écorce contre les maux d'estomac[8].
Les Chacobo de Bolivie utilisent l'écorce de la tige d’Annona ambotay pour soigner les entorses[3].
Les propriétés pharmacologiques d'extraits d’Annona ambotay ont été évaluées, notamment ses propriétés antibactériennes[9], antimalariales[10], antifongiques, antioxydantes antitumorales[11] et sa toxicité[12].
L'écorce des racines d’Annona ambotay entre dans la composition de curares[13],[14].
Chimie
On a isolé du tronc d’Annona ambotay une azaanthracène géovanine originale ainsi que de la liriodénine, de la O-méthylmoschatoline, des flavonoïdes, du kaempférol, de la quercétine, du (+)-dihydrokaempférol, du (+)-dihydroquerétine, du (±)-périodictiol et de la (+)-catéchine, des stéroïdes sitostérol et de la 5α-stigmastan-3,6-dione[15], mais aussi de l'argentilactone et un acide gras original (l'acide 5-hydroxydodeca-cis-2,trans-6- diénoïque[3].
Son huile essentielle a aussi été analysée[16].