Antoine Andrei
personnalité politique française
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Antoine Andrei député à la Convention, membre du Conseil des Cinq-Cents, est né Antoine François Andrei le à Moïta, Pieve di Serra (Corse), fils de Antoine, et mort à Moïta le .
| Antoine Andrei | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Corse | |
| – (3 ans, 1 mois et 16 jours) |
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| Gouvernement | Convention nationale |
| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (4 ans, 2 mois et 11 jours) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Moïta, France |
| Date de décès | (à 81 ans) |
| Lieu de décès | Moïta, France |
| Nationalité | |
| Parti politique | Girondins |
| Profession | Prêtre, homme de lettres, librettiste |
| députés de Corse | |
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Éducation
Le futur député fit ses premières études en Corse à l'école des moines du couvent de la piève di Serra. Ses parents l'ayant destiné à la carrière ecclésiastique, il fut ordonné prêtre par Mgr de Guernes, évêque d'Aléria. Il quitta peu de temps après la Corse, se rendit en Italie pour compléter ses études à l'Université de Padoue où il ne tarda pas à occuper une chaire de professeur.
Prêtre, diplomate et librettiste d'opéra
Il obtint plus tard au concours le poste de secrétaire d'ambassade auprès de Giovanni Berlendis, ambassadeur de la république de Venise à la cour de Londres. Pendant son séjour dans la capitale de l'Angleterre, il devint membre de plusieurs sociétés savantes.
À cette époque, le général Pascal Paoli habitait Londres où il s'était réfugié après la défaite de Pontenovo. La réputation dont l'abbé Andrei ouissait attira l'attention de l'ancien chef des Corses qui demanda à le voir. Paoli lui adressa les plus grands éloges et dans la suite l'honora de sa confiance. Andrei fut plus tard attaché à l'ambassadeur de Berlin où il captiva bientôt l'attention et la bienveillance du comte d'Hertzberg, alors ministre d'État de Frédéric II. Il paraît avoir rencontré Giacomo Casanova lors d'un séjour antérieur à Turin.
En 1789, Andrei se rendit à Paris et dut à ses capacités littéraires de devenir compositeur et librettiste pour l'opéra-bouffe du théâtre de Monsieur. Il fut ensuite nommé directeur de ce même théâtre, ce qui attira sur lui l'attention de la haute société parisienne. Il se montra zélé partisan des idées libérales qui agitaient à cette époque la société française. En 1791, il fut par ordonnance royale envoyé en Corse comme commissaire civil, conjointement à Louis Monestier, à l'effet de rétablir l'ordre dans l'île et d'y réorganiser les diverses administrations. Andrei s'acquitta avec succès de cette importante et difficile mission.
À son retour il fut complimenté par Louis XVI qui lui fit cadeau d'un service de table que sa famille conserve toujours.
Mandat à la Convention
La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Antoine Andrei est élu député de la Corse, le quatrième sur six, à la Convention nationale[1].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès ce Louis XVI, il vote la détention, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[2],[3] :
Citoyens, appelé à prononcer sur le sort du ci-devant roi, je vous répète que les doutes, énoncés avant-hier à la Convention, sur la compétence des juges existent de toute leur force dans mon esprit : comme législateur, je crois que la seule peine légale que Louis a encourue est la déchéance [...]. Persuadé, en outre que la mort de Louis est très impolitique, et très dangereuse, et qu'une grande mesure générale peut seule sauver la République, je vote pour la réclusion du ci-devant roi pendant tout le temps qu'elle sera nécessaire au salut de la patrie.
Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le , il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[5].
Le , après le rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Antoine Andrei est décrété d'arrestation pour avoir signé la protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin. Lui et les autres protestataires sont libérés et réintégrés à la Convention le 18 frimaire an III (le ).
Mandat aux Cinq-Cents
Il siégea ensuite au conseil des Cinq-Cents. Rentré dans la vie privée, il se rendit au sein de sa famille en Corse et y fut nommé curé de Moïta où il mourut en .
Sources historiques
- « Antoine Andrei », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Historama : - n°268