Antoine Vey
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Antoine Vey, né le au Puy-en-Velay, est un avocat pénaliste français, cofondateur en 2016 du cabinet Dupond-Moretti & Vey, devenu en 2020 cabinet Vey & Associés.
Antoine Vey naît le au Puy-en-Velay, où son père est notaire, et sa mère pharmacienne-biologiste[1].
Il étudie le droit à l'Université de Cambridge puis à l'Université Panthéon-Assas. Il est également diplômé de l’Institut d'études politiques de Paris où il a suivi la filière « Affaires publiques »[2] et où l'un de ses professeurs est François Hollande[3].
Au cours de ses études, il participe à différents concours de plaidoiries et remporte notamment le concours de plaidoirie d'Assas[4] et le concours national de la conférence Lysias en 2008. En , il organise la première édition de la « Nuit de l’éloquence », événement qui réunit des personnalités du monde judiciaire, littéraire et politique autour de joutes verbales[1],[5]. En 2013, il fait partie des douze jeunes avocats élus sur concours pour une année secrétaires de la conférence des avocats du barreau de Paris[6],[2].
En 2020, L'Express indique qu'il est professeur à Sciences Po et à l'École de Formation du Barreau[7].
Carrière professionnelle
À la suite de sa rencontre avec l’avocat pénaliste Olivier Metzner[1], Antoine Vey décide de s’orienter vers le droit pénal. Il prête serment comme avocat le [8] et s’inscrit au barreau de Paris[9]. Il est recruté par le cabinet Metzner & associés, au sein duquel il travaille sous la houlette d'Olivier Metzner, intervenant alors dans plusieurs contentieux fortement médiatisés (les affaires Clearstream, Kerviel, Bettencourt, EADS, etc.). Il intègre ensuite la SCP Spinosi & Sureau, cabinet d’avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation. Il y collabore notamment avec Patrice Spinosi sur des questions liées à la procédure d’assises ou aux libertés fondamentales[10].
Association avec Dupond-Moretti
En 2013, Antoine Vey est recruté par Éric Dupond-Moretti, qui lui confie la création d’un cabinet secondaire, à Paris, tourné vers la pratique du droit pénal des affaires et le développement international[1]. En 2016, ils s'associent pour fonder le cabinet Dupond-Moretti & Vey[11]. Il est également inscrit au barreau de Genève, ce qui lui permet d’intervenir en Suisse[12].
Me Vey acquiert une réputation de ténor du barreau parisien dans le sillage d'Éric Dupond-Moretti. Il intervient à ses côtés dans plusieurs affaires qui défraient la chronique, notamment la défense de Jérôme Cahuzac[13], ou de Georges Tron (renvoyé pour viols devant la cour d’assises de Bobigny en )[14],[15],[16], l’affaire Théo[17], le scandale de la viande de cheval[18], les victimes de l’amiante[19], le procès d'Abdelkader Merah[20], l’affaire Air Cocaïne[10], la pour laquelle il assure la défense de Bruno Odos, Christophe Naudin et Pascal Fauret, défense de Patrick Balkany dans l'affaire Balkany[12] (en , celui-ci se sépare de ses deux avocats, son épouse déclarant « on ne peut plus suivre financièrement »[21]).
Selon Les Échos, il fait partie en 2018 d'une nouvelle génération d'avocats spécialisés dans le droit pénal des affaires[22]. En 2019, GQ le classe à la 8e place du classement des 30 avocats les plus puissants de France[23].
En 2019, Le Monde publie un article revenant sur son parcours et indique que, pour Antoine Vey, être l’associé d’« Acquittator » est « à la fois prestigieux et terriblement compliqué ». Antoine Vey déclare : « J’ai eu une relation de maître à élève, mais ça s’est arrêté. Maintenant, on a un rapport d’associé à associé. » Le journal indique également que l'appétit d'Antoine Vey pour les « gros » dossiers a fait des jaloux parmi ses anciens collègues de la conférence du barreau de Paris qui décrivent un « très, très grand ambitieux, avec un gros problème : sa recherche viscérale de reconnaissance »[10].
Antoine Vey défend les intérêts de la famille de Tiphaine Véron, disparue au Japon en 2018[24],[25].
À partir de 2020, cabinet Vey & Associés
En , Éric Dupond-Moretti est nommé garde des Sceaux et cesse ses activités d'avocat. Antoine Vey reprend le cabinet qui devient Vey & Associés[26].
Il est l'avocat français de Julian Assange[27]. Estimant que l'affaire a une dimension politique[28],[29], il assume également un rôle médiatique, cherchant à susciter dans l'opinion une sympathie pour le créateur de WikiLeaks[29].
Fin 2020, il rejoint la liste fermée des 110 avocats-conseils auprès de la Cour pénale internationale[30].
Il conserve les dossiers africains qui avaient été pris en charge lors de l’association avec Dupond-Moretti[31] : il défend les droits politiques et civiques d'opposants politiques comme le camerounais Maurice Kamto[32], le béninois Sébastien Ajavon, condamné à 20 ans de prison pour trafic de stupéfiants[33], ainsi que Reckya Madougou, incarcérée et empêchée de se présenter à l’élection présidentielle béninoise d’[31],[32],[note 1]. Il poursuit aussi la défense des intérêts du Roi du Maroc dans l’affaire du « chantage » de deux journalistes français[35],[36].
Il défend des dirigeants africains soupçonnés de corruption, Matata Ponyo Mapon en 2021[37] et Mehdi Ben Gharbia à partir de 2022[38],[note 2].
Controverses
Accusations de harcèlement moral et sexuel
En , Libération rapporte des témoignages de collaborateurs et d'assistants d'Antoine Vey qui l'accusent de harcèlement moral et sexuel sur une période allant de 2014 à 2023. Ses collaborateurs décrivent des brimades, des moqueries voire des humiliations, parfois à caractère sexuel pour les femmes. Celles-ci se doubleraient d’un rythme de travail très chargé allant jusqu’à quatre-vingt heures par semaine. D’après le journal, l’équipe a dû être en grande partie renouvelée après les démissions de plusieurs collaborateurs et le cabinet ne dispose plus d’aucun associé depuis .
Fin , une enquête déontologique a été engagée par la bâtonnière de Paris, Julie Couturier[40]. En , le conseil de l’ordre du barreau de Paris inflige à l’avocat une suspension de douze mois dont cinq ferme[41].
Dans l'affaire monégasque des Dossiers du Rocher, où il défend le magnat de l'immobilier Patrice Pastor contre Claude Palmero et d'autres anciens proches du palais princier, Antoine Vey est attaqué en diffamation par Thierry Lacoste, avocat et ami d'enfance d'Albert II de Monaco[42].
Cinéma
En 2013, il participe au tournage du film 9 mois ferme réalisé par Albert Dupontel et dans lequel il tient le rôle d’un journaliste[43],[44].
Publication
- Julian Assange - La plaidoirie impossible, Editions Plon, 2024[45].