Antonio Azarola était issu d’une famille aisée, de vieille extraction traditionnelle, qui comprenait dans ses rangs plusieurs héros militaires espagnols émigrés en Uruguay. Il suivit l’enseignement secondaire dans sa ville natale, avant de s’inscrire le comme aspirant à l’École navale de Ferrol, d’où il sortit deuxans plus tard, en , avec le grade de garde-marine; il passa ensuite au rang d’enseigne de vaisseau en , puis de lieutenant de vaisseau en et de capitaine de corvette fin [1].
Le GalicienManuel Portela Valladares, à la tête du dernier cabinet ministériel de la Seconde République (qui gouverna l'Espagne du au , juste avant les élections de ), nomma Antonio Azarola sous-secrétaire du ministère de la Marine, puis ministre du même département. À ce titre, il conçut en l’ultime Plan naval de la République, lequel plan prévoyait la construction de deux destroyers, de deux canonnières et d’autres navires de moindre taille et puissance[1].
Antonio Azarola avait épousé Carmen Fernández García-Zúñiga, fille du vice-amiral Ricardo Fernández Gutiérrez de Celis, de qui il avait été le secrétaire personnel en deux occasions au cours de sa carrière militaire.
Lorsqu’éclata la rébellion militaire de , Antonio Azarola demeura loyal à la République, adoptant une attitude passive et se refusant le à décréter l’état de guerre, à l’indignation de ses camarades soulevés en armes. Il fut alors mis en détention par ses propres subordonnés, parmi lesquels les frères Salvador et Francisco Moreno Fernández, qui allaient quelques années plus tard être élevés au statut de héros naval par le général Franco. Déféré devant un conseil de guerre en procédure accélérée (sumarísimo)), sur l’accusation notamment d’avoir donné ordre d’ouvrir en secret l’arsenal de Ferrol aux «masses marxistes» pour leur permettre de s’emparer des armes et des embarcations s’y trouvant, Antonio Azarola fut condamné à la peine capitale et exécuté sans délai[1]. Le verdict énonçait[2]:
«[...] un délit d’abandon de poste, face à des rebelles et des séditieux, commis par le commandant de l’Arsenal, celui-ci s’étant retranché dans ses fonctions, retiré dans son logis particulier, et opposé à ce que l’état de guerre soit déclaré dans cette place.»
Le contre-amiral Azarola déclara dans sa déposition devant le tribunal qu’il était inenvisageable pour lui d’enfreindre ses principes militaires:
«[...] des considérations de nature militaire m’empêchaient absolument de m’associer à un acte que je jugeais séditieux.»
Antonio Azarola fut fusillé le à sixheures du matin, dans la caserne de Dolores à Ferrol. Son corps se trouve inhumé au cimetière de Villagarcía de Arosa, dans l’ouest de la Galice.
(es) Marcelino Laruelo Roa, Muertes Paralelas. El destino trágico de los prohombres de la República, Gijón, (à compte d’auteur), , 300p. (ISBN978-8493117511, lire en ligne).
(es) Fernando Orgambides, «Memoria en el tiempo de una familia gaditana de ida y vuelta (del escultor Fernández Guerrero al almirante Azarola Gresillón)», Ateneo: revista cultural del Ateneo de Cádiz, Cadix, no8, , p.165-181 (ISSN1579-6868, lire en ligne).