Aquae Arnemetiae
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Aquae Arnemetiae est un ancien petit bourg de la province romaine de Bretagne. Le site s'est développé autour de ses sources thermales naturelles. L'occupation romaine s'étend d'environ 75 à 410 après J.-C. Aujourd'hui, il s'agit de la ville de Buxton située dans le Derbyshire, en Angleterre.

Aquae Arnemetiae signifie « Les eaux d'Arnemetia ». Arnemetia est la déesse britto-romaine du bosquet sacré (le nom Arnemetia dérive du celtique « à côté du bois sacré »)[1]. La ville est mentionnée sous le nom d'Aquis Arnemeza dans la liste de tous les lieux connus du monde, établie par la cosmographie de Ravenne vers 700 après J.-C. Elle figure entre des localités avec lesquelles elle entretenait des liaisons routières : Nauione (le fort romain de Navio à Brough), Zerdotalia (Ardotalia, plus tard appelé fort de Melandra, près de Glossop) et Mantio (Manchester)[2].
Thermes
Aquae Arnemetiae et Aquae Sulis (la ville moderne de Bath dans le Somerset) sont les deux seules villes thermales romaines en Bretagne. Les romains construisent un bain à l'emplacement de la principale source thermale. À la fin du XVIIe siècle, Cornelius White exploite des installations de bains à la source thermale située sur le site de Buxton Old Hall. En 1695, il découvre une ancienne baignoire en pierre lisse (20 m de long sur 7 m de large) ainsi qu'une citerne en plomb (2 m de côté) sur une structure en bois de chêne. Lorsque l'hôtel Crescent est érigé sur le site en 1780, une baignoire romaine est identifiée et décrite comme « une citerne de plomb ». La baignoire est désormais enterrée sous le Crescent, à côté du bâtiment des Bains Minéraux Naturels, construit près de l'hôtel. À proximité de l'emplacement de la source principale, des fouilles menées en 2005 révèlent le passage d'entrée et les portes aux thermes romains. Au cours de ces travaux de construction, un mur que l'on pense être le côté d'une palestre (salle d'exercice) est également dévoilé. Entre 2009 et 2012, d'autres citernes souterraines et un grand chaudron en fer sont révélés[3],[4].

La source thermale principale est mise au jour dans les années 1970, ainsi qu'un magot de 232 pièces de monnaie romaines est retrouvé, couvrant 300 ans d'occupation romaine de la Grande-Bretagne. Les pièces de monnaie auraient été jetés dans les eaux sacrées pour chercher la faveur des dieux. Les pièces de monnaie et les bijoux en bronze trouvés avec eux sont exposés au musée de Buxton.
La source géothermale jaillit à environ 1 km sous terre et environ un million de litres d'eau s'écoulent par jour. L'eau minérale apparaît à une température stable de 27 °C. L'analyse de l'eau indique une teneur élevée en magnésium et une origine remontant à environ 5 000 ans[5].
Bourg
L'empereur Hadrien pourrait visiter la ville en 122 après J.-C., sur le chemin de Wroxeter (Shrewsbury). En 1787, Major Hayman Rooke dévoile une longue section des remparts romains, qui se trouve aujourd'hui sous le flanc de colline aménagé de The Slopes. Au même moment, Rooke documente également en détail les fondations d'un temple situé dans la même zone, surplombant le site des bains et des sources. Le temple est consacré à la divinité de l'eau Arnemetia. Il comprend une salle de recueillement aménagée sur un podium rectangulaire, avec un portique à colonnes à l'avant. Le plan romain d'un macellum (marché couvert avec un atrium central) et les mosaïques de sol sont documentés en 1860, du côté ouest de la place du marché de Buxton, près de Fountain Street[4],[6].

Un ancien temple celtique, situé à l'emplacement des jardins de Bath, est décrit en 1755 comme ayant une base octogonale et une inscription à peine lisible qui semble être « Aeona ». On en conclut que le temple est dédié à Epona (déesse des chevaux), soit, plus précisément, à Apona (déesse des eaux curatives). Lorsqu'Edward Milner reconstruit les jardins du pavillon de Buxton en 1871, le temple vieux de 2 000 ans est démoli et il ne reste plus que la base[7].
À un kilomètre et demi au sud de la ville se trouve une ferme romaine à Staden. Des fouilles menées dans les années 1980 ont mis au jour les plateformes de nombreux bâtiments, murs, berges d'enclos, meules, poteries, ossements d'animaux, et bijoux. Le sceau du potier Sepuminus permet de dater la céramique entre 100 et 130 apr. J.-C. Une tuile hypocauste découverte dans la ferme atteste de la présence d'un système de chauffage par le sol.
Ruines

Une borne kilométrique romaine est découverte en 1862 dans le quartier de Silverlands à Buxton. Il s'agit de la plus vieille borne kilométrique gravée retrouvée à Derbyshire. L'inscription est « TRIB POT COS II P P A NAVIONE M P XI », ce qui signifie « Avec le pouvoir du tribun, deux fois consul, père de ce pays. À 11 milles de Navio. » Le site du fort romain de Navio se trouve près du village actuel de Brough. En 1903, les fouilles menées par l'archéologue local Micah Salt dans la région de Silverlands ont permis de découvrir divers artefacts romains, notamment une pièce de monnaie en argent, des tuiles, des sandales en cuir, des foyers en grès, de la verrerie et de nombreux fragments de poterie samienne de qualité. Les inscriptions sur les poteries indiquent qu'elles ont été fabriquées entre 60 et 100 après J.-C. et qu'elles proviennent de Verulamium (l'actuelle St Albans). La borne kilométrique ainsi que d'autres objets romains sont exposés au musée de Buxton.
De nombreux vestiges romains sont également découverts en 1811 sur le site de l'hôtel de ville de Buxton, lors de sa construction à l'extrémité nord de la place du marché. À proximité de l'hôtel de ville, des dalles de sol romaines ont été découvertes dans la cave du 3 Hall Bank en 2006 et de grandes maçonneries romaines ont été mises au jour dans le 8A Hall Bank[4].
Des pièces de monnaie romaines ainsi que des bijoux en bronze romano-britanniques sont également retrouvés dans la grotte de Poole située à proximité en 1865.
Un autel en grès dédié à Arnemetia (Arnomecta) est retrouvé en 1903 dans la salle forte du Principia (bâtiment du quartier général) du fort Navio. L'inscription sur l'autel déclare : « Aelius Motio a accompli son vœu avec joie, de son plein gré et à juste titre, envers la déesse Arnomecta. » L'autel est également exposé au musée de Buxton[6].
Environs


Aquae Arnemetiae se trouve à l'intersection de deux voies romaines principales : Batham Gate et The Street. Batham Gate (Ancien anglais pour « route vers la ville thermale ») est une voie romaine partant du fort romain de Templebrough dans le Yorkshire du Sud, passant par le fort romain de Navio et arrivant à Buxton. Une partie de la route de cette vieille voie romaine sur Tideswell Moor est un monument classé protégé. Il s'agit d'un itinéraire important pour accéder aux sites de production de plomb dans le Peak District. Il existe encore une route appelée Batham Gate Road qui part de Buxton vers l'est. La voie The Street (Margary n° 71a), venant de Derventio (Derby), mène à Aquae Arnemetiae, suivie par endroits aujourd'hui par la route A515 au sud de Buxton. « The Street » est toujours le nom de la route dans la haute vallée de la Goyt qui pourrait relier Buxton à Condate (l'ancienne Northwich romaine). Une plaque commémorative est apposée sur un mur de pierre près de la voie The Street, à proximité d'Arbor Low (coordonnées cartographiques SK 1649 6232). On peut y lire « Aquae Armentiae Derventio », indiquant la voie romaine reliant Buxton à Little Chester (Derby). L'inscription suivante porte la mention : « Huius viae curam curatores viarum non susceperunt », ce qui signifie : « Les cheminots n'ont pas entretenu cette route ». Des voies romaines mènent également au nord vers Mamucium (Manchester) et vers le fort de Melandra, près de Glossop (Margary n° 71b). Des sections d'agger provenant de ces deux voies de circulation vers le nord ont été identifiées et fouillées. Il existe également une voie romaine (Margary n° 713) entre Buxton et Leek (qui pourrait correspondre à la ville romaine de Chesterton), dont le tracé rejoint l’actuelle route A53 en direction de Leek à Morridge Top[8].
La convergence des routes sur Aquae Arnemetiae amène Edward Tristram, en 1916, à en déduire l'emplacement possible d'un fort dans le bourg au sud de la place du marché près de l'actuelle Bath Road.

Le fort de Navio contrôle la route vers le nord-ouest, menant au fort plus important de Melandra. La grande pierre centuriale inscrite, découverte à Navio en 1903, date de la reconstruction du fort en 154 av. J.-C. par des soldats d'occupation venus du sud-ouest de la France. Cette pierre est exposée au musée de Buxton.
Les cartes topographiques indiquent encore Buxton sous son nom romain d'Aquae Arnemetiae.
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Aquae Arnemetiae » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Miranda Green, Dictionary of Celtic Myth and Legend [« Dictionnaire des mythes et légendes celtiques »],
- ↑ (en) Mark Patterson, Roman Derbyshire, , 350 p. (ISBN 978-1910170250)
- ↑ (en) Kate Aimson, « AQUAE ARNEMETIAE - The Chequered History of a Holy Well » [« AQUAE ARNEMETIAE - L'histoire mouvementée d'un puits sacré »]

- 1 2 3 (en) Brian Shepherd, Roman Buxton A Tourist Guide to the Town and Spa Baths [« Roman Buxton, Guide touristique de la ville et des thermes »], (ISBN 9780956185570)
- ↑ (en) « UK Thermal and Mineral Springs » [« Sources thermales et minérales du Royaume-Uni »]

- 1 2 (en) « Sacred Waters and Altars » [« Eaux sacrées et autels »]
, - ↑ (en) Jill Armitage, Celtic Queen : The World of Cartimandua [« Reine celtique : Le monde de Cartimandua »], (ISBN 9781445684161)
- ↑ (en) John Leach, Book of Buxton [« Livre de Buxton »], , 148 p. (ISBN 9780860232865)