Aqueduc de Lutèce
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L’aqueduc de Lutèce est un ancien aqueduc qui alimentait Paris, alors appelée Lutèce, à l'époque gallo-romaine.
Il fut vraisemblablement construit dans la deuxième moitié du IIe siècle apr. J.-C.[1] Il cessa de fonctionner au moment des invasions barbares, vers le IVe siècle, faute d'entretien. Les habitants ayant déserté la rive gauche pour se concentrer à l'abri dans l'île de la Cité, il avait perdu une grande partie de son intérêt.
S'il ne fut jamais complètement oublié — à cause des ruines d'Arcueil et des découvertes périodiques à l'occasion de travaux dans Paris —, ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle et des importantes recherches d'Eugène Belgrand que l'on s'attacha à en retrouver le tracé[2].
Une des découvertes récentes les plus marquantes a eu lieu à Paris en 1996, lorsque le réaménagement du secteur où se trouvaient les anciens ateliers du chemin de fer de Sceaux, entre la rue d'Alésia et l'avenue Reille, conduisit à la mise au jour d'une section importante de l'aqueduc de Lutèce. Une partie en a été conservée dans le jardin Marie-Thérèse-Auffray, et certaines des rues créées à cette occasion perpétuent la mémoire de ses constructeurs (rue de l’Empereur-Julien, rue de l’Empereur-Valentinien).
Caractéristiques

Les eaux captées provenaient des sources et du drainage des eaux de toute la plaine située entre Wissous, Rungis, Chilly-Mazarin et Morangis, à l'extrémité nord de l'actuel département de l'Essonne. Les aqueducs secondaires venant de ces villages[3] se déversaient dans un bassin collecteur de 15 m3 appelé carré des eaux de Wissous, situé au nord-est de cette commune[4]. De là partait l'aqueduc principal, qui lui-même collectait diverses sources le long de son parcours. Le carré des eaux, l'aqueduc et le ru de Rungis qui s'écoulait parallèlement à proximité, légèrement en contrebas, ont été enfouis vers 1960 sous plusieurs mètres de gravats provenant de la construction de l'autoroute A 6 et de l'aéroport d'Orly.
Son parcours d'une longueur de 16 kilomètres, éloigné à son point de départ au carré des eaux de Wissous d'1 km de l'aqueduc Médicis du XVIIe siècle au carré des eaux de Rungis, se rapprochait de celui-ci à partir de Fresnes à une altitude légèrement inférieure dans les actuelles communes L'Haÿ-les-Roses et de Cachan. Les tracés des deux aqueducs coïncidaient au niveau de l'aqueduc d'Arcueil, celui de l'aqueduc gallo-romain étant moins haut. En aval de cette traversée de la vallée de la Bièvre, leurs tracés restaient parallèles à Arcueil et Gentilly, celui de l'aqueduc gallo-romain étant plus bas à l'est. L'aqueduc arrivait à Paris au niveau du parc Montsouris, gagnait ensuite la montagne Sainte-Geneviève par la rue Saint-Jacques et desservait la ville antique, thermes, fontaines et palais.
D'une manière générale, l'eau coulait dans une rigole de béton romain de dimensions variables (0,62 m de hauteur sur 1,28 m de largeur, à Cachan et rue Saint-Jacques) enterrée à faible profondeur (1 m environ), creusée d'une cunette de 45 cm de côté étanchéifiée par du ciment rose et recouverte de dalles[5]. Sa pente moyenne était de 0,56 m/km. On estime que son débit était de 1 500 m3/j[6].
