Arbin

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Situation et description

Territoire de la commune, entre l'Isère et les pentes du massif des Bauges.

Arbin est une petite commune (moins de 200 hectares) située tout près de la petite ville de Montmélian, dans cette partie de la vallée de l'Isère connue sous le nom de combe de Savoie. Cette commune est sur un versant exposé au sud. La combe de Savoie est située dans le sillon alpin géologique et est connue pour la qualité des vins qu'elle produit.

Arbin avait une population de 790 habitants en 2011 (recensement et INSEE). Ce village a été bâti au pied de la montagne de la Thuile, sur les derniers contreforts du massif préalpin des Bauges. Son église domine d'une façon pittoresque les vieilles maisons de la partie ancienne de la commune. En face d'Arbin, de l'autre côté de la rivière Isère, se dressent les sommets neigeux des Alpes de Maurienne et de la chaîne de Belledonne.

Le Grésivaudan et la combe de Savoie forment une seule et même vallée, dans le sillon alpin géologique. Ces deux régions sont simplement séparées par 1000 ans d'histoire : le Grésivaudan (province du Dauphiné) était en France et la Combe de Savoie dans le duché de Savoie jusqu'en 1860 (année durant laquelle la Savoie est devenue française).

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[3] et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,3 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 19 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 229 mm, avec 9,5 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Montmélian à 1 km à vol d'oiseau[7], est de 12,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 987,3 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,8 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −14,5 °C, atteinte le [Note 1].

Hydrographie

Voies de communication

Urbanisme

Typologie

Au , Arbin est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle appartient à l'unité urbaine de Montmélian[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 3],[I 2],[I 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chambéry, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[I 3]. Cette aire, qui regroupe 115 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[I 4],[I 5].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (31,2 %), zones urbanisées (26,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (18,9 %), cultures permanentes (18,8 %), eaux continentales[Note 5] (3,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,6 %)[10].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Risques naturels et technologiques

Risque sismique

Autres risques

Toponymie

Anciennes formes Erbins (XIe siècle), Albinum (XIIe siècle) ou encore Arbino (XIVe siècle)[11].

Le toponyme dérive du nom d'Albinus, ayant passé à celui de la villa[11].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Arbin, selon la graphie de Conflans[12].

Histoire

L'histoire de la région et notamment d'Arbin ont été approfondies par deux érudits locaux, l'abbé Félix Bernard[13], qui fut curé d'Arbin (1949-1956)[14], et l'abbé Philibert Falcoz[15].

La combe de Savoie appartient est peuplée par les Celtes « Allobroges » (âge du fer). Avec la conquête romaine de l'Allobrogie, la région devint romaine, puis gallo-romaine.

De la période celte Allobroge, la vallée a conservé sa vocation viticole. En revanche sa vocation minotière, créée sous les Romains, s'est éteinte vers 1940-1945.

Selon l'historien local Félix Bernard, les villages fortifiés sans ciment, étaient appelés « meillans »[16]. Ces villages étaient établis tous les 5 à 6 kilomètres environ, le long des plus anciens chemins. Certains ont gardé leur nom antique. Le « meillan d'Arbin » a pu transmettre ce qualificatif à la petite ville limitrophe de Montmélian. Le nom d'une autre commune voisine Myans, viendrait aussi de ce vocable. Les « meillans » et les cités lacustres du lac du Bourget (Savoie) ou du Léman (France et Suisse) étaient contemporains.

Antiquité

Dès 121 av. J.-C., les Romains soumettent les Allobroges et les incorporent à la « Provincia Romana ». La future Savoie forme alors un important nœud routier conduisant d'Italie à Genève et à Vienne. Les Allobroges et les Romains se sont fondus ensemble dans une culture gallo-romaine. Les Allobroges connaissaient la culture de la vigne et le travail du fer.

À Arbin existait une des stations romaines qui s'échelonnaient tout le long de la voie romaine secondaire reliant les cités de Mediolanum (Milan) à Vienna (Vienne), en passant par le col du Petit-Saint-Bernard[17]. Les Romains avaient apporté le principe de la roue hydraulique, ainsi des moulins sont construits à Arbin où coule une rivière nommée Crousaz (ou Crousa).

Pour l'abbé Bernard, le toponyme Mérande aurait une consonance celte[17]. En 1869 et en 1870, des fouilles ont fait apparaître des traces d'une villa gallo-romaine, comprenant environ 70 pièces. Des grandes mosaïques furent retrouvées dans cette villa. Plus récemment, de 1970 à 1972, de nouvelles fouilles ont mis au jour un abondant matériel : monnaies, céramiques, fragments de verre, objets en fer, objets de parure. De nouvelles fouilles systématiques sont reprises de 1977 à 1981 par le club d'archéologie Vaugelas de Chambéry, sous la direction de Jacques Pernon. Elles ont permis la découverte de nouveaux bâtiments et le tracé d'un réseau hydraulique complexe et bien conservé (adductions, bassins, évacuations). Cette villa gallo-romaine a été datée du IIe siècle. De nouvelles constructions gallo-romaines ont été découvertes lors de la création d'un lotissement à Mérande en 2002.

Moyen Âge

Au Moyen Âge, Arbin comprend : le prieuré de Saint-Nicolas d'Arbin fondé en 1011 par Evrard, évêque de Maurienne, la maison forte du Crest, centre de la seigneurie du Crest, citée en 1310[réf. nécessaire], celle de Mérande, centre de la seigneurie de Mérande, citée en 1262[réf. nécessaire], celle de La Candia (dépendante du Crest).

Époque moderne

Le prieuré Saint-Nicolas a disparu. Le château fortifié du Crest, démantelé sur ordre des Français est devenu une gentilhommière. Une ferme du XVe siècle a remplacé le manoir féodal de Mérande.

Époque contemporaine

Arbin conserve ses vocations antérieures, à l'exception de l'industrie minotière qui disparaît entre 1940 et 1945. En revanche la vocation résidentielle s'accentue et de très nombreuses maisons sont construites. Des industries s'installent dans le fond de la vallée. La viticulture se dynamise et se modernise. Le vin rouge « Mondeuse d'Arbin » est appréciée par les connaisseurs.

Politique et administration

Bâtiment de la mairie.

La commune est membre de la Communauté de communes Cœur de Savoie. Elle appartient au Territoire du Cœur de Savoie, qui regroupe une quarantaine de communes de la Combe de Savoie et du Val Gelon[18].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1995 ? Pierre Magnin DVD Conseiller général du canton de Montmélian (2001-2004)
mars 2001 en cours
(au avril 2014)
Carlo Apprati    

Tendances politiques et résultats

Résultats des derniers scrutins électoraux dans la commune
1er score 2e score Participation
Élections municipales de 2020 95,71 % pour Louis Roget (SE) 92,50 % pour Alain Dupont (SE) 47,56 %
Élections départementales de 2021 51,48 % pour Jean-François Duc et Béatrice Santais (DVG) 48,52 % pour Jean-Pierre Guillaud et Nadège Jay (DVD) 38,41 %
Élections régionales de 2021 54,80 % pour Laurent Wauquiez (UD) 31,20 % pour Fabienne Grebert (UG) 40,52 %
Élections européennes de 2019 24,86 % pour Jordan Bardella (FN) 21,04 % pour Nathalie Loiseau (LREM) 62,25 %
Élections législatives de 2022 65,53 % pour Émilie Bonnivard (LR) 34,47 % pour Nathalie Krawezynski (NUP) 59,02 %
Élection présidentielle de 2022 53,72 % pour Emmanuel Macron (LREM) 46,28 % pour Marine Le Pen (RN) 79,27 %

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[20].

En 2023, la commune comptait 841 habitants[Note 6], en évolution de +8,24 % par rapport à 2017 (Savoie : +3,95 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
439517518566639704606597606
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
565557519485447440453468429
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
371337318296318375363322553
1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2022 2023
732815713752757797777816841
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

La commune est rattachée à l'académie de Grenoble.

Médias

Économie

Les vignobles d'Arbin au pied des Bauges.

Arbin est une commune viticole dont les coteaux sont situés sur les pentes du massif des Bauges.

Le commune fait partiellement partie de l'aire géographique de production et transformation du « Bois de Chartreuse », la première AOC de la filière Bois en France[23],[24].

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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