Les définitions suivantes sont différentes caractérisations d'un arbre brownien, elles sont issues des trois articles pionniers d'Aldous[4],[5],[6]. Les notions de feuilles, nœuds, branches, racines sont les notions intuitives sur un arbre. Pour des explications plus précises, voir ces définitions pour un arbre réel.
Cette définition donne les lois finies dimensionnelles des sous-arbres engendrés par un nombre fini de feuilles.
On se place dans l'espace des arbres binaires finis possédant
feuilles numérotées de 1 à
, ces arbres possèdent donc
arêtes dont les longueurs sont données par des réels positifs
. Un arbre est alors défini par sa forme
(c'est-à-dire l'ordre de ces nœuds) et les longueurs de ces arêtes. On définit une loi de probabilité
d'une variable aléatoire
sur cet espace par :
![{\displaystyle \mathbb {P} (T=\tau \,,\,L_{i}\in [\ell _{i},\ell _{i}+d\ell _{i}],\forall 1\leq i\leq 2k-1)=s\exp(-s^{2}/2)\,d\ell _{1}\ldots d\ell _{2k-1}}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/7508677e9d079cfb08a8fa5c4d689e7e6ef38a3d)
où
. C'est-à-dire que la loi
ne dépend pas de la forme de l'arbre mais que de la somme totale des longueurs des arêtes.
C'est-à-dire que l'arbre brownien est défini à partir des lois de tous les sous-arbres finis que l'on peut générer.
L'arbre brownien est un arbre réel défini comme à l'aide d'une excursion brownienne (c'est la Caractérisation 4 de l'article wikipedia arbre réel)
Notons
, une excursion brownienne normalisée, c'est-à-dire conditionnée à être de longueur 1. On définit une pseudo-distance
sur le support
de cette excursion par
pour tout ![{\displaystyle x,y\in [0,1]}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/a89411f493700e4c95ef285820b357955faf5ba7)
On définit alors une relation d'équivalence, notée
; sur
qui permet d'identifier les points
tels que
.

est alors une distance sur l'espace quotient
.
Définition — L'espace métrique
est appelé arbre brownien.
Il est en fait plus courant de considérer l'excursion
plutôt que
.
Ce terme est issu du terme anglais Poisson line-breaking ou stick-breaking construction.
On considère un processus de Poisson non homogène N d'intensité
. C'est-à-dire que, pour tout
,
est une variable de Poisson de paramètre
. Si on note
les points générés par ce processus de Poisson, les longueurs des intervalles
ont une loi exponentielle qui décroit avec
. On effectue alors la construction suivante :
- (initialisation) A la première étape, on choisit un point aléatoire
de Loi uniforme continue sur le segment
, et le segment
est « collé » au point
. Le collage s'effectue mathématiquement par la définition d'une nouvelle distance. À la fin de cette étape, on obtient un arbre
contenant une racine (le point 0), deux feuilles (
et
) ainsi qu'un point de branchement binaire (le point
).
- (itération) A l'étape k, le segment
est collé à l'arbre
, construit à l'étape k-1, en un point choisi uniformément sur
.
Définition — La fermeture
, muni de la distance construite par l'algorithme précédent, est appelé l'arbre brownien.
L'algorithme est utilisé pour simuler l'arbre brownien informatiquement.
(voir la section Convergence des arbres de Galton-Watson)
On considère
, un arbre de Galton-Watson dont la loi de reproduction est de variance finie non nulle et conditionné à avoir
nœuds. On note
cet arbre lorsque la longueur des arêtes est divisée par
, c'est-à-dire que chaque arête est de longueur
. Construction peut se formaliser en considérant l'arbre de Galton-Watson comme un espace métrique (ou arbre réel) ou en utilisant les processus de contour (ou des hauteurs) et en les renormalisant (voir la formule).
Définition — Il existe une limite en loi de
vers un arbre réel aléatoire que l'on appelle l'arbre brownien
La limite en loi utilisée ici est la convergence en loi des processus stochastiques dans l'espace de Skorokhod (pour une caractérisation par les processus de contour) ou la convergence en loi définie à partir de la distance de Hausdorff (pour une caractérisation en espace métrique).