Arbre réel
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En mathématiques, un arbre réel, ou arbre continu ou -arbre, est un espace métrique particulier possédant une propriété d'arbre : il existe un « chemin » entre chaque couple de points de l'espace métrique, de plus ce « chemin » est unique pour un couple de points donné.
Intuitivement, un arbre réel peut être vu comme un arbre discret composé de nœuds et d'arêtes à longueur variable. Toutefois, tout point intérieur d'une arête est considéré comme un nœud de l'arbre (de degré 2). L'ensemble des points de branchement (nœuds de degré au moins 3) peut être dense dans l'arbre, ce qui en fait un objet fractal.
Plusieurs définitions équivalentes existent, on peut également « construire » certains arbres réels comme les objets limites de suites d'arbres discrets en faisant tendre leurs longueurs d'arête vers 0.
L'arbre brownien (ou CRT brownien) est un exemple important d'arbre continu en probabilités. C'est un objet fractal dont les arêtes sont de longueur infinitésimale et dont les nœuds sont denses dans l'arbre. En théorie géométrique des groupes, il existe une théorie des actions de groupe sur les -arbres.

Un arbre réel est un espace métrique tel que pour tout couple de points , il existe un unique chemin dans dont les extrémités sont et .
Plus formellement, pour tout couple de points , il existe une unique isométrie telle que , et tout chemin injectif de X partant de x et finissant en y est l'image de : .
Ce chemin, que l'on peut noter , est l'unique géodésique de à . On dit que c'est un espace métrique géodésiquement linéaire. On ne traitera ici que du cas où l'espace est compact.
Soit un point de . Le degré de , noté , est le nombre de parties disjointes (deux à deux) de l'ensemble . Si , alors est une extrémité de (feuille ou racine) ; si , alors est un point du squelette de ; si , alors est un point de branchement[1] de .
Si on distingue un point, notons-le , de , l'espace métrique est alors appelé espace métrique pointé. Pour un vocabulaire plus proche des arbres, on dit que l'arbre est enraciné (en la racine ).
Il est alors possible de définir une relation généalogique. L'ancêtre commun le plus récent de deux points et de est l'unique point tel que . Utilisons la notation . La distance de la racine à est donnée par[2] :
L'espace des arbres réels est un sous-espace de l'espace des espaces métriques. L'espace , muni de la distance de Gromov-Hausdorff, est un espace polonais[2] (métrique, séparable, complet). On peut alors comparer les arbres réels en donnant une distance entre eux et ainsi construire une convergence.
Caractérisations

Voici plusieurs caractérisations équivalentes d'un arbre réel qui peuvent être considérées comme des définitions.
- (similaire aux arbres en tant que graphes) Un arbre réel est un espace métrique connexe qui ne contient pas de sous-ensemble homéomorphe à un cercle[1].
- Un arbre réel est un espace métrique connexe qui vérifie la condition des quatre points[3] (voir figure ci-contre) :
pour tous . - Un arbre réel est isomorphe à un espace métrique connexe 0-hyperbolique[2](voir figure ci-contre). C'est-à-dire,
pour tous . - (similaire à la caractérisation des arbres de Galton-Watson par le processus de contour) Considérons une excursion positive d'une fonction continue . C'est-à-dire, une fonction telle que, , pour tout où est la fin de l'excursion et pour tout . Pour , , on définit une pseudodistance et une relation d'équivalence par :
Ainsi, l'espace métrique quotienté est un arbre réel[2].
Intuitivement, les minima locaux de l'excursion e sont les pères des maxima locaux. Une autre manière visuelle de construire l'arbre réel à partir d'une excursion est d'appliquer de la colle sous la courbe de e et de « plier » cette courbe, ainsi les points d'une même classe d'équivalence sont identifiés (voir animation ci-dessous).