Archambaud de Sully
archevêque de Tours
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Archambaud de Sully est archevêque de Tours de 987 environ à sa mort, possiblement en .
Il entre en conflit avec avec les chanoines de Saint-Martin de Tours, qui reçoivent le soutien d'Abbon de Fleury. Archambaud est alors soutenu par Gerbert d'Aurillac. En 996 ou 997, il bénit le mariage du roi de France Robert II le Pieux avec sa deuxième épouse Berthe de Bourgogne, ce qui lui vaut d'être suspendu par le pape Grégoire V.
Biographie
Famille et débuts
Fils d'Herchenald de Sully et le frère d'Herbert[1],[2], Archambaud de Sully appartient à la famille seigneuriale de Sully[3],[2]. Gustave de Cougny affirme qu'il serait originaire de Seuilly près de Chinon[4], sans preuve décisive selon Louis de Grandmaison[2].
Archevêque de Tours, il succède à l'archevêque Hardouin après la mort de ce dernier[3],[2]. Le début de son épiscopat a été daté de 980[1] ou 981[3]. Selon Louis de Grandmaison, il commence plus tard. En effet, Hardouin est mort le et dans le cartulaire de Quimperlé, le catalogue des archevêques de Tours affirme que le siège reste vacant trois ans, six mois et six jours, ce qui reporte le début de l'épiscopat d'Archambaud de Sully au au plus tôt[2].
Selon Jean Gaudemet, Archambaud est probablement nommé par le roi Hugues Capet, parce que l'archevêché de Tours, bien qu'il couvre les fiefs des comtes de Blois et d'Anjou, dépend alors du roi[5]. C'est en 987 qu'Archambaud est cité pour la première fois, dans un diplôme d'Hugues Capet concernant le comte de la Marche Boson le Vieux[2].
Dans son diocèse
Archambaud échange en 991 des biens avec l'abbé de Marmoutier, Bernier[1],,[2]. En 993, Archambaud donne à cette abbaye les églises de Saint-Symphorien, Saint-Pierre de Parçay et Saint-Sulpice du Louroux[1],,[6].
Comme certains de ses prédécesseurs, il entre en conflit avec les chanoines de Saint-Martin de Tours qui refusent son autorité[3],[1],[6]. L'origine du conflit reste difficile à déterminer. Il est connu par trois lettres différentes. Deux d'entre elles, datées d' soutiennent Archambaud contre les chanoines[7]. L'une est envoyée par les évêques réunis à Saint-Denis aux chanoines, leur demandant de se soumettre à l'archevêque ou de venir défendre leur cause dans un synode prochain à Chelles[6],[7]. La deuxième est une lettre de Gerbert d'Aurillac à l’archevêque Archambaud, qui lui donne son soutien[8],[7].
Abbon de Fleury envoie également une lettre aux chanoines de Saint-Martin qui l'ont sollicité[7],[9]. Il leur exprime un soutien embarrassé parce que ceux-ci ne produisent pas de preuve textuelle de leur bon droit[7]. Partisan de la supériorité de l'Église de Rome[8], il invoque l'autorité du pape Grégoire le Grand et conseille aux chanoines de s'en remettre au pape[9]. L'issue du conflit n'est pas connue[6],[8],[7], mais, dès le , Archambaud participe à un chapitre de Saint-Martin de Tours et en confirme la notice, ce qui montre que les relations sont alors rétablies[7].
En 996, Archambaud exempte les moines de Saint-Julien de Tours de tout service envers l'archevêque[10],[6]. Il donne des biens aux moines de Saint-Mexme de Chinon[10],[11]. En 997, il autorise la construction d'une chapelle à Louans, lieu dépendant de Tauxigny érigé plus tard en paroisse. En 999, il confirme une donation de Corbon, seigneur de Rochecorbon, à l'abbaye de Bourgueil[6]. En 1001, il souscrit un acte de Sulpice, prévôt de Ligueil[6]. Le dernier acte daté où il apparaît est un échange entre Robert de Château-Landon et Gauzbert, abbé de Saint-Julien de Tours, en [11].
Il consacre l'abbatiale Saint-Pierre de Preuilly-sur-Claise construite par Elfred, seigneur de Preuilly[12],[10],[13],[11]. Selon Louis de Grandmaison, la datation avancée pour cette dédicace, 1008 ou 1009, est erronée, parce qu'Archambaud est déjà mort à ce moment[11]. L'église actuelle, à qui la tradition attribue cette date de fondation, est plus récente[13].
Papes et roi
Archambaud soutient Gerbert d'Aurillac lors du concile de Chelles qui examine l'élection de Gerbert comme archevêque de Reims à la place d'Arnoul[1],[6].
En ou au début de l'année 997[6], Archambaud bénit le mariage du roi de France Robert II le Pieux avec sa deuxième épouse Berthe de Bourgogne[10],[8],[5]. Ce mariage condamné par l'Église catholique pour consanguinité[8] et Archambaud est suspendu par le pape Grégoire V, dont il doit implorer le pardon[10],[6].
Selon le nécrologe de Saint-Martin de Tours, il est mort un . À Saint-Julien de Tours, son anniversaire était célébré le . L'année est incertaine[10],[11], peut-être 1008[12] ou 1009[10]. Pour Louis de Grandmaison, Archambaud est mort avant, puisque son successeur, Hugues de Châteaudun, est attesté en 1007. Si l'on prend en compte la durée de son épiscopat indiqué par le cartulaire de Quimperlé, il serait mort en [11].