Architecture achéménide
style architectural perses
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L'architecture achéménide désigne les réalisations des Perses achéménides, notamment la construction des villes comme Persépolis, Suse et Hegmataneh, de temples destinés aux cultes, (tels que les temples zoroastriens), et de tombeaux de rois ( comme le mausolée de Cyrus). Elle se caractérise par une combinaison d'élements mèdes, assyriens, grecs et asiatiques.

Cette architecture caractéristique débute avec l'expansion de l'empire achéménide vers 550 avant J.-C.. Avec l'avènement du second empire perse, l'empire sassanides (224 avant J.-C. à 624 de notre ère), les traditions achéménides sont ravivées par la construction des temples du feu et des palais grandioses.
Les édifices les plus remarquables de cette architecture qui subsistent aujourd'hui sont sans doute ceux de Persepolis, construits par le roi achéménide Darius le Grand à des fins politiques et cérémonielles. Persépolis fut l'une des quatre capitales de l'empire. Sa construction dura un siècle. Darius le Grand fit édifier des édifices similaires à Suse, et à Hegmataneh, qui comme ceux de Persépolis servaient à recevoir les dignitaires et les représentants étrangers, à accueillir les cérémonies royales officielles et à résider dans une demeure de roi.
Les sources grecques mentionnent l'utilisation par les Achéménides de dômes circulaires évoquant le ciel dans leur architecture[1].

Édifices remarquables
Persepolis

L'immense édifice de Persepolis fut la capitale de l'empire achéménide pendant de nombreuses années et peut être considéré comme un symbole de l'architecture achéménide. La construction de Persepolis commença sous le règne de Darius le Grand. Persepolis est aujourd'hui connue aussi sous le nom de Parsa. Ce nom provient du vieux perse et les Grecs y ont ajoute Polis qui signifie ville en grec. Elle est aussi appelée Takht-e Jamshid, du nom d'un ancien roi mythique iranien mentionné dans le Shahnameh (Livre des Rois) du poète Ferdowsi.
Selon diverses sources, la construction du Takht-e-Jamshid a commencé il y a environ 25 siècles sur le versant ouest du mont Rahmat, également appelé Mitra ou Mehr sous le règne de Darius le Grand et a ensuite été poursuivie par ses successeurs, qui y ont apporté quelques modification à la structure originelle.
D'après les inscriptions découvertes à Persépolis, d'innombrables architectes, artistes, artisans et ouvriers, hommes et femmes, de différentes nations, ont participé à la construction de cet édifice.
Description des structures :
La superficie totale des palais de Persépolis atteint 125 000 mètres carrés . Construits sur une plateforme située entre 8 et 18 mètres au-dessus du niveau de la plaine de Marvdasht, ils se composent de :
- Les palais officiels et cérémoniels de Persépolis (palais de la Porte des nations);
- Les salles de séjour et les petits palais privés ;
- Le trésor royale ;
- La forteresse et les remparts.
Parmi les palais privés le seul d'habitation était le Tachara de Darius. Il abritait momentanément le souverain en cas d'invasion ou d'émeutes[2].
Le complexe palatial de Persépolis fut incendié en 330 avant J.-C. par Alexandre le Grand et tous les bâtiments furent détruits.
Pour Alexandre le Grand « il n'existe pas de cité plus ennemie de la Grèce que la capitale des anciens rois de la Perse; c'est là qu'ont été vomies sur l'Hellade d'innombrables armées ; c'est de là que Darius, et après lui Xerxès ont apporté en Europe une guerre sacrilège. Il faut, par sa ruine satisfaire aux mânes des ancêtres. »[3]. Sa mission était de venger l'invasion de la Grèce et le sac d'Athènes par Xerxès durant les guerres médiques. Les palais de Persépolis furent pillés méthodiquement et leur contenu déménagé soigneusement. Lorsque le service des prises de guerre d'Alexandre eut terminé son travail de recensement et d'emballage et que le butin eut quitté Persépolis, les bâtiments furent incendiés de sang-froid, impitoyablement[4]. D'après Plutarque, Quinte-Curce et d'autres auteurs anciens c'est à la fin d'une orgie organisée par la courtisane Thaïs, qui accompagnait Alexandre le Grand, que les participants se sont emparés de flambeaux pour mettre le feu aux boiseries de cèdres et provoquer un gigantesque incendie qui détruit le palais. Mais ce n'est qu'un conte conclut André Godard [5] et les historiens actuels.

Parmi les édifices subsistants et partiellement en ruine figure le bâtiment de l'entrée principale de Persépolis, connus sous le nom d'Apadana. Il se compose d'un hall central à 36 colonnes et de trois porches à 12 colonnes situées au nord, au sud et à l'est. Les porches nord et est sont reliés aux cours opposées par des escaliers. La hauteur du socle du palais de l'Apadana est de 16 mètres et celle des colonnes est de 18 mètres. Ce complexe est inscrit sur la liste du patrimoine national en Iran et sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
À l'époque moderne, avec le retour et l'émergence d'un sentiment patriotique chez les iraniens et le respect des ancêtres, la ville de Persépolis acquit un grand prestige. Sous le règne de la dynastie Pahlavi en Iran, ce bâtiment bénéficia d'une grande attention et Mohammad Reza Shah Pahlavi y organisa des célébrations royales et des anniversaires de l'ancien empire. C'est là que fut fêtée la Célébration du 2 500e anniversaire de la fondation de l'Empire perse en 1971.
Mausolée de Cyrus

Bien qu'ayant régné sur une grande partie du monde antique, Cyrus le Grand a conçu son tombeau avec une simplicité remarquable. Celle-ci impressionne fortement le visiteur. En effet, hormis quelques moulures en stuc ondulées sous le plafond et un petit motif floral au-dessus de l'entrée, aucune autre décoration n'a été utilisée[6].
Naqsh-e Rostam

Naqsh-e Rostam est le nom d'en ensemble ancien comprenant les tombeaux de quatre rois achéménides. Il se trouve à 6 km de Persépolis dans la montagne de Hajiabad. Il constituait un symbole pour les personnes qui entraient ou sortaient de la ville. Y sont situés la tombe de plusieurs rois achéménides, dont Darius le Grand et Xerxès. Ces tombes ont la forme d'une croix et sont creusées dans la montagne à une hauteur importante du sol. On trouve à Naqsh-e Rostam des vestiges de trois périodes anciennes : des vestiges de la période élamite de 2000 à 600 avant J-C, des vestiges de la période achéménide de 600 à 330 avant J.-C. et des vestiges de l'époque Sassanide de 224 à 651 après J.-C., notamment des bas-reliefs relatant des évènements importants de cette époque sassanide: le couronnement d'Artaxerxès Ier et la victoire de Shapur Ier sur les empereurs romains. À Naqsh-e Rostam, des tombes et le temple d'Anahita datant de la période achéménide subsistent. Parmi les quatre tombes existantes, seule le mausolée de Darius Ier possède une inscription. Dans la partie supérieure du mausolée, Darius, vêtu de manière persane et tenant un arc, se tient sur une plateforme à trois marches et accomplit un acte rituel devant un feu. L'image de Faravahar ou d'Ahura Mazda se trouve au-dessus de lui et Darius lève la main en signe de respect devant cette image. La tombe de son fils Xerxès est située à droite de celle de Darius Ier et, à l'exception de l'absence d'insriptions et de quelques différences dans les bas-reliefs, elle est fort semblable à celle de son père. La tombe de Xerxès est celle qui est la mieux préservée. La tombe d'Ardeshir Ier se trouve à gauche de la tombe de Darius Ier. La tombe de Darius II est la tombe la plus à l'ouest du groupe des tombes de Naqsh-e Rostam. L'entrée des tombes a une forme carrée au milieu d'une croix. La forme des quatre tombes est fort similaire mis à part les inscriptions de celle de Darius Ier en vieux persan en élamite et en akkadien.

Kaaba de Zoroastre

La Ka'ba-ye Zartosht est une bâtiment de pierre en forme de parallélépipède et de tour, situé à Naqsh-e Rostan. Il est situé à 46 mètres du pied de la montagne en face du mausolée de Darius Ier. Il ne possède qu'une seule porte d'entrée qui mène à l'intérieur vers une petite pièce accessible par un escalier de trente marches. Sa hauteur est de 11.60 mètres et sa largeur de 7.30 mètres. Il fut à l'origine le tombeau provisoire des souverains achéménides, puis devint peut-être, à une époque postérieure, le temple officiel où étaient conservés les étendards royaux[7].
Palais de Darius le Grand: Tachara
La palais Tachara a été construit pour Darius Ier dans la partie sud de Persépolis. Les décorations de la façade de la plateforme du palais montrent l'armée de l'Empire perse dans des tenues somptueuses. Le long des escaliers symétriques du palais sont présentés des reliefs de personnes transportant des provisions, des animaux, des offrandes. Les décorations des portails montrent la vie quotidienne à la cour. C'est un édifice très petit qui était destiné à abriter momentanément le souverain achéménide en cas d'invasion ou d'émeute ou autre évènement exceptionnel[8]. Les corniches des portiques de la Tachara sont composées de sortes de nids d'abeille alignés en trois étages dans un style à l'égyptienne[9].

Palais des Trois Portes ou Tripylon
Le palais privé de Darius Ier est le premier lieu de résidence privé des rois achéménides. Sous le règne d'Artaxerxès un petit bâtiment a été érigé à l'extrémité sud de la vaste cour devant l'escalier est de l'Apadana. Il semble être un lieu d'accès à la section des palais privés. Après Darius, Xerxès et Artaxerxes ont également construit leur résidence privée dans le sud de Persepolis.
Pasargades

Outre le Mausolée de Cyrus, ce complexe comprend des édifices tels que les fontaines du Jardin royal de Pasargades, le palais de la porte, le palais Baram, le palais privé, le Mausolée de Cambyse Ier les fortifications défensives de Tell Takht, l'espace sacré et le Tangeh Bolaghi (en).
Le complexe palatial de Pasargades, résidence de Cyrus le Grand se situe à 48 km au nor de Persépolis. Il comprend la porte principale, la salle publique et le palais résidentiel. La porte principale était une salle à colonnes de deux rangées de quatre colonnes de pierre. Les palais et la porte comportaient des salles rectangulaires couvertes de toits plats soutenus par des colonnes de pierre. La pierre était blanche, lisse, sans cannelures, et leurs bases carrées étaient en pierre noire. Les chapiteaux, également en pierre noire, représentaient un torse de taureau surmonté d'une tête humaine ou équine.
Les édifices de Pasargades sont construits sur un terrain plat, contrairement à Persépolis bâtie sur une plateforme sous l'influence de l'architecture égyptienne. Le complexe est conçu de manière plus simple que celui de Persépolis du fait de sa vocation résidentielle. Cela fait régner une sérénité particulière quand on le compare au luxe et à la somptuosité du complexe de Persépolis.
Suse
Après la chute des derniers royaumes élamites vers le milieu du VIe siècle av. J.-C., Suse est intégrée dans l'Empire perse achéménide. Darius le Grand en fait une de ses résidences et lui donne une importante majeure en érigeant le grand palais de l'Apadana, avec ses remarquables frises de briques glaçurées. Suse devint ainsi la capitale de l'empire perse achéménide pendant une partie des Ve et IVe siècle avant J.-C.. Darius le Grand y construisit des palais. Des artisans , des artistes d'Égypte, de Grèce, de Mésopotamie participèrent à l'édification de ces palais. Les principes architecturaux de ces bâtiments sont similaires à ceux de Pasargades. Les colonnes y présentent toutefois la particularité d'être striées et ornées de chapiteaux en forme de bustes de taureaux. De plus la hauteur des colonnes y atteint 20 mètres. '

Palais d'Ashoka achéménide
Le palais d'Ashoka à Pataliputra situé près de la ville de Patna dans l'état de Bihar dans le nord est de l'Inde est imité pour ses piliers d'Ashoka et ses chapiteaux des palais achéménides des palais de Persépolis[10],[11].

Identité iranienne
Les architectes, artistes et spécialistes impliqués dans la construction de Persépolis provenaient de plus de trente nations, sous influence achémédienne : les Assyriens, les Urartiens, les Égyptiens, les Babyloniens, les Lydiens, les Ioniens, les Hindous, les Scythes[12]. Mais après la période achéménide son expression de l'architecture disparut. Les Arsacides et les Sassanides construisirent des édifice voûtés. Et lorsque la Perse islamisée édifia des palais à colonnes, elle s'inspira de la tradition mède. L'art de l'époque achéménide n'eut d'influence véritable sur presqu'aucun autre art et la combinaison de ses déterminants ne s'est rencontrée qu'une seule fois. Comme l'art assyrien il s'était efforcé d'exprimer l'idée toute orientale de la puissance royale. Comme l'art grec il avait le goût de l'harmonie, du rythme, de la construction savante. Les Achéménides étaient sensible à la beauté de l'art hellénistique mais leur idéal était opposé à celui de la Grèce tant sur le plan artistique que sur le plan politique[13].
Galerie
Bibliographie
- André Godard, L'art de l'Iran, édition Arthaud, 1962
- (en) « Pasargadae » [archive du ], sur UNESCO World Heritage Centre, (consulté le )