Atrium Casino
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| Destination initiale |
Casino |
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| Architecte | |
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1928 |
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| Commune |
| Coordonnées |
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Atrium Casino est le nom du casino de la commune de Dax, dans le département français des Landes. Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [1].
En 1925, le maire de Dax, Eugène Milliès-Lacroix, propose la construction d'un casino afin de donner un nouvel élan à la station thermale. Ainsi, les architectes André Granet (Paris), Albert Pomade (Dax) et Jean Prunetti (Dax), sont chargés de la réalisation du casino. Venant de réaliser la Salle Pleyel à Paris, Granet veut que ce casino corresponde aux canons de son temps.
Le , le premier espace d'animation du genre des Landes est inauguré. À cette occasion, mille personnes assistent à l’opéra Mireille de Charles Gounod. Réalisé en béton armé enduit, l'édifice comporte un amphithéâtre à ciel ouvert, d'où son nom d'Atrium. Le bar est décoré de vitraux dessinés par le maître-verrier Louis Barillet[1].
Le bâtiment fait partie d'un ensemble avec l'Hôtel Splendid voisin. Il devient propriété de la ville en 1968. Avec le temps, son architecture se révèle mal adaptée au climat océanique de la région et la construction en souffre. Les différentes tentatives de sauvetage ne réussissent pas à redonner à l'Atrium Casino ses fastes d'antan ; ainsi, soixante ans après, le bâtiment ferme en raison de son mauvais état.
Les travaux de restauration débutent par la grande salle de spectacles de 800 places, l'Atrium, qui est inscrit une première fois à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1986 (arrêté annulé). Le décor somptueux du plafond, des parois et du cadre de scène, gravé sur des panneaux de stucs dorés et argentés présente des personnages et des animaux sur un fond floral, qualifié par un historien d'art de « jardin extraordinaire ». Il est doté d'un équipement technique moderne et propose de nombreux spectacles tout au long de l'année, des galas de danse, des concerts, des pièces de théâtre... Le casino est restauré et rouvre au public en 2005, à la suite de son inscription aux Monuments historiques en 2000.
Contexte historique et fonction sociale
Dès son ouverture, l’Atrium-Casino est conçu comme un espace polyvalent destiné à accueillir bals, représentations théâtrales, projections cinématographiques et manifestations mondaines. Il s’adresse à une clientèle cosmopolite, attirée par le thermalisme et les loisirs, tout en devenant progressivement un lieu de rassemblement populaire pour la population locale[2].
Les bals dominicaux, les concerts et les séances de cinéma contribuent à sa réputation régionale. La presse locale des années 1930 souligne son rôle central dans l’animation culturelle et sociale de Dax.
Architecture et esthétique Art déco
Une synthèse entre modernité et référence à l’Antiquité
L’architecture de l’Atrium-Casino illustre une maîtrise remarquable du vocabulaire Art déco, combinant modernité structurelle et références explicites à l’Antiquité. Les volumes, les proportions et les décors s’inspirent des modèles antiques tout en exploitant les possibilités offertes par le béton armé. Les façades et les décors intérieurs présentent une ornementation maîtrisée, où la fonctionnalité prime sans renoncer à l’expressivité décorative[2].
A I'angle nord-ouest, s'ouvre le hall d'entrée monumental. Des frontons interrompus et des masques sculptés d’inspiration antique évoquant l’univers du théâtre surmontent trois des cinq fenêtres côté ouest. Un décor de claustras et un balcon au niveau du second étage animent la façade de la salle de spectacle. Les loges d'artistes en encorbellement sur la rue forment d'insolites excroissances.
L’usage du béton armé
L’édifice constitue un exemple significatif de l’emploi du béton armé dans l’architecture des années 1930. Ce matériau permet une grande liberté formelle et structurelle, tout en affirmant une esthétique résolument moderne. Les architectes exploitent ses qualités pour créer de vastes espaces intérieurs et des dispositifs techniques innovants. S'il fut un temps où les artistes doutèrent qu'avec le béton armé il était possible d'établir une architecture remarquable, André Granet se participe à la diffusion et à l’adoption du béton armé dans l’entre-deux-guerres
Décors intérieurs
À I'Atrium-Casino, comme au Splendid, le mobilier avait été dessiné par le décorateur ensemblier Victor Coutray pour apporter le supplément de "chic", de rêve et d'évasion en utilisant au maximum toutes les ressources des arts décoratifs alors en plein essor : ressources du verre pour les vitraux abstraits du bar américain (oeuvre de Louis Barillet), pendentifs du hall d'entrée ; ressources du fer forgé pour les rampes aux motifs géométriques simples de la salle de danse ; ressources de la mosaïque pour murs du hall d'entrée. Comme le souligne François Loyer, l'ensemble est assez proche de celui des Arcades des Champs-Elysées (1926, associées à I'hôtel Claridge et au cabaret du Lido) à Paris, dont Louis Grossard avait conçu les boutiques de luxe dans un esprit plutôt classique, l'enrichissant d'une discrète ornementation Art déco[2].
