Louis Barillet
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- |
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| Maîtres | |
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| Lieu de travail |
Atelier Barillet, Paris 15e |
| Mouvement |
Union des Artistes Modernes (U.A.M.), Mouvement Art Déco |
| Père |
Alfred Barillet |
| Mère |
Marie Barillet (disparue lorsque l'artiste avant deux ans) |
| Enfant |
Jean Barillet (d) |
Piscine Molitor, Atelier Barillet, Villa Noailles |
Louis Barillet (Louis Joseph Pierre Barillet), est un maître verrier, décorateur et mosaïste français né le à Alençon (Orne), et mort le à Clamart (Hauts-de-Seine)[1]. La production de vitraux et de mosaïques de son atelier a symbolisé le renouveau du vitrail moderne en France dans l'Entre-deux-guerres et marqué nombre d'édifices du style Art Déco comme la Villa Noailles à Hyères ou la piscine Molitor à Paris en développant notamment la technique du "vitrail blanc".
Tout en œuvrant à la restauration des vitraux d'une France dévastée par la Grande Guerre, Louis Barillet participe activement dès les années 1920 aux manifestations artistiques de l'avant garde parisienne aux côtés de Robert Mallet Stevens, Jacques le Chevallier, Théodore Hanssen, René Herbst, Jacques Doucet, Paul Poiret, l'Aga Khan ou encore Léonce Rosenberg. À ce titre, il a participé à la formation de l'Union des artistes modernes (U.A.M.) en 1929.
Il fait appel en 1932 à l'architecte Robert Mallet Stevens pour construire sa demeure et son atelier, l'Atelier Barillet, bâtiment d'avant garde dans le 15e arrondissement de Paris.
Études

Louis Barillet quitte sa ville natale d'Alençon pour s'installer à Paris en 1900 où il est accepté à l'école des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers de Jean-Léon Gérôme ainsi que de Luc-Oliver Merson. Il accomplit son service militaire de à dans l'infanterie. Il poursuit ses études jusqu'en 1906 avec le sculpteur Emmanuel Fontaine qui l'initie à la gravure de médailles.
Débuts : Peinture, médailles et vitraux
Dès 1906, Louis Barillet expose sept portraits au salon des artistes français dans un style pointilliste proche du mouvement fauve. Bénéficiant d'une bourse d'études, il s'installe en Grèce et en Turquie entre à partir de 1907 réalisant des portraits, sculptures et médailles pour plusieurs familles de Brousse, de Nicée ou de Constantinople jusqu'à son retour en France en 1908 où il reprend son activité de médailleur, art en pleine expansion, dans lequel son geste est technique et précis.
Premier pas dans le monde du vitrail, Louis Barillet réalise en 1912 le carton d'un vitrail de l'église de Mortagne-au-Perche sous l'influence et grâce à la recommandation de Maurice Denis.
Mobilisation en 1914 dans l'escadrille F19
Mobilisé adjudant d'infanterie en 1914, il est appelé à rejoindre l’escadrille F19 l'année suivante au même titre que beaucoup de photographes, peintres ou artistes en qualité de dessinateur en chef de la section photo à une époque où la photographie aérienne commence à démontrer son importance dans les États-majors bien que l'aviation militaire soit encore balbutiante. Il aura plus tard l'occasion de réaliser des médailles honorifiques pour d'autres aviateurs morts au combat et notamment pour le capitaine-pilote Guynemer, membre de son escadrille en 1917.
Retour à la vie civile et naissance de l'Atelier Barillet au service de la reconstruction
Louis Barillet ouvre en 1919, son premier atelier au no 7 rue Alain-Chartier pour poursuivre son activité de décorateur et de médailleur. Il rencontre Jacques le Chevallier, jeune graveur et illustrateur qu'il emploie sur ses projets, portés à la fois par les importants besoins de plaques commémoratives et par les nombreux projets de restauration de vitraux des édifices religieux dévastés par la Grande Guerre. Le nombre de chantiers spécialisés les pousse à recruter des ouvriers verriers spécialisés. Le peintre et maitre-verrier belge Théodore Hanssen les rejoint en 1922.
Atelier Barillet
La reconnaissance et le succès fulgurant de l'atelier permet au trio d'artistes constitué avec Jacques Le Chevallier, puis Théo Hanssen qui signent en commun leurs réalisations d'assurer une grande partie des chantiers de restauration ou de reconstruction de vitraux religieux en France et des plaques commémoratives à effigie des morts de la Grande Guerre. En 1932, il ouvre un second atelier au no 15 square Vergennes à Paris[2] qui deviendra le cœur du renouveau du vitrail français[3].
Du vitrail religieux à un langage plastique inédit : le "vitrail blanc"
C'est néanmoins dans le domaine du vitrail civil que l'apport de Barillet sera le plus notable. Passionné de matériaux nouveaux comme les verres striés industriels, verres martelés ou verres imprimés développés par la Compagnie de Saint-Gobain et las de la frilosité du clergé face à ses tentatives modernistes, il développe de nouvelles techniques et se rapproche de l'architecte Robert-Mallet Stevens avec qui il partage cette vision du vitrail comme paroi lumineuse au service d'un bâtiment, "tableau lumineux" liant l'intérieur et l'extérieur et s'adaptant à la lumière électrique qui se démocratise. C'est à partir de 1925, que l'atelier connait un véritable succès artistique pour ses propositions de verres blancs de réfractions différentes entrant dans la "modernité" et dans l'avant-garde architecturale où il côtoie architectes, artistes et personnalités.
Collaboration avec Robert Mallet-Stevens
À partir de 1922 et particulièrement dans les années 1927-1930, Barillet et Mallet Stevens réalisent ensemble de nombreux projets architecturaux dans lesquels les verrières et vitraux marquent le style moderne des bâtiments. On peut citer parmi de nombreux projets communs :
- la villa Noailles à Hyères,
- les hôtels particuliers bordant la rue Mallet-Stevens, dont notamment la villa des sculpteurs Jean et Joël Martel, au no 10, Paris 16e
- la Villa Cavrois à Croix (Nord), propriété du centre des monuments nationaux depuis 2001
- l'hôtel particulier et atelier de Louis Barillet lui-même qu'il commandera à son ami en 1932, propriété de l'homme d'affaires Xavier Niel depuis 2018.

Cette proposition croisée de Robert Mallet-Stevens et de Barillet associant l'architecture moderniste aux propositions graphiques stylisées marquent les façades et la ligne architecturale des plus grands chefs-d'œuvre de Mallet Stevens, mais également le design des intérieurs modernistes dont ils constitueront une référence.
Son fils, Jean Barillet (1912-1997), maître-verrier lui aussi, reprendra l'atelier à sa mort pour perpétuer la tradition paternelle[4].

