Attaque de la poudrière de Beaumont-en-Artois
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L'Attaque de la poudrière de Beaumont-en-Artois, appelée aussi « coup de Beaumont », est une importante opération militaire de la Résistance française qui s'est déroulée dans la nuit du 22 au et permit le vol d'un stock d'une demi-tonne dynamite, appartenant à la Compagnie des mines de Dourges, où travaille l'un des deux meneurs de l'attaque, Michel Brulé, le militant communiste à l'origine, avec Auguste Lecœur, de la Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941).
La ville de Beaumont-en-Artois a ensuite fusionné avec celle d'Hénin-Liétard pour former la commune d'Hénin-Beaumont, l'une des plus importantes du département avec Arras, Boulogne, Lens et Béthune.
La dynamite et les détonateurs sont ensuite répartis entre différents groupes de résistants, dirigés par Charles Debarge. Elle visait à intensifier les actions de sabotage, pour protester contre la répression qui avait suivi la grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941).
Cette opération a eu une influence importante sur le cours des opérations militaires dans le Nord de la France dès , en permettant aux Résistants de procéder à de nombreux sabotages d'ampleur, dont un qui causa la mort de plus d'une cinquantaine de soldats allemands puis une répression qui causa la mort de nombreux jeunes résistants.
L'attaque de la poudrière a eu lieu dans la nuit du 22 au à Beaumont-en-Artois[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],, une ancienne commune rurale du Pas-de-Calais, qui fusionna en 1971 avec la ville voisine, Hénin-Liétard, pour donner naissance à la ville actuelle de Hénin-Beaumont[9]. Beaumont-en-Artois est situé au milieu du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, dans le département du Pas-de-Calais mais non loin de celui du Nord, où est située l'autre partie du bassin minier. Elle a lieu dans le sillage de la Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941) qui a obligé de nombreux mineurs à fuir la répression en devenant clandestins.
Contexte
Après la grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941), les actes de sabotages dans la région se multiplient, selon les statistiques de l'Abewher allemande: ils passent de 5 en et 6 en juin à 27 en [10], frappant des trains, mines et pylones à haute-tension[10] et même des objectifs plus gros comme la centrale électrique de Courrières (Pas-de-Calais). Entre-temps, le , la guerre a commencé entre l'Union soviétique et l'Allemagne[10] et cette dernière ne cherche plus à dissimuler à quel point le pacte germano-soviétique n'avait pas protégé les soldats allemands des résistants communistes. En , l'Organisation spéciale ne comptait encore que 4 militants dans le Nord et 7 à 8 dans le Pas-de-Calais[11], et elle se renforce ensuite à cette date. Dès , elle comptera aussi 54 hommes en région parisienne[11].
Le groupe de l'Organisation spéciale, dirigé par Charles Debarge et son adjoint Marcel Delfly, tenta dès le de saboter la centrale électrique de Courrières[12]. Tous deux avaient dès pris l’initiative de constituer des dépôts d’armes récupérées en prévision des futurs combats[12] et Marcel Delfly tenté de miner un pont le [12], mais avec un matériel défectueux[12]. Charles Debarge est lui « recherché et pourchassé comme terroriste » depui [2].
Pour atteindre les vannes des réfrigérateurs de cette très importante centrale électrique[2], et les fermer de force afin d'empêcher la poursuite de la production électrique[2], tous deux traversent le canal à la nage en pleine nuit[12]. Plus tard, en 1944, une trentaine de résistants tenteront à nouveau sans succès de saboter la centrale électrique de Courrières le [11].
Déroulement
Le cheminot Henri Dubois héberge des résistants chez lui et trouve notamment une planque à Auguste Lecœur, l'un des leaders de la grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941). Avec Ignace Humblot, résistant d'Auchel, les deux hommes participeront à l'attaque la poudrière de Nœux-les-Mines[13]
L'équipe de 23 adultes[2] neutralisa et désarma le gardien et s'empara de très nombreux détonateurs et dispositifs explosifs, ensuite dispersés en lots d'une quarantaine de kilos chacun[2], qui servirent à de nombreux actes de sabotages dans le département du Pas-de-Calais.
Utilisation de la dynamite
Dès le surlendemain de l'attaque, le , deux gros déraillements sont réussis, celui de Donseglin (sept wagons jetés hors des voies, trafic interrompu deux jours)[2],[14] tandis que Michel Brulé et ses hommes font le même jour sauter la voie ferrée à Quiéry-la-Motte[3], où une cinquantaine de soldats allemands trouvent la mort[2].
Quelques jours plus tard, les explosifs leur permettent de saboter la centrale électrique d’Harnes[3] et ils réussissent au même moment le cambriolage d'une quinzaine de mairies, dont celles de Courcelles-les-Lens, de Montigny-en-Gohelle et de Loos-en-Gohelle[3].
Albert Caron cacha une partie de la dynamite dans le bois de Courcelles-les-Lens et utilisa une autre partie pour faire sauter la voie ferrée Arras-Lille à Leforest le [7].