Attentat du Foyot

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Morts0
Blessés4
Attentat du Foyot
Image illustrative de l’article Attentat du Foyot
Représentation de l'attentat du Foyot dans Le Petit Parisien : supplément illustré (15 avril 1894)[1]

Coordonnées 48° 50′ 58″ nord, 2° 20′ 16″ est
Date
Morts 0
Blessés 4
Auteurs État français (?) / Okhrana (?)
Mouvance Terrorisme d'État
Partie de Ère des attentats

L'attentat du Foyot est une attaque à la bombe menée le à Paris contre le restaurant Foyot, situé 33 rue de Tournon, à cinquante mètres du Sénat français. Cet attentat, qui prend place pendant l'Ère des attentats (1892-1894) blesse quatre personnes, dont les anarchistes Laurent Tailhade et Julia Miahle, lorsqu'une bombe dissimulée dans un pot de fleurs explose. Il suit l'attentat de la Madeleine.

L'identité de l'auteur ou le mobile de cet attentat restent inconnus, la police ayant à l'époque favorisé l'idée d'un attentat anarchiste peut-être commis par Félix Fénéon, Louis Matha ou Paul Delesalle visant un lieu lié au Sénat français, sans réel succès. Une vengeance passionnelle visant Tailhade est également soutenue, bien qu'une telle hypothèse semble peu probable. Selon Philippe Oriol, les hypothèses les plus probables sont qu'il s'agit ou bien d'un complot policier des autorités françaises contre Tailhade visant à légitimer la répression anti-anarchiste ou d'une attaque lancée par l'Okhrana, la police secrète de l'Empire russe, active dans le terrorisme à Paris à cette période et cherchant à provoquer des troubles en France.

Contexte

Au XIXe siècle, l'anarchisme naît et se constitue en Europe avant de se propager[2]. Les anarchistes défendent la lutte contre toutes formes de domination perçues comme injustes, en premier lieu la domination économique, avec le développement du capitalisme[2]. Ils sont particulièrement opposés à l'État, vu comme l'organisation permettant d'entériner ces dominations au travers de sa police, son armée et sa propagande[3].

Suites de l'attentat du Foyot dans Le Monde illustré (14 avril 1894)[4]

Les anarchistes se radicalisent en réponse à différents événements, surtout la fusillade de Fourmies où l'armée tire sur des manifestants et l'affaire de Clichy, où trois anarchistes sont arrêtés, battus avec des sabres et privés d'eau et de soins pendant un certain temps avant d'être jugés dans un procès très dur[5]. Cette radicalisation mène certains d'entre eux à choisir de s'engager dans une politique de rapport de force avec l'État au travers d'une politique d'attaques terroristes[5]. Après l'attentat du Boulevard Saint-Germain et celui de Clichy (), leur principal auteur, Ravachol, est exécuté par les autorités. Cette situation radicalise le militant anarchiste Émile Henry[6], qui commence ensuite une série d'attentats, comme l'attentat de Carmaux-Bons Enfants ()[7]. En , Auguste Vaillant effectue l'attentat de l'Assemblée nationale, où il vise le centre du pouvoir politique français. Après cette attaque, plusieurs journalistes rendent visite à Laurent Tailhade et Pierre Martinet, deux militants anarchistes qui sont en train de dîner ensemble. Ils soutiennent tous deux l'attentat, qui vise des députés impopulaires et n'a pas fait de morts[8],[9].

Par ailleurs, le restaurant Foyot, situé 33 rue de Tournon[10], à cinquante mètres du Sénat français, est un établissement fondé par un ancien cuisinier du roi Louis-Philippe, Nicolas Foyot[11].

Attentat

Le , alors que Tailhade dîne avec sa compagne, Julia Miahle[12], quelqu'un pose une bombe sur le rebord de la fenêtre proche d'eux, qui donne sur la rue de Condé[13]. Celle-ci est dissimulée dans un pot de fleurs[14] et explose peu après dans le restaurant, après huit heures cinquante[13], blessant plusieurs personnes dont Tailhade[14], qui est blessé grièvement[12]. L'attentat n'est pas revendiqué.

Suites

Tailhade perd un œil après des semaines de convalescence[12]. L'attentat provoque les moqueries de L'Écho de Paris, qui considère qu'il s'agit d'un attentat anarchiste et donc d'une situation amusante où un anarchiste est ciblé par un attentat anarchiste[14].

Analyse

Références

Bibliographie

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