Augustin de Maupeou, né à Paris vers 1647 et mort le , est un prélat français du XVIIIesiècle. Il est évêque de Castres de 1682 à 1705, puis archevêque d'Auch de 1705 à sa mort.
En , il est reçu conseiller du roi et avocat général au Grand Conseil en survivance de son frère Pierre et est ensuite président aux enquêtes. En 1682, député du clergé de la province de Paris, il prend part à l'assemblée générale du clergé qui vote les «quatre articles» rédigés par Bossuet sur les prérogatives de l'église de France. Le pape InnocentXI réagit et refuse l'institution canonique à tous les nouveaux évêques nommés par le roi. LouisXIV ne veut pas céder, le pape non plus; si bien que, quelques années plus tard, près d'une quarantaine de diocèses se trouve sans évêques.
C'est ainsi qu'Augustin de Maupeou dut attendre plus de onze ans avant de prendre possession de l’évêché de Castres auquel le roi l'avait nommé le . Ce n'est que lorsque la querelle fut apaisée que son nom fut admis à Rome, au consistoire du . Le suivant, il reçoit la consécration épiscopale dans la cathédrale Saint-Just de Narbonne. À Castres, il trouve un beau palais épiscopal que son prédécesseur, Michel Tubeuf, vient de faire édifier par Mansart. Continuant l’œuvre ainsi entreprise, il demande à Le Nôtre de dessiner le jardin du palais épiscopal et commence également la reconstruction de la cathédrale de Castres. En 1697, il fait publier un catéchisme pour son diocèse sous le titre de Doctrine chrétienne. Il tient des synodes généraux en 1697 et 1699, le dernier pour l'observation des Statuts synodaux, qu'il a dressés.
Le , il est nommé archevêque d'Auch. Là, il commande à Jean-Baptiste Alexandre Le Blond le dessin du palais de l'archevêché qui ne sera achevé, dans le respect des plans que par Jean-François de Montillet de Grenaud. Peu avant sa mort, il avait fait un testament léguant la somme considérable de 170 000 livres«pour être employée en œuvres pies dans tous les lieux où il avait eu des bénéfices». Ses exécuteurs testamentaires, notamment son ami l'intendant de Languedoc Lamoignon de Basville, prélèvent sur ce don 65 000 livres pour fonder à Auch un hôpital général dont la première pierre est posée le et qui reçoit le nom d’hôpital Saint-Augustin, en souvenir de son généreux fondateur[2].
Une cartographie du diocèse de Castres décorée de ses armes lui est dédiée en 1695 par le géographe Hubert Jaillot[3].
Ses armes figurent également sur la frise du XVIIIesiècle des évêques de Castres, dans l'ancienne salle des états diocésains de l’évêché reconvertie en mairie.
Son portrait réalisé en 1710 par Hyacinthe Rigaud—volé— se trouvait à l'hôpital d'Auch[4]. Plusieurs copies de ce portrait sont néanmoins conservées, dont une identifiée en 2016 au musée des Beaux-Arts d'Orléans[5].
Jacques Lapart, La préfecture du Gers à Auch: histoire et architecture de l'ancien palais archiépiscopal. Bulletin de la Société Archéologique du Gers, 2014/2, p.153-182.