Jean-François de Montillet de Grenaud

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Jean-François de Montillet de Grenaud
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Jean-François de Montillet de Grenaud
Biographie
Naissance
Champdor (France)
Ordination sacerdotale à Saint-Sulpice
Décès (à 73 ans)
Paris[1]
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale
Dernier titre ou fonction Archevêque d'Auch
Archevêque d'Auch
Évêque d'Oloron

Blason
« Prêt et Fidèle »
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Jean-François de Montillet de Grenaud (1702-1776) fut évêque d'Oloron de 1735 à 1742, puis archevêque d'Auch, primat de Novempopulanie et des Deux Navarres, de 1742 à 1776. Adepte de la Réforme catholique, il s'est érigé en défenseur des Jésuites. Il s'est illustré dans ses controverses à l'encontre des philosophes de son temps, et notamment Voltaire, qu'il considérait comme des ennemis de l’Église.

Issu d'une famille noble d'ancienne extraction de 1479[2], du Bugey, ancienne province du duché de Savoie[Note 1], Jean-François de Montillet de Grenaud est né le à Champdor[3], situé dans l'actuel département de l'Ain. Il est le fils de Guy de Montillet (1662-1732), baron de Champdor et d'Hippolite de Révol[Note 2]. La famille de Montillet[4] se caractérise par une grande piété : à la génération de son père, on compte six enfants sur huit entrés en religion[5].

Le jeune Jean-François est orphelin de sa mère à l'âge de 8 ans. Il est désigné en 1710 comme héritier de son oncle savoisien, Jean Louis de Grenaud, marquis de Rougemont, fils de Joseph de Grenaud et de Catherine de Montillet[6], à charge de porter le nom et les armes des Grenaud qui sont écartelées avec celles des Montillet[Note 3]. Il est élevé par son oncle, Joseph de Revol, évêque d'Oloron. Entré au séminaire de Saint-Sulpice le , il suit les cours de théologie à la Sorbonne. Son compagnon d'étude est le futur cardinal de Fleury qui sera désigné comme précepteur, puis ministre de Louis XV. Il est ordonné prêtre en 1725 et nommé vicaire de Saint-Trivier-sur-Moignans, sous la direction spirituelle de l'abbé Joachim Guillot, curé de la paroisse. Il devient en 1734 l'un des vicaires généraux du diocèse d'Oloron. Il est sacré évêque d'Oloron le , en remplacement de son oncle qui se démet en sa faveur.

Nommé à l'archevêché d'Auch le , en remplacement du cardinal Melchior de Polignac, qui n'avait jamais occupé son siège[7], Jean-François de Montillet prend possession de son diocèse le suivant. Son ministère va durer 34 ans de 1742 à 1776. Il va considérablement embellir son diocèse. Le palais de l'archevêché à Auch va être achevé sur les plans de Jean-Baptiste Alexandre Le Blond qui en avait commencé la construction à l'instigation de l'archevêque Augustin de Maupeou. Jean-François de Montillet réalisera aussi d'importants travaux dans sa résidence de campagne, le château de Mazères à Barran. Les inventaires après décès montrent dans ces deux résidences un grand train de vie, une véritable organisation de l'espace qui lui permet de recevoir de nombreux invités du diocèse, mais aussi un vrai sens social que l'on devine dans les aménagements pour le personnel (infirmerie, chambres, etc.)

La bibliothèque, considérable elle aussi, montre parfaitement ses orientations pastorales.

Le jour même de sa mort, survenue à Saint-Sulpice le , il demande au cardinal de La Roche Aymon, qui était venu lui rendre visite, d'être remplacé par Éléonor-Léon Leclerc de Juigné, évêque de Chalons, qui passait pour un prélat d'une grande piété[Note 4]. Il est inhumé le dans la crypte de l'église Saint-Sulpice, à Paris[Note 5].

L'archidiocèse de Novempopulanie et des deux Navarres

Les années de sacerdoce

Au cours d'un long conflit qui opposa Jean-François de Montillet à l'intendant d'Auch, Antoine Mégret d'Étigny  caractéristique de l'opposition locale entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel [Note 7]  ce dernier devait reconnaître dans un message adressé au secrétaire d'État Saint-Florentin en 1759 :

« Je conviens que M. l'Archevêque d'Auch est de très bonnes mœurs. »

En effet, la vie sacerdotale de Jean-François de Montillet fut exemplaire, particulièrement au siècle des Lumières durant lequel les mœurs des princes de l'Église étaient souvent l'objet de la critique des philosophes.

L'archevêque d'Auch tient sa permanence au Palais épiscopal d'Auch[Note 8] et se met à la disposition du clergé et des paroissiens de la cathédrale. Il multiplie les visites paroissiales. Il publie en 1770 une Instruction pastorale sur l'état sacerdotal qui est la synthèse de ses mandements antérieurs consacrés au bon niveau moral du clergé de Novempopulanie et des deux Navarres relevant de son diocèse. Cet ouvrage prône la morale et l'ascétisme du clergé. Il affirme avec force que, pour animer toute sa vie sacerdotale, le prêtre doit avant tout être un homme de prière. Le prélat tient à recevoir individuellement chaque prêtre du diocèse. Il veille au recrutement du séminaire où les clercs doivent subir une formation nécessaire avant leur ordination. Il exprime sa volonté formelle que les prêtres entrent dans la vie sacerdotale par vocation et non « parce qu'ils ne sont pas nés les aînés de leurs familles, ou qu'ils n'ont pas montré assez de talent pour le monde, ou parce que leurs parents, pour se débarrasser d'eux, les ont donnés à Dieu ».

L'archevêque organise des conférences ecclésiastiques. Chaque année, il décide des sujets à traiter et demande aux prêtres du diocèse d'y apporter tous leurs soins. Les conférences ont lieu chaque mois, sauf en hiver. Les prêtres qui manquent trois réunions consécutives sans raison valable sont sanctionnés. Il va pallier l'absence de catéchisme : en quelques mois, il rédige le catéchisme du diocèse d'Auch. Dès 1745, les enfants étaient en mesure de réciter le catéchisme en entier.

Chaque année, Montillet fait prêcher des missions dans les paroisses du diocèse, pendant l'Avent ou le Carême. Il recrute lui-même les prédicateurs les plus expérimentés et les instruit personnellement. Il fait, à ces occasions, imprimer des recueils de cantiques populaires en français et en gascon.

La Réforme catholique

Les détails relevés dans la vie pastorale du diocèse d'Auch nous indiquent combien Montillet est influencé par la Réforme catholique. Ce mouvement, par réaction à l'essor du protestantisme, remonte au XVIe siècle et a prospéré au XVIIe siècle avec le cardinal de Bérulle. Il fut l'initiateur de l'école française de spiritualité qui a marqué le clergé français, et en particulier les prêtres passés par le séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. Il semble bien que, dans les campagnes, les disciplines de la Réforme Catholique se soient longtemps maintenues au XVIIIe siècle[8].

Les Indulgences de 1748

Attaché à la pratique des Indulgences, l'archevêque obtient du pape Benoît XIV l'indulgence plénière à l'heure de la mort pour tous ses diocésains et pendant toute la durée de son épiscopat[9]. Peu de diocèses, même dans les évêchés traditionnels, sollicitèrent une telle faveur au XVIIIe siècle.

Le rituel de 1750

Jean-François de Montillet va développer l'édition de livres liturgiques. Son œuvre ne s'éloigne pas de la liturgie romaine. Toutefois, sous l'influence de Louis Legrand, théologien de Saint-Sulpice, il procède à l'introduction d'hymnes parisiens. Son Rituel à l'Usage de la Province Ecclésiastique d'Auch, publié à Paris chez Jean-Baptiste Coignard, imprimeur du roi, en 1751, obtient un succès régional[Note 9]. Il est introduit dans tous les diocèses relevant de l'archidiocèse de Novempopulanie et des Deux-Navarres, à son initiative.

Dans la préface de ce grand livre in folio, destiné à être supporté par un lutrin dans le chœur des églises, à l'usage des prêtres officiants, Jean-François de Montillet précise que « Nous avons donné à cette nouvelle édition tout ce que nous avons eu de loisir. Nous avons compté cette occupation au nombre de nos plus importantes affaires, parce qu'il s'y agissait plus directement de l'instruction des prêtres et par là aussi de l'édification des peuples que la divine Providence a confiés à nos soins ». En s'adressant aux « archiprêtres, curés, vicaires,et autres ecclésiastiques employés à la conduite des âmes dans notre diocèse », il écrit: « Souvenez-vous que l'œuvre que vous faites est l'œuvre de Dieu par excellence, puisque vous dispensez les trésors de l'Église, les Dons de Dieu, les grâces du Saint Esprit, la vertu de Jésus-Christ, ses mérites et son sang même ; et que si vous vous rendiez coupables de quelque négligence, vous pourriez attirer sur vous la malédiction dont l'Écriture Sainte vous menace : Maledictus qui facit opus Dei negligenter ».

Le Rituel du Diocèse d'Auch de Montillet adopté par tous les évêques de l'archidiocèse de Novempopulanie et des Deux-Navarres, resta en usage jusqu'à la Révolution française[10].

Le catéchisme et le bréviaire de 1753

En 1753, Montillet fait paraître un catéchisme et un bréviaire de 900 pages dont la diffusion sera limitée à la province ecclésiastique d'Auch : Aire, Auch, Bayonne, Bazas, Le Comminges, Le couserans, Dax, Lectoure, Lescar, Oloron, et Tarbes.

Le défenseur de l’Église

Notes et références

Voir aussi

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