Autochrome

technique de photographie en couleur From Wikipedia, the free encyclopedia

L’autochrome est un procédé de restitution photographique des couleurs ; il est breveté le par les frères Auguste et Louis Lumière ; il est mis au point par Gabriel Doublier au sein de leurs ateliers.

Type Chimie photographique
Date 1903
Faits en bref Type, Découvert par ...
Autochrome
Description de cette image, également commentée ci-après
Nature morte obtenue par un autochrome, c.1912-1920.
Présentation
Type Chimie photographique
Découverte / Invention
Découvert par Auguste et Louis Lumière
Date 1903
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Cette technique industrielle de photographie en couleurs produit des images positives sur plaques de verre. Elle fut utilisée entre 1907 et 1932 environ, surtout pour de nombreuses photographies de la Première Guerre mondiale.

Histoire

Une boîte de plaques autochromes de la Société Lumière.
Paul Castelnau, Militaire français en observation : un guetteur au poste de l'écluse 26, 1917. Un autochrome réalisé pendant la Première Guerre mondiale, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Charenton-le-Pont.

Louis Lumière, inventeur de la plaque photographique instantanée et du Cinématographe, dépose avec son frère Auguste, le , un brevet pour l'Autochrome, premier procédé de photographie en couleur[1]. Louis Lumière présente la technique autochrome à l'Académie des sciences le [1].

Gabriel Veyre réalise les premiers autochromes au Maroc.

À partir de 1907, sa commercialisation séduit de nombreux Français et étrangers[2],[3]. Les usines Lumière produisirent 6 000 plaques d'autochromes par jour, 50 millions de clichés au total.

Albert Kahn, banquier philanthrope, envoie dans le monde des photographes qui travailleront principalement en autochrome ; ils vont constituer selon son vaste projet « Les Archives de la Planète ». Grâce à cette technique, Albert Kahn rassemble des milliers de témoignages sur la vie et les gens d'une cinquantaine de pays dans le monde.

À partir de 1935, le Kodachrome puis, en 1936, l'Agfacolor remplacent l'autochrome.

Technique de fabrication

Boîte de plaques Autochromes Lumière, date d'expiration 1923

Pour créer la mosaïque de filtres de couleur autochrome, une fine plaque de verre a d'abord été recouverte d'une couche adhésive transparente. Les grains d'amidon teintés ont été calibrés à une taille comprise entre 5 et 10 micromètres ; les trois couleurs ont été mélangées dans des proportions telles que le mélange apparaît gris à l'œil nu. Les grains ont ensuite été étalés sur l'adhésif, créant une couche d'environ 4 000 000 de grains par pouce carré, mais d'une épaisseur d'un seul grain, de façon à éviter les écarts importants et les chevauchements de grains.

L'application d'une pression extrême produit une mosaïque qui transmet efficacement la lumière à l'émulsion, car les grains étaient légèrement aplatis, et donc plus transparents, et pressés les uns avec les autres, ce qui réduit l'espace entre eux. Appliquer une telle pression sur l'ensemble de la plaque en une seule fois était difficile : un rouleau compresseur n'aplatissait qu'une petite zone à la fois. Du noir de lampe est utilisé pour boucher les espaces restants.

La plaque a ensuite été recouverte de gomme-laque pour protéger les grains et les colorants sensibles à l'humidité de l'émulsion de gélatine à base d'eau, qui a été appliquée sur la plaque après le séchage de la gomme-laque. La plaque ainsi obtenue a été découpée en plaques plus petites de la taille souhaitée, qui ont été emballées dans des boîtes de quatre. Chaque plaque était accompagnée d'un mince morceau de carton coloré en noir du côté de l'émulsion. Il devait être conservé lors du chargement et de l'exposition de la plaque et servait à la fois à protéger l'émulsion délicate et à inhiber le halo.

Le brevet américain de 1906 décrit le procédé de manière plus générale : les grains peuvent être orange, violet et vert, ou rouge, jaune et bleu (ou « n'importe quel nombre de couleurs »), avec éventuellement de la poudre noire pour combler les lacunes. Les expérimentations menées au début du XXe siècle ont permis de résoudre de nombreux problèmes, notamment l'ajout de plaques d'écran, d'un filtre jaune destiné à équilibrer le bleu, et l'ajustement de la taille des cristaux d'halogénure d'argent afin d'obtenir un spectre de couleurs plus large et de contrôler la fréquence de la lumière[4].

Technique

Principe de l'autochrome.

À l'opposé des autres techniques de l'époque, ce procédé qui emploie la méthode additive enregistre l'image sur une seule plaque photographique, sous forme d'une image noir et blanc composite représentant le rouge, le vert et le bleu. Émulsion et filtre sont intimement liés, de la prise de vue à la projection, du fait du caractère aléatoire du filtre.

La technique consiste à saupoudrer une plaque de verre avec des millions de particules microscopiques (10 à 20 micromètres)  des grains de fécule de pomme de terre  teints en rouge (orangé), vert et bleu (violet), fixés par de la résine. Les interstices entre les grains sont comblés par de la poudre de carbone très fine (noir de fumée) afin de conserver une bonne saturation des couleurs. Ce filtre, appelé « réseau », est scellé par une laque qui le protège pendant les opérations de développement de la surface sensible qui a été déposée sur le tout.

  • L'exposition se fait, plaque de verre en avant.
  • Le développement est complexe puisqu'il faut inverser l'image : deux développements successifs avec une post-insolation.
  • La restitution s'effectue par rétro-éclairage, source de lumière du côté de la surface sensible.

Même avec une excellente émulsion, la présence du filtre réduit la sensibilité effective de 4 à 8 diaphragmes. Par conséquent, cette technique demande un long temps de pose, d'où la mise en scène des personnages et le flou fréquent de la végétation.

Autochromistes renommés

Galerie

Notes et références

Voir aussi

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