Eugène Druet

From Wikipedia, the free encyclopedia

Décès
Nom de naissance
Alphonse Eugène Druet
Nationalité
Eugène Druet
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Alphonse Eugène Druet
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction
Archives conservées par
Archives départementales des Yvelines (166J, Ms 3498-3505, 11759, 10s, , -)[2],[3]Voir et modifier les données sur Wikidata

Eugène Druet, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un photographe et galeriste français.

Catalogue des dessins originaux d'André Rouveyre, exposition à la galerie E. Druet, 1907.

Alphonse Eugène Druet est né au 206, rue du Faubourg-Saint-Martin à Paris. Ses parents, Eugène Alphonse Druet et Alphonine Augustine Herbinière, étaient alors fruitiers[4].

Il a, dans un premier temps, été tenancier du Yacht Club français, un petit café familial qu'il rachète en 1893, au 3, place de l'Alma (avenue du Président-Wilson de nos jours)[5]. Auguste Rodin, dont l'atelier du Dépôt des marbres au 182, rue de l'Université était non loin du Yacht Club français[6], fréquentait régulièrement le café d'Eugène Druet, et lui fit découvrir la photographie d'art.

Après leur rencontre en 1896[7], Druet réalise de nombreux clichés des sculptures de Rodin et lui fait bientôt office de photographe officiel. Selon Hélène Pinet[8], la raison pour laquelle Rodin choisit Druet comme photographe reste obscure, mais pourrait tout simplement être expliquée par le fait que le sculpteur ait été impressionné par les photos amateurs que Druet lui aurait présentées. Ils travaillent ainsi jusqu'en 1900, date à laquelle ils s'éloignent peu à peu, notamment parce que Druet n'était presque pas rémunéré pour ce travail volontaire auprès de Rodin. 1900 est aussi la date de la grande rétrospective que Rodin organise au pavillon de l'Alma, en marge de l'Exposition universelle[9] : Druet s'était chargé de pratiquement de toute l'organisation, et avait par la même occasion eu un pan de mur consacré à 71 de ses photographies[7],[10].

Sur les conseils de Rodin, Druet abandonne son café pour ouvrir une galerie d'art en 1903, au 114, rue du Faubourg-Saint-Honoré, qu'il transfère au 20, rue Royale en 1908[11]. Cette galerie parisienne devient assez connue. Dans L'Autobiographie d'Alice B. Toklas de Gertrude Stein, la galerie est évoquée au chapitre 3 : « à l'autre bout de Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, était installé l'ancien restaurateur et photographe Druet. »[12]. Il compte parmi ses riches clients le fameux collectionneur moscovite Ivan Morozov[13].

Il pratique la photographie d'art et réalise tout particulièrement des clichés de tableaux. Il vend alors dans sa galerie les tableaux, ainsi que les clichés qu'il en réalise[14]. Cette idée de vendre les reproductions des tableaux qu'il expose lui permettra de réaliser des bénéfices supplémentaires[7]. Guillaume Apollinaire écrit des photos de la galerie Druet qu'elles « reproduisent de façon tout à fait satisfaisante des tableaux célèbres de Léonard de Vinci à Maurice Denis en passant par Titien, Ingres, Toulouse-Lautrec et Cézanne »[15].

Il accède à une reconnaissance dans le milieu de l'art. Par exemple, le , il assiste à la grande vente aux enchères des œuvres de la collection La peau de l'ours, dans les salles 7 et 8 de l'hôtel Drouot, où il tient le rôle d'expert avec Josse et Gaston Bernheim-Jeune[16].

Sa galerie exposa près de 1 300 artistes entre 1903 et 1938[17], comme Georges Manzana-Pissarro, Charles Camoin, Henri Manguin[18], Théo van Rysselberghe[19], Odilon Redon[20], Albert Marquet[21], Léon Lehmann, Maurice Denis, Georges Dufrenoy, Jacqueline Marval, Paul Cézanne[22], Fernand Labat, Jules Cavaillès[23], Jean Fernand-Trochain[24] ou Maurice Georges Poncelet.

Il meurt d'une congestion cérébrale à Paris en 1916. Après sa mort, sa femme reprend la galerie jusqu'en 1938, date de sa fermeture[7]. Par la suite, l'ensemble de ses archives (soit 30 000 plaques) sont rachetées par François Antoine Vizzavona, lui-même photographe d'art et éditeur[7].

Distinctions

Son œuvre

Apollon Sauroctone, reproduit dans le magazine Touche à tout, cliché selon procédé Druet.

Eugène Druet a utilisé les plaques autochromes Lumière pour réaliser nombre de ses clichés. Il utilise les formats 9 × 12 cm en grande majorité, mais aussi 13 × 18 cm et 18 × 24 cm[7]. Ses photographies sont un témoignage précieux, puisqu'il réalise de nombreux clichés en couleurs d'œuvres d'art ou d'artistes. Son talent donnera même son nom à un procédé photographique (le procédé Druet)[25].

Au début, sa production comprend essentiellement des photographies d'œuvres d'Auguste Rodin réalisées de son vivant. Le critique Claude Anet dira de ses tirages qu'ils « reproduisent non seulement toutes les délicatesses du modelé, la beauté des plans et des lignes, mais encore […] le pouvoir d´évocation des œuvres elles-mêmes[7] ».

Par la suite, il réalise une série de photographies des tableaux de Vincent van Gogh à l'époque où ses œuvres commençaient à gagner en notoriété (L'Arlésienne, Jardin à Auvers, Portrait du docteur Gachet). Cette série contribua à l'époque à diffuser l'œuvre de van Gogh[7].

Sa série de photographies du danseur Vaslav Nijinski ont été réalisées le dans le jardin du peintre Jacques-Émile Blanche[26].

Dans un numéro du Bulletin de la SFP de 1908, son œuvre est ainsi commentée : « À l'encontre d'un très grand nombre de photographes, se contentant d'à peu près sans se soucier de l'exactitude des valeurs, M. Druet s'est toujours préoccupé d'orthochromatisme, parvenant ainsi à une fidélité de rendu indispensable en matière de reproduction d'œuvre d'art[27] ».

Une grande partie de ses clichés est conservée à la médiathèque de l'architecture et du patrimoine au fort de Saint-Cyr, sous le nom de Fonds Druet-Vizzavona. Ce fonds, comportant environ 150 000 plaques photographiques, est composé de la collection d'Eugène Druet (environ 30 000 plaques) et de celle de la famille Vizzanova, qui furent réunies en 1939[7].

Expositions

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI