Baba Motta
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Baba Motta (février 1919 - octobre 1986), de son vrai nom Alfred Emanuel Motta, est un pianiste, compositeur et arrangeur jamaïcain, né à Cuba de parents jamaïcains qui l'ont élevé dans leur île natale[1]. Saxophoniste et clarinettiste de formation, il se tourna vers le piano et la direction d'orchestre pour s'imposer comme l'un des principaux chefs de la tradition des society bands jamaïcains et laisser plusieurs enregistrements de mento pour le label MRS de Stanley Motta.
Carrière
Formation et débuts à Spanish Town
Né à Cuba de parents jamaïcains, Alfred Motta fut amené en Jamaïque par sa famille, qui souhaitait le voir grandir dans son pays d'origine[1]. Ses parents le destinaient au barreau. Après une scolarité dans une école privée de Spanish Town, il obtint une bourse pour le lycée Wolmer's de Kingston, où il décrocha son Senior Certificate[1]. Il se présenta à un examen de droit en Jamaïque en décembre 1940, mais sans que la démarche aboutisse à une qualification[2].
Avec un groupe de musiciens de Spanish Town partageant sa passion, il constitua un premier petit orchestre qui attira rapidement l'attention[1]. En 1943, il reçut l'invitation de rejoindre les Commandos de Delroy Stephen, formation au sein de laquelle il joua du saxophone alto et de la clarinette[1]. Trois ans plus tard, il forma un nouvel orchestre, les Honey Drippers, qui regroupait plusieurs musiciens appelés à devenir des figures importantes de la scène jamaïcaine[1]. La formation dura environ trois ans[1]. Baba Motta est décrit comme l'un des « professeurs » du nouveau courant professionnel jamaïcain[1].
L'orchestre et les scènes de Kingston
Après la dissolution des Honey Drippers vers 1949, Baba Motta joua pour plusieurs formations, dont l'orchestre du chef Don Hitchman, et dirigea ses propres groupes dans des clubs kingston tels que Sugar Hill, Wickie Wackie et le Club Havana.[1] En 1953, il se rendit à Nassau avec son orchestre[1]. Le saxophoniste ténor Little G McNair réussit à le convaincre d'accepter des engagements radiophoniques[1]. Baba Motta poursuit sa carrière avec Wilton « Bogey » Gaynair, autre saxophoniste de premier plan[1][3]. Lorsque McNair et Gaynair quittèrent la Jamaïque, il constitua un quartet réunissant Roland Alphonso au saxophone, Ken Williams à la batterie et Ernest Ranglin à la guitare[1].
L'orchestre assura la résidence du Myrtle Bank Hotel à Kingston[4]. Parmi les musiciens qui y jouèrent à diverses époques figuraient Harold Richardson, George Moxey, Herbert Porter et Dan Williams[5]. La formation des St. Jago Dons comprenait également Billy Cooke à la basse et Joe Dawkins à la batterie, Baba Motta tenant lui-même le piano[6].
Le pianiste Monty Alexander, qui grandit à Kingston dans les années 1950, cite Baba Motta parmi les musiciens qui modelèrent son oreille musicale, aux côtés de l'organiste Aubrey Adams et du saxophoniste Roland Alphonso[7].
La tradition des society bands
À partir des années 1950 et plus nettement dans les années 1960, le développement du tourisme favorisa l'essor d'orchestres de danse dits society bands, formés de musiciens locaux qui s'approprièrent les formes du swing américain tout en y incorporant des éléments musicaux propres à la Jamaïque. Ces orchestres se rendirent populaires sur la côte nord de l'île et comptaient parmi leurs répertoires des cha-chas, des boléros et des merengues.[8] Baba Motta s'inscrit dans ce courant aux côtés de chefs d'orchestre tels qu'Eric Deans, Redver Cook, Sonny Bradshaw et Val Bennett.[8] Son orchestre assura ainsi l'animation musicale du Round Hill Hotel, établissement de la côte nord réputé pour son public de touristes fortunés[1].
Enregistrements pour MRS
Baba Motta enregistra pour MRS Records, le label fondé par Stanley Motta à Kingston. En 1956, Baba Motta and His Orchestra grava Calypso Hullabaloo en face A et Jamaica Talk en face B, les deux compositions étant signées Ruby Thompson, auteur régulier de l'orchestre.[9][10] Baba Motta assura lui-même le chant sur les deux faces. L'orchestre publia également le titre She Pon Top dans le répertoire mento des années 1950[11].
Émigration aux États-Unis
Baba Motta s'installa à New York au plus tard en 1964[12]. Il réside dans le quartier de l'Upper West Side de Manhattanoù il continue de se produire et où il décède en octobre 1986.
Discographie sélective
78 tours
- Calypso Hullabaloo / Jamaica Talk (Ruby Thompson), Baba Motta and His Orchestra, MRS SM.153–154 / DSM.45, [1956], pressé en Angleterre
- So She Go (J. E. Wilson), Baba Motta St. Jago Dons, Calypsotime CT.104, [s. d.]
- She Pon Top, Baba Motta Orchestra, MRS
Albums
- Live at Myrtle Bank, Baba Motta and His Orchestra, 1957