Mutton Bay
village dans la Côte-Nord au Québec (Canada)
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Mutton Bay ou Baie-des-Moutons est un village compris dans le territoire de la municipalité de Gros-Mécatina en Basse-Côte-Nord, au Québec (Canada). Mutton Bay est situé juste à l'est de la rivière du Gros Mécatina sur la rive nord du Golfe du Saint-Laurent à 45 km à l'ouest de Saint-Augustin.
| Pays | |
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| Province | |
| Région administrative | |
| Municipalité régionale | |
| Municipalité | |
| Baigné par |
Rivière du Gros Mécatina, havre Portage (d) |
| Coordonnées |
| Population |
160 hab. () |
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| Statut |
Ancienne municipalité (d) |
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| TGN |
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Toponymie
Le village doit son nom à la baie des Moutons que les villageois devaient emprunter pour atteindre leurs habitations situées autour du havre Portage[1].
L'origine du nom de la baie est incertaine; il est peu probable qu'il fasse référence à des ovidés puisque la possibilité d'un élevage d'ovidés à cet endroit autrefois est plutôt faible. Deux hypothèses peuvent expliquer la signification du toponyme:
- L'expression de « moutons » pour parler de l'écume blanche que forment les vagues était déjà en usage au xixe siècle;
- La forme arrondie des collines qui entourent la baie peut rappeler la forme ronde des moutons avec leur toison. En effet, on dit de ces collines qu'elles sont « moutonnées » à cause de leur sommet arrondi[1].
« Mutton Bay » et « Baie-des-Moutons » cohabitent dans l'usage depuis le début du xixe siècle, mais la forme anglaise est la forme officielle depuis 1986[1].
Le nom « Baie-Moutons » est attesté dès 1804 par le notaire Félix Têtu, puis relevé de nouveau par le notaire Joseph Planté en 1808 sous la forme « Baie-Mouton ». Placide Vigneau rapporte le nom « Baie-des-Moutons » dans son journal le . Le bureau de poste prend le nom de Mutton Bay en 1896[1]. En 1983, la forme anglophone est officialisée en remplacement de « Baie-des-Moutons », car la majorité des habitants du village est d'expression anglaise[1].
Géographie
Situation
Le village de Mutton Bay est situé à l'est de la rivière du Gros Mécatina sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent. Il est compris dans la municipalité de Gros-Mécatina, elle-même partie intégrante de la municipalité régionale de comté du Golfe-du-Saint-Laurent dans l'Est de la Côte-Nord au Québec[1].
L'établissement est situé à 45 km à l'ouest de Saint-Augustin[1], à 22 km de Tête-à-la-Baleine[2] et à 7 km de La Tabatière[3]. Il se trouve en face de l'île du Gros Mécatina[2].
Hydrographie
| Image externe | |
| Gilles Beauchamp, « Mutton Bay, Côte-Nord », le village et le havre Portage vus depuis la route 138, sur flickr.com | |
L'établissement est sis aux abords du havre Portage, lui-même une échancrure de la baie des Moutons[1].
Démographie
| 1956 | 1961 | 1966 | 1971 | 1976 | 1981 | 1986 | 1991 | 2001 | |||
| 236 | 235 | 227 | 280 | 206 | 249 | 234 | 196 | 160 | |||
| Source : Statistique Canada | |||||||||||
À l'instar d'autres petites communautés de la Basse-Côte-Nord comme Aylmer Sound, la population a connu une chute marquée après l'imposition d'un moratoire sur la pêche à la morue en 1992, notamment en raison d'un exode des jeunes en quête de travail. Cette décroissance entraîne des difficultés techniques et financière de maintien des services publics[4].
Faune et flore
Des occurrences de gentiane verte (Halenia deflexa ssp. Bretaoniana), une plante menacée d'extinction, ont été rapportées près de Mutton Bay[5].
Aménagement du territoire
Un périmètre d'urbanisation[note 1] a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la MRC de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie un risque d'avalanche[6].
Économie
La pêche est une activité économique structurante. En 2012, 11 permis de pêche commerciale et 13 navires de pêche y sont recensés. L'usine de transformation la plus près est à Harrington Harbour[7].
Le village compte des marchands et un bureau de poste, mais aucune infrastructure touristique ne permet d'accueillir les visiteurs[6].
Histoire
Époque précolombienne
Colonisation
En 1804, le notaire Félix Têtu, relate la présence d'un avant-poste de traite relevant du poste de Petit-Mécatina. La présence du poste est aussi relatée dans un acte en 1808[1].
Les premières occupations permanentes du site de Baie-des-Moutons se situent entre 1847 et 1852[8]. Un poste de pêche est rapporté en 1863[1]. C'est à cette époque que les missions anglicanes sont deviennent plus régulières. Dans les années 1860, les pêcheurs de Mutton Bay pratiquent une pêche de subsistance, alors que leur revenu moyen est trois à dix fois inférieur à celui des pêcheurs de la communauté voisine de La Tabatière[8].
Vers 1873, voire quelques années auparavant, des pêcheurs originaires de Terre-Neuve s'établissent autour de la baie des Moutons. Ils en constituent la population majoritaire en 1885, et l'anglais devient la langue la plus parlée[1],[8],[9].
En 1925, le village compte environ 200 habitants. Il s'agit alors d'un poste de pêche « important » qui comprend une mission catholique desservie par le missionnaire de Blanc-Sablon[2].
Municipalisation
Le , des premières élections de la municipalité de canton de Boishébert, qui englobe aussi La Tabatière, se tiennent à Mutton Bay[2],[10]. Bien qu'un conseil ait été élu et que la municipalité ait été dûment constituée, celle-ci n'a jamais fonctionné[11].
En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Mutton Bay. La municipalité de Gros-Mécatina est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1994[12].
Effondrement des stocks de morue
En 1988, 55 familles, en majorité anglophones habitaient Mutton Bay et vivent surtout de la pêche au pétoncle géant et au homard[1]. L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs des communautés voisines, dépendants de la pêche à la morue, ont dû se réorienter vers d'autres ressources, augmentant la concurrence dans le secteur[13].
Services
Transports
| Image externe | |
| Gilles Beauchamp, « 02010012 », la route 138 entre Mutton Bay et La Tabatière n'est pas praticable l'hiver, sur flickr.com | |
Transport terrestre
Le village constitue le point terminal d'un segment de la route 138 qui n'est pas relié au reste du réseau routier nord-américain. Cette section isolée longue de 11 km qui relie Mutton Bay au port de La Tabatière n'est pas déneigée en hiver ; la motoneige devient alors le principal moyen de transport[14].
La route blanche, un lien hivernal entretenu par le ministère des Transports, permet d'ailleurs de se déplacer en motoneige entre les localités de la Basse-Côte-Nord. L'hiver, les biens et denrées y sont transportées depuis La Tabatière par les marchands, à l'aide de traîneaux attachées à des motoneiges[15].
Le ministère des Transports et de la Mobilité durable décide de la date d'ouverture et de fermeture du tronçon routier. Les périodes où la route 138 est fermée et la route blanche n'est pas ouverte engendrent de l'incertitude puisque pour leur approvisionnement en biens et en denrées, les habitants de Mutton Bay dépendent du port et de l'aéroport de La Tabatière, situés dans le village voisin[3].
Transport maritime
De mai à janvier, les marchandises et le pétrole sont manutentionnées au port en eau profonde de La Tabatière, desservi par le transporteur maritime Relais Nordik, affrété par la Société des traversiers du Québec. Le Relais Nordik effectue la desserte maritime des localités de la Basse-Côte-Nord, ainsi que celle de l’île d’Anticosti à partir de Rimouski et Sept-Îles. Cette desserte opère selon un horaire hebdomadaire[15].
Transport aérien
L'aéroport de La Tabatière est situé à proximité. De janvier à mai, lorsque le Relais Nordik ne peut naviguer en raison des glaces, les marchandises sont transportées par la route jusqu'à Blanc-Sablon, puis par avion jusqu'à La Tabatière[3].
Le village compte un héliport qui sert à des fins de transport médical[16].
Loisirs, culture et vie communautaire

L'église anglicane Saint-Clément, construite en 1928, est identifiée comme un élément culturel d'importance, de même que l'île du cimetière, les maisons de bois traditionnelles et la bibliothèque de l'école[17].
Le sentier de Bunker Hill permet l'ascension de la colline au sud-ouest du village[18].
Éducation
Le village compte une école primaire anglophone, l'école Saint Lawrence. Les élèves poursuivent leurs études au niveau secondaire à l'école Mecatina de La Tabatière[19].
Santé
Un centre local de services communautaires dispense des soins infirmiers aux habitants. La médecine générale est pratiquée à l'hôpital de Blanc-Sablon tandis que les soins de spécialité sont offerts par des médecins itinérants[20].
Équipements publics
Le village est desservi par son propre réseau d'aqueduc[21]. L'aqueduc, approvisionné à partir d'un puits souterrain, alimente l'ensemble du village[22]. Des travaux débutés en 2010 ont permis de moderniser le réseau et construire un système de traitement, tandis que l'eau auparavant distribuée était à l'état brut[23],[22].
Le village est alimenté en électricité grâce à la centrale du Lac-Robertson[24].
