Bande dessinée et Shoah

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La bande dessinée s'est intéressée tardivement à la Shoah à l'exception notable de La bête est morte ! (1944), suivie de L'Oncle Paul (1952) dans le domaine franco-belge, de Sacrifices inconnus de Vittorio Cossio publié en France dans Tarzan dans le domaine italien (1947)[1] et de Master Race de Krigstein et Feldstein (1955) dans le domaine des comic books américains. L'œuvre la plus marquante en ce domaine est Maus d'Art Spiegelman.

L'album La Bête est morte ![2] publié en 1944 avant la fin du conflit, est la première BD française sur la Seconde Guerre mondiale, racontée sous forme d'histoire animalière. La Shoah n'est évoquée que brièvement, sur deux cases de l'album, la prise de conscience de sa spécificité et de son ampleur n'ayant pas encore eu lieu au moment de la parution fin 1944. Il s'agit cependant de sa première représentation dans une bande dessinée : les deux cases mettent en scène des déportations de familles et des exécutions de civils, et l'étoile jaune apparaît dans un détail de l'un des dessins[3]. Le texte évoque le massacre de « certaines tribus d’animaux pacifiques que nous hébergions et à qui nous avions bien souvent ouvert nos portes pour les abriter contre la fureur de la Bête déchaînée » et le « plus atroce plan de destruction des races rebelles, dispersant les membres de leurs tribus dans des régions lointaines, séparant les femmes de leurs époux, les enfants de leur mère, visant ainsi l’anéantissement total de ces foules inoffensives ».

Le thème demeure cependant peu abordé dans la bande dessinée franco-belge dans les années qui suivent immédiatement le conflit, à l'exception notable d'un épisode de L'Oncle Paul scénarisée par Jean-Michel Charlier dans une histoire de deux fois quatre pages intitulée : Le Héros de Budapest, suivi de Seul contre la barbarie, parues dans Spirou en et dessinées par Jean Graton qui décrit les actions du diplomate suédois Raoul Wallenberg en faveur des Juifs hongrois. C'est la première fois que sont montrés des Juifs parqués dans des trains en direction des camps d’extermination[4]. Il faut attendre les années 1980 pour en retrouver une mention dans une BD française[5]. Le journal catholique Cœurs vaillants raconte en 1945, sous forme de bande dessinée, un épisode de la vie d’un curé à Mauthausen sans que les Juifs ne soient même mentionnés[6].

La prise de conscience

Notes et références

Annexes

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