Bat Ye'or
essayiste britannique et théoricienne du complot
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Bat Ye'or (hébreu : בַּת יֵאור, fille du Fleuve, du Nil ) est le nom de plume de Gisèle Littman-Orebi, une essayiste britannique et suisse d'origine égyptienne, écrivant en français et en anglais, née au Caire en 1933.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Gisèle Orebi |
| Pseudonymes |
Bat Ye'or, Yahudiya Masriya |
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| Conjoint |
David Littman (de à ) |
| Membre de |
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Islam and Dhimmitude: Where Civilizations Collide (d), Eurabia: The Euro-Arab Axis (d), The Decline of Eastern Christianity: From Jihad to Dhimmitude (d), Le Dhimmi : Profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête Arabe |
Elle s'est spécialisée dans l'étude du sort des communautés chrétiennes et juives sous l'islam, pour lesquelles elle a introduit le concept de « dhimmitude » exprimant leur ressenti sous les règles de la dhimma.
Sa thèse sur l'islamisation de l'Europe, expliquée comme conséquence d'un accord passé en 1973 entre la Ligue arabe et la Communauté économique européenne sous menace de boycott pétrolier, a suscité une vive polémique la dénonçant comme étant une théorie du complot d'extrême droite.
Biographie
Bat Ye'or, qui signifie « fille du Nil » en hébreu[1], est le nom de plume de Gisèle Littman-Orebi. Elle publie également sous le pseudonyme arabe Yahudiya Masriya (يهودية مصرية, « Juive égyptienne »)[2].
Gisèle Orebi naît en 1933 au Caire en Égypte, dans une famille juive[1],[3]. Son père est Italien et sa mère Française[4]. Pendant la Seconde guerre mondiale, sa famille maternelle vivant en France est forcée de porter l'étoile jaune[5]. En 1956, dans le contexte de l'expulsion des Juifs d'Égypte[6], à la suite de la crise du canal de Suez, des lois anti-juives, de la nationalisation des biens juifs et de l'antisémitisme ambiant voire de la « haine ouverte exprimée par les Frères musulmans », elle et sa famille vivent dans l'insécurité. Elles sont déchues de leur nationalité égyptienne en devenant apatrides sous Nasser et se réfugient à Londres au Royaume-Uni en 1957[4],[5],[7].
De 1958 à 1960, elle étudie à l'Institut d'archéologie de l'université de Londres. C'est là qu'elle rencontre l'historien et activiste britannique David Littman (1933 - 2012) qu'elle épouse en et obtient la citoyenneté britannique[8]. En 1960, elle part s'installer avec son mari à Lausanne en Suisse[9]. En 1961 et 1962, elle étudie les sciences sociales à l'université de Genève et acquiert la citoyenneté suisse[10],[11].
En 1961, se faisant passer pour un couple de chrétiens avec leur petite fille, son mari David Littman organise avec son épouse qui le seconde au Maroc, l'Opération Mural, une mission humanitaire clandestine montée par l'Agence juive avec le concours du Mossad ; il s'agit d'exfiltrer clandestinement vers Israël via la Suisse, sous couvert de vacances en Suisse, plus de 500 enfants juifs, interdits comme les adultes de quitter le pays depuis 1956, auxquels le gouvernement marocain refuse de délivrer des passeports[12],[13]. Cette exfiltration se fera en deux temps à travers cinq convois d'enfants[14]. La première tentative se soldera pas un naufrage causant la mort de vingt enfants… Les familles rejoignent leurs enfants plusieurs années plus tard en Israël[15].
En 1970, les Littman aident à fonder le Centre d'information et de documentation sur le Moyen Orient (CID) à Genève, qui publie des études sur des sujets du Moyen-Orient jusqu'au milieu des années 1980.
Bat Ye'or commence l'écriture dans les années 1970 avec son premier ouvrage Les Juifs en Égypte. Aperçu sur 3 000 ans d'histoire, dédié « Aux communautés juives des pays arabes dont les épreuves demeurent encore méconnues ». Une version en hébreu est publiée en 1974 à l'initiative du ministère israélien de la Culture et de l'Organisation sioniste mondiale[16].
L'opération de sauvetage Mural est oubliée jusqu'à ce qu'un article soit publié dans le journal Maariv en 1984[17]. Le travail du couple Littman est ensuite reconnu par les présidents Chaïm Herzog et plus tard Shimon Peres[14],[18]. Un film documentaire sur l'opération, filmé par Yehuda Kaveh, est projeté en 2007[19]. L'année suivante, David Littmann est reçu en héros avec son épouse par le président israélien Shimon Peres, lors d'une commémoration organisée en leur honneur[17]. En 2009, il est honoré lors d'une cérémonie par le Centre de commémoration du patrimoine et du renseignement israélien, lorsque l'ordre du « Héros du silence » lui est décerné[14].
Bat Yé'or fournit des briefings aux Nations Unies et au Congrès des États-Unis et donne des conférences dans de grandes universités notamment américaines telles que Georgetown, Brown, Yale, Brandeis et Columbia. Celle du à l'Université de Georgetown sur « L'idéologie du Jihad, de la Dhimmitude et des droits de l'homme » est contestée par des auditeurs[20].
Avec son époux David Littmann, elle a trois enfants[21].
Thèses
Bat Ye'or publie plusieurs ouvrages traitant spécifiquement des relations entre l'Europe et le monde arabe et de la situation des minorités juives et chrétiennes dans le monde islamique. Elle élabore dans ceux-ci deux thèses principales au travers les néologismes « dhimmitude » (du mot « dhimmi ») et « Eurabia » considéré comme une théorie du complot[3].
« Elle considère que l'Occident en général, et l'Europe en particulier, est au mieux dans un état de déni et de dhimmitude au pire »[5].
Dhimmitude
La « dhimmitude » désigne la condition des dhimmis, c'est-à-dire le statut des Juifs et des chrétiens sous les gouvernements islamiques ou celui des populations indigènes des pays conquis par le djihad, qui se trouvent contraintes d'adopter une position de « servage »[22], après l'application des lois discriminatoires de la charia[23].
Dans Le Dhimmi (1980), Les Chrétientés d'Orient : Entre jihad et dhimmitude VIIe-XXes. (1991) et également dans Islam and Dhimmitude (2001), Bat Ye'or chronique les persécutions sur 1 400 ans (humiliations, dépossessions, violences, déportations, exils, massacres) dont les minorités juives et chrétiennes (anciennement majoritaires) ont été victimes à différentes échelles et leur soumission à la charia, et décrit l'adoption du djihad et plus tard du terrorisme par l'islam militant[24]. Elle y défend la thèse que les « Églises dhimmis palestiniennes » puis de manière plus large les « Églises chrétiennes orientales » sont devenues antisémites puis antisionistes par soumission et par peur, préférant nier la légitimité d'Israël plutôt que dénoncer l'oppresseur islamique. Elle pointe l'influence qu'elles ont exercée sur le monde chrétien en ce sens[25]. Elle y dénonce également l'arabisation de Jésus et la dé-judaïsation de la Bible et appelle Juifs et chrétiens à résoudre leurs différends[25]. Elle s'inquiète enfin du risque d'autodestruction du monde occidental entretenu par l'influence de la haine provenant du monde de la dhimmitude[25].
Si Bat Ye'or reconnaît que tous les musulmans ne souscrivent pas aux soi-disant « théories militantes du djihad de la société », elle fait valoir que le rôle de la charia dans la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme en islam de 1990 démontre que ce qu'elle appelle une « guerre perpétuelle » contre ceux qui ne se soumettront pas à l'islam reste toujours un « paradigme opérationnel » dans les pays islamiques[26].
Son livre Le Dhimmi : profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe[27], paru en 1980, est traduit en anglais en 1985, en hébreu en 1986 et en russe en 1991[2].
Bat Ye'or est soutenue dans les années 1980 par l'historien, sociologue et théologien protestant Jacques Ellul[3] qui dénonce une incompatibilité entre le judéo-christianisme et l'islam et le danger que constituerait ce dernier pour l'Occident[28]. Elle se spécialise dès lors dans l’histoire de la réduction à l'état de minorités des cultures originaires en terre d’islam : les dhimmis. Ellul préfacera son livre Les Chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude, paru en 1991[23] et avant cela, l'édition en anglais de son livre Le Dhimmi[23].
Réception
Esther Benbassa critique « l'emploi de son néologisme « dhimmitude », utilisé par elle à la place de « dhimmité » : « dhimmitude » évoque une proximité phonétique voulue avec le mot « servitude » (qui existe en français et en anglais, et que l'on retrouve dans ses ouvrages dans ces deux langues)[22]. Shahram Akbarzadeh[29] et Joshua M. Roose[30] la rejoignent dans cette assimilation à la servitude[31].
Quand le professeur Bernard Lewis publie en 1984 son livre The Jews of Islam[32] avec des citations de Bat Ye'or, les cercles universitaires commencent à lui prêter quelque attention[33].
Pour Constant Hamès, le « travail de Bat Ye'or sur les dhimmis doit] être pris avec des pincettes non pas parce qu'il est partisan […] mais parce que les assises historiques générales et locales, les analyses sociologiques spécifiques sont quasiment absentes et que le plaidoyer court à travers les siècles, les lieux, les textes, de façon tout à fait cavalière et sans situer le contexte[34]. » Il estime cependant, qu'on soit d'accord ou non avec la thèse et malgré son mauvais traitement, que le sujet, rarement abordé, mérite réflexion[34]. Michael Sells (en) a également critiqué les travaux de Bat Ye'or notamment pour ses constructions de comparaisons inexactes entre les minorités non chrétiennes en Europe et les minorités non musulmanes dans le monde islamique[35],[36].
Des historiens lui reprochent - outre son idéologie - son absence de diplômes en histoire, de mener ses recherches de manière indépendante et de n'avoir jamais occupé de poste académique[33],[37],[20]. Cependant, le professeur Paul Marshall[38], chercheur principal au Center for Religious Freedom du Hudson Institute, considère que les recherches « savantes et documentées » de Bat Ye'or sur les documents turcs, persans et arabes datant du VIIIe siècle ne sont pas contestées[20].
Un philosophe comme Rémi Brague, spécialiste de la pensée arabe médiévale, continue à tenir l’étude de la Britannique pour importante, déclarant : « Je ne dirais pas qu’il faut prendre tout ce qu’elle avance au pied de la lettre, mais son travail est documenté et ne doit pas être négligé »[20].
Eurabia
Eurabia : l'axe euro-arabe est le titre d'un livre de Bat Ye'or publié en français en 2006[39], qui reprenait en le complétant son livre en anglais intitulé Eurabia : the Euro-Arab axis publié un an plus tôt par l'université Fairleigh-Dickinson[40], lequel développait son article Le Dialogue Euro-Arabe et la naissance d'Eurabia paru en 2002, un an après la Seconde intifada qui avait déclenché une vague de judéophobie en Europe[41].
Ce livre interprète l'importance de l'immigration musulmane en Europe comme étant, selon les premières lignes de sa préface « l'exécution d'une idéologie froidement planifiée, utilisant les filières politiques, stratégiques, culturelles pour remplir ses objectifs. Les concepteurs de cette stratégie la désignèrent comme la civilisation méditerranéenne. Je la nomme Eurabia ». Phénomène que l'auteur perçoit comme étant la conséquence d'un accord passé, à l'instigation de la France et sous couvert du « dialogue euro-arabe », entre la Ligue arabe et les instances dirigeantes de la Communauté économique européenne après le premier choc pétrolier, subi notamment par l'Europe au lendemain de l'échec de la Guerre du Kippour contre Israël[3], et concomitant de la création à Paris d'un Comité Eurabia, dont l'acronyme est repris en titre de son livre.
Est ainsi développée la représentation d’une Europe en voie d’islamisation et soumise au monde arabe, avec l’assentiment des élites de l’Union européenne, dans le but de créer un vaste marché méditerranéen contrebalançant le pouvoir des Etats-Unis[42]. Le choc pétrolier de 1973 « provoqua une reddition immédiate du couple franco-allemand, qui engagea derrière lui l'ensemble de la Comunauté économique européenne[43] », favorisant l'immigration musulmane et l'adoption d'une politique approbant la cause palestinnienne et donc anti-israélienne[42],[3],[44]. L'ouvrage va jusqu'à mettre en parallèle le Projet des Frères musulmans qui recommande d'« adopter la cause palestinienne sur un plan islamique mondial, sur un plan politique et par le biais du jihad, car il s'agit de la clé de voûte de la renaissance du monde arabe d'aujourd'hui[45] »[46].
Réception et critiques
Des intellectuels et commentateurs tels que Ivan Jablonka[3], Caroline Fourest[47], David Aaronovitch[48], The London Review of Books[49] et de nombreux autres[50],[51] soulignent le caractère conspirationniste de la thèse du livre. Par exemple, André Sapir (en) écrit que « l'idée même d'Eurabia [est] basée sur une théorie du complot extrémiste, selon laquelle l'Europe et les États arabes joindraient leurs forces pour rendre la vie impossible à Israël et islamiser le vieux continent […] »[51].
Le politologue Jean-Yves Camus, qui n'a « dans le passé, pas ménagé Bat Ye’or », s'oppose toujours à l'aspect conspirationniste d'Eurabia mais reconnaît en 2018 qu'« il faut faire le commentaire et la critique scientifique, donc raisonnée, des faits et interprétations que Bat Ye’or propose ». Pour lui, c'est dans le « passé lointain et non dans les années 70 qu’il faut, prioritairement, chercher notre retard à saisir la nature du danger islamiste ». Il conclut « Peut-être suis-je naïf, mais je n’ai rencontré ni une porteuse de haine, ni une illuminée. Dont acte »[52].
Certains vont jusqu'à la comparer aux Protocoles des Sages de Sion[42] comme le journaliste Mohamed Sifaoui qui écrit qu'elle reproduit « un schéma de pensée dont elle a elle-même été victime ainsi que des millions de ses coreligionnaires » et qu'elle « marche sur les pas de ces écrivains racistes dont l'objectif n'était pas autre chose que de stigmatiser, de manière très négative, un groupe ethnique ou religieux »[53]. Robert S. Wistrich (en), une autorité mondiale en matière d'antisémitisme, répond à cette comparaison en soulignant qu'au contraire des Protocoles, qui sont un faux, les écrits de Bat Ye'or sont documentés et argumentés même s'ils peuvent être discutés[44].
Robert Brenton Betts[54] voit dans ces thèses une tentative de diaboliser la prétendue menace islamique envers la civilisation occidentale avec un résultat généralement peu édifiant et souvent irritant[55], tandis que pour le journaliste Alain Gresh, Bat Ye'or fait partie des purs idéologues dont les travaux relèvent uniquement d’une volonté d’engager le monde dans une guerre de civilisation[56].
Les idées de Bat Ye'or sont citées par le politologue Pierre-André Taguieff dans Judéophobie des Modernes : Des Lumières au Jihad mondial où il fait référence à son ouvrage sur Eurabia comme étant une « critique sévère et argumentée de la démission des Européens face aux offensives convergentes des islams politiques, ainsi que de leur glissement politique opportuniste vers les positions « antisionistes » radicales »[57].
Monde académique
Bat Ye'or a présenté ses travaux lors de conférences universitaires à Georgetown, Brown, Yale, Brandeis et Columbia[58]. Les spécialistes du sujet, tels que Constant Hamès[34], Sindre Bangstad[59], Ivan Jablonka[3], Anver Emon[60] jugent cependant qu'ils ne répondent pas aux standards scientifiques ou universitaires, à l'exception de Martin Gilbert qui juge son livre « cent pour cent exact[61] »[62],[63],[64].
Influence sur les extrêmes droites occidentales
Selon le sociologue Raphaël Liogier, bien qu'initialement confinée à quelques groupes extrémistes, la thèse d’Eurabia s’est diffusée en Europe pour devenir un des arguments majeurs des extrêmes droites comme en France, en Suisse, en Norvège, en Autriche ou au Royaume-Uni[65]. Le sujet d'une Europe envahie par l'islam a fait depuis la une de nombreux journaux[65]. Des intellectuels en font la promotion comme la journaliste italienne Oriana Fallaci, l'économiste allemand Thilo Sarrazin ou l'écrivain français Renaud Camus[65]. La thèse est également reprise par des chercheurs tels que l’historien Egon Flaig (de) en Allemagne ou la démographe Michèle Tribalat en France, qui a rédigé une préface au livre de l'Américain Christopher Caldwell prédisant l’effondrement d’une Europe vaincue par l’islam[65].
Au travers de leur soutien dans les milieux néo-conservateurs, les travaux de Bat Ye'or servent de support à des débats publics aux États-Unis sur le droit à critiquer l'islam ainsi que ses dérives et son intolérance supposées. En 2010, ils sont utilisés dans le cadre d'une campagne nationale visant à faire interdire la charia[60].
Les thèses de Bat Ye'or semblent avoir influencé le Norvégien néo-nazi Anders Behring Breivik, l'auteur des attentats de 2011 en Norvège, qui se réfère plusieurs dizaines de fois à ses théories dans le « manifeste » qu'il a rédigé[66]. Breivik affirme également dans son manifeste que Bat Ye'or lui aurait écrit, ce qui n'a pas été prouvé et qu'elle dément formellement[42]. Elle dit être choquée par cette récupération et que Breivik est un fou qui a agi comme un djihadiste[42]. Selon elle, « on essaie de m’imputer la responsabilité des massacres d’Oslo parce que je suis citée dans le manifeste, mais il s’agit d’une campagne d’incitation à la haine contre ma personne. On cherche à discréditer, voire à supprimer mes travaux »[42]. Elle estime être « victime d'une chasse aux sorcières bien organisée par des plumitifs ignares recourant uniquement à la diffamation d’une œuvre qu’ils n’ont pas même lue »[67].
Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et ancien député français, publie en 2018 un livre analysant la stratégie de conquête culturelle de l'Occident, adoptée expressément par l'Organisation de la conférence islamique[68] ; dans son ouvrage, il fait référence à plusieurs reprises à des livres de Bat Ye'or[69].
Bat Ye'or est également reconnue par l'écrivain Michel Houellebecq comme une de ses sources dans son best-seller international Soumission, paru en France le jour même de l'attentat contre Charlie Hebdo en : « Dans un sens, la vieille Bat Ye’or n’a pas tort, avec son fantasme de complot Eurabia », observe un personnage[70].
Contre-djihad
Le mouvement international contre le djihad se développe dans les années 2000, influencé par la thèse Eurabia de Bat Ye'or[71],[72],[73].
En 2007, Ye'or prononce le discours d'ouverture lors de la conférence internationale inaugurale contre le djihad à Bruxelles, auquel son époux est convié[74],[75],[76]. Elle siège également au conseil des conseillers de l'International Free Press Society[72],[73], identifiée comme une « organisation clé » du mouvement anti-djihad[74].
Publications
Ouvrages
Essais sur les chrétiens et juifs sous l'islam
- Yahudiya Masriya, Les Juifs en Égypte. Aperçu sur 3 000 ans d'histoire, Genève, Éditions de l'Avenir, , 74 p.
- Bat Ye'or, Le Dhimmi. : Profil de l'opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe, Paris, Éditions Anthropos, , 335 p. (ISBN 2-7157-0352-X). Réédition (sans les documents) Les Provinciales, 2017, 160 p. (ISBN 978-2-912833-50-1).
- Juifs et chrétiens sous l'islam. Les dhimmis face au défi intégriste. Réédition revue et augmentée. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) (sudoc).
- Réédition sous le précédent titre et avec les mêmes format et pagination. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 2004. 420 p. (ISBN 2-911289-70-6)
- Les Chrétientés d'Orient entre jihâd et dhimmitude : viie – xxe siècle (préf. Jacques Ellul), Paris, Éditions du Cerf, coll. « L'histoire à vif », , 529 p.
- (en) Islam and Dhimmitude : Where Civilizations Collide, Madison (New Jersey), Fairleigh Dickinson University Press, .
Essais sur l'islam contemporain en Europe
- Eurabia : L'axe Euro-Arabe, Paris, Éditions Jean-Cyrille Godefroy, (ISBN 2-86553-189-9).
- L'Europe et le spectre du califat, Lyon, Éditions Les Provinciales, , 215 p. (ISBN 978-2-912833-22-8).
Autobiographie
- Autobiographie politique. De la découverte du dhimmi à Eurabia, Les Provinciales, , 352 p.
- Le dernier khamsin des Juifs d’Égypte, Les Provinciales, [77].
Romans
- Bien aimés les souffrants…, trilogie romanesque sur les Juifs d’Égypte :
- Moïse - Al-Kahira, 1818-1882, Les Provinciales, [78].
- Élie - Al-Kahira, 1914-1948, Les Provinciales, .
- Ghazal - Al-Kahira 1970, Les Provinciales, .