Bataille de Dinant (1914)
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Victoire stratégique allemande
| Date | du 15 au |
|---|---|
| Lieu | Dinant et ses environs (Belgique) |
| Issue |
Victoire tactique française Victoire stratégique allemande |
| 148e régiment d'infanterie 3e bataillon du 33e régiment d'infanterie 8e régiment d'infanterie 73e régiment d'infanterie (Ier et IIe Corps d'armée[1]) |
12e bataillon de chasseurs de Freyberg 11e bataillon des Garde-Schützen 13e bataillon des Garde-Jäger (3e armée allemande[1]) |
| 1 200 soldats tués ou blessés 674 civils belges massacrés |
3 000 soldats tués, capturés ou disparus |
Batailles
- Liège (8-1914)
- Namur (8-1914)
- Frontières (8-1914)
- Anvers (9-1914)
- Grande Retraite (9-1914)
- Marne (9-1914)
- Course à la mer (9-1914)
- Yser (10-1914)
- Messines (10-1914)
- Ypres (10-1914)
- Givenchy (12-1914)
- 1re Champagne (12-1914)
- Hartmannswillerkopf (1-1915)
- Neuve-Chapelle (3-1915)
- 2e Ypres (4-1915)
- Colline 60 (4-1915)
- Artois (5-1915)
- Festubert (5-1915)
- Quennevières (6-1915)
- Linge (7-1915)
- 2e Artois (9-1915)
- 2e Champagne (9-1915)
- Loos (9-1915)
- Verdun (2-1916)
- Redoute Hohenzollern (3-1916)
- Hulluch (4-1916)
- 1re Somme (7-1916)
- Fromelles (7-1916)
- Arras (4-1917)
- Vimy (4-1917)
- Chemin des Dames (4-1917)
- 3e Champagne (4-1917)
- 2e Messines (6-1917)
- Passchendaele (7-1917)
- Cote 70 (8-1917)
- 2e Verdun (8-1917)
- Malmaison (10-1917)
- Cambrai (11-1917)
- Bombardements de Paris (1-1918)
- Offensive du Printemps (3-1918)
- Lys (4-1918)
- Aisne (5-1918)
- Bois Belleau (6-1918)
- 2e Marne (7-1918)
- 4e Champagne (7-1918)
- Château-Thierry (7-1918)
- Le Hamel (7-1918)
- Amiens (8-1918)
- Cent-Jours (8-1918)
- 2e Somme (9-1918)
- Ligne Hindenburg (9-1918)
- Meuse-Argonne (10-1918)
- Cambrai (10-1918)
| Coordonnées | 50° 15′ nord, 4° 54′ est | |
|---|---|---|
La bataille de Dinant est une bataille de la Première Guerre mondiale qui opposa les troupes françaises à l'armée allemande, du 15 au 23 août 1914, pour le contrôle de la ville de Dinant, dans la province de Namur, en Belgique.
Elle est devenue tristement célèbre le par le massacre de 674 civils par les forces allemandes, notamment dans le quartier des Rivages et dans le village de Neffe.

Au début de la Première Guerre mondiale, l'armée allemande, qui combat sur deux fronts, décide de frapper vite et fort, dès le mois d'août. L'invasion de la Belgique et du Grand-duché de Luxembourg n'est qu'une étape dans l'avancée vers la France. Dinant, sur la Meuse, est située sur l'axe principal de l'invasion de l'armée impériale allemande.
La ville dispose d'une importance stratégique, située entre Mons et Liège et près des frontières française et allemande[2].
À partir du , les Allemands mènent des patrouilles de reconnaissance dans la région de Dinant.
Le , peu de temps après que l'Empire allemand a déclaré la guerre à la France, le 148e régiment d'infanterie de l'armée Française venant de Givet se déploie à Dinant et occupe la rive gauche de la Meuse[3].
Déroulement de la bataille
Les forces en présence
Au lever du jour, le samedi , allait se livrer la première bataille pour le contrôle de la Meuse à Dinant. Elle opposa l'armée française à l'armée allemande :
- côté français : 16 compagnies et 4 sections de mitrailleuses, mais pas d'artillerie ;
- côté allemand : éléments de deux divisions de cavalerie, la division de la garde et la 5e division, appuyées par 3 bataillons d'infanterie, les 11e, 12e et 13e chasseurs.
Tentative de prise de la ville par les Allemands (15 août)
Une section du 148e régiment d'infanterie française établie dans la citadelle était en patrouille sur les hauteurs. Vers 5 heures du matin, la 12e compagnie du IIIe bataillon du 33e régiment d'infanterie française reçut l'ordre de monter à la citadelle et de s'y maintenir.
Vers 6 h du matin, l'armée allemande attaqua. Les 12e bataillon de chasseurs de Freyberg et 13e bataillon des Garde-Jäger lancèrent une attaque sur la ville. L'artillerie allemande, déployée à l'ouest de Sorinnes ouvrit le feu sur Dinant, touchant notamment la citadelle. L'Hospice, où le drapeau de la Croix-Rouge était arboré, reçut un des premiers obus. La 10e compagnie, commandée par le capitaine Bataille, fut envoyée en renfort pour tenter d'éloigner l'artillerie allemande, mais une mitrailleuse ennemie parvint à s'approcher et la défense se replia.
En attendant, les obus des canons de 77 allemands plurent aux abords du pont et sur la route de Philippeville, par où devaient arriver les renforts français. Parmi les troupes françaises qui occupaient le quartier de la gare et du pont, les pertes furent très lourdes : 2 officiers et 9 hommes de troupe tués, 57 blessés et 96 portés disparus.
Quatre bataillons français furent appelés en renfort. Les deux du 73e, arrivent d'Onhaye, sans trop d'encombre. Ceux du 8e, cantonné à Weillen, éprouvèrent plus de difficultés dans leur marche en avant. Ils furent la cible des mitrailleuses allemandes et perdirent plus de 350 soldats.
À 11 h, le général Deligny ordonna à l'artillerie française (21e RAC) de répliquer. Mais à 11 h 40, la citadelle tomba aux mains des Allemands malgré la défense des Français[1].
L'échec de l'armée allemande
Vers 13h20, le général Deligny ordonna de reprendre chaque recoin de la ville. Le 27e régiment d'artillerie français entra en action. Les canons de 75 ripostèrent aux canons allemands et ils firent taire les mitrailleuses établies sur les crêtes de la citadelle.
Vers 16 h, le 8e régiment d'infanterie (RI) se regroupa et traversa la Meuse afin de reprendre la citadelle. Des éléments du 73e et du 8e grimpèrent audacieusement les 408 marches et les contreforts qui conduisent à la citadelle. Le drapeau allemand qui flottait depuis midi est remplacé par l'étendard français. Une vingtaine de soldats allemands furent faits prisonniers[4].
À la fin de la journée, les canons allemands cessèrent le feu et l'ennemi commença, vers 17 heures, une retraite précipitée, poursuivi par la cavalerie française, qui s'était approchée de la Meuse[1]. L'infanterie ramenée sur la rive gauche à la tombée de la nuit, s'établit dans la ville en cantonnement d'alerte.
Pendant la bataille du , deux dinantais furent tués : le facteur Narcisse Pirson et Léon Moussoux (55 ans), blessé dans l'exercice de sa mission. Porteur du brassard de la Croix-Rouge, il se rendait ce jour-là, vers 13 heures, rue Saint-Jacques, pour y porter secours à des soldats blessés. Il fut touché d'une balle dans la tête, tirée du haut du fort. Charles de Gaulle, lieutenant au 33e régiment d'infanterie d'Arras, dont c'est le premier combat, est touché à la jambe (« fracture du péroné par balles avec éclats dans l'articulation ») en ce [5].
La population dinantaise acclama les troupes françaises en chantant La Marseillaise. Les pertes allemandes s'élevaient à 3 000 soldats tués, prisonniers disparus au total[6] tandis que le 8e RI perd 54 hommes et subit 9 officiers blessés au cours de la reprise de la citadelle[1].
Les jours suivants, la région de Dinant fut survolée par les avions allemands, quelques escarmouches continuèrent d'avoir lieu, les unités françaises se replièrent sur la rive gauche de la Meuse prêtes à intervenir en cas d'attaques allemandes[7].
Cependant, l'armée allemande ne voulut pas reconnaître son échec. Son dépit n'en retomba que plus lourdement sur la ville de Dinant.
Le massacre de Dinant (23 août 1914)
| Monument aux victimes du massacre de Dinant | ||||
Monument commémoratif du massacre du 23 août 1914 | ||||
| Date | 23 août 1914 | |||
|---|---|---|---|---|
| Lieu | Dinant, |
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| Victimes | Civils belges | |||
| Morts | 674 fusillés | |||
| Blessés | 558 | |||
| Auteurs | ||||
| Guerre | Première Guerre mondiale | |||
| Coordonnées | 50° 16′ 00″ nord, 4° 55′ 00″ est | |||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
Géolocalisation sur la carte : province de Namur
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| modifier |
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Dinant est parmi les villes les plus durement touchées par les atrocités allemandes en 1914.
Dans la nuit du 21 au , des cavaliers allemands soutenus par des automitrailleuses s’engagent dans la rue Saint-Jacques non-défendue et mettent le feu aux habitations. Dans la journée du , 2 500 civils tentent de fuir derrière les lignes françaises et sont accueillis par les troupes françaises. Le quartier-général donne bientôt l'ordre de battre en retraite.
Le , les Allemands, suspectant de compter dans la population dinantaise des francs-tireurs, rassemblent un grand nombre d'habitants qu'ils fusillent. On recense 674 hommes, femmes et enfants passés par les armes lors de ce massacre et plus d'un millier d'habitations incendiées. Quelques compagnies françaises tentent encore sans répit de défendre Dinant[3].
Les nombreux massacres et pillages perpétrés par les Allemands donna l'avantage moral aux Alliés. En effet, le concept de « guerre du droit » joua un rôle central dans l'engagement des États-Unis en 1917.
Lieux de mémoire
- Un cimetière militaire a été inauguré dans la citadelle en 1923, y reposent les 1 200 soldats français tombés pendant les combats d' ;
- Un monument commémoratif , L'Assaut, sculpté par le belge Alexandre Daoust, est par ailleurs situé près du cimetière, en mémoire la reprise de la citadelle par les Français le [8];
- Le monument aux 674 victimes civiles dont 116 fusillés au mur Tschoffen est situé dans la rue Daoust ;
- le monument national aux martyrs civils de Belgique, Furore Teutonico inauguré le sur la Place d’Armes à la mémoire de 23 700 civils fusillés lors de l’invasion d’ ou tombés sous l’occupation, dont 2 812 civils dans les provinces de Namur et de Luxembourg et 674 civils dinantais (16 stèles mentionnaient le nom de ces derniers) fut détruit par les Allemands en mai-.
Un nouveau monument aux victimes du a été inauguré le , œuvre de l’atelier d’architecture bruxellois Kascen. Sorte de tunnel triangulaire, sur les parois duquel sont percés des textes, noms des victimes et des messages de paix.