Bataille du mont Sorrel
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| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Mont Sorrel à l'est d'Ypres, Belgique |
| Issue | Victoire tactique britannique |
| Julian Byng |
| 2 divisions canadiennes 1 division britannique |
26e division d'infanterie 27e division d'infanterie 117e division d'infanterie |
| environ 8 000 hommes | 5 765 hommes |
Batailles
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- Meuse-Argonne (10-1918)
- Cambrai (10-1918)
| Coordonnées | 50° 49′ 38″ nord, 2° 56′ 31″ est | |
|---|---|---|
La bataille du mont Sorrel ou bataille de la cote 62 est un engagement local de la Première Guerre mondiale entre trois divisions de la 2e armée britannique et trois divisions de la IVe armée allemande. La bataille a lieu dans le saillant d'Ypres, en Belgique, du au .
Afin de disperser les forces britanniques qui commencent à s'accumuler dans la Somme, le XIIIe (Royal Württemberg) corps d'armée et la 117e division d'infanterie attaquent les positions dominantes défendues par le corps d'armée canadien. Les forces allemandes prennent d'abord les hauteurs du mont Sorrel et du Tor Top avant de basculer de l'autre côté de la colline et de s'y retrancher. Après plusieurs attaques et contre-attaques, les deux divisions du corps canadien, soutenues par la 20e division légère et les groupes d'artillerie de siège et d'obusiers de la 2e armée reprennent la majorité de leurs anciennes positions.
La bataille du mont Sorrel se déroule le long d'une crête entre Hooge et Zwartelee dans le saillant d'Ypres, à 3 km à l'est de la ville éponyme, en Belgique. La ligne de crête du mont Sorrel de Tor Top[Quoi ?] (cote 62) et de la cote 61 domine Zillebeke d'environ 30 mètres et donne des vues sur le saillant d'Ypres et sur les routes de ravitaillement. Cette ligne est la seule partie du front encore aux mains des Alliés. Dans le nord de la France, les Britanniques et les Français accumulent des ressources en hommes et en matériel en préparation de l'offensive franco-britannique de la Somme. Ce préparatifs sont connus du commandement suprême de l'armée allemande. La IIe armée allemande, qui tient le secteur nord de la Somme observe les préparatifs d'une attaque de grande envergure depuis la fin du mois de . Les Allemands ne peuvent pas réagir en contre-attaquant, une grande majorité de leurs ressources sont utilisées sur le front de Verdun. Ils tentent de procéder à des actions locales éloignées de la Somme pour déplacer des ressources britanniques.
Le , après de longues tractations entre le ministre canadien Hugues et le général Haig, le lieutenant-général Edwin Alderson à la tête du corps canadien, doit quitter son commandement opérationnel sous la pression du ministre. Il est nommé au poste honorifique d'Inspecteur général des Forces canadiennes en Angleterre. Il est remplacé par le lieutenant-général Julian Byng comme commandant du Corps canadien.
Bataille

Offensive allemande
Byng inspecte les positions du corps canadien et note que les troupes canadiennes ont certaines positions sous la menace constante des tirs allemands. Il ordonne au commandant de la 3e division canadienne, le major-général Malcolm Mercer (en), de proposer un plan pour occuper les positions allemandes les plus dangereuses pour les lignes canadiennes.
Tandis que les Canadiens commencent les préparatifs pour une attaque, les Allemands sont également en train d'exécuter un plan d'assaut. Le XIIIe (Royal Württemberg) corps, formé des 26e et 27e divisions d'infanterie, passe six semaines à planifier et à préparer une attaque sur le mont Sorrel, la cote 62 (Tor Top) et la cote 61. Leur objectif est de prendre le contrôle de postes d'observation à l'est d'Ypres et de garder autant d'unités britanniques que possible dans la région, afin d'éviter des transferts de troupes dans la Somme. les Allemands construisent des tranchées d'entraînement ressemblant aux positions canadiennes près de la cote 62 pour répéter l'assaut à l'arrière du front.
Les Alliés n'ignorent pas les activités allemandes. À la mi-mai, la reconnaissance aérienne à proximité du mont Sorrel montre que les forces allemandes se préparent à une offensive contre les positions alliées. Les observateurs du Royal Flying Corps indiquent l'existence de travaux ressemblant curieusement aux positions canadiennes loin derrière les lignes allemandes. Ils observent également sur la ligne de front que les Allemands creusent de nouvelles tranchées d'approche. Le corps canadien commence l'élaboration de plans de capture des positions allemandes les plus dangereuses lorsque les Allemands attaquent.
Dans la matinée du , l'artillerie du XIIIe corps allemand déclenche un bombardement massif d'obus de gros calibre contre les positions canadiennes. Les neuf dixièmes du bataillon de reconnaissance canadien sont victimes du bombardement. Le commandant de la 3e division canadienne, le major-général Malcolm Mercer et le commandant de la 8e brigade, le brigadier-général Arthur Victor Seymour Williams effectuent une inspection du front, quand le bombardement commence. Mercer est blessé trois fois avant de mourir, Williams est blessé à la tête et au visage et fait prisonnier.
À 13h00, les pionniers allemands font exploser quatre mines à proximité des tranchées de première ligne canadiennes avant l'attaque de six bataillons allemands. Cinq autres bataillons sont en soutien en seconde ligne, un sixième bataillon est conservé en réserve. Quand les troupes allemandes attaquent les positions tenues par la 8e brigade canadienne, la résistance des troupes canadiennes est faible. Pendant plusieurs heures critiques, la 3e division et la 8e brigade se trouvent sans chef et ne peuvent produire d'actions défensives coordonnées. Le brigadier-général Edward Spencer Hoare Nairne, commandant de l'artillerie divisionnaire Lahore prend finalement la direction de la 3e division canadienne. Cependant, les forces allemandes progressent encore et prennent le mont Sorrel et la colline 61. Après avoir progressé de 1 200 mètres, le XIIIe corps organise défensivement les positions capturées. La route vers Ypres est désormais ouverte et sans défense mais aucun officier ne prend l'initiative de progresser plus loin que prévu par les instructions initiales et d'exploiter le succès rencontré par les forces allemandes.
Échec de la contre-attaque
Le lieutenant-général Byng réunit à la hâte des troupes pour lancer une contre-attaque à l'aube du . La 3e division canadienne a subi de lourdes pertes, elle est renforcée par deux brigades de la 1re division canadienne. La contre-attaque doit débuter à 2h00 le . Cependant, les unités impliquées dans la contre-attaque ne peuvent être correctement positionnées dans le délai imparti. Ce retard ainsi que les difficultés de communication et l'omniprésence du feu allemand entraînent le report de la contre-attaque à 7h00. Le signal de déclenchement de la contre-attaque est le tir simultané de six fusées vertes. Cependant, quelques fusées ont des ratés et n'éclatent pas. La contre-attaque des différents bataillons n'est pas simultanée, chaque unité progresse de façon indépendante. Les quatre bataillons attaquent et subissent de lourdes pertes au fur et à mesure qu'ils avancent en terrain découvert, en plein jour. La contre-attaque ne permet pas de reprendre l'intégralité du terrain perdu. Elle permet de colmater 550 mètres de tranchée et de faire progresser le front canadien d'environ 910 mètres à partir des positions sur lesquelles les troupes canadiennes se sont repliées après l'attaque allemande.
Renforts britanniques et deuxième attaque allemande
Le général Douglas Haig, le commandant du Corps expéditionnaire britannique et le général Herbert Plumer commandant de la 2e armée britannique estiment tous deux qu'il est nécessaire d'expulser les Allemands des positions nouvellement capturées. Cependant, les préparatifs de la bataille de la Somme concentrant la plus grande partie de l'effort de guerre britannique, Haig limite les renforts à une brigade de la 20e division légère et à plusieurs unités d'artillerie supplémentaires. Il recommande de ne pas négliger l'artillerie lors de la prochaine contre-attaque.
Les unités d'artillerie supplémentaires entament immédiatement la lutte contre les Allemands. Elles perturbent les travaux défensifs des troupes allemandes sur les tranchées conquises, elles bombardent les voies d'approvisionnement et cherchent à contrebattre les batteries allemandes. Les Allemands poursuivent leurs actions offensives en faisant exploser quatre puissantes mines dans les tranchées de la 2e division canadienne qui couvre l'éperon à la périphérie est des ruines de Hooge. Une compagnie du 28e (North West) bataillon canadien est anéantie par les explosions. Les Canadiens réussissent à maintenir leur position et empêchent les Allemands d'atteindre les lignes de soutien canadiennes. Byng décide d'abandonner les tranchées Hooge aux mains des Allemands et de se concentrer sur la reprise du mont Sorrel et Tor Top (colline 62). Pour dissuader les Allemands d'attaquer davantage le flanc gauche du corps canadien, la 2e brigade de cavalerie maintenant démontée est en soutien des troupes canadiennes.
Retour aux positions initiales
Le général Byng ordonne au major-général Arthur Currie commandant de la 1re division canadienne d'organiser une attaque prudente contre les positions allemandes du mont Sorrel et de la colline 62 (Tor Top). En raison des pertes subies lors de la contre-attaque infructueuse du , Currie regroupe ses bataillons en deux brigades mixtes. Quatre bombardements intenses de 30 minutes chacun sont réalisés entre le 9 et le pour tromper les Allemands qui s'attendent alors à des attaques immédiates. Pendant dix heures le , les positions allemandes entre la colline 60 et la forêt du Sanctuaire sont bombardées sans interruption. Les flancs du corps canadiens sont particulièrement bombardés pour éviter les tirs d'enfilade de mitrailleuses. Le lendemain matin, les Allemands subissent un bombardement supplémentaire d'artillerie lourde de 45 minutes. Les troupes d'assaut avancent derrière un écran de fumée. Les Allemands sont pris au dépourvu et n'opposent qu'une faible résistance. Les Canadiens capturent 200 soldats allemands. À l'exception des tranchées de Hooge, les Allemands se replient sur leurs lignes initiales. En une heure l'assaut est terminé. Le , les Allemands lancent deux contre-attaques infructueuses, ils avancent leur première ligne à moins de 150 mètres de la première ligne canadienne mais ne font pas de nouvelles attaques.