Bataille de Sidi Moumen (1907)
bataille de 1907 de la guerre de la Chaouïa
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La bataille de Sidi Moumen est un affrontement ayant eu lieu le entre les tribus de la Chaouïa luttant contre la pénétration française du territoire et qui donnera lieu à la guerre de la Chaouïa.
| Date | 3 septembre 1907 |
|---|---|
| Lieu | Sidi Moumen, Chaouïa, Empire chérifien (aujourd'hui un arrondissement de Casablanca) |
| Issue | Victoire marocaine |
| Changements territoriaux | Retrait des troupes françaises de Sidi Moumen |
|
| fortes pertes[6] |
Batailles
• Bataille de Casablanca (1907)
• Bataille de Sidi Moumen (1907)
• Bataille de Taddert (1907)
• Bataille de Sidi-Brahim (1907)
• Bataille de Sidi Kamel (1907)
• Bataille de Oued el-Atach (1907)
• Bataille d'Aïn Waghit (1907)
• Bataille de Mediouna (1908)
• Bataille de Dar Bouazza (1908)
• Première bataille de Settat (1908)
• Bataille de Dar Ksibat (1908)
• Bataille d'Ain M'Koun (1908)
• Bataille de Berrechid (1908)
• Bataille de Sidi El-Mekki (1908)
• Deuxième bataille de Settat (1908)
• Bataille de Fakhakha (1908)
• Bataille de Sidi Kamel (1908)
• Bataille de Berrabah (1908)
• Bataille de Sidi Abdelkrim (1908)
• Première bataille de l’oued-Aceila (1908)
• Bataille de Sidi el-Ourimi (1908)
• Deuxième bataille de l’oued-Aceila (1908)
• Troisième bataille de Settat (1908)
• Bataille de Dar-el-Daoudi (1908)
• Massacre de Sidi Ghlimi (1908)
• Première bataille du M'Qarto (1908)
• Deuxième bataille du M'Qarto (1908)
• Bataille de l’oued Mzabern (1908)
• Bataille de l’oued Dalia (1908)
| Coordonnées | 33° 35′ 41″ nord, 7° 31′ 37″ ouest | |
|---|---|---|
Contexte
Le ministre de la Guerre français considérait qu'il était nécessaire de porter un coup sévère aux tribus de la région pour briser leur détermination et s'emparer de leurs réserves de vivres. Le général Drude, à la tête des troupes françaises à Casablanca, a organisé cette sortie après avoir subi un revers le . L'objectif était de mobiliser des forces importantes, incluant l'artillerie et la cavalerie, pour engager les moudjahidines dans un combat décisif suivant les instructions reçues de Paris[8],[9].
Déroulement
Le , les troupes françaises sont formées en deux échelons ou "carrés". Le premier carré, commandé par le lieutenant-colonel Blanc, sert d'appât pour attirer les Marocains en terrain découvert. Le second carré, en soutien, est dirigé par le lieutenant-colonel Brulard et le général Drude. À 8h30 du matin, l'échelon avant arrive au Marabout de Sidi Moumen et se trouve engagé sur plusieurs faces, notamment vers la "cote 106"[8],[9].
Le combat s'intensifie autour d'une position nommée la "gotta" (Ouled-bou-Azza-Brahim), un enclos entouré de haies de cactus et de fossés où les résistants marocains sont embusqués. La 5ème compagnie du capitaine Dérigoin est envoyée pour déblayer les crêtes et protéger les mouvements des carrés français. Les combattants marocains font preuve d'une grande habileté, parvenant à infiltrer leur cavalerie entre les deux formations françaises. L'artillerie française (batterie de 75) intervient pour appuyer l'infanterie soumise à un feu nourri[8],[9].
Vers 10 heures, après cinq heures de combat, l'ordre de repli est donné. La retraite vers les tranchées de Casablanca s'effectue sous la protection de l'artillerie alors que les Marocains pénètrent dans la "gotta" dès le départ des troupes coloniales. La seule 5ème compagnie a consommé plus de 13 000 cartouches durant l'engagement, sur 21 000 en stock originellement[8],[9].
Conséquences
Le bilan français fait état de 10 tués, dont les capitaines Provost et Benize, et de 17 blessés. Ce manque de succès décisif affecte le moral des troupes et expose le commandement français à des critiques. Le gouvernement français est contraint d'envoyer des renforts et des ballons d'observation pour limiter les risques lors des reconnaissances.

Par la suite, le général Drude tente des coups de main contre les camps de Taddart () et Sidi Brahim (), mais ces opérations sont jugées peu efficaces par certains officiers comme Sabatier, car les populations évacuent avant l'arrivée des soldats, ne laissant que des spoils dérisoires. La résistance marocaine, au contraire, se renforce avec l'arrivée de contingents envoyés par Moulay Abdelhafidh, maintenant une pression constante sur les forces d'occupation. Les rapports de l'époque, notamment ceux de l'amiral Philibert, soulignent la précision remarquable des tireurs marocains et leur courage face à la supériorité technique française[8],[9].