Bataille de Fakhakha (1908)
bataille de la Guerre de la Chaouïa
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La bataille de Fakhakha, souvent désignée sous le nom de Combat de Rfakha dans l'historiographie militaire française (en arabe : معركة الفخاخة - Ma'rakat alfakhakha), est un violent affrontement qui a eu lieu le . Elle oppose les colonnes du corps expéditionnaire de l'armée française aux guerriers de la Confédération chaouïa (principalement les Mdakra) et à la mahalla hafidienne dirigée par Omar Sketani, lors de la Campagne de la Chaouïa.
Victoire défensive marocaine (succès tactique) :
- Lourdes pertes lors des charges de la cavalerie française.
- Coup d'arrêt temporaire et repli nocturne des forces françaises.
| Date | |
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| Lieu | Plateau de Rfakha, près de la Kasbah du Hajj al-Makki bin al-Bahloul, Province de Settat, Maroc |
| Casus belli | Opération de pénétration des colonnes d'Amade face à la mahalla hafidienne et aux tribus Mdakra. |
| Issue |
Victoire défensive marocaine (succès tactique) :
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Batailles
• Bataille de Casablanca (1907)
• Bataille de Sidi Moumen (1907)
• Bataille de Taddert (1907)
• Bataille de Sidi-Brahim (1907)
• Bataille de Sidi Kamel (1907)
• Bataille de Oued el-Atach (1907)
• Bataille d'Aïn Waghit (1907)
• Bataille de Mediouna (1908)
• Bataille de Dar Bouazza (1908)
• Première bataille de Settat (1908)
• Bataille de Dar Ksibat (1908)
• Bataille d'Ain M'Koun (1908)
• Bataille de Berrechid (1908)
• Bataille de Sidi El-Mekki (1908)
• Deuxième bataille de Settat (1908)
• Bataille de Fakhakha (1908)
• Bataille de Sidi Kamel (1908)
• Bataille de Berrabah (1908)
• Bataille de Sidi Abdelkrim (1908)
• Première bataille de l’oued-Aceila (1908)
• Bataille de Sidi el-Ourimi (1908)
• Deuxième bataille de l’oued-Aceila (1908)
• Troisième bataille de Settat (1908)
• Bataille de Dar-el-Daoudi (1908)
• Massacre de Sidi Ghlimi (1908)
• Première bataille du M'Qarto (1908)
• Deuxième bataille du M'Qarto (1908)
• Bataille de l’oued Mzabern (1908)
• Bataille de l’oued Dalia (1908)
Contexte historique
À partir de l'été 1907, après le bombardement de Casablanca et le débarquement des troupes françaises, la région de la Chaouïa entre en rébellion ouverte. Le djihad est proclamé par des leaders locaux, appelant les tribus (notamment les Oulad Hriz et les Mdakra) à s'unir pour repousser les forces coloniales[1].
Début 1908, le général Albert d'Amade, qui a succédé au général Drude, adopte une stratégie d'offensive tous azimuts pour écraser la résistance. Les mois de janvier et février sont marqués par une succession de combats violents (Berrechid, Sidi El-Mekki, Sidi Abdelkrim). Bien que victorieuses tactiquement sur certains points, les troupes françaises s'épuisent face à une guérilla insaisissable. Afin de briser les regroupements ennemis signalés au sud-est de Casablanca, le général d'Amade décide de regrouper ses colonnes (notamment les colonnes Taupin et Brulard) et lance une vaste reconnaissance offensive en direction de la Kasbah du Hajj al-Makki à la fin du mois de février[2].
Bataille de Fakhakha (Combat de Rfakha)
L'engagement sur le plateau (29 février)
Le , le groupement français (environ 5 000 hommes et 1 500 chevaux) débouche sur le plateau de Rfakha. Les Français font immédiatement face à une imposante katibah forte de plusieurs milliers de combattants marocains, appuyée par l'artillerie et dirigée par Omar Sketani et El-Ahmar ben Mansour[3].
Dès 8 heures du matin, les troupes françaises sont accueillies par un feu nourri d'artillerie et de mousqueterie. Les guerriers chaouis, qui connaissent parfaitement le terrain, utilisent les ravins et les accidents géographiques pour se dissimuler et harceler les flancs de la colonne française.
La charge meurtrière du 5e RCA
Face au resserrement de l'étau marocain sur ses positions, le commandement français ordonne à la cavalerie de dégager le front. Le 1er escadron du 5e régiment de chasseurs d'Afrique (5e RCA) reçoit l'ordre de charger pour disperser les rassemblements ennemis.
Cependant, la charge s'effectue sur un terrain piégé et face à des combattants marocains embusqués qui ne cèdent pas à la panique. La charge se transforme en un combat au corps-à-corps féroce et confus. L'intensité de la bataille est telle que les officiers perdent temporairement le contrôle de la mêlée. Plusieurs cavaliers sont désarçonnés et abattus. Des officiers de renom, comme le capitaine Merle, sont grièvement blessés ou tués, et des dizaines de chevaux sont fauchés par les tirs précis des moudjahidines[4],[5].
Repli français et victoire tactique marocaine
Profitant de la désorganisation de la cavalerie française, Omar Sketani lance une manœuvre de contournement sur le flanc nord, en situation de faiblesse, menaçant de couper la retraite aux Français. L'artillerie française (batteries de 75 mm) doit tirer à cadence maximale pour protéger les cavaliers survivants et empêcher l'encerclement total de la colonne.
Après 15 heures d'un combat acharné et meurtrier, le général d'Amade, conscient de l'impossibilité de tenir le terrain sans risquer l'anéantissement de ses unités isolées, ordonne la retraite. À onze heures du soir, les forces françaises, épuisées et comptant de nombreux disparus et blessés, parviennent à rejoindre leur campement de repli à Ain Magoun (avant de se retirer plus tard vers Casablanca)[6].
Conséquences
La bataille de Fakhakha/Rfakha constitue un sérieux avertissement pour l'état-major français. Elle démontre que la résistance marocaine, loin d'être une simple addition de groupes « fanatiques » désorganisés, est capable de manœuvres tactiques complexes et d'infliger de lourdes pertes aux meilleures troupes régulières.
Ce succès tactique permet aux Marocains de sauvegarder la smala d'Omar Sketani et offre un répit aux tribus des Mdakra. Néanmoins, l'incapacité de l'armée française à vaincre par de simples batailles rangées poussera le général d'Amade à durcir considérablement sa stratégie, adoptant par la suite une politique de représailles impitoyables qui culminera avec la prise sanglante de Settat quelques semaines plus tard.
Hommages
Le peintre orientaliste Romberg de Vaucorbeil Maurice (1862-1943) représentera les combats de Rfakha en 1908 à travers une œuvre qui est conservé au musée de l'armée à Paris[7].