Beat (album)
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| Sortie | 18 juin 1982 |
|---|---|
| Enregistré |
mars 1982 studios Odyssey (en) (Londres) |
| Durée | 35:19 |
| Genre | rock progressif |
| Producteur | Rhett Davies (en) |
| Label |
E.G. (Royaume-Uni) Warner Bros. (États-Unis) |
| Classement |
39e (Royaume-Uni) 52e (États-Unis) |
Albums de King Crimson
Singles
- Heartbeat
Sortie : 1982
Beat est le neuvième album studio du groupe de rock progressif anglo-américain King Crimson. Sorti en 1982, il s'agit du deuxième album enregistré par le quatuor composé de Robert Fripp, Adrian Belew, Tony Levin et Bill Bruford, après Discipline, sorti l'année précédente. C'est la première fois dans l'histoire du groupe que la même formation enregistre deux albums consécutifs.
Les paroles, écrites par Adrian Belew, font de nombreuses références aux écrivains de la Beat Generation, tandis que la musique reste fondée sur l'entrelacement des guitares de Fripp et Belew. Les séances sont marquées par un manque d'inspiration et une tension croissante entre les membres du groupe. À sa sortie, Beat est tièdement accueilli par la critique et le public.
Contexte et enregistrement
En 1981, sept ans après la séparation de King Crimson, le guitariste Robert Fripp forme un nouveau groupe baptisé « Discipline » avec le batteur Bill Bruford (ancien membre de King Crimson entre 1972 et 1974), le chanteur et guitariste Adrian Belew et le bassiste Tony Levin. Ce quatuor reprend au bout de quelques mois le nom de King Crimson et publie son premier album, Discipline (le huitième de King Crimson), en [1]. Suit une tournée en Europe, en Amérique du Nord et au Japon durant laquelle les quatre musiciens commencent à ébaucher des morceaux susceptibles d'apparaître sur leur prochain disque[2]. Les bases des chansons Neil and Jack and Me, Sartori In Tangier et Neurotica (alors appelée Manhattan), posées lors des séances d'enregistrement de Discipline, sont développées durant cette période et elles font leur apparition dans les setlists du groupe[3].
Après des répétitions difficiles à New York au mois de , le groupe entre aux studios Odyssey (en) de Londres le pour commencer à enregistrer Beat[4]. Les huit morceaux qui composent l'album sont achevés en moins de deux semaines dans un contexte tendu qui contraste avec l'atmosphère enthousiaste ayant entouré l'enregistrement de Discipline. Belew est agacé de rester dans l'ombre de Fripp tout en devant jouer le rôle de chanteur et parolier du groupe, tandis que Bruford trouve à redire au comportement de plus en plus autoritaire du guitariste, dont il a déjà fait l'expérience dans les années 1970[5].
Le manque de matériau contraint les musiciens à compléter l'album avec un morceau improvisé, Requiem. Les choses dégénèrent pendant son enregistrement, lorsqu'un Belew frustré ordonne à Fripp de quitter le studio. Celui-ci s'exécute et rentre aussitôt chez lui à Wimborne Minster, dans le Dorset. Les deux hommes finissent par se réconcilier, mais l'incident laisse des traces et Fripp choisit de laisser le producteur Rhett Davies (en) se charger du mixage de l'album[6]. Belew décrit par la suite les séances de Beat comme les pires de sa vie, tandis que Bruford note que les membres du groupe s'empressent de quitter le studio une fois l'album achevé : « Personne n'aurait voulu rester une minute de plus[7] ».
Parution et accueil
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic[8] | |
| Encyclopedia of Popular Music[9] | |
| Rolling Stone[10] |
Beat sort le sur les labels E.G. Records au Royaume-Uni et Warner Bros. Records aux États-Unis[3]. C'est le premier album de King Crimson, groupe notoirement instable, à être enregistré par la même formation que son prédécesseur[11]. Il reçoit un accueil négatif dans la presse musicale britannique, Record Mirror parlant de « gâchis » tandis que Melody Maker note la « discordance prétentieuse » de Requiem[12]. Les critiques américaines sont plus clémentes, Rolling Stone saluant la manière dont le groupe « invente une nouvelle forme de musique électronique aussi dense qu'un orchestre sans tomber dans une grandiloquence art-rock de pacotille[10] ».
La ballade Heartbeat est éditée en 45 tours avec une version abrégée de Requiem en face B. Elle bénéficie d'un clip, mais ne fait qu'une brève apparition à la 57e place du classement américain spécialisé dans le rock Top Tracks établi par le magazine Billboard[13].
Dans le cadre des rééditions marquant le 40e anniversaire de King Crimson, Beat est réédité en sous la forme d'un coffret CD/DVD-A comprenant une version remixée en stéréo et en 5.1 par Robert Fripp et Steven Wilson[14]. On y trouve notamment une version de Requiem longue de 12 minutes et un instrumental inédit, Absent Lovers, issu des répétitions de .
Caractéristiques artistiques
Comme son prédécesseur Discipline, Beat est fondé sur l'entrelacement des guitares d'Adrian Belew et Robert Fripp, ce qui n'est pas sans poser des difficultés au premier qui peine à écrire des chansons sur cette fondation[2]. C'est notamment le cas de The Howler, un morceau confus dont l'élaboration aurait requis davantage de temps et d'efforts[15],[16]. À l'inverse, les ballades Heartbeat et Two Hands portent clairement sa patte et il considère avec le recul qu'il aurait dû les garder pour sa carrière solo. Fripp estime lui aussi qu'elles ne correspondent pas vraiment à la « manière » King Crimson[17].
Les paroles de Belew s'inspirent de la spontanéité de la Beat Generation, qu'il a lue adolescent et redécouverte vers la fin des séances d'enregistrement de Discipline. La chanson d'ouverture, Neal and Jack and Me, mentionne les prénoms de Neal Cassady et Jack Kerouac, tandis que le titre de l'instrumental Sartori in Tangier fait à la fois référence au Satori à Paris de Kerouac et à la ville marocaine de Tanger, lieu d'évasion privilégié des écrivains de la Beat Generation. Le titre de l'album leur rend directement hommage[18].
L'instrumental Requiem est une improvisation construite autour d'une boucle de Frippertronics (en) enregistrée en 1979[19]. Elle est samplée en 2002 par le disc-jockey britannique Sasha sur le morceau Cloud Cuckoo de l'album Airdrawndagger (en)[20].
Fiche technique
Chansons
Toutes les paroles sont écrites par Adrian Belew, sauf Two Hands, écrite par Margaret Belew, toute la musique est composée par Adrian Belew, Bill Bruford, Robert Fripp et Tony Levin.
| Face 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 1. | Neal and Jack and Me | 4:22 | |||||||
| 2. | Heartbeat | 3:54 | |||||||
| 3. | Sartori in Tangier (instrumental) | 3:54 | |||||||
| 4. | Waiting Man | 4:27 | |||||||
| Face 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 5. | Neurotica | 4:48 | |||||||
| 6. | Two Hands | 3:23 | |||||||
| 7. | The Howler | 4:13 | |||||||
| 8. | Requiem | 6:48 | |||||||
Musiciens
- Robert Fripp : guitare, orgue, Frippertronics
- Adrian Belew : guitare, chant
- Tony Levin : basse, stick, chœurs
- Bill Bruford : batterie et percussions acoustiques et électriques
Équipe de production
- Rhett Davies (en) : production
- Graham Davies : équipement
- Rob O'Conner : conception de la pochette
Classements et certifications
| Pays (classement) | Meilleure position |
|---|---|
| 52 | |
| 39 |