McDonald and Giles
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| Sortie | novembre 1970 |
|---|---|
| Enregistré | mai-juillet 1970 studios Island (Londres) |
| Durée | 45:23 |
| Genre | rock progressif |
| Producteur | Ian McDonald et Michael Giles |
| Label |
Island (Royaume-Uni) Cotillion (États-Unis) |
Albums par Ian McDonald
Albums par Michael Giles
McDonald and Giles est un album des musiciens britanniques Ian McDonald et Michael Giles sorti en 1971 sur le label Island Records.
Enregistré après leur départ de King Crimson, ce disque propose une musique plus légère que celle de leur précédent groupe, tout en s'inscrivant dans le genre du rock progressif par sa complexité. Il ne rencontre pas le succès et constitue l'unique album du duo, qui se sépare après sa sortie.
Contexte
Le groupe britannique King Crimson donne ses premiers concerts au mois d'[1]. Il se fait rapidement connaître et publie en octobre son premier album, In the Court of the Crimson King, qui est salué par la critique et se classe dans le top 5 des ventes au Royaume-Uni. Ses cinq membres s'envolent pour les États-Unis quelques semaines après sa sortie pour y donner une tournée[2]. Si leurs concerts sont bien accueillis, le succès rapide du groupe et le mal du pays contribuent à la dégradation des relations entre ses membres, aussi bien dans le domaine personnel que musical. Alors que le guitariste Robert Fripp souhaite poursuivre dans la même direction que In the Court of the Crimson King en proposant une musique sombre et épique, le multi-instrumentiste Ian McDonald préfèrerait passer à autre chose. Il annonce son départ à la fin de la tournée, imité par le batteur Michael Giles et par le chanteur Greg Lake, ce dernier comptant former un nouveau groupe avec le claviériste Keith Emerson. La première incarnation de King Crimson disparaît ainsi avant la fin de l'année 1969[3].
Enregistrement
Fripp parvient à convaincre Giles et Lake de participer à l'enregistrement du deuxième album de King Crimson, que la maison de disques Island Records attend avec impatience[4]. Les premiers mois de l'année 1970 sont consacrés aux séances d'enregistrement de In the Wake of Poseidon et ce n'est qu'à partir du mois de mai que Giles est en mesure de se tourner vers le projet d'album en duo qu'il caresse avec McDonald. Celui-ci n'est pas resté inactif entre-temps et a commencé à travailler sur des démos dans son appartement londonien[5].
Le contexte d'écriture des cinq morceaux de l'album est indiqué dans son livret. Le plus ancien est Tomorrow's People – The Children of Today, seul titre crédité à Michael Giles, dont les paroles remontent à 1967[6]. La majeure partie de la suite Birdman date du printemps 1968, à l'exception de la section Birdman Flies!, composée en 1970. Certains passages de la suite ont fait partie du répertoire scénique de King Crimson en 1969 sous le titre Trees[7].
La mélodie de Flight of the Ibis date du printemps 1969. Conçue à l'origine pour accompagner le texte Cadence and Cascade de Peter Sinfield, elle bénéficie de nouvelles paroles écrites par BP Fallon (en). La version de Cadence and Cascade qui paraît sur In the Wake of Poseidon emploie une autre musique composée par Robert Fripp[8]. Is She Waiting date de l'été 1969. L'élaboration de Suite in C, qui ouvre l'album, a commencé en , pendant la tournée américaine de King Crimson, et s'est achevé à Earls Court en .
Les séances d'enregistrement de McDonald and Giles se déroulent de mai à aux studios Island de Londres[5]. Les deux hommes font appel au frère de Michael, Peter Giles, pour assurer les parties de basse. Deux autres musiciens sont invités à participer à l'album : Steve Winwood, présent dans un studio voisin, joue de l'orgue et un solo de piano sur Suite in C[9], tandis que le tromboniste Michael Blakesley, qui a fait partie du groupe Trendsetters Limited (en) avec les frères Giles dans la première moitié des années 1960, contribue à Tomorrow's People[6].
La longueur des séances témoigne de la confiance que la maison de disques porte au duo pour réaliser un disque commercialement viable : leur coût s'élève à environ 15 000 livres, une somme considérable. Le perfectionnisme de McDonald l'incite à passer beaucoup de temps sur l'enregistrement proprement dit, au détriment du mixage dont il se déclare par la suite insatisfait[10]. L'ambiance dans les studios reste cependant bonne du début à la fin, ce qui représente un contraste marqué avec les derniers mois du duo au sein de King Crimson[11].
Parution et accueil
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic[12] | |
| Encyclopedia of Popular Music[13] |
McDonald and Giles est publié fin 1970 au Royaume-Uni par Island Records et début 1971 aux États-Unis par Cotillion Records. Sa pochette est une photo prise dans le parc londonien de Richmond Park, colorisée dans des teintes roses. Elle montre les deux musiciens enlaçant leurs compagnes respectives[14],[15]. S'il bénéficie de bonnes critiques, l'album ne répond pas aux attentes de la maison de disques d'un point de vue commercial. Le duo n'envisage même pas de donner de concerts pour le promouvoir[14] et se sépare en bons termes peu après. Giles poursuit une carrière de musicien de studio au Royaume-Uni tandis que McDonald s'expatrie aux États-Unis[15].
Caractéristiques artistiques
Les morceaux de McDonald and Giles sont comparables à ceux de King Crimson par leur longueur et leur complexité, mais ils se caractérisent par une approche beaucoup plus légère et romantique. Les paroles de Suite in C racontent ainsi avec une certaine naïveté la première rencontre de Ian McDonald avec sa petite amie dans le métro londonien[16] et Birdman raconte l'histoire d'un inventeur qui conçoit avec succès une machine volante, peut-être d'après les exploits du pionnier de l'aviation britannique A. V. Roe[17].
Musicalement, l'album bénéficie des talents de multi-instrumentiste de McDonald qui propose un solo de cithare sur Flight of the Ibis, de flûte sur Tomorrow's People et de saxophone sur Birdman[18]. En revanche, il refuse d'avoir recours au mellotron, choix qui donne au disque un son très distinct de In the Court of the Crimson King. Il préfère notamment faire intervenir un véritable orchestre sur la coda de Birdman[17]. Giles n'est pas en reste, avec notamment un solo de percussions variées (bouteilles de lait, shakers, etc.) sur Tomorrow's People et une imitation des bruits d'un atelier dans le passage The Workshop de Birdman qui implique l'usage d'une scie[19].
Fiche technique
Chansons
| Face 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 1. | Suite in C (inclut Turnham Green, Here I Am et autres) | Ian McDonald | 11:14 | ||||||
| 2. | Flight of the Ibis | Ian McDonald, BP Fallon (en) | 3:11 | ||||||
| 3. | Is She Waiting | Ian McDonald | 2:36 | ||||||
| 4. | Tomorrow's People – The Children of Today | Michael Giles | 7:00 | ||||||
| Face 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 5. | Birdman (comprend The Inventor's Dream (O.U.A.T.), The Workshop, Wishbone Ascension, Birdman Flies!, Wings in the Sunset et Birdman – The Reflection) | Ian McDonald, Peter Sinfield | 21:22 | ||||||
Musiciens
- Ian McDonald : guitare, piano, orgue, saxophones, flûte, clarinette, cithare, chant
- Michael Giles : batterie, percussions, chant
- Peter Giles : basse
- Steve Winwood : orgue, solo de piano sur Turnham Green
- Michael Blakesley : trombone sur Tomorrow's People
Équipe de production
- Ian McDonald, Michael Giles : production, arrangements
- Brian Humphries : ingénieur du son
- Richard Digby Smith : ingénieur du son assistant
- Mike Gray : arrangements des cordes et des cuivres sur Suite in C et Birdman
- Richard DiLello : photographie
- Charlotte Bates : peinture