Starless and Bible Black
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Apollo Theatre (Glasgow), Volkshaus (en) (Zurich), Concertgebouw (Amsterdam), studios AIR (Londres)
| Sortie | 29 mars 1974 |
|---|---|
| Enregistré |
23 octobre, 15 et 23 novembre 1973, janvier 1974 Apollo Theatre (Glasgow), Volkshaus (en) (Zurich), Concertgebouw (Amsterdam), studios AIR (Londres) |
| Durée | 46:41 |
| Genre | rock progressif, rock expérimental |
| Producteur | King Crimson |
| Label |
Island (Royaume-Uni) Atlantic (États-Unis) Polydor (France) |
| Classement |
28e (Royaume-Uni) 64e (États-Unis) |
Albums de King Crimson
Singles
- The Night Watch / The Great Deceiver
Sortie : 22 mars 1974
Starless and Bible Black est le sixième album studio du groupe britannique de rock progressif King Crimson. Il est sorti en 1974 sur le label Island Records au Royaume-Uni.
Il s'agit d'un album hybride : quatre de ses sept morceaux ont été enregistrés lors de concerts donnés par le groupe à l'automne 1973, retravaillés en studio pour effacer les applaudissements du public et ajouter des overdubs. Ces morceaux font la part belle à l'improvisation. Les trois autres chansons ont été enregistrées en aux studios AIR de Londres.
C'est le dernier album du groupe avec le violoniste David Cross, qui est renvoyé quelques semaines après sa sortie.
Contexte
Le cinquième album de King Crimson, Larks' Tongues in Aspic, est bien accueilli par la presse musicale britannique à sa sortie, en [1]. Le percussionniste Jamie Muir ayant quitté le groupe quelques semaines plus tôt, c'est un quatuor qui entame une longue tournée de promotion d'une soixantaine de concerts à travers le Royaume-Uni, l'Europe continentale et les États-Unis de la mi-mars au début du mois de juillet[2]. Épuisés, les quatre musiciens s'accordent alors trois semaines de repos au cours desquelles le guitariste Robert Fripp élabore plusieurs morceaux pour leur prochain album : Lament, The Night Watch et Fracture[1]. Les répétitions qui prennent place au mois d'août en vue des concerts à venir sont marquées par la dégradation des relations entre Fripp et le chanteur et bassiste John Wetton[3].
Enregistrement
King Crimson repart en tournée en Amérique du Nord en septembre, puis en Europe en novembre[2]. Sur scène, les musiciens s'adonnent à de longues improvisations où s'entremêlent leurs différentes influences, en particulier le jazz-funk d'artistes comme Herbie Hancock qui inspire Wetton et le batteur Bill Bruford[4].
Afin de pallier le manque de nouvelles compositions et de minimiser le temps passé en studio, Fripp décide d'utiliser des enregistrements effectués pendant ces concerts dans le prochain album studio du groupe[5]. We'll Let You Know provient du concert donné le à l'Apollo Theatre de Glasgow et The Mincer est tiré d'une improvisation donnée le au Volkshaus (en) de Zurich, tandis que les deux premières minutes de The Night Watch, Trio, Starless and Bible Black et Fracture viennent du concert du au Concertgebouw d'Amsterdam[6].
Les séances qui prennent place aux studios AIR de Londres en ne produisent ainsi que deux nouvelles chansons : The Great Deceiver et Lament. La majeure partie de The Night Watch doit également être réenregistrée en studio en raison d'une panne de mellotron pendant le concert du [7]. Plusieurs overdubs de chant et de guitare sont apportés aux enregistrements live, tandis que les applaudissements et autres interventions du public sont effacés[8].
Parution et accueil
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic[9] | |
| Encyclopedia of Popular Music[10] | |
| The Village Voice[11] | B |
| Rolling Stone[12] | positive |
Starless and Bible Black sort le [13]. Il est bien accueilli par la presse musicale et se classe no 28 des ventes au Royaume-Uni[14].
Le groupe repart rapidement en tournée en Europe et aux États-Unis de mars à juillet 1974[15]. Les relations entre les musiciens sont de plus en plus tendues, certains s'adonnant à la cocaïne et cherchant à jouer le plus fort possible, au risque de noyer les contributions des autres. De tempérament plus doux, Cross peine à s'imposer face à la section rythmique et il est renvoyé après le dernier concert de la tournée, le à Central Park[16].
Au sein de la discographie de King Crimson, Starless and Bible Black est souvent éclipsé par les deux albums qui l'encadrent, Larks' Tongues in Aspic et Red[14].
Caractéristiques artistiques
Paroles et musique

Starless and Bible Black propose un son plus lourd et moins abstrait que son prédécesseur Larks' Tongues in Aspic. Le départ du percussionniste Jamie Muir entre les deux albums explique en partie cette évolution. La basse de John Wetton est davantage mise en avant, tandis que le violoniste David Cross utilise davantage d'effets pour rendre son instrument plus audible[17].
Comme celles de Larks' Tongues in Aspic, les paroles de Starless and Bible Black sont l'œuvre de Richard Palmer-James. The Great Deceiver, dont le titre fait référence au Diable, inclut une contribution aux paroles de Robert Fripp : le passage « Cigarettes, ice cream, figurines of the Virgin Mary », commentaire acide sur la commercialisation de la foi catholique, lui a été inspiré par le dernier passage du groupe à Rome[18]. Lament a pour thème la mélancolie d'un musicien de rock à succès, tandis que The Night Watch est une description du tableau La Ronde de nuit de Rembrandt[7].
Trio a pour particularité de ne contenir aucune percussion : c'est une improvisation où ne figurent que Fripp, Cross et Wetton. Ayant jugé que le morceau ne nécessitait pas d'intervention de sa part, Bill Bruford croise ses baguettes devant sa poitrine durant toute sa durée. Sa décision de ne pas y participer est jugée suffisamment importante par les autres membres du groupe pour qu'il reçoive tout de même un crédit d'écriture[19].
Pochette et titre
« Starless and bible black » est une expression tirée d'Au bois lacté, une pièce radiophonique du poète gallois Dylan Thomas. C'est une trouvaille de John Wetton, influencée par la sortie d'un film adapté de la pièce en 1972[20].
Pour l'habillage visuel de l'album, Brian Eno recommande au groupe de faire appel à son ancien professeur d'art Tom Phillips (en)[21]. Il conçoit une pochette très dépouillée où ne figurent que le nom du groupe et le titre de l'album au pochoir sur une tache d'aquarelle, le tout sur fond blanc[22]. La pochette intérieure reprend le titre de l'album, mais dans une déferlante de couleurs, sur le modèle de Here We Exemplify, une toile réalisée par Phillips en 1970. La pochette arrière inclut un extrait de son œuvre A Humument (en)[21].
Fiche technique
Chansons
Toutes les paroles sont écrites par Richard Palmer-James.
| Face 1 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Musique | Durée | ||||||
| 1. | The Great Deceiver | Robert Fripp, John Wetton | 4:02 | ||||||
| 2. | Lament | Robert Wripp, John Wetton | 4:00 | ||||||
| 3. | We'll Let You Know (instrumental) | Bill Bruford, David Cross, Robert Fripp, John Wetton | 3:46 | ||||||
| 4. | The Night Watch | Robert Fripp, John Wetton | 4:37 | ||||||
| 5. | Trio (instrumental) | Bill Bruford, David Cross, Robert Fripp, John Wetton | 5:41 | ||||||
| 6. | The Mincer | Bill Bruford, David Cross, Robert Fripp, John Wetton | 4:10 | ||||||
| Face 2 | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Musique | Durée | ||||||
| 7. | Starless and Bible Black (instrumental) | Bill Bruford, David Cross, Robert Fripp, John Wetton | 9:11 | ||||||
| 8. | Fracture (instrumental) | Robert Fripp | 11:14 | ||||||
Dans le cadre de la campagne de rééditions accompagnant le 40e anniversaire du groupe, Starless and Bible Black est réédité en 2011 par Discipline Global Mobile au format CD + DVD-Audio. Le CD reprend l'album original dans un mixage stéréo réalisé par Steven Wilson avec cinq titres bonus :
| Titres bonus | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 9. | The Law of Maximum Distress: Part 1 | 6:41 | |||||||
| 10. | Improv: The Mincer | 4:21 | |||||||
| 11. | The Law of Maximum Distress: Part 2 | 2:27 | |||||||
| 12. | Dr. Diamond (enregistré le au Richards Club d'Atlanta) | 4:00 | |||||||
| 13. | Guts on My Side (enregistré le au Palazzo Dello Sport d'Udine) | 4:30 | |||||||
Le DVD-Audio comprend plusieurs mixages alternatifs de l'album produits par Steven Wilson et Robert Fripp, le mixage original du remastering de 2004, le concert du au Volkshaus de Zurich et plusieurs titres bonus, ainsi que deux vidéos provenant du concert du à Central Park.
Musiciens
- Bill Bruford : batterie, percussions
- David Cross : violon, alto, mellotron, pianet
- Robert Fripp : guitare électrique, mellotron, pianet et autres appareils
- John Wetton : basse, chant, guitare supplémentaire sur The Great Deceiver
- Richard Palmer-James : paroles
Équipe de production
- King Crimson : production
- George Chkiantz : ingénieur du son
- Peter Henderson : ingénieur du son assistant
- Tom Phillips (en) : pochette
Classements et certifications
| Pays (classement) | Meilleure position |
|---|---|
| 64 | |
| 28 |