Beausoleil (Alpes-Maritimes)
commune française du département des Alpes-Maritimes
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Beausoleil (/bo.sɔ.lɛj/ ; monégasque : Beausoleil) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie
Localisation
Située sur le bassin versant qui surplombe la principauté de Monaco, la ville de Beausoleil est entourée de la « Tête de Chien » et du mont Agel. Bien que située en territoire français, la station ne forme avec Monte-Carlo qu'une seule agglomération, la commune étant limitrophe de la principauté de Monaco.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Commune de Monaco, Peille, Roquebrune-Cap-Martin et La Turbie.
Géologie et relief
- Sous le mont Agel (commune de Peille).
- La Tête de Chien est un promontoire de 550 mètres d'altitude dominant Monaco et Beausoleil.
- Mont des Mules.
Espaces naturels[1] :
- Un espace protégé Natura 2000 :
- Corniches de la Rivièra[2].
- Adrets de Fontbonne et du Mont Gros[3].
Hydrographie
Équipements de production d'eau situés dans la commune ou dans les communes les plus proches[4] :
- 6 forages,
- 1 puits,
- 2 sources.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen[7] et est dans la région climatique Var, Alpes-Maritimes, caractérisée par une pluviométrie abondante en automne et en hiver (250 à 300 mm en automne), un très bon ensoleillement en été (fraction d’insolation > 75 %), un hiver doux (8 °C) et peu de brouillards[8]. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 15,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 800 mm, avec 6,3 jours de précipitations en janvier et 1,7 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Peille à 7 km à vol d'oiseau[11], est de 10,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 935,0 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 35 °C, atteinte le ; la température minimale est de −10,3 °C, atteinte le [Note 1].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de chaleur date du record |
19,8 19.01.07 |
19,8 03.02.20 |
23,4 25.03.1989 |
23,6 10.04.11 |
27,1 24.05.09 |
35 28.06.19 |
30,8 25.07.19 |
32,9 24.08.23 |
28,6 01.09.24 |
24 01.10.23 |
21,9 10.11.15 |
18,8 13.12.1994 |
35 2019 |
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| Maximale moyenne | 6,6 | 6,8 | 9,6 | 12,1 | 16,3 | 20,5 | 23,2 | 23,3 | 18,7 | 14,5 | 10 | 7,3 | 14,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 3,8 | 3,7 | 6,3 | 8,7 | 12,8 | 16,8 | 19,5 | 19,6 | 15,3 | 11,5 | 7,2 | 4,6 | 10,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 0,9 | 0,7 | 3,1 | 5,3 | 9,2 | 13,1 | 15,7 | 15,9 | 11,9 | 8,4 | 4,5 | 1,9 | 7,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de froid date du record |
−7,9 31.01.1999 |
−10,3 27.02.18 |
−9,6 01.03.05 |
−4,9 08.04.03 |
−0,1 05.05.19 |
4,7 01.06.06 |
7,8 12.07.00 |
8,6 31.08.12 |
3,1 18.09.1994 |
−1,5 28.10.12 |
−7,4 23.11.1988 |
−9 29.12.1996 |
−10,3 2018 |
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| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 87,9 | 61,6 | 63,2 | 85,5 | 58 | 36,9 | 19,4 | 25,5 | 90,5 | 137,2 | 158,6 | 110,7 | 935 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de pluie en 24 h (mm) date du record |
173,7 16.01.14 |
84,7 01.02.19 |
77 22.03.14 |
127,3 03.04.19 |
90,1 10.05.20 |
68,4 04.06.20 |
45,3 07.07.14 |
86,2 25.08.02 |
124,8 30.09.1998 |
130,4 31.10.10 |
135,4 29.11.09 |
207,2 20.12.19 |
207,2 2019 |
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Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[14], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Beausoleil est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Menton-Monaco (partie française), une agglomération internationale dont elle est une commune de la banlieue[I 1],[I 2]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Monaco - Menton (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[I 2]. Cette aire, qui regroupe 12 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[I 3],[I 4].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (63,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (36,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (60 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (23 %), forêts (13,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,7 %)[16].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Morphologie urbaine
Le quartier du Tonkin
La commune de Beausoleil située entre la principauté de Monaco et La Turbie fut créée en 1904 à partir d'un bidonville situé sur le territoire de La Turbie dans le quartier du Carnier, également appelé Basse-Turbie ou Monte-Carlo supérieur. Univers de baraques, d'habitations précaires, de poulaillers, de cabanes à lapins, le bidonville, était habité par une majorité d'immigrés ligures et piémontais depuis les années 1880, attirés par l'essor économique et urbain de la Principauté et le développement des carrières de pierres sur les contreforts du Mont Agel.
Surnommé « le Tonkin », sans doute à la suite des propos exaspérés d'un militaire qui y séjourna comparant les modes de vie bruyants des habitants du bidonville à ceux qu'il avait connus lors de la campagne de l'armée française au Tonkin en 1882, ce quartier s'est développé jusqu'au début des années vingt. Venelles, rues étroites, pas d'eau courante ni de tout-à-l'égout ni d'éclairage public, cet îlot urbain était un sujet d'inquiétude pour la population locale et les élus pour des raisons d'hygiène plus que de sécurité.
Lieu de sociabilité pour les migrants italiens célibataires ou en famille mais aussi lieu de rencontre avec la population locale, le Tonkin était réputé pour l'ambiance qui régnait dans les débits de boisson ou salles de danse équipées d'un piano mécanique. À l'instar de Guillaume Apollinaire qui y vécut adolescent entre 1884 et 1897, du poète toulousain Adrien Blandignère et de l'écrivain Armand Gatti qui y vécut tout jeune à la fin des années vingt, les enfants jouissaient d'une liberté qui a marqué les mémoires.
En 1910, après enquête d'une commission sanitaire des services de la préfecture, le Tonkin fut jugé insalubre. Les municipalités s'attachèrent dès lors à éradiquer ce bidonville. Régulièrement envisagé mais jamais mis à exécution, le projet d'assainissement du quartier sous la forme du percement d'une avenue ne put aboutir avant 1975. Le bidonville se transforma de lui-même en quartier populaire à partir des années trente.
Logement
Le nombre de logements dans la commune a été estimé à 9 681 en 2018 dont 8 728 appartements et 922 maisons. Ces logements se composent de 6 260 résidences principales, 3 400 résidences secondaires et logements occasionnels ainsi que 21 logements vacants[17].
Voies de communications et transports
Voies routières
Ville desservie :
- par la Route nationale 7 (France)
- par la RD 6098 dans les Alpes-Maritimes.
- par l'autoroute A8,
- sortie 57 La Turbie, sortie 59 Menton, Sospel.
Transports en commun

Lignes SNCF
- Gare de Menton. Liaison quotidienne de et vers Paris par TGV direct.
- Gare de Menton-Garavan à l'est de Menton et la plus proche du port nouveau de Menton Garavan
- Gare de Carnolès sur le territoire de la commune de Roquebrune-Cap-Martin, juste à l'entrée ouest de Menton et à quelques centaines de mètres du bord de mer.
Historique des transports en commun
La Crémaillère : à la fin du XIXe siècle, la liaison Monaco – La Turbie n’est assurée que par des sentiers et quelques chemins vicinaux en grande majorité muletiers. Ce réseau, hérité d’une ruralité qui s’éteint, s’avère très insuffisant face à la nouvelle vocation touristique de la région.
En et , quatre locomotives à vapeur, quatre voitures de chemin de fer et deux wagons arrivent en gare de Monaco, flambant neufs. Ils sont issus des ateliers de la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort.
Le , douze ans après sa conception, la ligne est inaugurée. Dès le lendemain, à 7 heures, elle s’ouvre au trafic régulier et le trajet de 2,66 kilomètres est parcouru en vingt minutes. De 400 à 800 mètres du point de départ, les deux stations beausoleilloises, celles de Monte-Carlo supérieur et de la Bordina sont rejointes en trois à six minutes à peine et représentent pour les quartiers environnants un désenclavement et une commodité longtemps espérés.
La crémaillère assure au mieux sa mission et maintient la couleur locale, jusqu’en 1932. Un projet d’électrification de la ligne est même évoqué en 1926, puis en 1929.
Le , survient le spectaculaire accident au cours duquel plusieurs personnes trouvent la mort.
Le train en pleine côte, repart en arrière, à une vitesse grandissante que rien, ni personne, ne peut freiner. La locomotive échoue contre le parapet de la crémaillère et au pied de laquelle s’affairent les pompiers de Monaco. Ce drame sonne le glas de son exploitation.
- Article de presse de l'époque
- Le , le premier train du matin, conduit par Tomaso Vinai et Francesco Tanssini son mécanicien, s’ébranle. Ayant parcouru 162 mètres en pleine côte de 25 %, un fracas de ferraille fait sursauter les 5 voyageurs matinaux qui somnolent à l’intérieur du wagon que pousse, comme d’habitude une des locomotives (la no 1)</p> Stupeur… Ils repartent en marche arrière à une vitesse s’amplifiant au-delà des 7 km/h de sécurité : 50 à 80 km/h…
- Un passager saute avec promptitude, un second hésitant se fracturera le crâne sur un dispositif d’entrée en gare.
- Ni le conducteur éjecté, essayant de manœuvrer le frein de la voiture, ni le mécanicien resté et serrant au maximum les deux freins à main ne pourront arrêter la machine devenue folle…
- Les trois derniers iront dérailler, pris dans la voiture-voyageurs, sur un des quais de la gare terminus de Monte-Carlo Beausoleil.
- Ils s’en tireront à bon compte, n’ayant seulement que quelques ecchymoses. Tel un capitaine sur son bateau emporté, le malheureux mécanicien restera aux commandes de la locomotive. Traversant le heurtoir d’arrêt, le mur sud des quais, elle ira s’écraser 3 mètres plus bas en tuant sur le coup son dernier conducteur.
Un tramway nommé Riviera Palace : Un petit tramway électrique, créé en 1903 et détruit en 1914, transportait la riche clientèle de l’hôtel Riviera Palace, situé sur les hauteurs de la principauté, jusqu’au Casino de Monte-Carlo. Rétro ballade à bord[18].
Le tramway du Riviera Palace est de nos jours le grand oublié de l’histoire des transports urbains de Monaco. Qui se souvient en effet de ce curieux tramway supprimé en , voici donc 100 ans ? Jacques Bergeon, alias l’ancien photographe Jean-Pierre de la place de la Crémaillère, nous livre, grâce aux archives de son père, l’histoire peu connue de cette courte ligne ferroviaire, à la fois électrique, à crémaillère, internationale... et acrobatique.
- Luxueusement aménagé : C’était le . Après avoir édifié le Riviera Palace en 1898 sur les hauteurs de Monte-Carlo (l’actuel Beausoleil), la Compagnie des grands hôtels met en service un tramway électrique à crémaillère. Son ambition : transporter la riche clientèle de cet hôtel — essentiellement des familles aristocrates russes, austro-hongroises ou anglaises en villégiature sur la Côte d’Azur — au plus près du Casino de Monte-Carlo.
- « Cette petite ligne, longue de 528 mètres, dont 95 en territoire monégasque, partait de la Fontaine Saint-Michel, l’actuelle rue des Iris, traversait la place de la Crémaillère pour retrouver le tracé du chemin de fer à crémaillère et à vapeur, de Monte-Carlo à la Turbie (1894-1932), et s’en séparer par une courbe de 300 mètres, pour atteindre, à l’altitude de 180 mètres, la terrasse du Riviera Palace », raconte Jacques Bergeon. Le matériel roulant était composé en tout et pour tout de deux locomotives luxueusement aménagées pour la riche clientèle du palace. Le départ avait lieu toutes les 20 minutes et le trajet s’effectuait en cinq minutes.
- Un tramway casse-cou : Ce tramway se rendit très vite célèbre ! Seulement quatre jours après sa mise en service, une motrice déraille dans la courbe précédant le Riviera Palace et redescendit la forte pente à une allure folle, soulevant un nuage de poussière, détruisant tout sur son passage, franchissant en trombe le Boulevard du Nord (actuel boulevard princesse Charlotte) coupant en deux un malheureux fiacre et venant s’écraser dans la vitrine d’un antiquaire « avec un fracas épouvantable », relatait alors la presse locale. Heureusement, l’accident ne fit que quelques blessés légers. Mais par prudence, après modification des dispositifs de freinage, le service ne reprit qu’un an plus tard…
- À partir de 1910, le service fut réduit à une seule motrice n’assurant que vingt départs par jour et l’hôtel organisa les parcours par des automobiles arrivant directement à l’entrée du Casino de Monte-Carlo. Le tramway devait rouler encore lors de la dernière saison d’hiver 1913-1914 pour être arrêté lors de la déclaration de guerre, en …
Transports aériens
Aéroport et héliport les plus proches :
Ports
- Ports en Provence-Alpes-Côte d'Azur :
- Ports de Menton : Vieux port et port de Menton Garavan[19],
- Port Lympia (port de Nice),
- Port Hercule (Port de Monaco).
Risques naturels et technologiques
Sismicité
La commune se trouve dans une zone de sismicité moyenne[20],[21].
Toponymie
En langue occitane niçoise (Georges Castellana), on dit [bɜwsu'lew] et ses habitants sont appelés les lu Souleienc (norme mistralienne), ou bien Bèusoleu et lu solelhencs (norme classique), mais on emploie plus généralement le terme de Beausoleillois.
La commune est créée par la loi du . La nouvelle commune devait s'appeler Monte-Carlo Supérieur mais à cause des protestations formulées par la principauté de Monaco, on crée de toutes pièces l'appellation Beausoleil, d'allure touristique[22], Bèusoleu en occitan.
Après la Grande Guerre, deux mesures représentatives de l'essor de la nouvelle commune viennent parachever l'œuvre de Camille Blanc :
- l'érection de la commune en station climatique par décret présidentiel du ;
- la création du canton de Beausoleil par la loi en date du .
Histoire
À Beausoleil, de nombreuses traces archéologiques et historiques ont été trouvées. Leur étude ne peut être dissociée de celles trouvées sur le territoire actuel de Monaco et de la Turbie, et qui remontent aux époques Ligure, phénicienne, grecque puis romaine (cf. le Trophée des Alpes – Trophée d'Auguste – à La Turbie). Par exemple, sur le territoire même de la commune de Beausoleil, au lieu-dit du Mont des Mules (classé monument historique), on note la présence d'un oppidum[23],[24] en pierres sèches généralement attribué aux populations celto-ligures qui habitaient la région il y a des millénaires bien que pour le moment, nous ne connaissons toujours pas la destination de cet édifice malgré des fouilles réalisées au début du XXe siècle par le Musée d'anthropologie de Monaco et qui a mis au jour des haches et des poteries proto-historiques.
D'ailleurs, à partir de cette base historique trop peu renseignée, la contradiction entre intérêts touristiques et réalité historique au XXe siècle de la commune de Beausoleil a permis à des mythes comme celui des voies héracléennes d'émerger : certaines voies de communications empruntées alors par la population avaient été attribuées au passage d'Héraclès dans la région. En fait, les recherches dans les archives de la ville ont montré (travaux de Jérémy Taburchi et Geist dans Archeam, n°7, p.17)[25] que ce sont des constructions récentes datant de l'entre-deux-guerres. L'objet de cette confusion était de donner une identité et de la valeur à une commune naissante.
Le territoire actuel de Beausoleil, comme celui de Monaco, faisaient partie intégrante de la Turbie. En 1191, la bulle d'or de l'empereur romain germanique Henri VI confiait le Rocher et le territoire de Monaco à la république de Gênes « pour défendre la chrétienté contre les Sarrasins ». Dès lors, s'ouvrait un très long conflit entre la Turbie, alors commune libre, et les seigneurs de Monaco, pour l'annexion du territoire de Beausoleil riche en pâturages d'hiver ou « bandites », et, oliviers, vergers et vignes. Les accords des 14 et , signés entre la principauté de Monaco – Honoré III – et le royaume de Savoie-Piémont – Charles-Emmanuel III – établissent une frontière qui a été maintenue en 1860 et qui correspond à l'actuelle limite entre la France et Monaco. Pour autant, elle ne cessera d'être contestée par les Turbiasques.
De 1860 à 1904 : un tissu urbain est créé pour donner naissance à Beausoleil. C'est à la fin du XIXe siècle que la future ville de Beausoleil se dessine, notamment grâce au prodigieux essor économique de Monaco. En effet, face à la réussite de la Société des bains de mer (SBM) créée en 1856, accentuée par l'apparition de nouveaux axes de communications comme le chemin de fer et l'ouverture de la basse corniche en 1868, Monaco abolit dès 1869 les impôts directs. Ce développement économique s'étend rapidement sur le territoire inférieur de La Turbie limitrophe de la Principauté : en 1894, on inaugure la ligne de la Crémaillère dans un but touristique, reliant Monaco avec le Haut de La Turbie. La partie inférieure de La Turbie, s'appelle désormais : « Monte Carlo Supérieur ».
Camille Blanc, président de la SBM et plus tard premier maire de Beausoleil, crée en 1896 la Société immobilière de Monte-Carlo supérieur. En 1898, la société belge des Grands Hôtels et Wagons lits entreprend la construction du très luxueux Riviera Palace. Cette prospérité attire de nombreux travailleurs essentiellement italiens qu'il faut loger et, en 1897, les quartiers populaires des Moneghetti et du Carnier commencent à émerger. Le Haut de Monte-Carlo est bientôt trois fois plus peuplé que son chef-lieu de La Turbie. Financièrement, Monte-Carlo supérieur paye les quatre cinquièmes des contributions. Dans le souci de continuer son développement économique sans être ralenti par la commune de La Turbie attachée à son antique tradition rurale (raison officielle), mais surtout pour qu'il puisse spéculer financièrement sur la bulle immobilière alors créée au quartier de Beausoleil (prix des terrains multipliés par 10 000) sans en être empêché par les Turbiasques qui défendent plutôt un territoire accessible à tous, Camille Blanc, maire de La Turbie en 1900 et ami très proche du président de la République Émile Loubet, obtient l'autorisation de détacher les territoires de La Turbie inférieure pour créer, en 1904, Beausoleil, comme commune indépendante.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Politique locale
Détournement de fonds
Gérard Spinelli, maire de Beausoleil depuis 2008, est placé en sous contrôle judiciaire, avec un cautionnement de 50 000 euros, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte portant sur des faits datant de 2018. Son jugement est prévu le pour « détournement de fonds publics », « favoritisme » et « abus de confiance ». Il est soupçonné d’avoir organisé aux frais de la municipalité une fête d’anniversaire pour son épouse, ainsi qu'une autre fête lors de sa relaxe prononcée en 2018 concernant la construction d’une tour à Monaco[32]. La justice reproche également à Gérard Spinelli de ne pas avoir lancé d’appel à la concurrence lorsqu'il a eu besoin des services d'un ingénieur conseil. L'avocat de Gérard Spinelli explique que la compétence de cet ingénieur était « reconnue par tout le monde, si bien qu’à son départ à la retraite la Ville a continué à faire appel à ses services en tant qu’auto-entrepreneur »[33].
Le , Gérard Spinelli est condamné à un an de prison avec sursis et 150 000 euros d’amende dans le cadre d’une Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), évitant à ce dernier sa comparution devant le tribunal correctionnel prévue le [34]. « Je tiens à préciser (...) que je n’ai bénéficié d’aucun enrichissement personnel » a-t-il ajouté[35].
Le , quatre élus locaux impliqués à divers degrés dans cette affaire sont également condamnés, dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable. Trois écopent de peines allant de quatre à six mois de prison avec sursis, ainsi que d’amendes d'un montant de 500 à 5 000 euros. Le quatrième écope d'une amende de 1 000 euros avec sursis. La justice leur accorde également une non-inscription au casier judiciaire. Le procès public en correctionnelle n'aura donc pas lieu[36].
Finances communales
Budget et fiscalité 2023
En 2023, le budget de la commune était constitué ainsi[37] :
- total des produits de fonctionnement : 29 690 000 €, soit 2 236 € par habitant ;
- total des charges de fonctionnement : 25 048 000 €, soit 1 886 € par habitant ;
- total des ressources d'investissement : 6 579 000 €, soit 495 € par habitant ;
- total des emplois d'investissement : 19 217 000 €, soit 1 447 € par habitant ;
- endettement : 11 278 000 €, soit 849 € par habitant.
Avec les taux de fiscalité suivants :
- taxe d'habitation : 21,85 % ;
- taxe foncière sur les propriétés bâties : 37,95 % ;
- taxe foncière sur les propriétés non bâties : 31,69 % ;
- taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
- cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.
Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 22 510 €[38].
Jumelages
Équipements et services publics
Enseignement
Établissements d'enseignements[40] :
- Écoles maternelles et élémentaires ; École du Tenao, École Paul Doumer, École des Copains, École des Cigales
- Collège ; Collège Bellevue
- Lycée agricole privé.
Santé
Professionnels et établissements de santé :
- Médecins, Infirmiers, Pharmacies[41],
- Centres hospitaliers à Menton[42]
- Centre hospitalier Princesse-Grace
- Centre cardio-thoracique de Monaco
- Centre hospitalier universitaire de Nice
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1906. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[43],[Note 3].
En 2023, la commune comptait 11 936 habitants[Note 4], en évolution de −12,28 % par rapport à 2017 (Alpes-Maritimes : +4,16 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
En 2021, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 30,3 %, soit en dessous de la moyenne départementale (31,0 %). De même, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 25,0 % la même année, alors qu'il est de 31,0 % au niveau départemental.
En 2021, la commune comptait 6 062 hommes pour 6 612 femmes, soit un taux de 52,17 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (52,74 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
Cultes
- Culte catholique, paroisse Saint-Esprit, Diocèse de Nice[46].
- Église évangélique de la Riviera[47].
Économie
Entreprises et commerces
Agriculture
- Culture et élevage associés.
- Culture de fruits oléagineux.
- Reproduction de plantes.
- Culture de légumes, de melons, de racines et de tubercules.
Tourisme
Beausoleil vit principalement des activités touristiques (notamment l'hôtellerie) grâce à sa proximité avec la principauté monégasque :
- Hôtels.
- Restaurants.
- Résidences et gîtes.
Commerces et services
- Commerces et services de proximité[48] : boulangerie, charcuterie...
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Le mont des Mules
C'est un espace naturel d'une dizaine d'hectares, constitué d'un escarpement rocheux calcaire, surplombant la principauté de Monaco.
Le mont des Mules est un lieu de promenade pour les Beausoleillois et les touristes visitant la région. Il a été aménagé de sentiers au début du XXe siècle par des clubs de tourisme de l'époque[49]. Son appellation provient sans doute de l'usage fréquent de mules par les contrebandiers passant ce mont entre le territoire de Monaco et celui de la Turbie.
Il abrite un castellara, le camp ligure du Mont des Mules, de deux cents mètres de côté environ, et dont un des côtés borde la route de Beausoleil à la Turbie. C’est un témoin de l’habitat fortifié ligure construit par ces peuplades habitant la région durant l’âge du fer. Le site n’ayant pas encore fait l’objet de fouilles archéologiques, ses seuls vestiges clairement reconnaissables sont caractérisés par d’imposantes murailles en pierre sèche disposées en arc de cercle, délimitant une aire de 6 000 m2. On ne sait pas le dater précisément. Il a probablement été occupé depuis le IIIe siècle av. J.-C., puis abandonné à l’époque de l'Empire romain. Il est classé aux monuments historiques le [50].

Une architecture Belle Époque :
En 1898, tandis que Camille Blanc préside la Société des bains de mer de Monaco, la Compagnie internationale de grands hôtels et wagons-lits entreprend la construction du très luxueux hôtel Riviera Palace, d’après les plans de l’architecte Georges Chedanne Grand Prix de Rome en 1887, et maître d’œuvre du fastueux et très classique Palace Hôtel, avenue des Champs Élysées et de l’extravagant Hôtel Mercedes, 9 rue de Presbourg à Paris.
Le Riviera Palace, déroule son élégante façade, exposée plein sud, simple surface rythmée de nombreuses fenêtres, bow-windows, encorbellements, balcons à balustres de poterie. Sa construction, en béton enduit de stuc, est terminée en 1903.
Il est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [51].
Le Jardin d’hiver et sa verrière majestueuse :
Nées de la vogue des savants botanistes du XVIIIe siècle et du développement de l’industrie du fer et du verre au XIXe siècle, les serres-jardins sont de véritables joyaux. Construit sur deux niveaux, le jardin d’hiver du Riviera Palace, exceptionnel par son ampleur, plus de 900 m2, et 20 m de hauteur, associe, dans une perspective très aérienne, galerie et rotonde, voûte ogivale et dôme, murailles de pierre, de verre et de rochers.
Villégiature et Mondanités :
Au début du XXe siècle, lieu magique, véritable paquebot hôtelier, le Riviera Palace, à 180 m au-dessus de la mer, accueille avec le prestigieux hôtel de Paris, la riche clientèle russe, austro-hongroise puis anglaise, en l’honneur de laquelle de somptueuses fêtes sont données. Il devient aussitôt un pôle de villégiature et de mondanités très attractif. C’est « une louange de la beauté italienne du site, conjuguée avec les raffinements de l’art de recevoir à la française ». Le bâtiment est inscrit aux monuments historiques depuis le .
Immeuble dit Villa Juturne[52],[53]:
Avec ses décors peints[54],[55],[56],[57],[58]. Peinture et sculpture empruntaient en effet aux répertoires et aux styles les plus divers : la mythologie classique, l'art gothique, les Renaissance française et italienne, l'art baroque, le courant symboliste, l'art ornemental du début du XXe siècle.
Personnages célèbres ayant séjourné au Riviera Palace :
- Léopold II, Roi des Belges, la famille impériale de Russie, les Shah de Perse, les grands danseurs et musiciens russes Diaguilev, Nijinski, Stravinsky, ou la femme de lettres Colette et encore Winston Churchill qui avait comme habitude de « s’inviter » chez les résidents.[réf. souhaitée]
- Visite guidée gratuite, durée environ 1 h 30, sur réservation uniquement.
Édifices religieux
- Le sanctuaire Saint-Joseph de Beausoleil, style néo-roman, réminiscence de l'art roman moyenâgeux, construit entre 1913 et 1927, L'édifice est ainsi en forme de croix latine.
- Patrimoine naturel : La végétation est de type méditerranéen, et l'on y trouve des plantes relativement rares, comme la nivéole de Nice, ainsi que des colonies d'euphorbes arborescentes.
Personnalités liées à la commune
- Georges Auvray (1858-1931), compositeur, mort à Beausoleil.
- John George Woodroffe (1865-1936), indianiste anglais qui a publié plusieurs ouvrages sur le tantrisme sous le nom de plume d'Arthur Avalon, y est mort retraité.
- Guillaume Apollinaire (1880-1918) a vécu dans le quartier du Tonkin.
- Renée Saint-Cyr (1904-2004), actrice, de son vrai nom Marie-Louise Catherine Eugénie Renée Vittore, y est née.
- Georges Canépa (1913-1957), officier pilote de l'Armée de l'air, compagnon de la Libération
- Léo Ferré (1916-1993) y a vécu quelques années pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Armand Gatti (1924-2017), journaliste, poète, écrivain, dramaturge, metteur en scène, scénariste et réalisateur libertaire français, y est né et y a grandi.
- Claude François (1939-1978) y a séjourné dans sa jeunesse, fréquentant le lycée Albert 1er de Monaco.
- Ange Mancini (1944-), qui fut le premier chef du RAID, y est né.
Héraldique
| Blason | D’azur à l'olivier d’argent terrassé d’or accompagné d’un soleil du même mouvant de l’angle senestre du chef et d’une étoile aussi d’or au canton dextre du chef[62]. |
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| Détails | Le statut officiel du blason reste à déterminer. |


