Neogale frenata
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Belette à longue queue, Belette d’Amérique
Répartition géographique
- Mustela brasiliensis Sevastianoff, 1813 (Protonyme) [1]
- Mustela frenata H. Lichtenstein, 1831 (Protonyme valide) [1]
- Mustela frænata Bonaparte, 1838 [1]
- Mustela longicauda Bonaparte, 1838 [1]
- Putorius noveboracensis E. Emmons, 1840 [1]
- Mustela fusca Audubon & Bachman, 1841 [1]
- Mustela xanthogenys J. E. Gray, 1843 [1]
- Mustela agilis von Tschudi, 1844 [1]
- Putorius agilis Audubon & Bachman, 1854 [1]
- Putorius richardsonii S. F. Baird, 1857 [1]
- Mustela aureiventris J. E. Gray, 1864 [1]
- Mustela aureoventris J. E. Gray, 1864 [1]
- Mustela brasiliensis var. brasiliana J. E. Gray, 1865 [1]
- Mustela noveboracensis A. Murray, 1866 [1]
- Putorius frenatus Coues, 1867 [1]
- Putorius xanthogenys Coues, 1867 [1]
- Mustela affinis J. E. Gray, 1874 [1]
- Mustela macrura Taczanowski, 1874 [1]
- Putorius (Gale) brasiliensis quatorialis Coues, 1877 [1]
- Putorius culbertsoni Coues, 1877 [1]
- Putorius longicauda Coues, 1877 [1]
- Putorius mexicanus Coues, 1877 [1]
- Putorius brasiliensis F. W. True, 1885 [1]
- Putorius arizonensis Mearns, 1891 [1]
- Putorius peninsulae Rhoads, 1894 [1]
- Putorius longicauda spadi Bangs, 1896 [1]
- Putorius affinis C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius alleni C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius frenatus goldmani C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius frenatus leucoparia C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius tropicalis C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius washingtoni C. H. Merriam, 1896 [1]
- Putorius occisor Bangs, 1899 [1]
- Putorius tropicalis perdus C. H. Merriam, 1902 [1]
- Putorius macrophonius D. G. Elliot, 1905 [1]
- Putorius gracilis B. Brown, 1908 [1]
- Mustela costaricensis E. A. Goldman, 1912 [1]
- Mustela saturata G. S. Miller, 1912 [1]
- Mustela primulina H. H. T. Jackson, 1913 [1]
- Mustela arizonensis J. Grinnell & Swarth, 1913 [1]
- Mustela meridana Hollister, 1914 [1]
- Mustela tropicalis J. A. Allen, 1916 [1]
- Mustela peninsulae Harper, 1927 [1]
- Mustela frenata panamensis E. R. Hall, 1932 [1]
- Mustela frenata helleri E. R. Hall, 1935 [1]
- Mustela frenata altifrontalis E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata effera E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata inyonsis E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata latirostra E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata nevadensis E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata pulchra E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata texensis E. R. Hall, 1936 [1]
- Mustela frenata boliviensis E. R. Hall, 1938 [1]
- Mustela frenata affinis Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela frenata frenata Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela frenata longicauda Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela frenata washingtoni Wozencraft, 2005 [1]
- Mustela frenata macrura D. E. Wilson & Mittermeier, 2009 [1]
- Neogale frenata B. D. Patterson, Ramírez-Chaves, J. F. Vilela, Soares & Grewe, 2021 [1]
La Belette à longue queue (Neogale frenata) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des mustélidé. Largement répandue dans le Nouveau Monde, présente en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans la partie occidentale de l’Amérique du Sud, il s’agit du représentant typique du genre Neogale, un groupe constitué de mustélinés endémiques du contient américain.
Bien qu'elle porte le nom vernaculaire de « belette », cette espèce se distingue nettement de la Belette commune (Mustela nivalis). Sa physionomie s'apparente plutôt à celle de l’hermine, appelée localement « short-tailed weasel » (belette à queue courte). Tout comme elle, la Belette à longue queue possède une extrémité de queue noire et subit une mue saisonnière, troquant son pelage brun d'été contre un blanc pur en hiver. C’est pourquoi, elle est également désignée sous les noms de big stoat (« grand roselet ») ou de masked ermine (« hermine masquée »).
Les belettes à longue queue sélectionnent leur habitat selon des critères d'échelle spatiale, privilégiant les parcelles forestières, les haies et les fossés de drainage tout en évitant les terrains agricoles[2]. Elles s'installent généralement dans les forêts ou sous terre, dans des terriers creusés par d'autres petits mammifères [3].
Dénominations
- Nom scientifique valide : Neogale frenata (Lichtenstein, 1831) selon Mammal Diversity Database (13 juin 2026)[1] ;
- Nom normalisé anglais : Long-tailed Weasel ;
- Noms vulgaires : Belette à longue queue[4][5] ;
- Noms vernaculaires : Belette, Belette commune, Putois (désuet), Hermine (erroné)
Taxonomie

La première description de la belette à longue queue dans la taxonomie moderne pourrait remonter à Sevastianoff 1813 en sous le nom de Mustela brasiliensis, cependant, comme aucune localité-type n’a pu être signalée, cette première description fut jugée invalide[6]
L’espèce a pu finalement être décrite par Hinrich Lichtenstein en 1831, dans le genre Mustela sous le nom de Mustela frenata[7],[8].
En 1993, la classification Mustela frenata a été validée dans la deuxième édition de l'ouvrage Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, publié par la Smithsonian Institution Press[8]. Cette classification et le nom Mustela frenata ont également été acceptés par le Global Biodiversity Information Facility (GBIF)[7]. Plus tard, dans une étude publiée en 2021 dans la revue Journal of Animal Diversity, Bruce Patterson et al. ont reclassé la Belette à longue queue dans le genre Neogale aux côtés de deux autres anciennes espèces de Mustela, ainsi que des deux espèces précédemment classées dans le genre Neovison[9].
Évolution

La Belette à longue queue est le produit d'un processus évolutif ayant débuté il y a 5 à 7 millions d'années, lorsque les forêts septentrionales ont laissé place à des prairies ouvertes, déclenchant ainsi une évolution explosive de petits rongeurs fouisseurs. Les ancêtres de la Belette à longue queue étaient plus grands que sa forme actuelle et ont subi une réduction de taille afin de pouvoir exploiter cette nouvelle source de nourriture. La Belette à longue queue est apparue en Amérique du Nord il y a 2 millions d'années, peu de temps avant que l'Hermine n'évolue en tant que « sosie » en Eurasie. L'espèce a prospéré pendant la dernière période glaciaire, car sa petite taille et son corps allongé lui permettaient de se déplacer facilement sous la neige et de chasser directement dans les terriers. L'évolution d'un corps allongé maximise l'efficacité avec laquelle Neogale frenata peut piéger ses proies sous terre, la majeure partie de sa vie se déroulant dans des terriers et des tunnels[10]. La Belette à longue queue et l'Hermine sont restées géographiquement séparées jusqu'à il y a un demi-million d'années, époque où la baisse du niveau de la mer a exposé le pont terrestre de Béring, permettant à l'Hermine de traverser vers l'Amérique du Nord. Cependant, contrairement à cette dernière, la Belette à longue queue n'a jamais franchi ce pont terrestre et ne s'est pas propagée en Eurasie[11].
Phylogénie
Phylogénie du genre Neogale selon Nyakatura et Bininda-Emonds (2012)[12] :
| Mustelinae |
| ||||||||||||||||||||||||||||||
Sous-espèces
| Sous-espèce | Description | Répartition | Synonymes |
|---|---|---|---|
| N. f. affinis Gray, 1874 |
Une grande sous-espèce très sombre, présentant très peu de marques blanches sur la face[13]. | costaricensis (J. A. Allen, 1916) macrurus (J. A. Allen, 1912) | |
| N. f. agilis Tschudi, 1845 |
macrura (J. A. Allen 1916) | ||
| N. f. alleni Merriam, 1896 |
Similaire à arizonensis par sa taille et ses caractéristiques générales, mais avec des parties supérieures plus jaunâtres[14]. | Les Black Hills, Dakota du Sud | |
| N. f. altifrontalis Hall, 1936 |
saturata (Miller, 1912) | ||
| N. f. arizonensis Mearns, 1891 |
Similaire à longicauda, mais de taille plus petite[15]. | Les systèmes de la Sierra Nevada et des montagnes Rocheuses, atteignant la Colombie-Britannique dans la région des Rocheuses. | |
| N. f. arthuri Hall, 1927 |
|||
| N. f. aureoventris Gray, 1864 |
affinis (Lönnberg, 1913) jelskii (Taczanowski, 1881) | ||
| N. f. boliviensis Hall, 1938 |
|||
| N. f. costaricensis Goldman, 1912 |
brasiliensis (Gray, 1874) | ||
| N. f. effera Hall, 1936 |
|||
| N. f. frenata Lichtenstein, 1831 (Sous-espèce type) |
Une grande sous-espèce à longue queue, dotée d'une extrémité noire relativement courte. Sa tête est noire avec des marques blanches bien visibles[16]. | Mexique | aequatorialis (Coues, 1877) brasiliensis (Sevastianoff, 1813) |
| N. f. goldmani Merriam, 1896 |
Similaire à frenata par sa taille et ses caractéristiques générales, mais avec une queue et des pattes postérieures plus longues, un pelage plus sombre et des marques blanches plus restreintes[17]. | Les montagnes du sud-est du Chiapas. | |
| N. f. gracilis Brown, 1908 |
|||
| N. f. helleri Hall, 1935 |
|||
| N. f. inyoensis Hall, 1936 |
|||
| N. f. latirostra Hall, 1936 |
arizonensis (Grinnell and Swarth, 1913) | ||
| N. f. leucoparia Merriam, 1896 |
Similaire à frenata, mais légèrement plus grande et avec des marques blanches plus étendues[18]. | ||
| N. f. longicauda Bonaparte, 1838 |
Une grande sous-espèce dotée d'une très longue queue à l'extrémité noire et courte. Les parties supérieures sont d'un brun jaunâtre pâle ou d'un brun ambre brut clair, tandis que les parties inférieures varient d'un jaune chamoisé soutenu à un orange ochracé[19]. | Les Grandes Plaines à partir du Kansas vers le nord. | |
| N. f. macrophonia Elliot, 1905 |
|||
| N. f. munda Bangs, 1899[20] |
|||
| N. f. neomexicana Barber et Cockerell, 1898 |
|||
| N. f. nevadensis Hall, 1936 |
longicauda (Coues, 1891) | ||
| N. f. nicaraguae J. A. Allen, 1916 |
|||
| N. f. nigriauris Hall, 1936 |
xanthogenys (Gray, 1874) | ||
| N. f. notia Bangs, 1899 |
|||
| N. f. noveboracensis Emmons, 1840 |
Une grande sous-espèce, avec une queue plus courte que celle de longicauda. Les parties supérieures sont d'un brun chocolat riche et foncé, tandis que les parties inférieures et la lèvre supérieure sont blanches teintées de jaunâtre[21]. | L'est des États-Unis, du sud du Maine jusqu'à la Caroline du Nord et vers l'ouest jusqu'à l'Illinois. | fusca (DeKay, 1842) richardsonii (Baird, 1858) |
| N. f. occisor Bangs, 1899 |
|||
| N. f. olivacea Howell, 1913 |
|||
| N. f. oregonensis Merriam, 1896 |
Similaire à xanthogenys, mais plus grande, de couleur plus sombre et avec des marques faciales mais plus réduites[22]. | La vallée de la Rogue River, en Oregon. | |
| N. f. oribasus Bangs, 1899 |
|||
| N. f. panamensis Hall, 1932 |
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| N. f. peninsulae Rhoads, 1894 |
De taille identique à noveboracensis, mais avec un crâne plus proche de celui de longicauda. Les parties supérieures sont d'un brun chocolat terne, tandis que les parties inférieures sont jaunâtres[23]. | La Floride péninsulaire. | |
| N. f. perotae Hall, 1936 |
|||
| N. f. primulina Jackson, 1913 |
|||
| N. f. pulchra Hall, 1936 |
|||
| N. f. saturata Merriam, 1896 |
Similaire à arizonensis, mais plus grande et plus sombre, avec un ventre ochracé et des taches distinctes derrière les commissures des lèvres[24]. | La Chaîne des Cascades. | |
| N. f. spadix Bangs, 1896 |
Similaire à longicauda, mais beaucoup plus sombre[25]. | ||
| N. f. texensis Hall, 1936 |
|||
| N. f. tropicalis Merriam, 1896 |
Similaire à frenata, mais beaucoup plus petite et plus sombre, avec des marques faciales blanches moins étendues et un ventre orange[26]. | La zone côtière tropicale du sud du Mexique et du Guatemala, à partir de Veracruz vers le sud. | frenatus (Coues, 1877) noveboracensis (DeKay, 1840) |
| N. f. washingtoni Merriam, 1896 |
Similaire à noveboracensis par sa taille, mais avec une queue plus longue se terminant par une extrémité noire plus courte[27]. | Washington | |
| N. f. xanthogenys Gray, 1843 |
Une sous-espèce de taille moyenne à longue queue, présentant une face avec des marques blanchâtres et des parties inférieures ochracées[22] | Les zones fauniques sonoriennes et de transition de Californie, des deux côtés de la Sierra Nevada. |
Description
La Belette à longue queue est l'un des plus grand Mustélinés d'Amérique du Nord. Il existe d'importantes divergences selon les sources concernant la limite supérieure de leur taille ainsi que le dimorphisme sexuel : une source indique une longueur corporelle de 30 à 35 cm et une queue représentant 40 à 70 % de la longueur tête-corps. Elle ajoute que, dans la plupart des populations, les femelles sont 10 à 15 % plus petites que les mâles[28], ce qui leur donne environ la même taille qu'une grande Hermine mâle selon une deuxième source[29]. Une troisième source affirme que leur longueur totale varie de 28 à 56 cm, la queue mesurant entre 8 et 15 cm supplémentaires. Elle soutient que la Belette à longue queue pèse entre 85 et 267 g, les mâles étant environ deux fois plus grands que les femelles[30].
Ses yeux sont noirs à la lumière du jour, mais brillent d'un vert émeraude intense lorsqu'ils sont pris dans le faisceau d'une lampe la nuit[31]. Le pelage dorsal est brun en été, tandis que les parties inférieures sont blanchâtres et teintées de brun jaunâtre ou chamoisé, du menton jusqu'à la région inguinale. La queue possède une extrémité noire bien distincte. Les belettes à longue queue de Floride et du Sud-Ouest des États-Unis peuvent présenter des marques faciales de couleur blanche ou jaunâtre. Dans les régions septentrionales, le pelage de la Belette à longue queue devient blanc en hiver, parfois avec des reflets jaunes, mais la queue conserve toujours sa pointe noire[28]. La Belette à longue queue mue deux fois par an : une fois en automne, d'octobre à mi-novembre, et une fois au printemps, entre mars et avril. Chaque mue dure environ 3 à 4 semaines ; elle est régie par la durée de la journée, ainsi que par l'hypophyse. Contrairement à l'hermine, dont les soles plantaires sont densément recouvertes de fourrure toute l'année, la Belette à longue queue a les soles plantaires nues en été[29].
La Belette à longue queue possède des glandes anales odorantes bien développées qui produisent une odeur musquée puissante. L'analyse d'un extrait au dichlorométhane des sécrétions de ces glandes a révélé qu'elles contiennent du 2,2-diméthylthiétane, du 2,4-diméthylthiétane, du 2,3-diméthylthiétane, du 2-propylthiétane, du 3,3-diméthyl-1,2-dithiolane, du 3-éthyl-1,2-dithiolane, de l'indole et de la 2-aminoacétophénone[32]. Contrairement aux mouffettes qui projettent leur excrétions, la Belette à longue queue traîne et frotte son corps sur les surfaces pour y laisser son empreinte olfactive[33], afin de marquer son territoire et, lorsqu'elle est surprise ou menacée, de décourager les prédateurs[34].
- Dans son pelage le plus commun au Refuge faunique national Seedskadee, Wyoming.
- Avec un masque facial noir et blanc au Comté de Sonoma, en Californie.
- Recouvert d’un pelage d’hiver au Parc national de Yellowstone.
Répartition et habitat
Répartition

En Amérique du Nord, l’espèce est distribuée du Canada, dans une grande partie des États-Unis, au Mexique En Amérique centrale, elle est trouvable sur la totalalité de la partie continentale, au Belize, au Guatemala, au Salvador, en Honduras, au Nicaragua, au Costa Rica et au Panama. En Amérique du Sud, en revanche, la répartition de la belette à longue queue est plus parcellaire, elle est distribuée dans une poignée de pays que sont la Colombie, Venezuela, l’Équateur, Pérou, jusqu’au Brésil et en Bolivie[6].
Habitat
Les belettes à longue queue se rencontrent dans une grande variété d'habitats, mais il a été observé qu'elles exploitent à la fois les forêts de conifères et de feuillus, au sein d'un mélange de stades de succession écologique intermédiaires et précoces. Elles préfèrent les forêts ouvertes, les zones boisées ou les zones arbustives, car celles-ci offrent une couverture optimale pour l'habitation et la chasse. Les habitats de la Belette à longue queue s'étendent en altitude depuis le niveau de la mer jusqu'aux prairies alpines. En règle générale, elles sont absentes des milieux secs de broussailles, de buissons et de maquis, tels que les déserts[3]. On suppose que les belettes à longue queue sont sensibles à la fragmentation de leur habitat, car elles évitent de s'installer dans les zones utilisées pour l'agriculture[2].
Taille et répartition de l'habitat
Le domaine vital de la Belette à longue queue est estimé entre 10 à 20 ha, avec des densités moyennes d'un individu par kilomètre carré et un maximum observé de 7 individus par kilomètre carré. Les belettes à longue queue sont de nature solitaire et préfèrent maintenir une certaine distance avec les autres membres de leur propre espèce [35].
Identification
Empreintes et laissées
L'empreinte de la Belette à longue queue mesure environ 25 mm de long. Bien qu'elle possède cinq doigts, seuls quatre d'entre eux sont généralement visibles sur ses pistes. L'unique exception concerne les déplacements dans la neige ou la boue, où les cinq doigts apparaissent. Ses empreintes semblent également plus marquées lorsque l’animal transporte de la nourriture. Un autre moyen de détecter sa présence consiste à chercher les sillons ondulés laissés par sa queue dans la neige.
La Belette à longue queue utilise un endroit précis pour déposer ses excréments. Ce lieu se situe généralement à proximité de son terrier. Elle utilise continuellement cet emplacement jusqu'à ce qu'il soit masqué par des changements environnementaux[36].
Caractéristiques distinctives
Une queue à l'extrémité noire, un pelage ventral blanc jaunâtre et une fourrure brune sur le dos et les flancs sont caractéristiques de la Belette à longue queue. De plus, elle possède de longues vibrisses, un corps long et étroit, des pattes courtes et une longue queue qui mesure environ la moitié de la longueur cumulée de son corps et de sa tête[37],[38],[39]. La Belette à longue queue a une tête de forme triangulaire, accentuée par de petites oreilles rondes situées vers l'arrière du crâne. Les mâles peuvent peser jusqu'au double du poids des femelles en raison de la taille de leur crâne. Les femelles possèdent un crâne plus étroit, ce qui leur permet de chasser plus efficacement à l'intérieur des terriers de leurs proies rongeurs[10]. Comparativement à l'hermine, la Belette à longue queue ne présente pas de ligne blanche sur la face interne de ses pattes[39].
Comportement
Reproduction et développement

La Belette à longue queue s'accouple en juillet-août, mais l'implantation de la cellule-œuf fécondée sur la paroi utérine est différée jusqu'au mois de mars environ. La gestation dure ainsi 10 mois au total, bien que le développement embryonnaire réel ne se déroule que pendant les quatre dernières semaines de cette période. Cette adaptation permet de caler les naissances au printemps, à une période où les petits mammifères abondent. Les portées comptent généralement entre 5 et 8 petits, qui naissent en avril-mai. À la naissance, les petits sont partiellement nus, aveugles et pèsent à peine 3 g, soit environ le poids d'un colibri. La vitesse de croissance de la Belette à longue queue est rapide : dès l'âge de trois semaines, les petits sont bien couverts de poils, peuvent ramper hors du nid et consommer de la viande. À ce stade, ils pèsent entre 21 et 27 g. À cinq semaines, leurs yeux s'ouvrent, et les jeunes deviennent physiquement actifs et vocalisent. Le sevrage commence à cette période, et les petits sortent du nid pour accompagner leur mère lors des sessions de chasse une semaine plus tard. Les jeunes atteignent leur taille adulte à l'automne, période à laquelle la cellule familiale se dissout. Les femelles sont aptes à se reproduire dès l'âge de 3 à 4 mois, tandis que les mâles n'atteignent leur maturité sexuelle qu'entre 15 et 18 mois[33].
Gîte et nidification
La Belette à longue queue établit son terrier sous terre, sous des souches d'arbres ou sous des amas de roches. Elle ne creuse généralement pas ses propres galeries, mais réutilise fréquemment les terriers abandonnés de tamias et autres écureuils terrestres, de gaufres, de taupes ou d’aplodontes[3]. La chambre de nidification, d'un diamètre de 22 à 30 cm, est située à environ 60 cm de l'entrée du terrier. Elle est tapissée de paille et des poils provenant de ses proies[33].
Prédation et moyens de défense
Les principaux prédateurs de la Belette à longue queue sont le coyote, le renard, le lynx roux, le loup et le Lynx du Canada. Lorsqu'elle croise d'autres animaux, la belette peut émettre son odeur musquée, bien que ce ne soit pas son utilité première. En réalité, elle laisse surtout son empreinte olfactive lorsqu'elle quitte un endroit où elle vient de se trouver. Pour ce faire, elle frotte et traîne son corps sur les surfaces avec lesquelles elle a interagi. La Belette à longue queue procède ainsi pour « décourager les prédateurs » de revenir sur les lieux, ce qui indique probablement qu'elle considère cet endroit comme un refuge sûr où elle pourra revenir[30]. Ce type de comportement est également adopté lorsque le petit animal se sent en danger ou lorsqu'elle recherche un partenaire[40]. Grimper aux arbres est un autre mécanisme de défense que la Belette à longue queue utilise contre ses prédateurs terrestres. Elle grimpe à une hauteur raisonnable dès qu'elle perçoit un danger, puis y reste silencieuse et « immobile », fixant son prédateur potentiel. Elle maintient sa vigilance ainsi jusqu'au départ du prédateur, lorsqu'elle estime que le danger est écarté.
Un autre moyen de défense courant réside dans l'extrémité noire de sa queue, qui tranche avec la couleur du reste de son corps[41]. Ce mécanisme est particulièrement efficace en hiver, lorsque la Belette à longue queue arbore un pelage blanc. L'extrémité noire de la queue détourne l'attention des prédateurs du reste du corps, car elle est plus visible à l'œil nu[42]. Cela rend la détection de la silhouette réelle de la belette assez difficile, incitant le prédateur à attaquer la queue plutôt que le corps, ce qui permet à l’animal de s'échapper.
Alimentation

La Belette à longue queue est un chasseur vif et agressif qui n'hésite pas à s'attaquer à des animaux bien plus grands qu'elle. En phase d'approche, elle balance la tête d'un côté à l'autre pour capter l'odeur de sa proie. Elle chasse les petites proies, comme les souris, en fonçant sur elles pour les tuer d'une seule morsure à la tête. Face à des proies plus volumineuses, comme les lapins, elle frappe rapidement pour les surprendre. Elle agrippe la partie du corps la plus proche et grimpe sur l'animal en s'agrippant avec ses pattes, puis manœuvre de manière à lui infliger une morsure mortelle à la carotide[43].

La Belette à longue queue est un carnivore strict qui préfère les proies fraîches ou vivantes, ne consommant des charognes que lorsqu'elles sont stockées dans ses propres terriers. Les rongeurs constituent la quasi-totalité de son alimentation lorsque la ressource est disponible. Ses proies principales se composent de souris, de rats, d'écureuils, de tamias, de musaraignes, de taupes et de lapins. Occasionnellement, elle peut consommer de petits oiseaux, des œufs d'oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des poissons, des vers de terre et quelques insectes. L'espèce a également été observée en train de capturer des chauves-souris au sein de leurs colonies de mise bas. Elle pratique parfois le surplus killing, généralement au printemps lorsque les petits doivent être nourris, ainsi qu'à l'automne. Une partie de ces proies excédentaires peut être conservée, mais elles sont généralement laissées à l'abandon sans être consommées. En captivité, les jeunes consomment entre le quart et la moitié de leur propre poids en 24 heures, tandis que les adultes n'ingèrent qu'entre un cinquième et un tiers de leur poids. Après avoir tué sa proie, la Belette à longue queue lape son sang, mais ne le suce pas, contrairement à une croyance populaire tenace. Chez les petites proies, la fourrure, les plumes, la chair et les os sont entièrement consommés, tandis que seule une partie de la chair est prélevée sur les grosses proies. Lorsqu'elle dérobe des œufs, la Belette à longue queue les retire du nid un par un, puis les transporte dans sa gueule jusqu'à un endroit sûr où elle en brise le sommet pour en lécher le contenu. Si elle a des petits dans son terrier, elle peut également transporter l'œuf intact dans sa gueule sur tout le trajet du retour[43].
Significations culturelles
En Amérique du Nord, les Amérindiens (notamment dans la région du comté de Chatham, en Caroline du Nord) considéraient la Belette à longue queue comme un mauvais présage ; croiser son chemin annonçait une « mort rapide »[44].