Mustela
genre de mammifères
From Wikipedia, the free encyclopedia
Mustela[19] est un genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Ce groupe comprend les plus petits représentants de l'ordre des carnivores, communément désignés sous les noms de « belette » ou « hermine » pour les petites espèces, et « putois » ou « vison » pour les plus grandes.
- Putorius Frisch, 1775[note 1][3]
- Mustella Scopoli, 1777[note 2]
- Putorius G. Cuvier, 1817[5]
- Arctogale Kaup, 1829[note 3]
- Ictis Kaup, 1829[note 4]
- Foetorius Keyserling & J.H. Blasius, 1840[6]
- Gale J.A. Wagner, 1841[7]
- Lutreola J.A. Wagner, 1841[7]
- Vison J.E. Gray, 1843[8]
- Gymnopus J.E. Gray, 1865[note 5]
- Hydromustela Bogdanov, 1871[10]
- Mustelina Bogdanov, 1871
- Cynomyonax Coues, 1877[11]
- Eumustela Acloque, 1899[12]
- Mammustelaus Herrera, 1899[13]
- Kolonokus Satunin, 1911[14]
- Kolonocus Satunin, 1914[note 6][15]
- Plesiogale Pocock, 1921[note 7][16]
- Pocockictis M. Kretzoi, 1947[note 8][17]
- Cryptomustela Abramov, 2000[18]
Classification
Étymologie des noms et synonymes
- Mustela : du latin mustela (« belette »), dérivé du diminutif de mus, muris (« souris »)[20].
- Putorius : du latin putor (« puanteur, fétidité »), en raison des sécrétions anales odorantes des putois[20].
- Arctogale : du grec ancien ἀρκτος (arktos, « ours ») et γαлеῆ (galeē, « belette »)[20].
- Ictis : du grec ancien ἰκτίς (iktis), voulant dire « belette » ou « fouine »[20].
- Foetorius : du latin fetor (« mauvaise odeur »)[20].
- Lutreola : du latin lutra (« loutre ») complété du suffixe diminutif -ola (« Loutrelle », « petite loutre »)[20].
- Vison : de l'islandais vison (« sorte de martre »), proche du suédois vissen (« desséché »)[20],[21].
- Gymnopus : du grec ancien γυμνός (gumnos, « nu ») et πούς (pous, « pied »), pour désigner des plantes de pattes nues[20].
- Cynomyonax : composé à partir du genre Cynomys (le chien de prairie) et de ἄnaξ (anax, « roi »), signifiant littéralement « le roi / maître des chiens de prairie », désigne le putois à pieds noirs, car il en est le prédateur exclusif[20].
- Kolonokus : transcription du russe колонóк (kolonok), nom vernaculaire sibérien de l'espèce Mustela sibirica[14].
Histoire taxonomique
Le genre Mustela a été conceptualisé pour la première fois dans la taxonomie moderne dès la première édition du Systema Naturæ de Carl von Linné. Il s’agit du genre nominal de la famille des Mustélidés. Dans la première édition, le genre est représenté par des espèces appelées M. martes, M. zibellina, M. viverra, M. mustela et M. putorius. Les espèces issues de la dixième édition du Systema Naturæ (1758) sont :
- Mustela lutris - La saricovienne (Loutre de mer)
- Mustela lutra - La loutre
- Mustela gulo - Le glouton
- Mustela barbara - Le Tayra
- Mustela Martes - La Martre
- Mustela putorius - Le Putois
- Mustela furo - Le furet
- Mustela zibellina - La zibelline
- Mustela erminea - L’hermine - qui est l’espèce-type de ce genre, la belette (Mustela nivalis) ne sera décrite que dans la douzième édition du Systema Naturæ en 1766 [1].
Par la suite, ce genre s’enrichira d’un grand nombre d’espèces au cours de l’Histoire, qui intègrent d’autres genres comme les Martes (Martes), les Zorilles (Ictonyx), d’autres familles comme les méphitidés ou les Eupléridés, voire d’autres classifications comme certains marsupiaux comme les Daysures.
Le genre se dote également de plusieurs synonymes, comme Putorius par le zoologiste Frédéric Cuvier en 1817[5]. En 1877, Elliott Coues réévalue ce dernier terme comme un sous-genre et n’intègre que le putois d’Europe, le furet et le putois des steppes. Le putois à pieds noirs (Mustela nigripes), auparavant placé dans un sous-genre distinct nommé Cynomyonax[11].
En 1911, le zoologiste Alexei Satunin a proposé une distinction plus fine en créant le sous-genre Kolonokus, afin de regrouper les mustélidés asiatiques présentant cette morphologie intermédiaire entre le vison et l'hermine, comme l’Itatsi (Mustela itatsi) indigène du Japon, mais surtout le kolonock (Mustela sibirica), désigné à la fois sous le nom de belette, de putois ou de vison de Sibérie[14]. Cette velléité d'indépendance taxonomique a été poussée plus loin par d'autres auteurs, comme Janusz Domaniewski en 1926, qui a élevé ce groupe au rang de genre à part entière sous la graphie Kolonocus[15].
Les espèces décrites dans la première édition du Mammal Species of the World en 1982 comprenaient encore les espèces du Nouveau Monde classées aujourd'hui dans d'autres genres proches.
Histoire contemporaine et phylogénie
En 1997, le genre Neovison est érigé par les zoologistes Gennady F. Baryshnikov et Alexei V. Abramov pour y classer le Vison d'Amérique, auparavant nommé Mustela vison. Cette distinction taxonomique repose principalement sur l'analyse comparative de la morphologie du baculum (os pénien) au sein de la famille des Mustelidae, révélant des différences structurelles majeures avec les autres membres du genre Mustela[18].
Durant le XXe siècle, au sein du genre Mustela, les espèces ont longtemps été classées de manière informelle en trois catégories morphologiques : les « petites belettes » (Mustela ou anciennement ictis), les « grandes belettes » ou « visons » (Lutreola) et les « putois » (Putorius). Toutefois, une étude moléculaire publiée en 2008, fondée sur l'ADN mitochondrial, a démontré que ces subdivisions étaient invalides, révélant notamment que le Vison d'Europe (Mustela lutreola) ést génétiquement plus proche des putois que des autres espèces autrefois classées dans le sous-genre Lutreola[22].
Le Vison d'Amérique, déjà reclassé dans son propre genre, l’a été une nouvelle fois dans le genre Neogale en 2021 aux côtés cette fois-ci d’autres Mustela du Nouveau Monde, à savoir la Belette à longue queue (Mustela frenata), la Belette d'Amazonie (Mustela africana) et la Belette de Colombie (Mustela felipei). Entre temps, l’hermine subit une scission en trois espèces distinctes : une eurasienne (M. erminea), une américaine (M. richardsonii) et une autre insulaire cantonnée à l'ouest du Canada (M. haidarum) [23].
En 2025, une analysis phylogénomique globale a affiné les clades internes du genre, tout en soulevant l'opportunité d'exclure définitivement les lignées indo-malaises du sous-genre Pocockictis (comme Mustela strigidorsa), qui ont divergé du reste du groupe il y a environ 11,5 millions d'années[24].
Espèces
Espèces actuelles, selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) (8 septembre 2013)[25], ITIS (8 septembre 2013)[26], Catalogue of Life (8 septembre 2013)[27], Mammal Diversity Database[28] et la phylogénie nucléaire de Totikov et al. (2025) :
| Sous-genre | Groupes phylogénétiques | Espèces | Répartition et habitat | Statut UICN |
|---|---|---|---|---|
| Pocockictis M. Kretzói, 1947 |
Clades Indo-malais (Lignées basales et tropicales) |
Mustela strigidorsa J.E. Gray, 1853 Belette à dos rayé |
Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. Lignée la plus basale du genre. |
|
| Mustela nudipes A.G. Desmarest, 1822 Nudipède Putois à pieds nus |
Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est insulaire. |
|||
| Mustela Linnaeus, 1758 |
— | Mustela lutreolina Robinson & Thomas, 1917 Belette d'Indonésie |
Habitat : Forêts de montagne (Java et Sumatra). |
|
| Mustela kathiah B.H. Hodgson, 1835 Cataquil Belette à ventre jaune |
Habitat : Forêts d'altitude de l'Himalaya et d'Asie du Sud. |
|||
| Groupe des « Hermines » | Mustela erminea Linnaeus, 1758 Hermine (Stricto sensu) Hermine d'Eurasie |
Habitat : Zones tempérées et polaires d'Eurasie. | ||
| Mustela haidarum Preble, 1898 Hermine Haïda |
Haida Gwaii et archipel Alexandre (Amérique du Nord). | |||
| Mustela richardsonii Bonaparte, 1838 Hermine d'Amérique |
Amérique du Nord (Canada et USA). Divergence confirmée de M. erminea. | |||
| — | Mustela russelliana Thomas, 1911 |
Endémique de Chine : Shaanxi et massif des monts Qinling [29]. | ||
| Groupe des « Belettes » | Mustela nivalis Linnaeus, 1766 Belette (Stricto sensu) Petite belette |
Habitat : Cosmopolite (Holarctique). Plus petite espèce de l'ordre Carnivora. |
||
| Mustela altaica Pallas, 1811 Belette altaïque Belette de montagne |
Habitat : Haute altitude et steppes rocheuses d'Asie. |
|||
| Mustela subpalmata Hemprich & Ehrenberg, 1833 Belette subpalmée Belette d’Égypte |
Endémique d'Égypte (principalement la basse vallée du Nil). | |||
| Mustela mopbie Wei et al., 2025[30] |
Endémique de Chine : Réserve nationale de Dafengding, Sichuan. | |||
| Groupe des « Kolonokus » | Mustela sibirica Pallas, 1773 Kolonock Vison de Sibérie |
Asie de l'Est et centrale. Groupe frère du Vison d'Europe. |
||
| Mustela itatsi Temminck, 1844 Itatsi Vison du Japon |
Natif du Japon. Espèce distincte de M. sibirica. |
|||
| Groupe « Lutreola » | Mustela lutreola (Linnaeus, 1761) Loutrelle Vison d'Europe |
|||
| Groupe des « Putorius » | Mustela putorius Linnaeus, 1758 Putois (stricto sensu) Putois d'Europe |
Europe et Russie occidentale. |
||
| Mustela furo Linnaeus, 1758 Furet |
Forme exclusivement domestique issue du Putois d'Europe. | |||
| Mustela eversmanii Lesson, 1827 Putois d'Eversmann |
Steppes d'Eurasie centrale. |
|||
| Mustela nigripes (Audubon & Bachman, 1851) Putois à pieds noirs |
Amérique du Nord. Espèce inféodée aux colonies de chiens de prairie. |
Espèces fossiles
Plusieurs espèces éteintes de fossiles ont été décrites à travers l'Eurasie du Miocène au Pléistocène [31],[32],[33],[34],[35] :
- † Mustela constricta Teilhard de Chardin & Pei, 1941 (Asie ; Pléistocène)
- † Mustela kuzuuensis (Shikama, 1949) (Asie ; Pléistocène)
- † Mustela majori Weithofer, 1888 (Europe ; Miocène)
- † Mustela palerminea (Petényi, 1864) (Europe ; Pliocène)
- † Mustela pliocaenica Stach, 1959 (Europe ; Pliocène)
- † Mustela plioerminea Stach, 1959 (Europe ; Pliocène)
- † Mustela praenivalis Kormos, 1934 (Europe ; Pléistocène)
- † Mustela sinensis Yang & Liu, 1951 (Asie ; Pléistocène)
- † Mustela stromeri Kormos, 1934 (Europe ; Pliocène)
Phylogénie du genre Mustela
Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025)[24] :
| Genre Mustela |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Description et caractéristiques
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 1 |
| 2 | 3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 34 | |||||||
| D formule dentaire du genre Mustela | |||||||
Les espèces de ce genre sont des prédateurs vifs et rapides, caractérisés par un corps particulièrement allongé et des membres courts. Leur pelage varie du blanc au brun foncé selon les taxons et les saisons. La tête est plate et étroite, dotée de petites oreilles, de grands yeux, et se trouve portée par un long cou rétractile. La queue est généralement longue et touffue[36]. Leur taille corporelle s'étale de 11,4 à 56,2 cm de long, la queue mesure de 4,2 à 26 cm, pour une masse totale oscillant entre 25 et 2 005 g. Un fort dimorphisme sexuel est présent, les mâles étant nettement plus grands et lourds que les femelles[36],[37]. La formule dentaire caractéristique du genre se traduit par un total de 34 dents, marqué par un développement prononcé des canines et des carnassières adaptées à la capture de petits rongeurs[36].
Distribution géographique
Les espèces du genre Mustela possèdent une répartition principalement holarctique, occupant une grande variété d'habitats en Amérique du Nord, en Eurasie ainsi qu'en Afrique du Nord[38],[36],[39].











