Plan de l'attaque française du port de Grenade.La bataille de la Grenade, le , occasion manquée de détruire l'escadre anglaise, malgré les conseils de Suffren à d'Estaing.
Navire construit sur les plans de Léon Guignace, en service de 1779 à 1806 où elle est capturée par la Royal Navy le , rebaptisée HMS Proserpine sans jamais aller en mer, elle fut détruite en 1806;
La première frégate de 12 est l’Hermione, lancée en 1748 à Rochefort, portant 26 canons. Les frégates suivantes portent presque toutes 6 canons de 6 livres sur le pont en plus de la batterie de 26 canons de 12 livres. Ce modèle est aussitôt produit en grand nombre en France. La Bellone reçoit une coque doublée au moyen de plaques de cuivre, devenant le troisième navire à appliquer une pratique qui se répand alors au sein de la Marine royale française.
Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay (1723-1780) apprend à Paris qu'il doit faire l'accompagnement du convoi qui va transporter les troupes du comte de Rochambeau au Nouveau Monde pour aider les Américains dans leur lutte contre les Anglais. Il se rend à Brest et prend le commandement d'une escadre qui comprend:
Le Duc de Bourgogne, 80 canons, commandé par Charles de Médine (1736-1819), capitaine de pavillon[2], Le Neptune, 74 canons, capitaine Charles Sochet des Touches (1727-1793), Le Conquérant, 74 canons, capitaine de Lagrandière, La Provence, 64 canons, capitaine de Lombard, L'Ardent, 64 canons, capitaine cher Charles-René Bernard de Marigny, Le Jason, 64 canons, capitaine Chadeau de la Clocheterie, L'Éveillé, 64 canons, capitaine Le Gardeur de Tilly, Le Fantasque, armé en flûte, 64 canons, capitaine Vaudoré, 1 200 tonneaux, servant d'hôpital et pouvant transporter 150 hommes, La Surveillante, flûte, capitaine Armand-François Cillart de Surville (1730-1801), L'Amazone, flûte, capitaine de La Pérouse et la frégate la Bellone, La Guêpe, cutter, capitaine Édouard-Charles-Victurnien Colbert (1758-1820), comte de Maulévrier[3],[4]
Le la Bellone quitte Brest[5], sous les ordres de l'amiral de Ternay. Le convoi d'une trentaine de transports, ne connaît pas sa destination, le temps est assez beau. Ternay choisit la route du Sud, moins risquée. C'est seulement le que les officiers apprennent leur véritable destination. Au cours du voyage ils éviteront les combats, leur vraie mission est le transport des renforts aux Américains dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Après 69 jours, ils arrivent au large de Rhode Island, à Boston le . Ternay meurt du Typhus en décembre de la même année, et l'intérim est assuré par Sochet des Touches en attendant l'arrivée de Barras de Saint-Laurent en . En , la Bellone est sous le commandement de Armand-François Cillart de Surville (1730-1801), au large du cap de Bonne-Espérance, escortant les transports Necker et Sévère. L'escadre a rencontré le HMS Hannibal(en) de 50 canons qui a capturé les transports pour le amenés à Sainte-Hélène, tandis que la Bellone faisait voiles vers l'Isle de France, venant renforcer l'escadre française sous le commandement du contre-amiral Thomas d'Estienne d'Orves, puis le à la suite de la mort de l'amiral Thomas d'Estienne d'Orves, Suffren donne le commandement de Bellone à Jean André de Pas de Beaulieu (1750-1783)[6].
Le , sous les ordres du capitaine de Beaulieu, Bellone revint à Tranquebar, située à 15 kilomètres de Kairakal, après avoir croisé dans l'océan Indien, où elle avait capturé ou détruit 14 navires marchands[7]. En , Bellone a capturé l'Indiaman oriental Cartier, qui est venu de Chine et l'a amenée à Batacalo[8]. Au mois de juin de la même année, elle a capturé un britannique sur la route de Nagapattinam[9] que les Français ont mis en service comme à Négapatam. Le mois suivant, partie de Négapatam la Bellone, était à Pondichéry avec l'escadre française sous l'amiral Suffren, mais sa disposition ultérieure est inconnue[10]. Vers la fin du mois de mai, Bellone prit le Raiker, avec une cargaison d'arak et trois petits navires, près du fort de Nagapattinam[11].
Le a lieu la bataille de Négapatam à laquelle la Bellone participe sous les ordres de Beaulieu. À la suite de ce combat naval, Suffren promut Beaulieu au commandement du Brillant, le remplaçant à la tête de la Bellone par Antoine Melchior Gaspard de Bernier de Pierrevert (1753-1782)[12]. Le , Suffren appareille pour Ceylan. Il dispose de munitions nécessaire pour mener un petit siège et a pris soin d'embarquer à son bord M. des Roys, chef du génie du corps expéditionnaire, et quelques artilleurs. Il envoie la Bellone en éclaireur pour prévenir les Hollandais du retour de l'escadre. le , lors de cette courte traversée un incident de mer se produit entre l' Orient, et la Fine, causant des avaries assez sérieuses à l'avant de la frégate du nouveau capitaine qui fait ses premières armes le lendemain l'escadre mouille à Batcaloa pour quelques jours[13]
Le , à l'approche de la bataille de Trinquemalay, la Bellone se fait endommager son grand mât par une rafale de vent et s'embarqua pour Batacalo pour des réparations. Suffren décide d'attirer à lui l'escadre anglaise en s'emparant de Trinquemalay et de ses deux forts, ce qui est réussi entre le 26 et . L'escadre de Hughes se présente devant la baie de Trinquemalay le . Un e fois de plus l'affrontement est indécis, mais la Bellone bombardée par le HMSCoventry commandé par Andrew Mitchell (1757-1803). qui tua ou blessa les officiers supérieurs de Bellone, dont M. de Bernier de Pierrevert qui eut la tête emportée par un boulet de canon, à l'âge de 29 ans[14].
À la suite de la bataille de Trinquemalay, Suffren nomme Louis Thomas Villaret de Joyeuse (1748-1812) commandant de la Bellone, et l'envoie pour reconnaître le port de Cuddalore et enquêter si une attaque britannique était imminente[15]. Villaret de Joyeuse est revenu le et a pu signaler que tout était calme à Cuddalore[16].
De mai à elle navigue sur la mer du Nord avant de rentrer à Brest. Le elle est sous le commandement du lieutenant Leprince qui se suicide et c'est son premier officier le lieutenant Lafargue qui prend le relais[19]. En , elle s'échoue à Quiberon, mais elle est renflouée avec succès[19],[20].
Lithographie d'après le Combat du 13 Prairial An II () d'Auguste Mayer.
La bataille de l'île de Toraigh, huile sur toile de Nicholas Pocock, 1799
En elle est sous le commandement du lieutenant Jacques Anne Anger[19], né à Dinan en 1766, receveur des fermes de Bretagne[21] La Bellone passe de Bergen à Brest[19], pour participer à l'Expédition d'Irlande à l'automne de 1796[19].
Sous le commandement de Jacob elle participe le [22] à la Bataille de l'île de Toraigh, après avoir été gravement endommagée, elle est finalement capturée par les HMS Melampus(en) et HMS Ethalion(en), puis ramenée en Angleterre ou elle deviendra HMS Proserpine. Dans son dernier combat elle perdit 20 hommes et 45 blessés[23].
En elle était sous le commandement du capitaine anglais William Ferris, basée à Plymouth pour y être réparée, elle resta là à l'état d'épave et fut vendue pour la destruction le [24].
↑Note: Nagapattinam ou Nagappattinam (anciennement Negapatam ou Shiva Rajadhani) est une ville sur la côte du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde. C'est le centre administratif du district de Nagapattinam.
↑(l’) Amphitrite – Flûte de guerre française, mise en service en 1782; de l'escadre Guichen à Cadix en 1782; perdue en juin 1791. Jean-Michel ROCHE, p.40. – AE/B/I/290, fol. 31-31v; AE/B/I/290, fol. 54-55
Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t.1 (1671-1870), Groupe Retozel-Maury Millau, (ISBN978-2-9525917-0-6, OCLC165892922).
Rif Winfield, Navires de guerre britanniques à l'ère de la voile 1793–1817: conception, construction, carrières et destins, Éditions Seaforth, (ISBN1-86176-246-1).