Bernard Bajolet

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Naissance
Nom de naissance
Bernard Robert BajoletVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Bernard Bajolet
En .
Fonctions
Directeur général de la Sécurité extérieure
-
Ambassadeur de France en Afghanistan
-
Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme
-
Ambassadeur de France en Algérie
-
Ambassadeur de France en Irak
-
Jean-François Girault (d)
Ambassadeur de France en Bosnie-Herzégovine
-
Yves Gaudeul (d)
Henry Zipper de Fabiani (d)
Ambassadeur de France en Jordanie
-
Denis Bauchard (d)
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Bernard Robert BajoletVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Distinctions

Bernard Bajolet, né le à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), est un diplomate français, spécialiste du renseignement, expert du monde arabo-musulman et ancien directeur général de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE).

Après sa carrière, il voit la tranquillité de sa retraite interrompue un temps en 2022 à la suite de sa mise en examen puis condamnation dans l'affaire du patrimoine clandestin de la DGSE.

Bernard Bajolet a suivi ses études secondaires au lycée Henri-Poincaré de Nancy. Il est un ancien élève de Sciences Po Paris de 1968 à 1971, puis effectue son service militaire essentiellement en Allemagne (11e régiment du génie à Rastatt). Admis à l'École nationale d'administration (ENA), il en sort en 1975 (promotion Léon Blum)[1] avec Martine Aubry, Pascal Lamy et Alain Minc[2].

Carrière diplomatique

Apprentissage des fonctions diplomatiques

Bernard Bajolet a effectué la plus grande partie de sa carrière au sein du ministère des Affaires étrangères[3].

Il a d'abord occupé le poste de premier secrétaire à l'ambassade de France en Algérie de 1975 à 1978. C'est à cette occasion qu'il rencontre François Hollande qui faisait un stage à l'ambassade de huit mois en 1978[4].

En 1978, il est nommé à l'administration centrale du Quai d'Orsay à Paris auprès du porte-parole Louis Delamare, ambassadeur de France assassiné au Liban en 1981. Bernard Bajolet est chargé des dossiers européens. Puis le secrétaire d’État aux affaires européennes, Pierre Bernard-Reymond, l’appelle à son cabinet pour assurer durant quelques mois les contacts avec le Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel. Il est nommé premier secrétaire à l'ambassade de France au Luxembourg en 1979.

Nommé deuxième conseiller à l'ambassade de Rome en 1981, auprès de l'ambassadeur Gilles Martinet, il suit particulièrement les questions militaires. En 1985-1986, il prend une année sabbatique à l’université Harvard de Cambridge (Massachusetts) à l’issue de laquelle il rédige un rapport sur « les États-Unis et la défense de l’Europe ».

Expert du monde arabo-musulman

En 1986, il est nommé premier conseiller à Damas, auprès de l’ambassadeur Alain Grenier. Il perfectionne sa connaissance de l'arabe.

En 1991, il occupe le poste de directeur adjoint de la direction Afrique du Nord et Moyen-Orient (ANMO) au Quai d’Orsay.

Familier du monde arabe et réputé habitué aux missions difficiles, il exerce ensuite comme ambassadeur de France en Jordanie (1994-1998), en Bosnie-Herzégovine (1999-2003), en Irak (2004-2006), puis en Algérie (2006-2008).

Il occupe enfin les fonctions d'ambassadeur de France en Afghanistan de à , poste dans lequel il a contribué à la libération, annoncée le , de Charles Ballard[5]. Il est élevé à la dignité d'ambassadeur de France le [6].

Services de renseignement

Il est nommé le au poste nouvellement créé de coordonnateur national du renseignement auprès du président de la République, Nicolas Sarkozy[7]. Il reste en fonction jusqu'en [2].

Le , il est nommé directeur général de la DGSE[8] en conseil des ministres par le président de la République François Hollande.

En , atteint par la limite d'âge, il est maintenu en poste un an de plus grâce à un amendement sur mesure[9]. Il quitte la DGSE le . L'intérim est assuré par le général de corps d'armée Jean-Pierre Palasset[10].

Le journaliste René Backmann le considère comme le « seul arabisant et familier du terrain » de l’Afrique ou du Moyen-Orient parmi les participants « aux conseils de défense où sont prises les décisions politico-militaires les plus importantes » durant la présidence de François Hollande[11].

Concernant la guerre civile syrienne, Bernard Bajolet estime, dans une interview au Monde en , que la « France ne pouvait pas prendre une position différente de celle qu’elle a eue, plus neutre et plus en retrait. La marge de manœuvre était très étroite »[12]. Il s'interroge cependant sur « l’intérêt profond de la France dans le dossier syrien au-delà de la lutte contre le terrorisme »[12]. Selon lui le revirement américain après le massacre de la Ghouta a été un tournant du conflit qui a laissé le champ libre à la Russie et a redonné l'avantage au camp loyaliste[12]. Le régime de Bachar el-Assad, en position de force et refusant tout compromis, est selon lui « irréformable »[12]. Il estime également que « la France paraît marginalisée, mais elle a dit la justice et le droit. Quand on le fait, on a toujours raison à terme, même si on passe par une phase où l’on paraît à l’écart des événements »[12].

Il conseille le réalisateur Éric Rochant sur sa série du Le Bureau des légendes[2].

Le , Bernard Bajolet livre, à la barre du procès des attentats du 13 novembre 2015, des informations, jusqu'alors ignorées du dossier d'instruction, sur l'étendue des connaissances de la DGSE avant les attentats : il affirme que les services savaient dès 2014 « qu'un ordre avait été de frapper [...] la France », que plusieurs « opérationnels [...] s’entraînaient dans ce but », et que « six ou sept » membres du futur commando étaient déjà connus. Il révèle que la DGSE suivait le chef opérationnel des attentats, Abdelhamid Abaaoud, depuis 2013, qu'il devient une cible prioritaire après la vidéo où on « le voit [...] traîner des cadavres en [...] en 2014 », et que ses déplacements étaient brouillés par des communications mutualisées avec d'autres terroristes et une intox volontaire de son entourage. Bajolet dévoile également que le cerveau Oussama Atar est suivi par les services français depuis 2004, confirmant qu'il s'agissait du « commanditaire » auquel il faisait allusion, lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, en 2016. Il décrit enfin des coopérations internationales contrastées, le rôle jusque-là passé sous silence de la DGSE dans plusieurs projets d’attentats déjoués en Belgique et à Marseille, et reconnaît que le 13-Novembre représente pour son service « un échec » malgré des actions préventives demeurées secrètes[13].

Affaire judiciaire

Le , Bernard Bajolet est mis en examen pour « complicité de tentative d'extorsion et atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l'autorité publique », envers Alain Duménil, un homme d'affaires franco-suisse qui accuse des agents du service de renseignement d'avoir fait usage de la contrainte pour lui réclamer 15 millions d'euros en 2016[14]. Cette intervention concernait un fonds secret de la DGSE datant de l'après-Première Guerre mondiale, confié au propriétaire de plusieurs marques de luxe françaises au début des années 2000 pour les faire prospérer. La disparition des fonds fait l'objet d'interprétations divergentes : Duménil expliquant cette perte par des aléas financiers ordinaires, tandis que la DGSE allègue des malversations, ce que confirment un jugement du tribunal de commerce de Paris et la Cour de cassation qui ont qualifié de frauduleuse l'opération financière[15].

Bernard Bajolet comparaît les 6 et 7 , devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « complicité de tentative d'extorsion et atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l'autorité publique »[16],[17]. Le 7 , le parquet requiert 6 à 8 mois de prison avec sursis. Le , il est condamné par le tribunal de Bobigny à un an de prison avec sursis[18]. Cette condamnation ne sera pas inscrite au casier judiciaire de Bernard Bajolet.

Distinctions

Décorations

Récompense

  • Prix de l'essai géopolitique 2019 de l'ILERI pour son ouvrage, Le soleil ne se lève plus à l'est[21]

Publication

Notes et références

Liens externes

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