Ambassade de France en Irak

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LieuAbu Nawas, Emplacement 102, rue 55, n° 7
Bagdad
AmbassadeurPatrick Durel
Ambassade de France en Irak
Drapeau de la France
France
Vue de la mission diplomatique
Logo de l'ambassade de France en Irak.

Lieu Abu Nawas, Emplacement 102, rue 55, n° 7
Bagdad
Coordonnées 33° 18′ 43″ nord, 44° 25′ 17″ est
Ambassadeur Patrick Durel
Nomination
Site web https://iq.ambafrance.org/
Géolocalisation sur la carte : Bagdad
(Voir situation sur carte : Bagdad)
Ambassade de France en Irak
Géolocalisation sur la carte : Irak
(Voir situation sur carte : Irak)
Ambassade de France en Irak

Voir aussi : Ambassade d'Irak en France

L'ambassade de France en Irak est la représentation diplomatique de la République française auprès de la république d'Irak. Elle est située à Bagdad, la capitale du pays, et son ambassadeur est, depuis 2024, Patrick Durel.

L'ambassade est au cœur d'un litige judiciaire entre les ayant-droits d'Ezra et Khedouri Lawee, deux frères juifs irakiens qui ont fait construire le bâtiment, leur résidence familiale jusqu'à leur départ forcé d'Irak en 1948, et l'État français, qui d'après ces ayants-droit a cessé d’honorer le paiement du loyer de l'ambassade depuis 1974.

L'ambassade est située à Bagdad et accueille aussi une section consulaire.

Histoire

La bâtiment de l'ambassade est construit entre 1935 et 1937 par les frères Ezra et Khedouri Lawee qui ont fait fortune dans le négoce de voitures américaines au Moyen-Orient[1] Située au bord du Tigre, la vaste demeure, surnommée Beit Lawee la maison des Lawee », en hébreu), est dotée de colonnades néoclassiques, d'une piscine, autant de symboles de la réussite économique des frères Lawee qui y logent leur famille[2].

En raison des risques pesant sur la communauté juive d'Irak dans les années 1940, le Farhoud, une émeute sanglante contre les Juifs de Bagdad, survient en , les Lawee décident d'émigrer au Canada en 1948[1],[2]. La majorité des Juifs irakiens quittent le pays en 1950-52[1] durant l'opération Ezra et Néhémie, un pont aérien qui les conduit en Israël, ce qui leur vaut d’être déchus de leur nationalité irakienne et expropriés. Ce n'est pas le cas des Lawee qui échappent à ce sort de par leur choix d'émigrer au Canada. Ils conservent donc leur titre de propriété sur ce foncier et en confient la gestion à un gardien de confiance[1],[2].

En 1964, les Lawee louent leur résidence à la France qui a pour projet d'y installer son ambassade. Le contrat locatif prévoit le versement à l’État irakien d'un loyer ainsi que la remise d'un loyer complémentaire à la famille Lawee sur un compte ouvert en France[2],[1]. Suite à la Guerre des Six Jours, les mesures discriminatoires visant les Juifs irakiens sont renforcées. Les derniers juifs du pays sont assignés à résidence, leurs biens sont gelés. Certains d'entre eux, accusés de trahison au bénéfice d'Israël, sont emprisonnés et condamnés à mort[2]. En 1969, le parti Baas irakien prend le pouvoir et exige d'être le bénéficiaire exclusif des versements[1]. Cependant, une somme complémentaire continue d'être versée à la famille, sur leur compte français.

En 1974, la France interrompt ces versements à la famille Lawee[1]. D'après Philip Khazzam, l'un des héritiers des Lawee, cette date est concomitante avec le rapprochement du nouveau président français, Valéry Giscard d'Estaing avec le régime baasiste, qui se traduira notamment par une coopération étroite dans le domaine du nucléaire civil[2]. Les Lawee prennent dès cette époque attache avec les autorités françaises pour obtenir le règlement des loyers impayés, mais sans succès[2]. Toujours d'après Philip Khazzam, les autorités françaises ont bénéficié grâce à la mesure discriminatoire visant les Juifs irakiens, d'une importante ristourne sur leur loyer, en effet, l’État irakien a appliqué, sur les biens gelés un prix locatif largement inférieur à celui du marché[2], ce qui reste le cas en 2025[2].

À partir de 1991, pendant la guerre du Golfe, la France rompt ses relations avec l'Irak, la France y nomme néanmoins, à partir de 1995, des diplomates « sous pavillon roumain » afin de veiller sur ses intérêts[2].

Lorsque la France rouvre l'ambassade en 2004, suite à l'invasion par les États-Unis en 2003, Philip Khazzam, un petit-fils d'Ezra Lawee, vivant à Montréal, mandate l'avocat Lucien Bouchard, ancien premier ministre du Québec, afin de prendre contact avec le ministère des Affaires étrangères français et faire valoir les droits de sa famille, mais sans succès[2].

En 2021, Philip Khazzam, associé à plusieurs de ses cousins[2] fait appel à l'avocat français, Jean-Pierre Mignard, connu pour ses liens avec l'entourage de l'ancien président François Hollande[2]. Ce dernier parvient à nouer le dialogue avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, dont il est proche. Des rendez-vous ont lieu au Quai d'Orsay et Le Drian mandate l'ambassadeur en exercice à Bagdad pour sensibiliser les autorités irakiennes sur la question. Cependant, le ministre quitte son poste en 2022 sans qu'il n'y ait eu d'évolutions dans le dossier[2].

L'immobilisme de l’État français pousse la famille Lawee à attaquer la France devant le tribunal administratif de Paris[1] en , réclamant « plus de 21 millions d’euros, dont 7 millions au titre du préjudice moral »[2].

Ambassadeurs de France en Irak

De À Ambassadeur
19461947M. Rémérand[3]
19471950Georges Balaÿ[4]
19501953Achille Clarac[4]
19531954Ludovic Chancel[5]
19541956Pierre de Vaucelles
19561963Rupture des relations diplomatiques
19631963Pol Le Gourrierec[3]
19631967Jacques Dumarçay
19671970Pierre Gorce
19701975Pierre Cerles
19751980Jacques Morizet
19801981Pierre Rocalve
19811984Paul Depis
19841990Maurice Courage
19901991Pierre Lecourtier[6]
19912004Rupture des relations diplomatiques[7]
20042006Bernard Bajolet[8]
20062009Jean-François Girault
20092011Boris Boillon
20112014Denis Gauer
20142017Marc Baréty[9]
20172021Bruno Aubert (tr)[10]
20212024Éric Chevallier[11]
2024auj.Patrick Durel[12]

Relations diplomatiques

Les relations diplomatiques rompues le à l'initiative de l'Irak sont rétablies à compter du [13], effectives le , jour de l'installation du nouvel ambassadeur.

Consulats

Voir aussi

Notes et références

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