Bernardino Zendrini
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Saviore dell'Adamello (république de Venise)
Venise
| Naissance |
Saviore dell'Adamello (république de Venise) |
|---|---|
| Décès |
(à 68 ans) Venise |
| Nationalité | Vénitien |
| Domaines | Hydraulique, Mathématiques, Astronomie |
|---|---|
| Institutions | République de Venise |
| Diplôme | Université de Padoue |
| Renommé pour | Conception des Murazzi |



Bernardino Zendrini , né le à Saviore dell'Adamello et mort le à Venise, est un ingénieur hydraulicien, médecin, astronome et mathématicien italien qui a servi la république de Venise.
Fils de Stefano et de Stefanina Picenni, Bernardino Zendrini naquit à Valle Camonica. Sa famille était l'une des plus distinguées de la région, connue pour son attachement à la culture et aux études[1]. Il reçut probablement ses premières leçons de son oncle, Don Bartolomeo, recteur de la paroisse locale. En 1691, à l'âge de douze ans, il s'installa à Venise avec son père pour des affaires familiales et y poursuivit son éducation primaire au collège des Jésuites (au Ponte dei padri gesuiti), sous la direction du père Baroni[2]. Il fréquenta ensuite la faculté de philosophie et de médecine de l'université de Padoue. Le , il y obtint son diplôme sous la direction de ses rapporteurs — les professeurs Michelangelo Fardella, Alessandro Borromeo, Leale Leali, Francesco Alfonso Donoli et Albanio Albanese. Lors de sa soutenance, il développa les sujets tirés au sort et réfuta toutes les objections soulevées par les enseignants Giacinto Speroni et Giovan Vincenzo Albanese. Enfin, après avoir prescrit le traitement adéquat pour un cas médical proposé par le comte Girolamo Brazolo, il fut proclamé docteur en philosophie et médecine à l'unanimité (nemine discrepante), recevant les insignes académiques des mains de son ancien professeur, le comte Albanio Albanese [3].
Débuts médicaux et retour à Venise (1701-1716)
De retour à Valsaviore, il exerce la médecine pendant trois ans. Cependant, se sentant isolé des cercles littéraires dans sa ville natale et ne pouvant satisfaire sa passion pour la recherche universitaire, il décida de retourner définitivement à Venise en 1704[4]. De son expérience médicale, il tira une conviction : si la saignée ne peut être considérée comme une panacée, elle peut s'avérer utile. Il défendit cette position dans un mémoire intitulé Parere circa il salasso (« Avis sur la saignée »), dans lequel il exprime un point de vue novateur s'appuyant sur les découvertes relatives à la circulation sanguine faites auparavant par l'Anglais William Harvey. Une fois établi à Venise, Zendrini s'intègre aux cercles intellectuels et scientifiques. Il lie connaissance avec des personnalités , parmi lesquelles le mathématicien Michelotti, le médecin Doro, l'abbé Antonio Conti, l'homme de lettres Apostolo Zeno, ainsi que le père Scipione Maffei, renommé pour ses recherches mathématiques. Dès 1710, il collabora au Giornale de' Letterati d'Italia[5].
Travaux
Mathématiques et scientifiques
Zendrini fut l'un des savants italiens de son époque à maîtriser le calcul infinitésimal, s'instruisant par la lecture des Acta Eruditorum de Leipzig et correspondant avec Gottfried Wilhelm Leibniz. En 1710, il publie une solution à trois problèmes géométriques posés par Giovanni Ceva puis en 1711, il propose une méthode générale pour déterminer la réfraction des rayons célestes et en 1715, il applique ses connaissances mathématiques à l'hydraulique, publiant une méthode pour déterminer la ligne de corrosion des rivières (Modo di ritrovare nei fiumi la linea di corrosione)[3],[6].
Météorologie et Astronomie
Dès 1709, Zendrini publie le Discorso fisico matematico sopra il turbine accaduto in Venezia l’anno 1709. Dans cet ouvrage, il documente un événement météorologique extrême (une tornade) et tente d'analyser ce phénomène complexe à travers les principes des mathématiques et de la physique. Cette approche représente une tentative significative pour l'époque d'appliquer les sciences exactes à la météorologie[7]. Dès 1711, il mène des expériences d'observation régulières en collaboration avec ses amis et confrères scientifiques Giovanni Poleni et Giovanni Battista Morgagni, consolidant un réseau scientifique entre Venise et Padoue[3].
- Relevés systématiques (1727-1738)
Zendrini entreprend une série d'observations météorologiques systématiques à Venise qui s'étendent de 1727 à 1738. Il publie ces résultats en 1741 dans ses Observationes meteorologicae[7]. Pour ces mesures, il utilise des instruments de précision : * Le thermomètre d'Amontons pour les relevés intérieurs ; * Le thermomètre de Delisle pour les relevés extérieurs[8].
- Importance historique et lien avec Padoue
L'importance de ces données a été mise en lumière par des études climatologiques modernes. Comme l'analyse Dario Camuffo, la relation étroite entre Zendrini et Poleni suggère qu'ils utilisaient des méthodes et des instruments similaires. Par conséquent, les travaux de Zendrini constituent une confirmation indirecte précieuse, permettant de valider et de calibrer la longue série historique de températures relevées par Poleni à Padoue durant la même période[7].
Ingénieur hydraulique et service public (1717-1747)
À partir de 1717, la carrière de Zendrini prit un tournant décisif vers le génie civil et l'hydraulique[3].
- Ferrare et le Reno (1717) : En 1717, un conflit hydraulique et politique opposa la ville de Ferrare à celle de Bologne concernant le détournement du fleuve Reno. Bologne projetait de dévier le Reno dans le Pô (Po Grande), ce qui menaçait d'inonder les terres ferraraises. Zendrini fut nommé mathématicien par la ville de Ferrare pour contrer scientifiquement ce projet. Il démontra les risques hydrographiques du projet bolonais avec succès. En récompense de sa défense efficace, la ville de Ferrare lui conféra, le 29 mai 1717, le titre de noble pour lui et ses descendants, l'inscrivant au patriciat local[3].
- Surintendant à Venise (1720) : Le , reconnaissant la valeur de ses travaux, la République de Venise créa spécifiquement pour lui le poste de « Mathématicien et Surintendant général des eaux, fleuves, lagunes et ports ». Il entreprit alors une œuvre immense de documentation, réalisant une cartographie précise et une étude historique complète de la lagune remontant au XIVe siècle. Ces recherches furent compilées plus tard dans ses Memorie Storiche delle Acque di Venezia. Son expertise s'étendait aussi à la consolidation des bâtiments : en 1721, il dirigea les travaux de renforcement de l'angle Sant'Alipio de la Basilique Saint-Marc, dont les structures étaient menacées[3].
- Consultations en Europe
Il est sollicité par plusieurs cours européennes :Vienne (1728, 1742) : Il fut consulté par l'empereur Charles VI et plus tard par l'impératrice Marie-Thérèse pour des expertises hydrauliques,Ravenne (1731) : À la demande du pape Clément XII et du cardinal Massei, il travailla avec Eustachio Manfredi sur la régulation des fleuves Ronco et Montone pour protéger la ville des inondations.Lucques et Viareggio (1735) : La République de Lucques fit appel à lui pour l'assainissement de Viareggio. La zone était alors ravagée par la malaria due aux marais stagnants. Zendrini conçut une écluse innovante à portes mobiles automatiques sur le canal Burlamacca. Ce mécanisme empêchait l'eau de mer de refluer dans les terres tout en permettant l'évacuation des eaux douces, ce qui permit d'assécher les marais et d'éradiquer la maladie[3].
L'œuvre majeure de Zendrini reste la conception des Murazzi, dont la première pierre est posée le [9]. Il s'agit de gigantesques digues en pierre d'Istrie destinées à protéger la lagune des ondes de tempête de l'Adriatique. S'inspirant de techniques romaines et disposant d'un avantage technique sur les ingénieurs hollandais de l'époque, il utilisa un ciment à base de Pouzzolane résistant à l'érosion marine. Il conçut une muraille colossale de plus de 5 kilomètres de long (reliant Pellestrina à Chioggia), atteignant 14 mètres d'épaisseur et 4,5 mètres de haut. Ces ouvrages furent achevés en 1782, bien après la mort de leur concepteur, et constituent encore aujourd'hui la principale défense statique de Venise[3].
Mort et postérité
Bernardino Zendrini mourut le à Venise. Le Sénat vénitien, reconnaissant ses services exceptionnels, décréta des funérailles publiques et accorda une pension à sa famille. Il fut enterré dans l'église Santa Maria Assunta de Venise, qu'il fréquentait depuis son enfance. Une épitaphe y rappelle ses titres. Un buste à son effigie est également placé dans la loggia du Palais des Doges, parmi les grands hommes de la République, portant l'inscription : « Bernardino Zendrini, mathématicien de la République, Camunien par naissance, Vénitien par mérite »[3].
Publications
- Epistola ad clarissimos auctores criteriorum in librum Monticelli, Galleria di Minerva, Venise, 1705.
- Discorso fisico-matematico sopra il turbine accaduto in Venezia l'anno 1708, Galleria di Minerva (avec un résumé dans les Actes de Leipzig).
- Soluzione di tre problemi geometrici ed annotazioni al Discorso di Ceva, Giorn. de' Lett. d'Italia, vol. 4, 1710.
- Modo generale di trovare la rifrazione del raggio, Giorn. de' Lett. d'Italia, vol. 7, 1711.
- Memorie storiche dello stato antico e moderno delle lagune di Venezia etc., Padoue, 1711.
- Difesa dell'italiano Bonelli, Giorn. de' Lett. d'Italia, t. 2, 1714.
- Riflessioni e supplementi sopra il libro del moto degli animali del Bonelli, Giorn. de' Lett. d'Italia, vol. 18, 1714.
- Modo di ritrovare nei fiumi la linea di corrosione, Giorn. de' Lett. d'Italia, vol. XXI, 1715.
- Trattato sulla china-china, Actes de Leipzig, 1715.
- Considerazioni sopra la scienza delle acque correnti e sopra la storia naturale del Po, Ferrare, 1717.
- Alla sacra Congregazione delle acque ragioni per la città di Ferrara, per escludere il progetto di unire il Reno al Po grande o Lombardo, Rome, 1717.
- Expositio controversiae de Reno in Padum Longobardicum immettendo inter Ferrarienses et Bononienses(manuscrit conservé à Padoue).
- Continuazione delle riflessioni apologetiche al Bonelli, Suppl. Giorn. de' Lett. d'Italia, vol. 2, 1722.
- Relazione per la deviazione del Ronco e Montone, Venise, 1731.
- Relazione che concerne il miglioramento dell'aria di Viareggio etc., Lucques, 1736.
- Transitus Mercurj sub sole, Observatio Venetiis habita III idus nov. 1736, dans Calogerà, t. XXIII.
- Osservazione sull'Aurora Boreale in Venezia il 16 dicembre 1737 et Observationes Astronomicae anno 1736-37, dans Calogerà, t. XXII.
- Observationes meteorologicae Venetiis habitae anno 1738, dans Calogerà, t. XXIV.
- Fasciculus primus Observationum astron. et meteor. ad annos 1738-39, dans Calogerà, t. XXIV.
- Fasciculus secundus Observationum astron. ad annos 1740-41, dans Calogerà, t. XXX.
- Fasciculus tertius Observationum astron. ad annos 1742-43, dans Calogerà, t. XXXI.
- Leggi e fenomeni, regolazione ed usi delle acque correnti, Venise, 1741.
- Relazione sopra la finale regolazione delle acque di Ravenna, dans la Nuova Raccolta degli Opuscoli scientifici, Venise, 1756, t. 2 (publication posthume).