Bernhard Blumenkranz
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Bernhard Blumenkranz, né à Vienne le [1] et mort le , est un historien français, spécialiste de la communauté juive en France et en Occident. Ses travaux, à partir des années 1960, ont influencé les recherches sur l'histoire du peuple juif au Moyen Âge.
Né en Autriche dans une famille juive orthodoxe originaire de Pologne, mais non pratiquant, Bernhard Blumenkranz s'intéressa très tôt au sionisme. Il quitta son pays pour aller étudier en France.
Qualifié d'"ennemi" à raison de sa nationalité autrichienne, il fut interné au camp de Gurs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il réussit à s'en évader[2] et termina ses études en Suisse, à Bâle, où il présenta sa thèse de doctorat de théologie consacrée à saint Augustin : Die Judenpredigt Augustins (« Le sermon aux juifs d'Augustin : Une contribution à l'histoire des relations judéo-chrétiennes dans les premiers siècles[3] »). Il revint ensuite s'établir en France, où il entra au CNRS[4] et publia une thèse de doctorat d'État en histoire, effectuée sous la direction d'Henri-Irénée Marrou : Juifs et chrétiens dans le monde occidental, 430-1096.
Fondateur de la Commission française des archives juives en 1961, Bernhard Blumenkranz créa en 1971 l’équipe de la « Nouvelle Gallia judaica » au CNRS, où il était directeur de recherche de classe exceptionnelle. Créateur de la collection « Franco-Judaica » (aux éditions Privat puis aux Belles Lettres), ayant pour objet la publication des travaux de chercheurs sur l'histoire des Juifs en France, et comptant parmi les initiateurs de la recherche sur les relations entre juifs et chrétiens[5], il fut le premier à envisager ces rapports à travers l'iconographie dans ses travaux[6].
Il enseigna également à l'École pratique des hautes études et à l'université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, ainsi qu'à l'Institut international d'études hébraïques (Paris 6e) pour la formation de rabbins et d'enseignants du judaïsme libéral (réformé). Bernhard Blumenkranz était l'un des participants des colloques de Fanjeaux, consacrés à l'histoire des religions.
En 1983, l’Académie française lui décerna le prix Eugène-Piccard pour l'Histoire de l’État d’Israël