Nouveau Front populaire

mouvement social et coalition française de partis politiques de gauche From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Nouveau Front populaire (NFP), également appelé Front populaire ou parfois Union de la gauche, est une coalition des principaux partis politiques français de gauche formée le en vue des élections législatives de 2024 en opposition aux partis de la majorité présidentielle ainsi qu'au Rassemblement national, dans le contexte de la montée de l'extrême droite lors des élections européennes de 2024 en France.

Fondation
Élections concernées par l'allianceLégislatives de 2024 (XVIIe législature)
Faits en bref Fondation, Fusion de ...
Nouveau Front populaire
Image illustrative de l’article Nouveau Front populaire
Logo du Nouveau Front populaire.

Fondation
Fusion de Nouvelle Union populaire écologique et sociale
(indirectement)
Élections concernées par l'alliance Législatives de 2024 (XVIIe législature)
Organisations politiques concernées La France insoumise
Parti socialiste
Les Écologistes
Parti communiste français
Autres membres

Représentation à l'Assemblée nationale
195  /  577
Représentation au Sénat
95  /  348
Représentation au Parlement européen
26  /  81
Positionnement Gauche[a]
Idéologie Socialisme démocratique[1]
Social-démocratie[1]
Écologie politique[1]
Couleurs
Rouge, vert, jaune, violet, rose

Site Web www.nouveaufrontpopulaire.fr
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Cette coalition rassemble principalement Les Écologistes, La France insoumise, le Parti communiste français et le Parti socialiste, ainsi que Place publique, Génération·s, la Gauche républicaine et socialiste, le Nouveau Parti anticapitaliste et la Gauche écosocialiste, notamment, tout en poussant à une mobilisation des associations, des forces syndicales et des acteurs de la société civile. La coalition s'accorde sur une répartition du nombre de candidats et sur un programme politique commun. La coalition est composée de la majorité des partis politiques français de gauche.

Le NFP arrive en tête du second tour des élections législatives en termes de sièges, obtenant une majorité relative à l'Assemblée nationale avec 193 députés élus, et revendiquant la victoire. Après seize jours de négociations internes, la coalition propose la candidature de Lucie Castets au poste de Premier ministre, en vue d'appliquer son programme politique, mais celle-ci n'est pas choisie par le président de la République, Emmanuel Macron, qui nomme Michel Barnier qui sera renversé par une motion de censure trois mois plus tard.

Quelques mois après sa création, le Nouveau Front populaire connaît de fortes dissensions internes, particulièrement en après la décision du Parti socialiste de ne pas censurer le gouvernement Bayrou.

Histoire

Fondation

Déclenchement des élections législatives anticipées en 2024

Les résultats des élections européennes de 2024 en France le voient le Rassemblement national arriver en tête du scrutin avec 31,37 %. Il devance Ensemble, la liste du camp présidentiel qui arrive en deuxième position avec 14,60 % des voix[2]. Le soir même des résultats, le président de la République Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale par le recours à l'article 12 de la Constitution, entraînant la convocation de nouvelles élections législatives les et — c'est la sixième dissolution sous la Cinquième république[3].

Mise en place de la coalition

À la suite de l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale, François Ruffin interviewé le au soir par BFM TV depuis Amiens, appelle à un « Front populaire » et à une « gauche unie » face au risque de majorité de l'extrême droite, principalement incarné par le Rassemblement national (RN), pour les élections législatives anticipées du et [4],[5]. Selon L'Humanité, il devait créer un mouvement « transpartisan » du même nom avec plusieurs députés de gauche dont Sébastien Jumel et Marie-Charlotte Garin si la dissolution n’avait pas eu lieu[6].

Logo proposé par François Ruffin le .

Le , après avoir utilisé une première fois le terme « Front populaire » dans les réseaux sociaux pour appeler les responsables des principaux partis de gauche, François Ruffin lance avec Sébastien Jumel, Marie-Charlotte Garin, Sébastien Peytavie, Sophie Taillé-Polian, Nicolas Sansu, Damien Maudet, Karine Lebon, Leïla Chaibi et Emeline K/Bidi  élus étalés sur toute la gauche du spectre politique  une pétition en ligne pour récolter les signatures des électeurs désirant l'union des formations de gauche[7]. Elle recueille plusieurs centaines de milliers de signatures, quelques heures après sa rédaction[8]. Il est ainsi à l'origine de l'expression[9].

Parallèlement à cela, 350 personnalités provenant des mondes politique, intellectuel, artistique et militant  parmi lesquelles se trouvent Esther Duflo, prix Nobel d'économie, et Annie Ernaux, prix Nobel de littérature  signent une tribune dans Le Monde pour appeler à former une union des gauches, pour faire face, selon les signataires, « aux désastres de notre époque »[10]. Cette tribune est suivie par un appel des cinq syndicats nationaux que sont la CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires à manifester pour mettre en avant leurs revendications dans ce contexte de montée de l'extrême droite. La CGT appelle dans son communiqué à un « Front populaire » dans un cadre syndical[11].

Dans la soirée du , Marine Tondelier, Manuel Bompard, Fabien Roussel, Olivier Faure ainsi que les mouvements Place publique, Génération·s et Gauche républicaine et socialiste annoncent publiquement la création d'une coalition de partis politiques français de la gauche nommée « Nouveau front populaire » afin d'instaurer un programme de rupture avec la politique du président de la République en exercice Emmanuel Macron et contre l'extrême droite[12],[13]. Les représentants de la coalition affirment alors leur intention de ne présenter qu'un seul candidat par circonscription aux élections législatives[12],[13]. Dans leur tribune, les représentants poussent à une mobilisation des associations, des forces syndicales et de la société civile afin de construire le front[12],[13]. Le Nouveau Parti anticapitaliste rejoint la coalition dans un second temps[14], tout comme le Mouvement républicain et citoyen[15], Les Radicaux de gauche[15] et L'Engagement fondé par Arnaud Montebourg[15].

Le au soir, les principales composantes de l'alliance parviennent à un accord de campagne, de programme et de répartition des circonscriptions[16]. L'accord prévoit selon son texte d'annonce « un programme politique de rupture avec une déclinaison pour les 100 premiers jours du mandat »[17].

Initialement réticent à rejoindre une alliance aux conditions posées par La France insoumise, Raphaël Glucksmann accepte finalement le 14 de soutenir « une union de la gauche », afin « que le Rassemblement national ne gagne pas ces élections législatives et ne gouverne pas ce pays ». De plus, il affirme avoir « obtenu […] un engagement extrêmement clair sur les livraisons d'armes à l'Ukraine, sur les frontières de l'Ukraine, sur le soutien indéfectible à la résistance ukrainienne ». Il affirme avoir « obtenu aussi le soutien à la construction européenne », que les « attaques du 7 octobre soient qualifiées de […] clairement terroristes » et « un engagement clair dans la lutte contre l'antisémitisme, dans la lutte contre la brutalisation du débat public »[18].

Répartition des investitures

Répartition des candidatures du Nouveau Front populaire, par parti politique et par circonscriptions

Le , les quatre partis principaux de l'alliance trouvent un accord de principe pour une répartition des candidatures dans les 577 circonscriptions, entre eux et leurs alliés  en prenant en compte à la fois les députés sortants ainsi que les résultats des européennes[19],[20].

Davantage d’informations Parti ou composante, Circonscriptions ...
Parti ou composante Circonscriptions
Nombre +/-[b] % +/-[b]
La France insoumise et alliés 229 en diminution 97 39,69 en diminution 16,63
Parti socialiste et alliés 175 en augmentation 105 30,33 en augmentation 18,2
Les Écologistes et alliés 92[c] en diminution 8 15,94 en diminution 1,39
Parti communiste français et alliés 50 en stagnation 8,67 en stagnation
Autres membres de l'alliance 31 Nv. 5,37 Nv.
Total 577 en stagnation 100 en stagnation
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Des polémiques et débats apparaissent toutefois sur les investitures de la coalition. Côté socialiste, Jérôme Guedj annonce refuser l'étiquette du Nouveau Front populaire, affirmant ne pas vouloir « s'associer à l’investiture de LFI », une décision lui vaut d'être confronté à une candidature dissidente de son ancienne suppléante , soutenue par la France insoumise [21],[22]. Interrogé, Olivier Faure dit « respecter parfaitement (son) choix »[23].

L'investiture d'Adrien Quatennens chez les insoumis suscite la polémique en raison de l'affaire de violences conjugales dans laquelle il est impliqué[24],[25]. Il est finalement remplacé par Aurélien Le Coq qui est toutefois confronté à la candidature dissidente de Amy Bah, membre du collectif #NousToutes et assistante parlementaire de Raquel Garrido[26],[27]. En parallèle, Raquel Garrido elle-même perd son investiture de La France insoumise ainsi que Alexis Corbière, Frédéric Mathieu, Hendrik Davi et Danielle Simonnet en contradiction avec l'accord électoral du collectif qui prévoyait la reconduction de l'investiture au députés sortants, un acte qu'ils décrivent comme une purge en raison de leurs critiques régulières vis à vis de Jean-Luc Mélenchon[28],[29],[30]. Ils sont toutefois soutenus par les écologistes[31] et les socialistes[32] ainsi que par Clémentine Autain et François Ruffin.

La France insoumise est également attaquée pour avoir investi d'autres candidats aux profils polémiques : Aly Diouara, soutien de l’imam d'obédience frériste Hassan Iquioussen et que Le Figaro qualifie d'obsédé par les « Juifs » et par les « Blancs » en raison de son activité sur les réseaux sociaux[33], le porte-parole de la Jeune Garde antifasciste Raphaël Arnault qui se révèle avoir trois fiches S et alors poursuivi pour apologie du terrorisme[34],[35],[36] et Amal Bentounsi, inscrite au fichier des atteintes à la sécurité publique pour « mouvements extrémistes » et « violences urbaines »[37] et à qui est reproché un commentaire à caractère homophobe vieux de plusieurs années sur Facebook[38]. Ils conservent toutefois jusqu'au bout leurs investitures à l'inverse de Reda Belkadi, candidate dans le Loir-et-Cher, en raison de tweets à caractère antisémite et homophobe[39].

La candidature de François Hollande dans son ancienne circonscription de Corrèze est jugée par Manuel Bompard comme « assez incohérente » mais ajoute cependant de la « même manière que je souhaite que des partenaires politiques ne remettent pas en cause le choix de nos candidatures, je ne le ferai pas pour mes partenaires »[40].

Élections législatives de 2024

La campagne débute le à partir de minuit. Un premier débat a lieu sur la chaine BFM TV le en présence de Fabien Roussel. Le , le Nouveau Front populaire désigne ces quatre représentants pour intervenir en débat télévisé : Manuel Bompard sur TF1, Ian Brossat sur CNews, Olivier Faure sur France 2 et Marine Tondelier sur BFM TV. Pendant la campagne, Marine Tondelier, souvent qualifiée de « révélation politique » se fait très positivement remarquer[41],[42],[43],[44]. Le refus de Jordan Bardella de finalement débattre avec elle, demandant à débattre avec Jean-Luc Mélenchon, ce qui est largement commenté[45],[46].

Le leader insoumis est par ailleurs fréquemment cité au cours de la campagne, bien que n'étant pas candidat, sa figure étant utilisé par le camp présidentiel et le Rassemblement national comme repoussoir[47],[48]. Jean-Luc Mélenchon se dit prêt à de multiples reprises à devenir Premier ministre en cas de victoire de la gauche[49], une idée rejetée par la plupart des grandes figures de la coalition qui le désigne comme une personnalité peu fédératrice[50],[51],[52] voire un obstacle à la victoire de la gauche[53],[54].

La communication officielle de la coalition est lancée dès le , avec une charte graphique mêlant cinq couleurs et un logo spécifique. Certains candidats non soutenus officiellement utilisent des éléments de communication officielle, ce qui est contesté par le Nouveau Front populaire[55]. La situation des cinq candidats dissidents insoumis génère des tensions : ces candidats n'utilisent pas le logo de La France insoumise mais le logo mais celui du Nouveau Front populaire. La direction de La France insoumise tente de solliciter la justice, qui se déclare incompétente à statuer, et renvoie vers le conseil d'État[56],[57]. Une vidéo de campagne en version ASMR est très partagée sur les réseaux sociaux et suscite de nombreuses réactions[58].

En parallèle de la communication officielle, plusieurs artistes, graphistes et illustrateurs s'impliquent spontanément dès le début du Nouveau Front populaire[59]. Cette communication politique visuelle devient virale, et se diffuse dans la rue et sur les réseaux sociaux. Ainsi, le collectif Formes des luttes, constitué d’artistes, coalisés au moment de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites en 2019, s'implique rapidement. De même, le studio d'impression parisien risographique dirigé pat Vincent Longhi, participe activement à la diffusion des supports en s'appuyant sur la méthode du pochoir. Ainsi, Mathias Ribot et Geoffrey Dorne, deux graphistes coordonnent rapidement les créations au sein du site 24x36.art[60]. Le site reçoit environ 2 000 propositions en quelques jours, et en sélectionne 200[61].

Le Nouveau Front populaire obtient 28,84 % des suffrages exprimés au soir du premier tour, terminant deuxième derrière le Rassemblement national et ses alliés issus des Républicains menés par Éric Ciotti qui rassemblent 33,42% des voix[62]. En raison de la participation élevé à ce scrutin, le nombre de triangulaires très élevé[63] pousse les candidats de gauche à se retirer en faveur des candidats du centre et de la droite en cas de troisième place et de victoire possible de l'extrême droite[64],[65].

Après le second tour, le Nouveau Front populaire devient la coalition disposant du nombre de sièges le plus important de l'hémicycle[66],[67],[68], répartis dans quatre groupes : 72 élus à La France insoumise - Nouveau Front populaire, 66 au sein des Socialistes et apparentés, 38 au groupe Écologiste et social et 17 à la Gauche démocrate et républicaine[69].

Activité sous les gouvernements du socle commun

Travail parlementaire

Malgré cette majorité relative, Emmanuel Macron refuse d'appeler la gauche à former un gouvernement minoritaire mené par Lucie Castets[70],[71], proposée par le Nouveau Front populaire après de longues négociations[72],[73],[74], et parvient après plusieurs semaines à former un gouvernement alliant son camp aux Républicains avec la nomination de Michel Barnier[75],[76],[77]. Ce refus pousse dès lors les insoumis à lancer plusieurs procédures de destitution à l'encontre du président, une stratégie qui n'est pas suivie par les autres partis de gauche[78],[79],[80]. La coalition échoue par la suite à faire élire le communiste André Chassaigne à la présidence de l'Assemblée : Yaël Braun-Pivet est reconduite à ce poste[81].

En , la gauche tente de faire voter une proposition d'abrogation de la loi sur la réforme des retraites, défendue par le rapporteur Ugo Bernalicis lors de la niche parlementaire prévue pour les insoumis. L'obstruction parlementaire de la coalition gouvernementale empêche toutefois de voter sur l'abrogation.

Préparation de la campagne présidentielle de 2027

Lucie Castets lance en un appel public à l’union de la gauche dans Libération et propose que les chefs de partis se réunissent le , après les congrès écologistes et socialistes, afin de préparer une candidature commune pour la présidentielle de 2027 en organisant une « une primaire des gauches la plus large possible »[82],[83]. Cette idée est toutefois balayée de la main par Raphaël Glucksmann[84] et Jean-Luc Mélenchon qui refusent de participer à une primaire.

Un sondage de Harris Interactive de indique que la gauche unifiée, avec ou sans Jean-Luc Mélenchon, serait en mesure d'affronter Marine Le Pen ou Jordan Bardella au second tour de l'élection présidentielle de 2027[85].

Logo de lancement du Front populaire 2027.

En , une réunion à Bagneux à l'initiative de Lucie Castets et regroupant différentes personnalités et partis politiques, notamment Clémentine Autain, Olivier Faure, Benjamin Lucas-Lundy, François Ruffin et Marine Tondelier est lancé le Front populaire 2027. Les différentes parties s'accordent sur l'élaboration d'un programme commun ainsi que sur le principe d'un candidat unique pour la présidentielle avec une investiture prévue entre mai et . Toutefois, la France insoumise, le Parti communiste français ainsi que Place publique sont absents de ce lancement. Les organisateurs assurent toutefois que la « porte reste ouverte »[86],[87],[88].

Meeting du NFP aux Journées d'été des Écologistes, 22 août 2024.

Membres et soutiens

Cette liste de membres comprend en premier lieu les signataires de l'accord de principe diffusé le par les différents mouvements de gauche[89].

Partis membres de la coalition présentant des candidats aux élections législatives

Cette liste contient les signataires de la tribune initiant le Nouveau Front populaire et qui défendent un programme politique commun par un « contrat de législature »[90].

Davantage d’informations Parti, Logo ...
Composantes du Nouveau Front populaire[d]
Parti Logo Position Dirigeant(s)
Les Écologistes (LÉ)
Gauche radicale à centre gauche Marine Tondelier
La France insoumise (LFI)
Gauche à gauche radicale[91],[92] Manuel Bompard
Parti communiste français (PCF)
Gauche à gauche radicale Fabien Roussel
Parti socialiste (PS)
Gauche à centre gauche Olivier Faure
Génération.s (G·s)
Gauche Ali Rabeh
Hella Kribi-Romdhane
Gauche écosocialiste (GES)[93],[94][source secondaire souhaitée]
Gauche radicale à extrême gauche Direction collective
Gauche républicaine et socialiste (GRS)
Gauche Emmanuel Maurel
Génération écologie (GE)
Gauche Delphine Batho
Nouveau Parti anticapitaliste – L'Anticapitaliste (NPA-B)[95],[96]
Extrême gauche Direction collective
Nouvelle Donne (ND)[97],[98]
Gauche Félix David-Rivière
Aline Mouquet
Parti de gauche (PG)[99]
Gauche à gauche radicale Jean-Christophe Sellin
Isabelle-Hélène Lerner-Sultana
Parti ouvrier indépendant (POI)
Extrême gauche Direction collective
Place publique (PP)
Centre gauche Raphaël Glucksmann
Aurore Lalucq
Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)[100],[96]
Gauche radicale Direction collective
Révolution écologique pour le vivant (REV)[96]
Gauche à gauche radicale Aymeric Caron
L'Après (L'AP)
Gauche Direction collective
Euskal Herria Bai (EHB)[101],[102]
Centre gauche à extrême gauche
Debout ! (D!)
Gauche radicale Guillaume Ancelet
Rézistan's Égalité 974 (RÉ974)
Gauche Jean-Hugues Ratenon
Union pour la sécurité de Mayotte (USM)[103]
Gauche Kira Bacar Adacolo
Tavini huiraatira[104]
Logo du Tavini huiraatira
Gauche à centre gauche Oscar Temaru
Pour La Réunion (PLR)[105],[106]
Gauche Huguette Bello
Le Progrès (LP)
Gauche à centre gauche Direction collective
Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES)
Extrême gauche Fabien Canavy
Pou Lagwiyann Dékolé (PLD)
Gauche à gauche radicale Davy Rimane
Péyi-A
Gauche à centre gauche Jean-Philippe Nilor
Marcellin Nadeau
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Partis soutenant la coalition

Davantage d’informations Parti, Logo ...
Soutiens du Nouveau Front populaire[d]
Parti Logo Position Dirigeant(s)
Paris en Commun[102]
Gauche à centre gauche Anne Hidalgo
Mouvement républicain et citoyen (MRC)[15],[102]
Gauche Thierry Cotelle
Les Radicaux de Gauche (LRDG)[15]
Centre gauche Isabelle Amaglio-Térisse
Stéphane Saint-André
L'Engagement (LE)[15]
Gauche Vincent Guibert
Union démocratique bretonne (UDB)[107],[96]
Gauche Tifenn Siret
Pierre-Emmanuel Marais
Alternative Alsacienne - 's Linke Elsass[108]
Gauche à centre gauche
Gauche démocratique et sociale (GDS)[109]
(a rejoint L'APRÈS le )
Gauche Gérard Filoche
Allons enfants ! (AE)[97],[96]
Gauche Jonathan Salomon
Ensemble ! (E!)[110],[96]
Gauche radicale Roland Mérieux
Mouvement des progressistes (MDP)[111]
Gauche à centre gauche François Béchieau
Parti radical de gauche (PRG)[112]
Centre gauche Guillaume Lacroix
Humains et dignes (HD)[113]
Gauche Muriel Ressiguier
Parti pirate (PP)[114]
Libertaire de gauche Direction collective
Association Démocratie Écologie Solidarité (ADÉS)[115]
Gauche
Parti pour la décroissance (PPLD)[116]
Gauche radicale à extrême gauche Stéphane Madelaine
Ensemble sur nos Territoires (ESNT)[117]
Gauche Ronan Dantec
Parti progressiste démocratique guadeloupéen (PPDG)[118]
Gauche à centre gauche Jacques Bangou
Inseme a Manca (IaM)[119]
Gauche
Ghjuventù di Manca (GdM)[119]
Gauche
Walwari[120]
Gauche Christiane Taubira
A Manca (AM)[119]
Extrême gauche
Ecologia Sulidaria (ES)[119]
Gauche
Egalité S[121]
Gauche Aucun
Révolution[122][source secondaire souhaitée]
Extrême gauche Direction collective
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Soutiens de la société civile

Chercheurs

Dans une tribune publiée le dans Le Nouvel Obs, plus de deux mille cinq cents scientifiques, dont les climatologues Valérie Masson-Delmotte et Christophe Cassou, et le sociologue Didier Fassin, appellent « à lutter contre le Rassemblement national » et « dénoncent également les discours présentant le Nouveau Front populaire comme une menace pour la République »[123].[pertinence contestée]

De nombreux économistes soutiennent le NFP[124]. Ainsi, Éloi Laurent[125], Olivier Redoulès (directeur de Rexecode)[126], Henri Sterdyniak[126], Eric Berr (coanimateur du département économie de l'Institut La Boétie)[127],[128], Esther Duflo (prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel), Thomas Piketty, Julia Cagé, Michaël Zemmour[129], Lucas Chancel, Anne-Laure Delatte (chercheuse au Centre national de la recherche scientifique), Cédric Durand, Elvire Guillaud (de l'université Panthéon-Sorbonne), Élise Huillery, Pierre Khalfa, Camille Landais, Emmanuel Saez, Gabriel Zucman et en tout environ trois cents économistes[130] soutiennent le programme économique du NFP. La fondation Copernic soutient également le NFP[131]. L'institut Rousseau, laboratoire d'idées « attaché à la reconstruction écologique et démocratique », estime que le programme du NFP est « pertinent, réaliste et finançable » et précise qu'il permettrait le retour au plein-emploi d'ici à 2029 et la réduction du déficit public de la France de 3 %[132]. De son côté, Esther Duflo précise toutefois ne pas avoir « validé en bloc » le programme[133].

Monde associatif et syndical

La Ligue des droits de l'homme consolide le la mobilisation de la société civile souhaitée par les partis politiques signataires de l'accord tout en prenant le pas à l'appel des forces syndicales du [134],[135]. Ainsi, une cinquantaine d'organisations non gouvernementales initient un appel commun soutenant une mobilisation contre l'extrême droite[134],[135]. Les signataires au premier rang sont la Cimade, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac), la Confédération française démocratique du travail (CFDT), la Confédération générale du travail (CGT), la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France (FCSF) , la Fédération syndicale unitaire (FSU), la Fondation (Abbé-Pierre) pour le logement des défavorisés (FAP), Greenpeace France, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Oxfam France, SOS Racisme, le Syndicat des avocats de France (SAf), le Syndicat de la magistrature (SM), l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), et l'Union syndicale Solidaires[134],[135]. D'autres signataires s'y ajoutent[134]. Les mouvements écologistes Extinction Rebellion[136], Riposte Alimentaire[137] et la Voie est libre (collectif contre l'A69)[137] appellent également à voter pour le NFP tout comme le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef)[138]. Des associations LGBT, dont Acceptess-T, Act Up-Paris, Gras Politique, Homosexualités et socialisme (HES), les couvents de Paris et du Nord des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence et le STRASS, soutiennent également cette alliance[139].

L'association Une Autre Voix Juive soutient également le NFP[140]. L'Union juive française pour la paix et Tsedek!, deux associations juives contre la colonisation en Palestine et ailleurs dans le monde, soutiennent le Nouveau Front populaire contre l'extrême droite[141].

Bruno Bougeon, président de l'Association Initiatives Dionysiennes (AID), association altermondialiste à La Réunion issue d'Attac France, soutient également le NFP[142].

Jean-François Julliard (directeur général de Greenpeace France), Jean Jouzel (médaille d'or du CNRS et prix Vetlesen), Dominique Méda, Dominique Bourg, Noam Leandri, Pierre-Louis Lions, Viviane Baladi et « des ONG, des scientifiques et des économistes (3) engagés pour le climat soutiennent le programme du Nouveau Front populaire »[143].

La Jeune Garde apparaît en tant que soutien sur deux des quatre kits de mobilisation officiels du NFP pour les élections législatives de 2024, au côté des partis politiques et soutiens qui le composent[144].

Monde culturel et professionnel

Plus de trois mille six cents professionnels de la santé, dont Bernard Jomier et Karine Lacombe, appellent à voter pour le Nouveau Front populaire,[145].

Plus de trois cents personnalités d'Internet, dont Antoine Daniel, Benjamin Brillaud (Nota Bene), Charlie Danger, Gilles Mitteau (Heu?reka), Jean Massiet, Renaud Jesionek (Le Capitaine du Nexus VI), Manon Bril (C'est une autre histoire), Marie Treibert (La boite à curiosités), Marine Périn (Marinette — Femmes et féminisme), Maxime Robinet, Xavier Dang (mistermv), Clothilde Chamussy (Passé sauvage), Ponce, PV Nova, Rivenzi, Valentine Delattre (Science de comptoir), Valentin Levetti (Stupid Economics), Usul, Ultia, le magazine Canard PC et le collectif Afrogameuses (en) appellent à voter pour le Nouveau Front populaire[146],[147]. Plusieurs centaines d'« actrices et acteurs des littératures de l’imaginaire », dont Gilles Francescano, Laurent Whale, Patrick K. Dewdney, Élodie Serrano, Isabelle Bauthian, Claire Duvivier, Audrey Alwett, Silène Edgar, Sylvie Denis, Ketty Steward, Maxime Fontaine, Charlotte Bousquet, Estelle Faye, Bertrand Puard, Franck Ferric, Ariel Kyrou, Xavier Dollo, Flore Vesco, Denis Colombi, Fanny Étienne-Artur, Gérard Guéro, Fabien Cerutti, Jean-Claude Dunyach, Taous Merakchi, Jean-Philippe Jaworski, Jeanne-A Debats, Luce Basseterre, Christophe Siébert, Thierry Bourcy, Mélanie Fazi, Jean-Laurent Del Socorro, Anne Besson, Stéphanie Nicot, Anne-Catherine Ott, Mélanie Guyard, Natacha Vas-Deyres, Raphaël Granier de Cassagnac, Julia Thévenot, Anne-Fleur Multon, Cindy Van Wilder, Nathalie Le Gendre, Alexis Flamand, Étienne Barillier, Ophélie Bruneau, Vincent Ferré, Lionel Davoust, Floriane Soulas, Thomas Andrew, Sylvie Lainé, Joanne Richoux, Frédéric Weil, Romain d'Huissier, Michèle Astrud, Claire Panier-Alix, Jonathan Fruoco (en), Sophie Jomain, Sybille Marchetto, Aurélie Wellenstein, Jean-Daniel Brèque, Christophe Thill, Alex Nikolavitch, Nicolas Bouchard, Bertrand Campeis, Maxime Gillio, Coralie David, Julien Delval, Nicolas Lambert, Ingrid Chabbert, Afif Khaled, Éric Lysøe, Pierre-Paul Durastanti, Maryvonne Rippert, Dominique Martel, Gilles Goullet, Olivier Gechter, Christophe Nicolas, Olivier Josso Hamel, Olivier Cotte, Sylvie Miller, Jean-Sébastien Guillermou, Anthony Roux, André-François Ruaud, Sabrina Calvo, Mathieu Gaborit et Samuel Perche[148], Hervé Le Corre[149] et plus de mille trois cents auteurs de bandes dessinées, dont Florence Cestac, Étienne Davodeau, Marion Montaigne, Léa Castor et Vincent Vanoli appellent également au vote pour le NFP[150].

Le groupe Shaka Ponk appelle aussi « de facto » à voter NFP lors d'un concert[151].

Des ingénieurs « rejoignent le front populaire » dans L'Humanité pour faire barrage à l'extrême droite, tout en nuançant leur soutien à son programme[152].

Le , le banquier d'affaires Matthieu Pigasse « appelle en effet à voter Nouveau Front populaire », considérant « qu'il faut tout faire pour faire barrage au Rassemblement national »[153].

Le , l'historien Patrick Boucheron appelle à voter pour cette alliance[154].

Le chanteur réunionnais Danyèl Waro et le poète martiniquais Patrick Chamoiseau appellent également à voter pour cette alliance[155],[156], ainsi que des slameurs, tous dans L'Humanité[157].

Le cinéaste Robert Guédiguian et le réalisateur Gérard Mordillat appellent aussi au vote pour cette coalition dans le même journal[158],[159].

Programme politique commun

Couverture du programme électoral.

Le programme politique commun du Nouveau Front populaire est réalisé en seulement quatre jours, dans un contexte de temps contraint[160].

L'accord de campagne prévoit un programme politique commun avec un « contrat de législature » adopté par les différents partis politiques et mouvements composant l'alliance ainsi qu'un projet de gouvernement fondé sur 150 mesures[161] sur les « 100 premiers jours de mandat » dans le cas d'une obtention d'une majorité à l'Assemblée nationale par le Nouveau Front populaire[17].

Le , le NFP présente son programme politique lors d'une conférence de presse à la maison de la Chimie[162],[163].

Plusieurs adversaires de la coalition qualifient celle-ci et son programme d'extrême gauche[164], en ciblant notamment l'influence supposée de LFI[91],[165]. Pourtant, la plupart des analystes politiques et économiques soulignent bien qu'il s'agit d'un programme de gauche[166],[167],[168].

International

Le programme concernant l'international fait l'objet de forts compromis des diverses sensibilités[169],[170], en particulier sur le conflit israélo-palestinien[171],[172], notamment en qualifiant les attaques du 7 octobre d'actes de terrorisme, ce que les représentants de LFI n'avaient pas toujours fait, crispant la classe politique, y compris à gauche, et aussi sur le conflit russo-ukrainien[173].

Conflit russo-ukrainien

Conflit israélo-palestinien

Diplomatie

Économie, social et fiscalité

Retraites et droit du travail

Fiscalité

Pouvoir d'achat

Union européenne

  • Fin des traités de libre-échange
  • Réforme de la politique agricole commune (PAC) et refus des règles d'austérité budgétaire
  • Tentative de taxation des plus riches au niveau européen pour consolider le budget de l'Union européenne
  • Généralisation de la taxation des superprofits (en) au niveau européen[169]
  • Instauration d'une règle verte européenne et d'un protectionnisme social et écologique aux frontières européennes
  • L'on note une relative mise de côté des divisions parfois fortes qui séparent les partis de gauche sur le projet européen, et des volontés les plus radicales de chacun là-dessus, avec un programme socio-économique plus clair, qui globalement admet tout à fait l'outil européen en en changeant notablement l'utilisation (moins libérale économiquement, plus liée à des normes sociales ou environnementales)

Environnement et santé

Climat et biodiversité

Isolation des logements et bâtiments

  • Assurance de l'isolation complète des logements en renforçant les aides pour les ménages, dont la prise en charge complète pour les plus modestes
  • Accélération de la rénovation des bâtiments publics

Énergies

Absente du programme du Nouveau Front populaire, la question du nucléaire (sur sa présence, sa place ou son absence dans le mix énergétique, et outre la question des agences de surveillance) demeure « une pomme de discorde pour l’alliance des gauches »[179].

Gestion des eaux

  • Mise en place d'un moratoire sur les mégabassines
  • Mise en place de règles sur le partage de l’eau sur l’ensemble des activités
  • Transfert de l'ensemble de la gestion publique de l'eau en régies locales, pour la gratuité des premiers mètres-cubes (ceux jugés essentiels) et la tarification progressive (des suivants)
  • Atteinte d'un très bon état écologique et chimique de tous les cours d’eau et nappes phréatiques
  • Mise à contribution des industriels à la dépollution des nappes et des sols
  • Travail pour mailler le territoire de fontaines à eau, de douches et de sanitaires publics et gratuits

Santé et services publics

  • Organisation d'une conférence de sauvetage de l'hôpital public et lutte face à la saturation l'été, revalorisation proposée des rétributions du travail des personnels la nuit et le week-end
  • Grande loi sur la santé portant création d'un pôle public du médicament, obligations d'installation de médecins dans les déserts médicaux et rétablissement des permanences de soins libéraux dans les centres de santé, conditionnement de l'installation des cliniques privées à la participation à celles-ci et à la garantie d'un reste à charge zéro, engagement d'un plan pluriannuel de recrutement dans la santé et le médico-social avec revalorisation matérielle et morale, la même loi protégeant la santé humaine et environnementale avec interdiction des polluants éternels (PFAS) dans tous les produits et notamment les ustensiles de cuisine

Bien-être animal

Éducation, jeunesse et services publics

Éducation (grande loi)

Jeunesse

Agriculture, Europe et environnement

Outre-mer

Logement

Culture

Sports

Libertés, sécurité, police et justice

Lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie

Ces questions ont été l'objet de fortes négociations, dans un contexte où LFI a parfois été accusée de postures ambiguës sur l'antisémitisme à cause de certaines prises de position sur le conflit israélo-palestinien[175],[181]. Le , le Nouveau Front populaire dénonce dans une tribune signée par les 4 principaux partis une « campagne de diffamation » sur la lutte contre l'antisémitisme, orchestrée selon lui par « une macronie en déroute »[182].

  • Don à la justice des moyens de poursuivre et de sanctionner les auteurs de propos ou actes racistes, islamophobes et antisémites
  • Instauration d'un commissariat à l'égalité doté d'un observatoire des discriminations et de pôles spécialisés au sein des services publics et des cours d'appel
  • Mise en place de plans interministériels pour analyser, prévenir et lutter contre l'antisémitisme et l'islamophobie

Sécurité et forces de l'ordre

Libertés publiques

Institutions

Immigration

Droits des femmes et des personnes LGBTQI+, lutte contre les violences

  • Adoption d'une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles et d'un budget dédié renforcé
  • Instauration de l'égalité salariale effective entre femmes et hommes, d'un droit au congé menstruel
  • Remboursement et contrôle sanitaire et économique renforcé des protections menstruelles
  • Libéralisation et égalisation plus complètes de la filiation et de l'AMP (dont ouverture légale de la grossesse résultant de celle-ci aux personnes transmasculines)
  • Allègement des procédures de transition de genre à l'état civil (possibilité de les faire sur simple déclaration)
  • Lutte contre les violences et la transphobie

Financement du programme

Le financement du programme du Nouveau Front populaire doit s'effectuer avec un projet de loi de finances rectificatif dès le . Il est prévu d'annuler des réformes fiscales mises en place par le gouvernement actuel mais sans donner un chiffrage précis. Pour Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste : « Nous ferons en sorte de financer ce projet très ambitieux en le prenant dans la poche de ceux qui en ont les moyens ». Éric Coquerel, député LFI sortant et ancien président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, déclare que « ce sont des mesures d'urgence, qu'il est assez facile de mettre en place et qui peuvent rapporter plusieurs dizaines de milliards d'euros »[184],[185].

Une réforme de la taxation de l'héritage est prévue qui était estimée à 17 milliards d'euros par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) en . Le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune(ISF) (ISF), avec l'ajout d'un volet climatique, devrait rapporter 15 milliards d'euros par an. Une modification du barème de l'impôt sur le revenu avec l'instauration de quatorze tranches, contre cinq actuellement, soit 5 milliards d'euros supplémentaires selon le chiffrage de la Nupes de . Il est également envisagé de modifier la contribution sociale généralisée (CSG). Il sera étudié la suppression des « niches fiscales inefficaces, injustes et polluantes », sans autre précision. L'imposition des plus-values latentes lors du transfert par les contribuables de leur domicile fiscal hors de France doit être rétablie. Une augmentation de 0,25 point par an, sur cinq ans, de la cotisation patronale vieillesse doit conforter le financement du régime général des retraites[184],[186],[185].

Le , Manon Aubry précise le nouveau barème d'imposition qui serait mis en place, basé notamment sur le passage de cinq à quatorze tranches d'imposition sur le revenu[187] : « ceux qui gagnent moins de 4 000 euros par mois, c’est-à-dire 92 % des Français, paieront moins d’impôt »[188].

Le , en conférence de presse, les représentants du NFP présentent le chiffrage de leur programme. Une loi de finances rectificative sera établie, portant sur 25 milliards d’euros pour les mesures d’urgence en 2024. Puis interviendront deux trains de mesures « structurelles » dont 100 milliards en 2025, pour un budget total de 150 milliards d’euros fin 2027, entièrement financés par de nouvelles recettes[189],[190]. Les recettes fiscales, liées notamment à l'ISF et sur les superprofits sont prévues pour compenser ces dépenses de manière équivalente[191]. Le même jour, la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, lobby proche du MEDEF, publie un chiffrage des programmes économiques des principales forces politiques et calcule les dépenses supplémentaires du programme du Nouveau Front populaire à 233,3 milliards d'euros. Le think tank estime que les recettes augmenteraient en contrepartie de seulement 55,0 milliards d'euros, ce qui conduirait à une hausse du déficit public de 178,4 milliards d'euros[192],[193].

Réactions

Monde politique français

À gauche

Aurore Lalucq, coprésidente de Place publique, soutient l'ouverture à des discussions sur le Nouveau Front populaire dès le . Raphaël Glucksmann, coprésident du parti et tête de liste pour les élections européennes, refuse quant à lui dans un premier temps tout accord répondant aux conditions de La France insoumise (LFI)[194], avant de se joindre à l'union le . Il aurait ainsi obtenu un soutien à l'Ukraine envahie par la Russie, l'assurance d'une politique europhile et de la caractérisation de l'attaque du Hamas contre Israël de 2023 comme acte terroriste, tout en préservant une certaine distance vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et de LFI[195],[196].

Le , Pierre Joxe, ancien ministre, publie une déclaration sur son blog soutenant « les partis de gauche d'aujourd’hui, appuyés à nouveau par de nombreuses organisations démocratiques et syndicales grandes ou petites, [qui] ont su retrouver le chemin de l'union indispensable »[197].

Le , François Hollande, ancien président de la République, déclare au JT de 20h de TF1 soutenir la nouvelle union des gauches, même s'il nuance son soutien en s'opposant à l'éventualité à ce que Jean-Luc Mélenchon devienne Premier ministre en cas de cohabitation[198]. Ce ralliement surprend en raison des hostilités de l'ancien président contre La France insoumise, il justifie son soutien par la volonté d'éviter une victoire de l'extrême droite[199],[200]. Le , il se présente lui-même comme candidat du Nouveau Front populaire dans la première circonscription de la Corrèze[201],[202]. Si dans un premier temps il ne reçoit pas l’investiture du NFP au niveau national (n'ayant été proposé que par la fédération locale du PS), celle-ci est validée officiellement plus tard dans la journée. Hollande déclare au sujet de sa candidature « C’est une décision inédite pour un ancien président de la République. Je l’ai prise parce que j’ai estimé que la situation était grave. Jamais l’extrême droite n’a été aussi proche du pouvoir depuis la Libération. Comment rester indifférent ? »[203].

L’ancien Premier ministre de la Gauche plurielle Lionel Jospin soutient l’alliance le en déclarant « Le Nouveau Front populaire est une des digues contre lesquelles peut se briser la vague. »[204]. Le , l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault apporte également son soutien, avec un argumentaire identique[205].

Anciennes figures de gauche

Le , les anciens Premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, déjà opposants à la NUPES en 2022, fustigent l'accord, le premier le qualifiant de « faute politique et morale » et le second de trahison « de l’héritage de Blum »[206],[207],[208],[209]. L'arrière-petit-fils de Léon Blum, Antoine Malamoud, y voit là « une parole bien imprudente de Bernard Cazeneuve » et dénonce un accaparement de la figure de son arrière-grand-père, qui fait fi de la réalité historique[210]. Interrogé sur BFM TV le , il déclare : « L'attelage du Front populaire de 1936 était hybride. Je veux dire, les positions de l'extrême gauche du Parti socialiste de Marceau Pivert […] et du Parti radical et radical de gauche étaient aussi opposées, voire plus, que ne le sont aujourd'hui les positions de Raphaël Glucksmann et de La France insoumise »[211]. L'ancien ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (ex-PS) déclare que « Le nouveau Front populaire, c’est la Nupes 2 »[212].

Gouvernement

Le , le Premier ministre Gabriel Attal, lors d'une réunion avec les députés du groupe présidentiel, dénonce l'alliance des partis de gauche avec La France insoumise, visant particulièrement le Parti socialiste[213]. Le , le président Emmanuel Macron critique le programme du Nouveau Front populaire. Il déclare notamment « Ce n’est pas un programme social-démocrate (…) c’est un programme totalement immigrationniste ». Le lendemain, Manon Aubry lui répond sur CNews, en précisant que le programme du NFP est « un projet humaniste » qui « repose sur deux piliers » : « agir sur les causes des migrations » et assurer « un accueil digne »[214].

Extrême droite

Réagissant à la constitution du Nouveau Front populaire, le porte-parole du Rassemblement national, Julien Odoul, déclare le sur BFM TV : « J'ai une petite pensée quand même pour le grand Léon Blum qui doit se retourner dans sa tombe. » Son interlocuteur, Benjamin Duhamel, note l'ironie de la situation en affirmant ne pas être « sûr […] que le grand Léon Blum […] serait heureux d'être cité par un député Rassemblement national […] un parti qui a été en partie fondé par des membres de la SS »[215].

Autres hommes politiques

En cas de duel entre le Rassemblement national (RN) et le Nouveau Front populaire (NFP), l'ancien premier ministre Dominique de Villepin « considère que la priorité doit être donnée à la lutte contre le RN, et que le RN constitue aujourd'hui la véritable menace pour notre pays »[216]. Daniel Cohn-Bendit soutient le NFP mais votera « à titre personnel » Clément Beaune dans la 7e circonscription de Paris[217].

Syndicats français

Appel à voter NFP

Le , la CGT appelle à voter pour le Nouveau Front populaire. C'est la première fois que ce syndicat, attaché à sa neutralité vis-à-vis de la sphère politique, depuis l'adoption de la charte d'Amiens, se positionne ouvertement en faveur d'un mouvement politique. Le syndicat a déjà, par le passé, appelé à voter contre, notamment contre l'extrême droite, mais jamais pour un candidat, un parti ou une coalition[218],[219],[220]. Sa secrétaire générale Sophie Binet, appelle également a voter pour cette alliance[221] et Céline Verzeletti, membre de ce syndicat est investie par le NFP dans la quinzième circonscription de Paris[222].

Le , des syndicats de la Fédération syndicale unitaire, notamment son secrétaire général Benoît Teste[223] et sa branche enseignante le SNUIPP et sa branche dans l'enseignement secondaire SNES-FSU[224], ainsi que des syndicats de l'Union syndicale Solidaires, comme SUD éducation, appellent également à voter pour le NFP[225],[226],[227].

L'Union étudiante et l'Union nationale des étudiants de France appelent également à voter pour le NFP[228].

Barrage à l'extrême droite

Plusieurs autres syndicats ne donnent dans un premier temps pas de consigne claire de vote, appelant soit à voter contre l'extrême droite, sans davantage de précision, comme la CFDT[229],[220].

Aucune consigne

Enfin, quelques syndicats refusent de se prononcer, à l'instar de FO[220],[229].

Personnalités

L'avocat et historien Serge Klarsfeld a déclaré qu'il voterait RN plutôt que NFP (« une extrême gauche qui est sous l’emprise de La France insoumise avec des relents antisémites et un violent antisionisme ») au second tour, en cas de face à face, propos qui divisent la communauté juive[230],[231]. Pour sa part, la journaliste Anne Sinclair déclare sur BFM TV qu'elle votera « à gauche », mais s'abstiendra au second tour plutôt que de voter pour un candidat LFI[232]. Le philosophe Edgar Morin déclare : « J’ai une sympathie critique pour le Nouveau Front populaire »[233].

Réactions internationales

Les presses européennes, qui ont souligné quelques jours auparavant les résultats records de l'extrême droite aux élections européennes, font le constat que la dissolution a agi comme un facteur d'unification des différents mouvements de gauche et écologistes, entrainant une dynamique importante et soulignent l'usage d'une référence historique[234],[235], suscitant l'espoir pour une partie de la presse classée à gauche[236].

Références contradictoires à Léon Blum et au Front populaire de 1936-1938

Référence à cette union historique

Le nouveau front populaire est une référence directe au Front populaire, né lui aussi d'une coalition des mouvements de gauche, notamment socialistes, radicaux et communistes, pourtant jugés irréconciliables[237],[238], constituée progressivement entre 1934 et 1936 face à la menace de la prise du pouvoir par l'extrême droite[239], dans un contexte de montée du fascisme[210]. La coalition, menée notamment par Léon Blum, remporte finalement les élections législatives de 1936 et gouverne jusqu'à 1938, générant plusieurs mesures sociales majeures, telles que la réduction du temps de travail à 40 heures par semaine ou la création de deux semaines de congés payés[238],[240].

Critiques

Des observateurs jugent le contexte de 2024 différent de celui de 1936[240],[239]. L’historien Rémy Pech (d) Voir avec Reasonator pointe notamment qu'en 2024 : « La gauche est obligée de faire un Front populaire d’urgence alors que celui de 1936 avait maturé pendant deux ans, avec des comités qui n’étaient pas automatiquement affiliés aux partis politiques. Macron a peut-être précipité les choses par peur que la mayonnaise prenne à gauche si on lui en laissait le temps »[241].

Plusieurs critiques reprochent au Nouveau front populaire de ne pas être à la hauteur de cette référence historique, voire de trahir la mémoire de Léon Blum[210]. L'attitude et certaines positions jugées radicales de LFI sont souvent pointées du doigt pour justifier ces critiques. Notamment parce que Léon Blum, en tant que juif, a subi l'antisémitisme, et que les positions de LFI depuis le 7 octobre 2023 ont parfois été jugées ambigües vis-à-vis de l'antisémitisme[242]. Ainsi, le , le président Macron déclare : « S’il y en a un qui doit se retourner dans sa tombe aujourd’hui, c’est Léon Blum »[243]. Le Point titre le  : « une imposture politico-idéologique et une insulte à la mémoire de Léon Blum ». Dans cet article, le philosophe Daniel Salvatore Schiffer vilipende le Nouveau Front populaire et accable les socialistes d'en faire partie. Il conclut ainsi son article : « ne laissons donc pas dévoyer ou dénaturer ainsi, de manière aussi éhontée, scandaleuse sur le plan politico-idéologique et malhonnête au niveau philosophico-éthique, la grande et belle histoire du Front populaire tel que l'admirable Léon Blum, fervent artisan de la social-démocratie en effet, le conçut, intentionnellement, à l'origine »[242].

Réponses à ces critiques

Milo Lévy-Bruhl, président de la Société des amis de Léon Blum déclare : « Oui, c’est difficile et presque irrespectueux de faire parler un mort, donc ce que je vous dis est à prendre avec beaucoup de pincettes. Toute la vie et l’action de Léon Blum inclinent à penser que, même si l’extrême-droite d’aujourd’hui n’est pas la même que celle qu’il a connue, sa plus grande crainte resterait de la voir arriver au pouvoir »[243]. Dans le même ordre d'idées, Antoine Malamoud, arrière petit fils de Léon Blum regrette que « la mémoire de Léon Blum, juif, victime de tant d’injures et d’agressions antisémites », soit invoquée « pour disqualifier cet accord de Nouveau Front populaire, au prétexte du supposé antisémitisme de la France insoumise »[181]. « Que celle-ci ait multiplié les déclarations imprudentes ou hasardeuses doit être critiqué, condamné », estime-t-il, « mais la persistance de l’antisémitisme est, depuis de nombreuses années, minimisée au sein de la plupart des forces de gauche, politiques et syndicales ». Il ajoute « C’est au cœur de la pensée de l’extrême droite que l’antisémitisme est structurellement présent, quel qu’en soit son camouflage, il est le support de toute l’orientation de la préférence nationale, il est au cœur de l’idéologie identitaire ». Il rappelle également que Léon Blum avait été « attaqué au moins aussi violemment par le PCF que Raphaël Glucksmann par certains militants de La France insoumise »[210]. L’historien Rémy Pech (d) Voir avec Reasonator confirme, et ajoute : les deux fronts populaires, de 1936 et 2024, sont bien des « alliances électorales », entre des partis qui étaient en rivalité forte. « La situation est comparable : Les communistes traitaient les socialistes de sociaux-traîtres, de sociaux-fascistes. C’était la guerre »[241].

L'historien Jean Vigreux estime que « Le nom est finalement assez légitime. Il est dans une logique d’alliance large, et pas uniquement d’alliance politique : des associations et des syndicats y répondent. Il ne s’agit pas uniquement d’un effet de nostalgie, c’est plutôt un réflexe face à ce qui est perçu comme un danger imminent : l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir »[238].

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Notes et références

Voir aussi

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